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Hongkong

Hongkong

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Hongkong
en chinois Xianggang

ou Hong Kong
en chinois Xianggang

Région administrative spéciale de la Chine, au S.-E. de Canton, comprenant, outre la petite île de Hongkong, Kowloon et de petites îles.

Superficie : 1 077 km2
Population : 6 780 000 hab. (recensement de 2000)
Capitale : Victoria

À une latitude tropicale, presque dépourvu de plaines, Hongkong est constitué de pics granitiques (Victoria dans l'île de Hongkong, 550 m ; Lantau dans l'île du même nom, 936 m ; Tai Mo Shan dans la péninsule, 958 m). Il tombe 2 150 mm de pluies en moyenne par an, mais le sous-sol est dépourvu de nappe phréatique. Faisant partie de la Chine méridionale et ouverte sur la mer homonyme, Hongkong doit une part de sa fortune à son rôle d'intermédiaire entre la Chine communiste et le monde industrialisé. À la Chine, dont elle a reçu des émigrés (ou réfugiés) et d'où elle importe des compléments alimentaires, elle sert de port de transit, à la fois importateur et réexportateur.

   

Ce rôle commercial est indissociable de l'essor d'une industrie de main-d'œuvre (à l'habillement, aux jouets se sont ajoutées l'horlogerie, l'électronique) stimulée par le poids accru de la place financière. 80 % de la production sont exportés, taux exceptionnel, expliqué naturellement par le volume et la nature d'une production sans rapport avec le marché local, montrant aussi une sensibilité excessive à la conjoncture extérieure, tant économique que politique. Le paysage urbain, admirable, cache mal les problèmes aigus du territoire : manque d'eau (dont une partie vient par pipeline d'un réservoir créé sur Lantau), manque de terrains à bâtir. Un tunnel routier et un métro relient l'île au continent. Sur l'île de Lantau, aéroport Chek Lap Kok (agence N. Forster, 1994-1998) et parc de loisirs Disneyland. La ville doit accueillir les épreuves d'équitation des jeux Olympiques d'été en 2008.

HISTOIRE

L'île de Hongkong fut cédée en 1842 à la Grande-Bretagne qui acquit la presqu'île de Kowloon en 1860 et obtint en 1898 un bail de 99 ans sur les New Territories et sur 235 îles au large de Hongkong. Conformément à l'accord sino-britannique de 1984, le territoire a été rétrocédé à la République populaire de Chine le 1er juillet 1997.

Le rattachement à la Chine

Le 1er juillet 1997 à 0 heure, Hongkong est rattachée à la République populaire de Chine en tant que « région administrative spéciale ». L'ancienne colonie britannique doit être régie pendant cinquante ans par la Basic Law (1990), qui confirme les accords sino-britanniques signés à Pékin en 1984. Au nom du principe « Un pays, deux systèmes », formulé par Deng Xiaoping, il est convenu que le système économique et social libéral dont jouit Hongkong soit maintenu durant le régime transitoire prévu jusqu'en 2047 : port franc, respect de la propriété privée, autonomie de la politique monétaire, liberté des transferts de capitaux.

   Cependant, les cinq années qui suivent la rétrocession sont marquées par un contrecoup tant politique qu'économique. Le climat politique s'assombrit rapidement et les atteintes aux libertés se multiplient, à l'incitation du gouvernement central ou des autorités locales, dirigées par Tung Chee-hwa, le chef de l'exécutif de la « région administrative spéciale ». Celui-ci a fait notamment adopter un nouveau système de gouvernement renforçant indirectement l'emprise de la Chine sur Hongkong en affaiblissant le pouvoir de l'administration locale. Au plan économique et social, le climat paraît également maussade, Hongkong étant très affectée par la crise financière asiatique de 1997, qui provoque l'effondrement du marché boursier puis l'éclatement de la bulle immobilière sur laquelle est adossée la prospérité du territoire. Hongkong subit en outre la concurrence du continent et singulièrement de Shanghaï : elle ne peut renforcer son rôle d'intermédiaire auprès des investisseurs étrangers du fait de la politique d'ouverture entreprise par Pékin, favorisée par son entrée dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC). En 2001, tandis que le PIB chinois progressait de 7 %, la croissance de Hongkong n'est que de 0,1 % et le chômage frappe 7,4 % de sa population. Au printemps 2003, la région est en outre gravement atteinte par l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui cause près de 300 décès. Toutefois, reposant sur un système économique solide, Hongkong renoue dès mi-2003 avec une forte croissance qui bénéficie désormais du dynamisme de la Chine.

   Sur le plan politique, même si les partis favorables à la démocratie, notamment le parti démocrate (DP) de Martin Lee, remportent régulièrement 60 % des voix au élections législatives de 1998, 2000, 2004 et 2008, ce sont les partis pro-Pékin, notamment l'Alliance démocratique pour l'amélioration de Hongkong (DAB) qui dominent le Parlement local (le Conseil législatif ou Legco), la moitié seulement de ses 60 sièges étant pourvus au suffrage universel. Le projet de loi sur « la subversion, la sécession et la trahison » est reporté après voir provoqué en juillet 2003 le plus large rassemblement d'opposition depuis les événements de Tian'anmen en 1989. En 2005, deux ans avant la fin de son second mandat, affaibli par une impopularité croissante et son incapacité à gérer la crise, Tung Chee-hwa annonce son départ de l'exécutif. C'est le candidat de la Chine, Donald Tsang, élu par un collège de 800 grands électeurs, qui lui succède. Pour la première fois, même s'il n'a aucune chance d'être élu, un candidat pro-démocratie, Alan Leong, se présente face à Donald Tsang, réélu en mars 2007. Tandis que le dixième anniversaire de la rétrocession de Hongkong à la Chine en 2007 est une nouvelle occasion pour l'opposition de manifester en faveur de l'élection du chef de l'exécutif au suffrage universel (l'accord de rétrocession de 1997 prévoyait son introduction), le Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire fixe les premières élections totalement démocratiques pour le chef de l'exécutif à 2017 et pour le Conseil législatif à 2020.

CINÉMA

Colonie de l'Empire britannique (jusqu'en 1997), Hongkong a d'abord été le refuge des cinéastes chinois fuyant la répression, celle des années 1930, après l'invasion japonaise, comme celle des années 1950 et 1960, sous le régime maoïste. Un cinéaste comme King Hu, né à Pékin en 1931, se fixe à Hongkong en 1949 et commence sa carrière comme acteur et scénariste pour les frères Shaw, qui viennent d'implanter leurs nouveaux studios à Kowloon (Sons of the Good Earth, 1964). Il se spécialise dans le film historique de style cape et épée à la chinoise comme A Touch of Zen (1972). Il réalise ensuite d'autres films marquants en Corée du Sud (Pluie dans la montagne, 1978) et à Taiwan (Mariage, 1981). Les principaux genres développés à Hongkong sont, dans un premier temps, le mélodrame de style shanghaïen, la comédie et le film à suspense. Ils sont rapidement dépassés par les films d'arts martiaux, qui connaissent un extraordinaire succès, national puis international, et dans lesquels se spécialise toute une génération d'acteurs. Le plus connu d'entre eux reste Bruce Lee (mort en 1973), dont certains films ont fait le tour du monde (la Fureur du Dragon, 1972 ; le Jeu de la mort, 1978). Il a été remplacé depuis par Chang Cheh, David Chiang, Michael Hui, et Liu Jia Liang, devenu « superstar ». Bruce Lee avait été engagé par Raymond Chow, patron de l'une des Majors du Sud-Est asiatique, la Golden Harvest. Ces compagnies de production-distribution ont des filières à Singapour, en Malaisie, à Taiwan et aux Philippines. Elles développent de manière intensive les films de kung-fu et produisent des comédies, souvent élaborées et brillantes, qui intègrent des ballets ou des opéras, comme chez King Hu ou Samo Hong (le Fils prodigue, 1981). En marge de cette production – environ 130 films par an –, des réalisatrices ont signé des œuvres beaucoup plus personnelles : ainsi Shu Shuen (l'Arche, 1968) et Ann Hui (le Secret, 1979 ; Boat people/Passeport pour l'enfer, 1982).