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Grenade

en anglais Grenada

Carton de situation - Grenade
Drapeau de la Grenade
Drapeau de la Grenade

État insulaire des Petites Antilles, la Grenade est située entre Saint-Vincent-et-les-Grenadines au nord et Trinité-et-Tobago au sud.
La Grenade est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 344 km2
  • Nombre d'habitants : 106 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Grenadiens
  • Capitale : Saint George's
  • Langue : anglais
  • Monnaie : dollar des Caraïbes orientales
  • Chef de l'État : Élisabeth II représentée par Cecile La Grenade
  • Chef du gouvernement : Keith Mitchell
  • Nature de l'État : monarchie constitutionnelle à régime parlementaire
  • Constitution :
    • Adoption : février 1974
    • Entrée en vigueur : remise en vigueur en novembre 1983
Pour en savoir plus : institutions de la Grenade

GÉOGRAPHIE

1. Le milieu physique

Grenade (344 km2) est une île volcanique, au relief montagneux, couverte d'un épais manteau forestier, un ancien cratère renfermant le Grand Étang, à 500 m au-dessus de la mer. Les petites îles coralliennes du sud de l'archipel des Grenadines (Carriacou, Petit Martinique) lui sont rattachées. Cet État insulaire jouit d'un climat tropical humide mais se trouve périodiquement affecté par le passage d'ouragans dévastateurs.

2. La population

La grande majorité des habitants sont les descendants des esclaves africains amenés de force aux Antilles lors de la période coloniale. Il existe également une communauté d'Indiens arrivés au xixe s. comme travailleurs sous contrat. La population se caractérise par sa jeunesse (28 % des Grenadiens sont âgés de moins de 15 ans) et par un fort mouvement d'émigration. Le taux d'accroissement naturel est assez faible, de l'ordre de 1,2 % par an en 2007. La capitale, Saint George's, constitue le principal foyer de peuplement.

3. La vie économique

Anciennement dominée par la culture de la canne à sucre, Grenade demeure un pays essentiellement rural. Seul le tourisme contribue à élargir l'activité économique, qui reste très fragile. L'expérience d'une politique d'influence marxiste au début des années 1980 (création de fermes d'État) a été stoppée avant qu'elle n'ait des répercussions majeures sur l'économie. La noix de muscade, la banane et le cacao sont les principaux produits destinés à l'exportation, mais ils sont sensibles aux fluctuations des prix sur les marchés mondiaux. La pêche, qui contribue à 17 % de la valeur des exportations, fait l'objet d'une politique de développement très récente. La petite industrie est toujours embryonnaire. Le tourisme, qui s'appuie sur des conditions naturelles avantageuses, est le premier pourvoyeur de devises. Mais le niveau de vie est, dans l'ensemble, très modeste.

HISTOIRE

Colonisation et résistance

La Grenade est habitée par les Caribs quand elle est découverte en 1498 par Christophe Colomb, qui la baptise Concepción. La colonisation européenne se heurte pendant longtemps à une vigoureuse résistance des Amérindiens. Après une vaine tentative anglaise en 1605, le gouvernement français de la Martinique en prend le contrôle à partir de 1650. La résistance des Caribs est annihilée, et l'île, directement rattachée à la Couronne en 1674, devient une colonie esclavagiste vouée à la culture de la canne à sucre. Tout au long du xviiie s., la Grenade se trouve au centre des rivalités entre puissances coloniales. Elle tombe sous la domination anglaise en 1762, avant d'être reprise en 1779 par les Français. Les Anglais s'imposent finalement, en 1783, à la suite du traité de Versailles, et poursuivent l'exploitation de l'île en y introduisant le cacao et la noix de muscade.

De l'indépendance à l'expérience socialiste

La Grenade est membre de la Fédération des Indes-Occidentales de 1958 jusqu'à sa dissolution, en 1962. En 1967, l'île obtient l'autonomie interne et devient un État associé au Royaume-Uni. La transition vers l'indépendance est marquée par de fortes contestations et l'expression de la violence politique. L'indépendance est acquise le 7 février 1974 et Eric Gairy, du Grenada United Labour Party (GULP), devient Premier ministre. En 1979, le New Jewel Mouvement de Maurice Bishop prend le pouvoir à la suite d'un coup d'État et instaure un gouvernement révolutionnaire d'inspiration marxiste. La Grenade s'engage alors dans le bloc socialiste, aux côtés de l'Union soviétique et de Cuba ; celle-ci envoie des coopérants dans l'île et la coopération cubaine se traduit par le lancement de la construction d'un nouvel aéroport international, à Pointe Salines. Mais la violence politique ne décroît pas, la contestation venant autant des opposants au régime que des partisans d'un passage plus rapide à l'économie socialiste. Les États-Unis, ainsi que les membres de l'Organisation des États des Caraïbes orientales (OECO) expriment leurs inquiétudes puis leur opposition face à l'évolution politique de l'île. En octobre 1983, une violente poussée de l'aile dure du régime conduit à la destitution puis à l'exécution de M. Bishop. Le général Hudson Austin s'empare du pouvoir et installe un Conseil militaire révolutionnaire. Ces événements vont être le prétexte à l'intervention et l'occupation militaire américaine (25 octobre).

Les lendemains de l'invasion américaine

Les élections organisées en décembre 1984 sont remportées par le New National Party (NNP) d'Herbert Blaize, soutenu par les États-Unis. La Grenade retrouve les institutions démocratiques suspendues par le gouvernement révolutionnaire de M. Bishop. En mars 1990, la majorité passe sous le contrôle d'une autre coalition politique se présentant sous le nom de National Democratic Congress (NDC). Elle conduit Nicolas Brathwaite à la tête du gouvernement. Le NNP revient au pouvoir après avoir remporté les élections législatives de juin 1995. Keith Mitchell devient Premier ministre. En 1998, la démission du ministre des Affaires étrangères du NNP provoque la mise en minorité du gouvernement au Parlement. K. Mitchell est contraint d'organiser des élections anticipées en janvier 1999, dont il sort renforcé grâce à la victoire incontestable de son parti.

Le NNP remporte encore, avec une marge infime cependant, les élections générales de novembre 2003, le NDC, conduit par Tillman Thomas, remportant 7 sièges sur 15. En septembre 2004 et en juillet 2005, l'île est ravagée par les cyclones Ivan et Emily. L'ensemble de l'économie est en lambeaux.

Membre de la Communauté (et du marché commun) des Caraïbes (CARICOM) dès 1974 et de l'O.E.C.O. depuis sa création en 1981, Grenade distend progressivement ses relations avec les États-Unis et renoue avec Cuba en 1997 ainsi qu'avec la Libye en 2000. Par ailleurs, en janvier 2005, elle rompt avec Taïwan au profit de la République populaire de Chine, dont elle obtient une aide importante pour sa reconstruction.

L'opposition conduite par le NDC remporte les élections législatives anticipées du 8 juillet 2008 en enlevant 11 sièges contre 4 au NNP. Son chef, T. Thomas, est nommé Premier ministre. Mais en février 2013, réitérant son exploit de 1999, le NNP enlève la totalité des 15 sièges de la Chambre des représentants et Keith Mitchell retrouve le poste de Premier ministre.