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Empire colonial français

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Empire colonial français

Ensemble des pays d'outre-mer qui étaient gouvernés par la France.

Des premières tentatives (XVIe s.) au premier Empire colonial (1661-1763)

Jusqu'au XVIIe s., exploration, conquête et peuplement de terres lointaines sont le fait d'initiatives dispersées soutenues épisodiquement par la volonté royale. Au XVIe s., le seul établissement solide est la Nouvelle-France (Canada) grâce à Jacques Cartier, qui remonte le Saint-Laurent (1535), et à Samuel de Champlain, fondateur de Québec (1608), le premier étant soutenu par François Ier, qui est considéré comme « le père de la colonisation française », le second par Henri IV. Au XVIIe s., Richelieu puis Colbert favorisent l'expansion coloniale : la Nouvelle-France se peuple et se développe, tout comme les Antilles, où les Français s'emparent de Saint-Christophe (1625), de la Guadeloupe et de la Martinique (1635), de la partie occidentale de Saint-Domingue (1665), riches de leurs produits tropicaux (café, sucre, etc.). Cavelier de La Salle prend possession de la Louisiane (1682). Des comptoirs sont fondés sur les côtes de Guinée et du Sénégal (Saint-Louis, 1659 ; Gorée, 1677) pour intensifier la traite des Noirs, à l'île Bourbon (île de La Réunion) [1638] à Madagascar (Fort-Dauphin, 1643), et surtout en Inde, où, grâce à la compagnie des Indes orientales, la France dispose en 1701 des établissements de Pondichéry, Mahé, Karikal, Yanaon, Masulipatam, Chandernagor. Soumis au système de l'exclusif, le domaine colonial français continue à s'étendre au XVIIIe s. avec notamment l'occupation de l'île de France (île Maurice) [1715] et, à partir de 1741, l'action de Dupleix en Inde. Avec 10 millions de km2 et 30 millions d'habitants en 1754, l'empire est alors à son apogée.

La perte des colonies

Mais la colonisation se heurte à de multiples obstacles (en premier lieu, à l'intérêt étroitement mercantile des compagnies) et suit les vicissitudes de la politique étrangère. Ainsi, la rivalité franco-anglaise, qui commence sous Louis XIV, aboutit au traité de Paris (1763), qui réduit le domaine colonial français à quelques territoires aux Antilles (Martinique, Guadeloupe, Saint-Domingue, Sainte-Lucie), à la Guyane, à Gorée, aux îles de France et Bourbon et à cinq comptoirs en Inde, auxquels s'ajouteront en 1783 (traité de Versailles) les comptoirs du Sénégal et Tobago. En outre, l'opinion et les élites sont indifférentes aux affaires coloniales et n'en débattent, comme sous la Révolution, qu'à propos de l'esclavage, qui est aboli par la Convention (1794) mais rétabli par Bonaparte (1802). Ce dernier abandonne ses velléités impérialistes d'outre-mer après l'échec de Saint-Domingue (1801-1803) et vend la Louisiane aux États-Unis (1803). Enfin, la France doit céder à la Grande-Bretagne Tobago, Sainte-Lucie et l'île de France par le traité de Paris (1814).

Le renouveau de la colonisation (1830-1880) et l'impérialisme (1880-1919)

Au XIXe s., dans le cadre de la révolution industrielle et des rivalités impérialistes, la colonisation française, désormais orientée par une volonté politique, acquiert une autre dimension. La Restauration rouvre l'ère des aventures d'outre-mer avec l'expédition d'Alger (1830). La conquête de l'Algérie par Bugeaud s'achève avec la reddition d'Abd el-Kader (1847) et l'occupation de la Kabylie (1857). La route de l'Afrique est rouverte avec la fondation de comptoirs sur la côte occidentale, qui forment en 1862 les Établissements français de la Côte-de-l'Or et du Gabon, tandis qu'à l'est la France achète Obock (1862), au débouché de la mer Rouge. Le Sénégal, conquis par Faidherbe (1854-1865), devient une base de pénétration vers l'Afrique intérieure. Mayotte (1843), Tahiti (1842-1847) et la Nouvelle-Calédonie (1853) intègrent le domaine français. Enfin, les bases de l'Indochine française sont jetées avec l'occupation de la Cochinchine (1862-1867) et l'établissement du protectorat sur le Cambodge (1863). Toutefois, c'est la IIIe République qui crée définitivement l'empire colonial français. La pression des puissants intérêts financiers et industriels, qui veulent contourner les barrières protectionnistes mises en place après la crise économique de 1873, et un certain nationalisme de substitution qui, à défaut de « revanche » en Europe, recherche gloire et puissance outre-mer, contribuent à la formation de cet Empire, qui se construit en une trentaine d'années à partir de 1880. La France contrôle successivement la Tunisie (1881), la Guinée (1887), le Dahomey (1894), la Haute-Volta (1896), le Niger (1897-1899) et le Tchad (1900), mais se heurte à l'expansion anglaise lorsqu'elle tente d'établir une zone d'influence continue du Congo à Djibouti (affaire de Fachoda, 1898). Deux fédérations regroupent ses territoires africains, l'A-OF (capitale Dakar), créée en 1904, et l'A-EF (capitale Brazzaville), fondée en 1910. Dans le même temps, son empire s'agrandit de Madagascar (1885), des Comores (1886), de la côte des Somalis (1892), des Nouvelles-Hébrides (placées sous un condominium franco-anglais, 1906) et surtout, en Extrême-Orient, du Tonkin, de l'Annam (1885) et du Laos (1895). Sa dernière grande conquête est le Maroc, placé sous protectorat en 1912 et dont la pacification et la mise en valeur sont entreprises par Lyautey. À l'issue de la Première Guerre mondiale, par le système des mandats, la France obtient le contrôle de la Syrie et du Liban, de la majeure partie du Cameroun et du Togo (traité de Versailles, 1919).

Le second Empire colonial (1919-1946)

L'Empire français a alors atteint son étendue maximale avec 12 millions et demi de km2 et 65 millions d'habitants L'Exposition coloniale internationale, qui se tient à Paris en 1931, consacre son apogée. Sa création est considérée comme une des plus belles réalisations de la IIIe République, qui la légitime au nom d'une mission civilisatrice. Avec Gambetta (plus qu'avec J. Ferry), bien des républicains se sont convertis à l'idée de colonisation considérée sous l'angle de la puissance, des affaires et du progrès. La colonisation a ses doctrinaires (tel Paul Leroy-Beaulieu) et ses partisans, qui forment un groupe parlementaire officiel. Les milieux d'affaires s'intéressent particulièrement aux territoires d'outre-mer, sources de matières premières, de débouchés pour l'industrie et de placements de capitaux : c'est à la défense de ces intérêts qu'est voué le parti colonial d'Eugène Étienne. Les pays de l'Empire doivent produire essentiellement ce dont a besoin la métropole, et leurs habitants ne bénéficient que d'une participation dérisoire dans les institutions représentatives. Les prémisses de la dislocation de l'Empire se manifestent avec la crise mondiale (1929) et surtout lors de la Seconde Guerre mondiale, qui entame gravement le prestige de la métropole. La France doit reconnaître l'indépendance de la Syrie et du Liban (1941). Si, à la conférence de Brazzaville (1944), elle écarte sans équivoque toute idée d'autonomie ou d'indépendance, des mouvements nationalistes naissent et s'affirment, cependant, particulièrement en Afrique du Nord et en Indochine, où le Viêt-minh proclame l'indépendance du Viêt Nam (1945).

La décolonisation

Dès lors, en moins de vingt ans, le mouvement de décolonisation et d'émancipation va faire disparaître la majeure partie de l'Empire français, et ce malgré la départementalisation de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de La Réunion, l'attribution de la citoyenneté française à tous les nationaux (1946), la loi-cadre du 23 juin 1956 qui marque une révolution vers l'autonomie et deux tentatives de réorganisation de l'Empire, transformé en Union française (1946) puis en Communauté (1958). La France doit reconnaître l'indépendance de l'Indochine (1954), de la Tunisie et du Maroc (1956), des quatorze républiques (plus la République malgache) qui se substituent à ses anciens territoires d'Afrique noire (1960), de l'Algérie (1962), des Comores (1975), des Afars et Issas (1977). Autour de la métropole ne gravitent plus aujourd'hui que les départements et Régions d'outre-mer, la Nouvelle-Calédonie et les collectivités d'outre-mer de Mayotte, de la Polynésie française, de Wallis-et-Futuna et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

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