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mercantilisme

Oliver Cromwell
Oliver Cromwell

Doctrine économique, élaborée au xvie et au xviie s. à la suite des découvertes, en Amérique, de mines d'or et d'argent, selon laquelle les métaux précieux constituent la richesse essentielle des États.

ÉCONOMIE

Il faut remonter au Moyen Âge pour trouver les premières traces du mercantilisme. L'organisation communale de cette époque léguera aux États du xviie s. un solide exemple d'interventions dans la vie économique et sociale.

C'est l'Angleterre d'Édouard II, au début du xive s., qui, la première, songe à interdire l'importation de draps étrangers. Dès 1381, on promulgue un acte réservant l'approvisionnement du pays aux seuls navires anglais, mesure qui sera reprise en 1651 par Cromwell sous le nom fameux d'Acte de navigation. Les premiers règlements vraiment positifs seront édictés au xve s. avec la prohibition des tissus de soie (1455) ou des draps (1464) du continent, ou l'interdiction pour les étrangers d'exporter des laines (1463).

De telles lois provoquent la réciproque de la part des pays touchés par elles. Aux Pays-Bas, Philippe le Bon proscrit la draperie anglaise. En France, Louis XI exprime ses craintes devant les sorties de numéraire du royaume, « d'où peut s'ensuivre la totale ruine et destruction ». Il essaie aussi bien d'instaurer le travail des étoffes de soie à Tours, pour pallier les achats de luxe à l'étranger, que de contrôler les sommes transférées de France à la cour de Rome. Il encourage la production minière comme celle des manufactures de textiles. Cette politique favorise à la fois les intérêts des grands marchands et les besoins financiers du Prince, et lie la puissance monarchique à la prospérité nationale.

Louis XI crée ainsi en France une si solide tradition que, tout au long du xvie s., les assemblées d'états réclameront la poursuite de cette politique économique. Il n'est que de lire les cahiers de doléances des successifs états généraux pour s'en convaincre. Ce sont toujours les mêmes souhaits qui reviennent : ils concernent les mouvements monétaires, le commerce, l'accroissement de la marine marchande ou les manufactures. En résumé, tout ce qui présuppose une grande politique mercantiliste.

Tout un ensemble de doctrines vont alors dans le même sens : accroître la puissance de l'État par la pratique d'une rigoureuse autarcie économique. Toutefois, il faut remarquer que le but premier est non pas la prospérité de l'État et des particuliers en vue d'une finalité purement économique, mais la grandeur et la gloire du Prince, c'est-à-dire de l'État. La politique prime donc l'économie, et la richesse ne sera qu'une des conséquences de la puissance de l'État.

Ces tendances se résolvent en dernier ressort dans le contrôle du mouvement des monnaies. Mais ce sont des souhaits utopiques, les gouvernements n'ayant pas, au xvie s., les moyens de leur politique (impossibilité de surveiller les frontières à cause du petit nombre d'officiers et des difficultés des communications). En outre, des produits indispensables aux fabrications françaises doivent être importés de l'étranger, puisqu'ils n'existent pas dans le royaume (par exemple l'alun de Tolfa, en Italie, est nécessaire pour préparer les draps, afin qu'ils puissent recevoir la teinture). Dès le xvie s. aussi, et tout particulièrement en France, l'intervention directe du gouvernement se fait sentir vigoureusement.

En fait, cette politique ne doit pas faire illusion quant à son efficacité : au xvie s., aucun État n'est assez fort pour assurer à sa pratique économique la continuité sans laquelle elle ne pourrait être menée à terme. Tout cela se limite donc à un empirisme de circonstance, mais n'en est pas moins révélateur de ce que sera la politique économique des grands États aux siècles suivants. En résumé, ce mercantilisme est, jusqu'à l'aurore du xviie s., plutôt un état d'esprit qu'une doctrine cohérente.