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Comores

en arabe Qumr

Nom officiel : Union des Comores

Carton de situation - Comores
Drapeau des Comores
Drapeau des Comores

État d'Afrique australe, les Comores sont situées dans l'océan Indien, au nord-ouest de Madagascar. C'est un État fédéral composé de 3 îles : du nord-ouest au sud-est, Ngazidja (Grande Comore), Moili (Mohéli) et Ndzouani (Anjouan).

  • Superficie : 1 900 km2
  • Nombre d'habitants : 735 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Comoriens
  • Capitale : Moroni
  • Langues : arabe, français et comorien
  • Monnaie : franc comorien
  • Chef de l'État : Ikililou Dhoinine
  • Chef du gouvernement : Ikililou Dhoinine
  • Nature de l'État : république
  • Constitution :
    • Adoption : 23 décembre 2001
Pour en savoir plus : institutions des Comores

GÉOGRAPHIE

Le pays comprend les îles de Ngazidja (ancienne Grande Comore), de Moili (ancienne Mohéli) et de Ndzouani (ancienne Anjouan). La quatrième île de l'archipel, Mayotte, a choisi, en 1974 et 1976, le maintien dans le cadre français. La population, d'origines ethniques variées, est musulmane. Production de vanille, de coprah, d'huiles essentielles.

1. Le milieu naturel

La Grande Comore est la seule à posséder un volcanisme actif : le volcan Karthala (2 361 m), dont la caldeira sommitale est l'une des plus belles du monde, constitue la partie centrale de l'île, tandis que le Nord est formé par les centaines de cônes stromboliens et leurs coulées du massif de la Grille. Les deux autres îles sont d'anciens édifices volcaniques démantelés par l'érosion, avec des récifs frangeants.

La situation des Comores, de part et d'autre du 12e parallèle, leur donne un climat chaud (température moyenne annuelle : 26,1 °C ; décembre est le mois le plus chaud) et de faibles amplitudes thermiques. Protégé de l'alizé par Madagascar, Comores est baigné en saison chaude par les vents humides de nord-ouest (mousson), la plus grande partie des précipitations se produisant de décembre à mars. Dans une même île, la pluviosité moyenne annuelle varie considérablement selon l'exposition et l'altitude : à Ngazidja, Moroni, la capitale, située au niveau de la mer, reçoit 2,8 m ; Boboni, à 650 m d'altitude, 5,4 m ; Fomboni, sous le vent de la mousson, seulement 1,5 m. Périodiquement, Comores est dévasté par des cyclones (ainsi Ngazidja en 1959).

La végétation primaire forestière a disparu à peu près partout du fait de la surpopulation. La grande forêt ne demeure que sur les hautes pentes du Karthala, dans l'ouest de Moili et en étroits lambeaux résiduels à Ndzouani.

2. Une population métissée

L'archipel des Comores est extrêmement peuplé, avec une densité moyenne de l'ordre de 375 habitants par km2 – près du double à Anjouan. L'accroissement naturel est relativement élevé (2,3 % par an). Constituée à partir d'éléments divers venus d'Afrique, du Moyen-Orient (Arabie, Perse) et de l'Asie du Sud-Est, fortement métissée, parlant à la fois l'arabe et le swahili, la population a une longue tradition d'émigration, ce qui est à la fois une force – les économies de la diaspora sont une source de revenus pour les habitants restés dans l'île – et une faiblesse, dans la mesure où les communautés comoriennes de l'étranger sont à la merci de poussées xénophobes. Ainsi, à Madagascar, en décembre 1976, un millier de Comoriens ont été massacrés, et tous les survivants ont été rapatriés.

3. Une agriculture vouée à l'exportation

L'économie, presque exclusivement agricole, est marquée par la juxtaposition de plantations consacrées aux cultures d'exportation (plantes à parfum, fleur de ylang-ylang, vanille), qui occupent les meilleures terres, et de petites exploitations familiales orientées vers des productions vivrières (bananes, manioc, riz, petit élevage). L'indispensable réforme foncière se heurte à l'opposition des propriétaires de plantations, très liés à la classe politique. L'exploitation des ressources halieutiques est malheureusement limitée, les équipements étant inadaptés à la pêche au large. L'industrie, embryonnaire, produit quelques biens de consommation destinés au marché local, mais elle est surtout tournée vers la première transformation (distillation d'huiles essentielles) et le conditionnement des cultures commerciales.

Les découvertes de pétrole au Mozambique voisin suscitent de grands espoirs.

HISTOIRE

L'archipel est fréquenté de bonne heure par des navigateurs arabes et indonésiens. Il devait y avoir, dès le xie siècles, des musulmans à Anjouan. Des Iraniens venus de Chiraz s'y installent au début du xve siècle, en même temps qu'à Zanzibar, et y transportent des Noirs. Arabes et Malgaches fondent des sultanats à diverses reprises, source de rivalités sans fin. Cependant, une communauté culturelle se crée sans l'établissement de liens politiques d'île à île.

1. La colonie française

Dès 1816, le sultan d'Anjouan sollicite la protection du gouverneur de La Réunion contre les incursions malgaches. En 1843, un traité avec le sultan rattache Mayotte à La Réunion. Des traités semblables sont signés en 1886 avec les autres îles. En 1912, l'archipel devient colonie française et est rattaché à Madagascar jusqu'en 1946. Il acquiert alors l'autonomie administrative totale et choisit au référendum de 1958 le statut de territoire d'outre-mer.

À partir de 1972, les Comores réclament l'indépendance. En juin 1973, Ahmed Abdallah, important commerçant d'Anjouan et président du conseil de gouvernement, négocie à Paris les modalités d'un référendum qui a lieu le 22 décembre 1974, approuvant l'indépendance par plus de 95 % des suffrages, sauf à Mayotte, où elle ne rallie que 36 % des électeurs, l'île se détachant dès lors politiquement de l'archipel.

2. L'indépendance

A. Abdallah proclame l'indépendance par décision unilatérale le 6 juillet 1975, mais il est renversé le 3 août par un coup d'État dirigé par le Front national uni (FNU), qui porte au pouvoir, avec l'aide du Français Bob Denard et de quelques mercenaires, le prince Djaffar. Six mois plus tard, le véritable responsable du coup d'État, Ali Soilih, lui succède. Il organise une marche pacifique pour le rattachement de Mayotte aux Comores, ce qui amène la France à retirer brutalement tous ses coopérants. A. Soilih veut transformer radicalement le pays, en mettant à bas les traditions qu'il juge archaïques. Il s'appuie sur une jeunesse souvent excessive (le droit de vote est abaissé à 14 ans) et s'aliène non seulement les aides extérieures, mais également une partie de l'opinion publique nationale. En octobre 1977, à l'occasion d'un plébiscite, il obtient cependant 62 % des voix. Sept mois plus tard (12 et 13 mai 1978), il est renversé par B. Denard, puis assassiné (28 mai). Grâce à l'intervention de B. Denard, A. Abdallah revient à la tête du pays. Il exerce un pouvoir de plus en plus autoritaire, tout en affrontant de nombreuses tentatives de coup d'État, durement réprimées.

3. Coups d'État et instabilité institutionnelle

L'Afrique du Sud, qui soutenait financièrement les mercenaires, décide, en 1990, de mettre un terme à ses subventions. Les mercenaires de B. Denard, dans des circonstances confuses, assassinent le président Abdallah le 26 novembre 1989. Said Mohammed Djohar, candidat du parti vert, est élu à la présidence en mars 1990, une nouvelle Constitution est adoptée en juin 1992. Mais l'instabilité demeure. L'armée française met en échec un nouveau coup d'État de B. Denard en octobre 1995. Le président Djohar, vieilli, malade, très contesté, ne se représente pas aux élections de mars 1996 qui voient la victoire de son grand rival, Mohammed Taki Abdoulkarim. Après la mort de ce dernier survenue en novembre 1998, Tadjidine Ben Said Massounde devient président par intérim en attendant l'organisation d'une nouvelle élection programmée en février 1999, mais finalement annulée en raison de la crise sécessionniste.

En effet, l'île d'Anjouan – qui réclame un impossible rattachement à la France – entame, en 1997, un processus de sécession difficile à enrayer ; Anjouan est bientôt suivie par Mohéli. L'exemple de Mayotte continue de peser sur le destin de l'archipel. Le 23 avril 1999, les délégués des différentes îles comoriennes parviennent à un accord conférant une large autonomie à Anjouan et à Mohéli, et jetant les bases d'une future Union composée des trois grandes îles de l'archipel. Aussitôt, une partie de la jeunesse et de l'opposition, craignant que l'accord n'affaiblisse la République fédérale, organise des manifestations sur l'île de Grande Comore. Quelques jours plus tard, l'armée comorienne, dirigée par son chef d'état-major, le colonel Azali Assoumani, prend le pouvoir. Son régime n'est pas reconnu par la communauté internationale.

4. L'Union des Comores

En février 2001, les autorités militaires, les séparatistes de l'île d'Anjouan, mais aussi l'opposition et la société civile, signent un accord-cadre qui prévoit l'élaboration d'une nouvelle Constitution, la formation d'un gouvernement unitaire de transition et la tenue d'élections. L'accord, qui appelle Anjouan à rejoindre les autres îles des Comores au sein d'une union plus large, se fonde sur le respect de l'intégrité territoriale du pays, selon les souhaits des médiateurs du conflit et en particulier de l'OUA. En dépit d'une série de coups de force à Anjouan et d'une tentative de coup d'État à Mohéli en décembre, la nouvelle Constitution est approuvée par référendum le 23 décembre 2001 : elle instaure l'Union des Comores, fédération dans laquelle chaque île est dotée d'une large autonomie. Le président de l'Union et ses deux vice-présidents sont élus ensemble au suffrage universel direct majoritaire à un tour pour un mandat de quatre ans renouvelable ; la présidence de l'Union est tournante.

À l'issue de l'élection présidentielle du 14 avril 2002, boycottée par l'opposition et marquée par une faible participation, le chef d'État sortant, le colonel A. Assoumani, se proclame vainqueur, sans attendre la publication des résultats officiels. Contestée par ses deux principaux rivaux, le colonel Mahamud Mradabi et le prince Saïd Ali Kemal, son élection est finalement validée par la commission d'homologation.

Signé en décembre 2003 sous l'égide du président sud-africain Thabo Mbeki, un accord sur les « dispositions transitoires » prévoit l'organisation d'élections législatives en 2004. Celles-ci sont remportées, les 18 et 25 avril, par le Camp des îles autonomes, qui obtient 12 des 18 sièges à pourvoir à l'Assemblée fédérale, devant la Convention pour le renouveau des Comores, le parti du président Assoumani. Le 14 mai 2006, se déroule dans le calme l'élection présidentielle, scrutin déterminant dans le processus de sortie de crise institutionnelle et de réconciliation nationale des Comores : le prédicateur islamiste modéré (surnommé l'« ayatollah » par ses adversaires) et homme d'affaires Ahmed Abdallah Sambi est élu avec 58 % des voix.

Élu sur un programme d'inspiration populiste et sociale, il est aussitôt confronté à la dissidence du colonel Mohammed Bacar, président d'Anjouan, qui, refusant la nomination par l'Union d'un président de transition à la fin de son mandat le 14 avril 2007, organise le 10 juin une élection présidentielle sans observateurs étrangers, au terme de laquelle il est réélu. Après plusieurs tentatives infructueuses de médiation, le président Sambi lance, le 25 mars 2008, avec l'aide de l'Union africaine, l'intervention militaire « Démocratie aux Comores » et chasse du pouvoir le colonel Mohammed Bacar, qui se réfugie à Mayotte. Alors que les tensions s'exacerbent à l'approche de l'échéance du mandat du président Sambi, les Comoriens approuvent massivement (93,8 %) le référendum constitutionnel organisé le 17 mai 2009 et proposant de prolonger d'un an le mandat du président fédéral. Présenté comme un simple toilettage de la Constitution de 2001, l'amendement prévoit une réduction des pouvoirs des présidents des trois îles pour en faire des gouverneurs. En outre, la révision donne au président fédéral le pouvoir de dissoudre l'Assemblée de l'Union et érige l'islam en religion d'État. En décembre, les candidats pro présidentiels l’emportent largement à l’Assemblée de l’Union.

En 2011, c’est au tour de l’île de Mohéli d’assurer la présidence de la fédération : après avoir obtenu 61 % des suffrages, Ikililou Dhoinine succède à A. A. Sambi, qui lui a apporté son soutien, à la tête de l’État. Organisées parallèlement, les élections des gouverneurs des îles se soldent par la victoire de l’opposition à Mohéli (Mohamed Ali Said) et de la mouvance présidentielle à Grande Comore et Anjouan (Mouigni Baraka et Anissi Chamsidine).

Initialement prévues en novembre 2014, les élections de députés, conseillers des îles et conseillers municipaux (ces dernières avec un quota de 30 % réservé aux femmes) ont lieu en janvier et février 2015. Les résultats du scrutin marqué par une participation très forte (73,1 %), traduisent une nette progression de l’opposition sambiste (parti Juwa, « le Soleil »), qui, avec 7 déptutés (29,17 % des suffrages), arrive derrière le parti présidentiel, l'Union pour le développement des Comores (UPDC, créé en mars 2013), 8 députés et 33,33 % des suffrages.