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Congo

anciennement Congo-Brazzaville

Nom officiel : République du Congo

Carton de situation - Congo
Drapeau du Congo
Drapeau du Congo

État d'Afrique centrale ouvert au sud-ouest sur l'océan Atlantique, le Congo est limité au sud par l'Angola, à l'est par la République démocratique du Congo, au nord par la République centrafricaine, au nord-ouest par le Cameroun et à l'ouest par le Gabon.

  • Superficie : 342 000 km2
  • Nombre d'habitants : 4 448 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Congolais
  • Capitale : Brazzaville
  • Langue : français
  • Monnaie : franc CFA
  • Chef de l'État : Denis Sassou-Nguesso
  • Chef du gouvernement :
  • Constitution :
    • Adoption : 25 octobre 2015
    • Entrée en vigueur : 6 novembre 2015
Pour en savoir plus : institutions du Congo

GÉOGRAPHIE

Chevauchant l'équateur, le pays est en grande partie recouvert par la forêt dense, localement exploitée. Le manioc est la base de l'alimentation. Le pétrole est la principale source d'exportations. Les deux seules grandes ville sont la capitale, Brazzaville, et le port de Pointe-Noire.

1. Le milieu naturel

1.1. Le relief

D'une superficie de 342 000 km2, l'État s'étire du sud-ouest au nord-est sur 1 200 km, à partir d'une façade maritime étroite. Au nord, une partie de la cuvette alluviale du Congo, plate et souvent marécageuse, draine un large éventail de rivières ; sur le pourtour se succèdent des plateaux et des collines gréseuses qui culminent vers 860 m dans le pays Téké, tandis que le socle ancien apparaît dans le bassin de l'Ivindo. Dans le sud, au-delà des collines du Pool, s'ouvre le bassin Niari-Nyanga encadré par le plateau des Cataractes, À l'ouest de Brazzaville, le massif granito-gneissique du Chaillu est cerné par des auréoles de couches sédimentaires dessinant une ample dépression (synclinal Niari-Nyanga). Ces couches forment des plis serrés contre la chaîne du Mayombe, dont les crêtes appalachiennes successives dominent la zone des bas plateaux et des plaines littorales. La côte, tantôt basse et tantôt rocheuse, est en voie de régularisation.

1.2. Le climat

Le Congo reçoit plus de 1 200 mm de pluie par an, sauf dans la vallée du Niari ; mais les précipitations dépassent rarement 1 700 mm. Leur rythme est marqué par l'existence d'une saison sèche, longue de quatre mois dans le Sud (juin-septembre), qui dure encore un mois sous l'équateur et pendant laquelle la température s'abaisse nettement. La « petite saison sèche » de décembre-janvier n'est qu'un ralentissement des pluies. La chaleur moyenne est comprise entre 24 et 26 °C, et les maximums ne sont jamais très élevés. Le fleuve Congo et l'Oubangui servent de frontière avec la République démocratique du Congo ; le Niari Kouilou a un bassin purement congolais. Les régimes hydrologiques sont très variables. Celui du Kouilou (appelé Niari, en amont de Makabana), dont le module est de 960 m3/s, reflète les variations pluviométriques en présentant un étiage marqué et deux périodes de hautes eaux. Celui de l'Oubangui est nettement tropical : une seule crue, très accentuée. Le régime du Congo est rendu très complexe par l'étendue de son bassin : ses variations à Brazzaville sont souvent le reflet de phénomènes qui se sont produits très loin de là.

1.3. La végétation

La forêt, humide, dense, à la végétation étagée, couvre 19 000 000 d'ha répartis entre trois grands blocs : la chaîne du Mayombe, le massif du Chaillu et le nord du pays. Mais, dans la cuvette congolaise, le sol marécageux la rend difficilement exploitable. Les savanes occupent le reste du territoire, déroulant leur tapis de hautes herbes piqueté de millions d'arbres, d'arbustes ou de buissons ; elles sont parcourues chaque année par de vastes incendies. Zones inondées et lacs sont encombrés par des prairies flottantes ou des papyraies. La mangrove est installée dans quelques estuaires.

2. La population et l'économie

Le Congo est un pays peu peuplé, avec une densité moyenne à peine supérieure à 10 habitants par km2. Longtemps, la fécondité y fut inférieure à la moyenne de l'Afrique subsaharienne, ce qui tenait à une stérilité féminine assez importante. Cette spécificité a disparu et le taux de croissance démographique a rejoint la norme africaine, avec, corrélativement, un rajeunissement de la population : avec un âge médian de 16 ans, la population du Congo est aujourd'hui une des plus jeunes du monde, derrière celles du Niger et de l'Ouganda.

La population est très inégalement répartie. Le Sud, où se situent les deux principales villes du pays, regroupe près des trois quarts des habitants. Le taux d'urbanisation est l'un des plus élevés d'Afrique.

Le Congo a hérité de la période coloniale une économie déséquilibrée, la prépondérance des activités de services datant de l'époque où Brazzaville était la capitale de l'A.-É.F. (Afrique-Équatoriale française). La mise en valeur de gisements pétroliers, permettant une extraction annuelle de l'ordre de 12 à 14 millions de tonnes (soit, par habitant, quatre à cinq fois la production du Nigeria), n'a fait qu'accentuer cette tendance, et le Congo est, dès lors, entré dans un système d'économie de rente : le pétrole représente les deux tiers du produit intérieur brut et 80 % du total des exportations. L'agriculture, qui n'a jamais été très dynamique, ne parvient toujours pas à satisfaire les besoins alimentaires de base des villes et le pays doit recourir massivement aux importations. L'exploitation du bois est en régression, la production de potasse interrompue et celle de sucre en constante diminution. Seule la fabrication de boissons et de cigarettes parvient à maintenir une activité relativement soutenue. Quant aux infrastructures, elles n'ont été ni développées, ni même entretenues : l'exploitation du chemin de fer est devenue si incertaine que le Gabon a décidé, en 1991, d'utiliser son propre réseau pour acheminer son minerai de manganèse. La route qui relie Brazzaville à Pointe-Noire, la capitale économique située au bord de l'Atlantique, est toujours en construction.

Bien que quatrième pays producteur d'hydrocarbures en Afrique subsaharienne, le Congo ne bénéficie guère de ses retombées, du fait du montant très élevé de sa dette extérieure (environ 150 % du produit intérieur brut en 2005), qui absorbe à elle seule 60 % des recettes budgétaires. Les importations restent supérieures aux exportations. La part des produits manufacturés dans les exportations est passée de 15 % dans les années 1990 à seulement 2 % aujourd'hui. Aussi le pays recherche-t-il l'aide du Fonds monétaire international dans le cadre de l'initiative de réduction de la dette en faveur des pays pauvres très endettés, tout en essayant de diversifier son économie (exploitation du fer et du magnésium).

HISTOIRE

1. La période précoloniale

1.1. Le royaume téké

Les royaumes de la savane au nord du Congo sont mal connus. Le royaume téké (tyo ou anzique), désigné souvent d'après le nom de son roi, le Makoko, remonterait au xve siècle.

Au siècle suivant, les Portugais l'estimaient plus puissant que le royaume du Kongo. Il s'adjuge rapidement le monopole de la traite en amont du Pool, ce qui engendre une communauté de culture avec les peuples voisins, Boubanguis, Kongos, etc. Un important commerce d'esclaves se pratique sur la côte du Loango, du cap Lopez à l'embouchure du fleuve, et est relayé au xixe siècle par le commerce de l'ivoire. Le roi, guide religieux et maître de la pluie, est reconnu par tous les villages, ainsi que par l'ensemble des chefs, notamment les chefs de terre, mais il n'intervient pas dans leur existence, si bien qu'on a pu considérer la société téké comme de structure segmentaire.

1.2. Le royaume de Loango

Le royaume de Loango, dont la structure est proche de celle du Kongo, est une monarchie de droit divin fortement hiérarchisée. Le reste du pays, occupé par la grande forêt, abrite des Pygmées (Bingas) et subit peu le contrecoup des bouleversements des populations des savanes centrafricaines.

2. La période coloniale

2.1. Pierre Savorgnan de Brazza

Le Congo entre dans la mouvance française par l'intermédiaire de Savorgnan de Brazza, qui l'explore à partir de 1875. La signature du traité Makoko (1880) et sa ratification par le Parlement français en 1882 débouchent sur la création de la colonie en 1886. L'organisation administrative de celle-ci connaît des vicissitudes, sous le nom généralement de Moyen-Congo, avec Brazzaville comme capitale, tantôt groupée avec le Gabon, tantôt avec l'Oubangui-Chari et autres dépendances.

En 1903, le territoire obtient son autonomie administrative et financière. En 1910 est créé le gouvernement général de l'Afrique-Équatoriale française (A-ÉF), dont le siège est à Brazzaville.

2.2. Les vicissitudes de la colonisation

De nombreux abus marquent les débuts de la colonie, notamment en 1904, entraînant le retour de Brazza en 1905 à la tête d'une commission d'enquête. Le pays n'en reste pas moins livré aux grandes compagnies concessionnaires, faute d'investissements publics et privés, et il est particulièrement sous-administré. Un grave soulèvement éclate en 1913 dans la haute Likouala.

La construction du chemin de fer Congo-Océan (1921-1934) est également une lourde épreuve pour les populations, que l'Administration tente de regrouper le long des voies de communication, malgré l'opposition des Kotas notamment. Un mouvement syncrétiste, le matswanisme, du nom de son fondateur, André Matswa (1899-1942), provoque des troubles de 1926 à 1942. Matswa, emprisonné sur l'ordre de Félix Éboué, meurt en 1942.

2.3. Le Congo territoire d'outre-mer

En 1940, le Congo, entraîné par le gouverneur général Éboué, rallie, avec l'ensemble de l'A-ÉF, le camp des Alliés dès l'appel du général de Gaulle. Le développement de Brazzaville s'en trouve accéléré, mais le pays souffre encore davantage en raison de l'effort de guerre qui lui est demandé. Après la conférence de Brazzaville (30 janvier-8 février 1944) et la création de l'Union française (1946), le Congo devient territoire d'outre-mer.

2.4. La République autonome du Congo

En 1945, le premier député congolais, Jean Félix Tchicaya, est élu à l'Assemblée constituante ; leader du pays vili, chef du parti progressiste congolais (PPC), il se rallie au Rassemblement démocratique africain (RDA). Face à lui et au leader socialiste Jacques Opangault (1907-1978), l'abbé Fulbert Youlou, battu aux élections législatives de 1956, crée l'Union démocratique de défense des intérêts africains (UDDIA), section locale du RDA et, appuyé par les Kongos, remporte un succès éclatant aux élections municipales de novembre 1956. Le Congo, qui a voté « oui » au référendum de 1958 à l'appel des trois chefs politiques, devient une République autonome.

2.5. Accession l'indépendance

En janvier 1959 ont lieu à Brazzaville de sanglantes émeutes qui opposent l'UDDIA, appuyée par les Balalis, dirigés contre le PPC, soutenu par les Mbochis ; ces émeutes entraînent l'intervention des troupes françaises. F. Youlou, chef du gouvernement depuis novembre 1958, grand vainqueur des élections de juin 1959, est élu à l'unanimité président de la République en novembre 1959. J. Opangault se rallie alors et devient vice-président du Conseil. Le 15 août 1960, la République du Congo accède à l'indépendance complète.

3. Le Congo-Brazzaville

En mars 1961, l'abbé Youlou est réélu à la tête de l'État. Devant son intention de créer un parti unique, en août 1963, les syndicats proclament la grève générale et une émeute éclate ; il doit alors démissionner.

Une nouvelle Constitution, remplaçant celle de 1961, donne des pouvoirs effectifs au Parlement. Massamba-Débat, à qui a été confié le gouvernement provisoire, devient en décembre président de la République avec Pascal Lissouba, militant marxiste, comme Premier ministre. À partir de 1964, devant l'agitation entretenue par les partisans de F. Youlou, le régime s'oriente nettement à gauche avec l'établissement du Mouvement national de la révolution (MNR) comme parti unique et l'élimination des éléments modérés du gouvernement ; le pays conserve cependant de bons rapports avec les investisseurs étrangers, notamment français. Les liens avec l'URSS, la Chine sont resserrés, et d'étroites relations s'établissent à partir de 1965 avec Cuba.

P. Lissouba démissionne en avril 1966 et est remplacé par le chef du MNR, Ambroise Noumazalay, d'où une nouvelle radicalisation du régime. Une tentative de soulèvement d'officiers, entraînés par le commandant Ngouabi, échoue en juin. En janvier 1968, Massamba-Débat démet Noumazalay de ses fonctions. Mais une crise éclate au cours de l'été 1968. Massamba-Débat, otage des militaires, crée un Conseil national de la révolution (CNR), dirigé par le commandant Marien Ngouabi, puis démissionne. M. Ngouabi devient alors chef de l'État le 1er janvier 1969. Les relations, très tendues avec le Congo-Kinshasa du fait de l'aide longtemps apportée par Brazzaville aux rebelles congolais, sont rompues.

4. La République populaire du Congo (1969-1992)

4.1. Marien Ngouabi (1969-1977)

Le 30 décembre 1969, le congrès constitutif du parti congolais du Travail (PCT), parti unique qui remplace le MNR, adopte une nouvelle Constitution. Le Congo devient une République populaire, tous les pouvoirs émanant, à travers le PCT, du « peuple travailleur ». Marien Ngouabi, président du Comité central du parti, est également président de la République. Il n'y a pas d'assemblée élue. La vie politique continue d'être mouvementée : tentatives de coups d'État, limogeages, fuite de responsables à l'étranger, nouvelle Constitution (juin 1973, qui crée une Assemblée nationale populaire), mise en place d'un « état-major révolutionnaire » (décembre 1975) auquel appartient le commandant Denis Sassou-Nguesso, qui va se révéler être l'homme fort du pays.

4.2. La dictature marxiste de Sassou-Nguesso (1977-1985)

Après l'assassinat de M. Ngouabi, le 18 mars 1977, puis celui du cardinal-archevêque de Brazzaville, l'ancien président Massamba-Débat, accusé d'être à l'origine du meurtre de M. Ngouabi, est jugé sommairement et exécuté le 25 mars. Le général Joachim Yhombi-Opango devient chef de l'État, et D. Sassou-Nguesso, ministre de la Défense, est son second. Au début 1979, ce dernier occupe la présidence après la destitution de J. Yhombi-Opango. Contrairement à ses prédécesseurs, D. Sassou-Nguesso parvient à se maintenir au pouvoir durant de longues années, malgré les difficultés économiques qui s'accumulent et la révolte dans le centre-nord du pays, en 1987.

Si les discours des dirigeants congolais sont vigoureusement révolutionnaires et si des structures de développement publiques comme des fermes d'État sont mises en place, le réalisme l'emporte dans les relations internationales. Le Congo ne quitte pas la zone franc, et l'exploitation pétrolière est confiée à des compagnies européennes (Elf, en particulier). À partir de 1985, D. Sassou-Nguesso admet même le bien-fondé de l'ajustement structurel recommandé par le Fonds monétaire international (FMI).

4.3. Retour au multipartisme

En novembre 1989, le président engage le pays sur la voie du libéralisme économique et assouplit le régime en libérant des prisonniers politiques. Sous la pression des mouvements de revendication qui se multiplient, D. Sassou-Nguesso accepte le multipartisme en décembre 1990, puis autorise les partis d'opposition (février 1991). Une Conférence nationale est organisée par le gouvernement en juin. L'opposition parvient à s'y imposer : la Conférence élit André Milongo, ancien administrateur de la Banque mondiale, au poste de Premier ministre, dont les pouvoirs sont étendus. Après une tentative de renversement du gouvernement de transition en janvier 1992, une sixième Constitution est adoptée par référendum (15 mars), suivie d'élections locales, législatives, sénatoriales, puis présidentielle (août 1992). D. Sassou-Nguesso est battu dès le premier tour, et Pascal Lissouba, leader de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), est élu.

5. La difficile démocratisation

5.1. Pascal Lissouba (1992-1997) : crises politiques et militaires

Le nouveau président ne sait – ou ne peut – faire face à une situation très dégradée. En moins d'un an, trois Premiers ministres se succèdent, et les élections législatives de mai-juin 1993, rendues nécessaires par la dissolution de l'assemblée cinq mois plus tôt à la suite d'une crise politique grave, sont le point de départ d'une vague de violences à Brazzaville, qui débouchent sur un nouveau « second tour » des législatives. La courte victoire de la « mouvance présidentielle » relance les violences dans l'agglomération de Brazzaville. Commises par des milices partisanes s'opposant à l'armée, celles-ci font plus de 300 morts. Une réconciliation en juillet 1994 est suivie d'un pacte de paix solennel, signé en décembre 1995, qui prévoit le désarmement de toutes les milices. Le pouvoir paraît de plus en plus fragile : sa majorité parlementaire se désagrège et une partie de l'armée se mutine à plusieurs reprises.

5.2. Le Congo déchiré par les guerres civiles (1997-1998)

Alors qu'une élection présidentielle est prévue en juillet 1997, des affrontements armés se produisent début juin dans le centre et le nord de Brazzaville entre l'armée et les « cobras » de D. Sassou-Nguesso. De l'autre côté du fleuve, Laurent-Désiré Kabila vient de conquérir Kinshasa. Malgré les tentatives du président gabonais Omar Bongo et les pressions diplomatiques de la France et des États-Unis, les affrontements dégénèrent en combats à l'arme lourde, qui ravagent Brazzaville et s'étendent au nord du pays. Ils ne s'achèvent que le 15 août, avec l'intervention des troupes angolaises, appelées par D. Sassou-Nguesso.

Ce dernier s'intronise président de la République le 25 octobre et promet d'œuvrer dans le sens de l'unité nationale. Il s'efforce de rassurer l'opinion internationale, met en place un Parlement de transition et organise un Forum de réconciliation nationale. Mais la trêve est de courte durée et, fin 1998, les combats reprennent à la suite d'accrochages survenus en octobre dans la région du Pool près de Brazzaville entre, d'une part, l'armée congolaise soutenue par les cobras et l'armée angolaise et, d'autre part, les « ninjas » de Bernard Kolélas, dernier Premier ministre de l'ex-président Lissouba.

5.3. Vers l'apaisement

Après la conclusion de deux cessez-le-feu fin 1999, D. Sassou-Nguesso appelle à un dialogue national en février 2000, sans toutefois mentionner les exils de P. Lissouba et de B. Kolélas. Une grande réunion destinée à jeter les bases d'une réconciliation nationale est organisée, en mars 2001, en l'absence de ces derniers.

Dans un contexte de reprise de l'activité économique à partir de 2002 et en partie pour satisfaire aux exigences des bailleurs de fonds, le Congo semble chercher la paix. Une série de scrutins a lieu en 2002 qui marquent la fin du régime d'exception instauré à partir de 1997. Ils se déroulent sous le contrôle de l'armée angolaise, dans un pays encore secoué localement par la guerre civile et en l'absence des principaux opposants (dont la majorité vit en exil), ce qui en fait contester la sincérité par les observateurs étrangers.

D. Sassou-Nguesso, dont les pouvoirs sont considérablement renforcés par une nouvelle Constitution, adoptée en 2002, est réélu dès le premier tour la même année (près de 90 % des suffrages) en l'absence de ses principaux concurrents : l'ex-président P. Lissouba, condamné à mort par contumace en décembre 2001, ayant été éliminé de la course et le président de l'Assemblée nationale, André Milongo, ayant préféré se désister.

Quelques signes d'apaisement apparaissent : en 2005, P. Lissouba est amnistié ; B. Kolélas, malgré sa condamnation, rentre au pays et prête allégeance à D. Sassou-Nguesso (il décèdera en novembre 2009).

Les combats entre milices armées et forces gouvernementales se poursuivent dans la région du Pool en 2006 en dépit de l'accord de paix du 17 mars 2003 dont l'application s'avère difficile. La pacification de la région connaît une notable avancée en 2007-2008 avec la transformation du principal mouvement rebelle en parti politique et la relance (juin 2008) par la Banque mondiale d'un programme de désarmement et de réinsertion des rebelles.

Une partie de l'opposition boycotte l'élection présidentielle du 12 juillet 2009, remportée par D. Sassou-Nguesso avec 78,61 % des suffrages. Un mois avant le scrutin, le candidat du principal parti de l'opposition, l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS, créée par P. Lissouba), Ange Édouard Pongui (ex-Premier ministre de 1984 à 1989), avait vu, ainsi que trois autres concurrents, sa candidature rejetée par la Cour constitutionnelle. Mathias Dzon, considéré comme le principal adversaire du président, n'a obtenu que 2,30 % des voix. Peu après sa réélection, le chef de l'État forme un nouveau gouvernement et supprime le poste de Premier ministre, jugé par l'opposition en contradiction avec la Constitution.

Le 25 octobre 2015, faisant fi de la mobilisation populaire à l’appel de l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC) et du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad), et après avoir ordonné la répression des manifestants (qui entraîne plusieurs morts), D. Sassou-Nguesso fait adopter par référendum une nouvelle Constitution, levant ainsi les obstacles – dont la limite d’âge – à sa candidature (non déclarée) en 2016. Par ailleurs, deux articles lui permettraient également d’échapper à d’éventuelles poursuites.

Présentée comme une modernisation des institutions et une avancée démocratique avec le rétablissement de la fonction de Premier ministre et de la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale, accueillie avec prudence et un certain embarras par la communauté internationale dont la France, cette réforme est dénoncée comme un « subterfuge », alors que le résultat du plébiscite – 94 % de « oui » et un taux de participation de plus de 72 % – est validé par la Cour constitutionnelle. Rejeté par l’opposition, le texte est promulgué le 6 novembre. En mars 2016, D. Sassou-Nguesso est ainsi réélu avec 60 % des suffrages.