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Vanuatu

anciennement Nouvelles-Hébrides

Nom officiel : République de Vanuatu

Carton de situation - Vanuatu
Drapeau de Vanuatu
Drapeau de Vanuatu

État insulaire d'Océanie, Vanuatu est situé en Mélanésie, dans le sud-ouest de l'océan Pacifique (mer de Corail), au nord-est de la Nouvelle-Calédonie.
Vanuatu est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 12 200 km2
  • Nombre d'habitants : 253 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Vanuatuans
  • Capitale : Port-Vila
  • Langues : anglais, bichlamar et français
  • Monnaie : vatu
  • Chef de l'État : Baldwin Lonsdale
  • Chef du gouvernement : Charlot Salwai
  • Nature de l'État : république à régime parlementaire
  • Constitution :
    • Entrée en vigueur : 30 juillet 1980
    • Révisions : 1987, 1995
Pour en savoir plus : institutions du Vanuatu

GÉOGRAPHIE

L'État de Vanuatu est constitué d'environ 60 îles, dont les principales sont du nord au sud : Espiritu Santo, Mallicolo, Éfaté et Erromango. Toutes les grandes îles sont montagneuses et plusieurs volcans sont actifs. Les récifs coralliens sont rares. En raison de la latitude (13 ° à 20 ° sud), le climat est subéquatorial, chaud (26 °C) et très humide (2 à 4 m de pluies par an). Cela explique l'extension de la forêt dense, qui couvre environ 75 % du territoire.

La population, d'origine mélanésienne, augmente rapidement, avec un taux d'accroissement naturel de l'ordre de 2,5 % par an, ce qui explique sa grande jeunesse : 41 % des habitants ont à ce jour moins de 15 ans. Trois îles, Éfaté, Espiritu Santo et Mallicolo regroupent plus de la moitié de la population totale. L'agriculture occupe environ 60 % des actifs : aux cultures vivrières traditionnelles (taro, igname, patate douce, manioc, banane) s'ajoutent les cultures commerciales (cocotier, cacaoyer), pratiquées dans des plantations, et l'élevage bovin. Le coprah constitue, avec les produits de la pêche (conserves de thon), la principale source d'exportation, mais les recettes générées sont très sensibles aux fluctuations des cours internationaux. La balance des paiements est alimentée par les rentrées invisibles des émigrés, par les revenus du centre financier offshore implanté par les Britanniques en 1971 et par le tourisme. La forte instabilité politique du pays entrave les prises de décisions en matière de politique économique ; grèves et manifestations violentes se succèdent régulièrement, causant de graves dommages matériels. En 1997, un accord est signé entre le gouvernement et la Banque asiatique de développement, incluant d'importantes restructurations économiques et une réduction du secteur public. La France est le principal bailleur de fonds.

L'archipel doit lutter contre la montée des eaux due à la fois à l'enfoncement naturel progressif des îles et à la hausse du niveau de la mer.

Les sites de Vanuatu classés à l'Unesco

Plusieurs sites de Vanuatu sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco :
– le domaine du chef Roi Mata, répartis dans trois sites des îles d'Efate, de Lelepa et d'Artok. Le bien comprend la demeure du Roi Mata, le site de sa mort et un site funéraire collectif.

HISTOIRE

1. De la découverte au condominium des Nouvelles-Hébrides (1606-1980)

Une population d'origine variée (Mélanésie et Polynésie) occupe l'archipel, découvert en 1606 par le Portugais P. Fernandes de Queirós, puis de nouveau, en 1768, par Bougainville, et enfin par Cook en 1774 ; ce dernier lui attribue le nom qu'il portera jusqu'en 1980 : Nouvelles-Hébrides. Les trafiquants européens (bois de santal, baleiniers), par leurs abus, provoquent des révoltes indigènes au début du xixe siècle.

La rivalité entre la France et la Grande-Bretagne, et entre les missionnaires des deux pays, aboutit à la création, en 1887, d'une commission navale franco-britannique, puis à l'établissement, en 1906, d'un condominium donnant aux deux pays une autorité conjointe sur les indigènes et à chacun sur ses ressortissants.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Nouvelles-Hébrides, non occupées par les Japonais, constituent une importante base pour les Alliés. Une autonomie croissante est accordée au condominium.

2. Depuis l'indépendance

L'indépendance est proclamée le 30 juillet 1980, dans un climat de confusion générale et de violence, générées à la fois par les rivalités entre groupes francophone et anglophone, de force égale, par l'élection, en novembre 1979, d'une majorité anglophone conduite par le pasteur anglican Walter Lini et, enfin, par des troubles sécessionnistes sur l'île d'Espiritu Santo. Le nouvel État est le seul État bilingue de la région.

Au pouvoir depuis l'indépendance (à l'exception d'une brève interruption en 1989) et à la tête du Vanua'aku Pati (« parti de Notre Terre », en bichlamar), identifié à l'électorat anglophone, le pasteur Lini élabore la doctrine du socialisme mélanésien, inspirée des expériences de Julius Nyerere en Tanzanie. Il est mis en minorité en septembre 1991, ce qui ouvre une période de forte instabilité politique. Le secrétaire général du parti, Donald Kalpokas, en devient président en août 1991 et occupe le poste de Premier ministre jusqu'aux élections législatives de décembre, qui sont remportées par l'Union des partis modérés (francophone, conservateur), issue d'une scission au sein du Vanua'aku Pati. L'un des dirigeants de cette formation, Maxime Carlot, devient alors le premier francophone élu au poste de Premier ministre. Il forme un gouvernement de coalition avec le parti national unifié de W. Lini, issu du Vanua'aku, et est reconduit dans ses fonctions au terme des législatives de décembre 1993.

Les élections de novembre 1995 sont le point de départ d'une crise politique, qui se solde par la démission, huit semaines plus tard, du gouvernement de S. Vohor, et le retour de M. Carlot à la tête d'une coalition. En octobre 1996, S. Vohor redevient Premier ministre, avec le soutien, entre autres, du parti national uni. La victoire du Vanua'aku Pati aux élections anticipées de mars 1998 entraîne le retour de D. Kalpokas à la tête d'un nouveau gouvernement de coalition.

En novembre, après la démission de D. Kalpokas et un vote de défiance du Parlement (l'opposition a remporté trois des quatre élections partielles qui se sont tenues en août), Barak Sopé (Melanesian Progressive Pati) devient Premier ministre. Ce dernier subit à son tour, en mars 2001, un vote de défiance des parlementaires qui choisissent pour le remplacer Edward Natapei, réélu aux élections de mai 2002. E. Natapei dissout le Parlement en 2004. À la suite des élections législatives de juillet, le parti national unifié de Ham Lini (le frère de Walter) devient le premier parti du Parlement avec 10 sièges sur 52. Mais grâce au jeu des alliances, S. Vohor obtient une majorité de 28 voix contre 24 pour H. Lini, et est donc élu Premier ministre. Il forme, en août, un gouvernement d'unité nationale, H. Lini obtenant le poste de vice-Premier ministre. Le 11 décembre 2004, S. Vohor est contraint de démissionner pour avoir voulu instaurer de manière unilatérale des relations diplomatiques avec Taïwan. H. Lini est alors élu Premier ministre.

Les élections législatives du 2 septembre 2008 sont remportées par le Vanua'aku Pati (10 sièges) devant le parti national unifié (8 sièges). Les deux partis forment une coalition. H. Lini cède le poste de Premier ministre à E. Natapei. Aussitôt confronté à une motion de censure, ce dernier propose plusieurs postes ministériels à l'Union des partis modérés de Serge Vohor. L'opposition est conduite par Maxime Carlot Korman (parti républicain du Vanuatu), président du Parlement depuis juin 2009. Conformément à la Constitution, ce dernier assure la présidence de la République par intérim entre la fin du mandat de Kalkot Mataskelekele (16 août 2009) et l'élection de Iolu Abil (2 septembre 2009). La très grande fragmentation du Parlement atteint un record à l’issue des élections du 30 octobre 2012 : de la trentaine de partis en lice, seize obtiennent des représentants outre quatre députés indépendants. Sato Kilman, chef du parti progressiste populaire, arrivé en deuxième position derrière le Vanua'aku Pati, forme un gouvernement de coalition avec huit autres partis. La vie politique de l'archipel est dès lors sujette à une grande instabilité politique : à la suite de la démission de S. Kilman en mars 2013, le Congrès élit pour lui succéder Moana Carcasses ; ce dernier, victime d'une motion de censure en mai 2014, est remplacé par Joe Natuman, député du Vanua'aku Pati de l’île de Tanna ; en juin 2015, la chute du gouvernement à une très courte majorité entraîne le retour de S. Kilman au poste de Premier ministre, mais le Parlement est dissous en novembre. À la suite des élections anticipées de janvier 2016, 17 formations politiques et 8 députés indépendants se partagent les 52 sièges. Onze partis s’entendent pour former le gouvernement.

Ayant fait du non-alignement une des constantes de sa politique étrangère, Vanuatu accorde la priorité aux affaires de la région et au maintien de la sécurité. Seul État à ne pas s'opposer à la reprise des essais nucléaires français en 1995, il manifeste, par la suite, sa solidarité avec ses voisins du Pacifique par l'envoi de troupes au Timor Oriental, à Bougainville et aux îles Salomon.