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océan Pacifique

Îles Galápagos
Îles Galápagos

La plus grande division de l'océan mondial, comprise entre l'Asie et l'Australie à l'O., et l'Amérique à l'E. ; 180 millions de km2, en comptant les mers bordières (soit la moitié de la superficie occupée par l'ensemble des océans).

L'océan Pacifique en chiffres

l'océan Pacifique
en chiffres

Superficie d'ensemble (millions de km2)

165,2

Superficie par étages bathymétriques
(profondeur en km)
 

0 à 0,2
0,2 à 1
1 à 2
2 à 3
3 à 4
4 à 5
5 à 6
plus de 6

2,8
3,7
5,5
8,1
31,7
62,4
47,6
3,4

Volume (millions de km3)

707,5

Profondeur moyenne (m)

4 282

Profondeur maximale (m)

11 034
(fosse des Mariannes)

Largeur (km) 
Tokyo-Los Angeles

10 000

Mindanao-Panamá

17 500

Nouvelle-Zélande-Valdivia

11 000

Le Pacifique se distingue par :
– 1. des dimensions exceptionnelles (presque la moitié de la superficie et du volume de l'océan mondial) ;
– 2. sa profondeur moyenne élevée (165 m de plus que la moyenne de l'océan mondial) ;
– 3. la présence des plus grandes fosses océaniques ;
– 4. son encadrement de marges actives (séisme, volcanisme) sous lesquelles s'enfonce une croûte océanique en expansion rapide ;
– 5. l'économie jeune et dynamique des pays riverains.

1. Géomorphologie

La complexité des rives et des fonds est le trait le plus frappant de la configuration du Pacifique. Les régions océaniques sont formées par une dorsale qui, d'abord O.-E. et médiane dans la partie australe (entre l'Australie et l'Antarctique), se décale graduellement vers l'Amérique latine (dorsale Est-Pacifique). Il s'agit d'une dorsale en expansion rapide (8,8 à 16,1 cm/an), sans fossé axial, et encadrée par de lourds massifs satellites matérialisant l'emplacement d'anciennes dorsales mortes. Les zones de fracture qui la segmentent sont nombreuses et à décalage prononcé. Dans l'hémisphère boréal, la dorsale disparaît en pénétrant dans le golfe de Californie ; plus au N.-O., la dorsale de Juan de Fuca en est un élément isolé.

Tous les fonds situés à l'E. de la dorsale Est-Pacifique appartiennent aux plaques Antarctique (bassin pacifico-antarctique, plaines de Bellingshausen et d'Amundsen), Nazca (bassins péruvien et chilien séparés par la dorsale aséismique Nazca) et Cocos (bassin de Panamá). Les trois plaques qui subduisent sous le continent américain sont séparées par des dorsales jeunes (du Chili, des Galápagos). Tout le reste des grands fonds du Pacifique est porté par la plaque Pacifique, dont l'histoire complexe révèle la composition en plusieurs éléments centraux d'âge et de reliefs distincts. D'abord, à l'O. de l'Amérique du Nord, les grandes zones de fracture sont des reliefs monumentaux, alignés sur des milliers de kilomètres le long d'anciennes failles transformantes. Le centre du Pacifique est occupé par des chaînes de montagnes sous-marines (monts des Empereurs, des Musiciens, Monts médiopacifiques), dont les plus élevées forment des archipels coralliens (Tuamotu, Société, Marshall, Carolines) ou volcaniques (Hawaii). Les bassins qui les encadrent (Nord-Ouest, Nord-Est et Sud-Pacifique) sont recouverts par un mince tapis sédimentaire où prédominent les pélagites, les boues coralliennes et les formations pyroclastiques.

Le Pacifique est un océan ancien en cours de fermeture depuis la dislocation du continent primitif. La réduction est exprimée par le prolongement subductif de la croûte océanique sous la presque totalité des marges. Les marges asiatiques et australasiatiques sont formées de fosses abyssales, d'arcs insulaires (Aléoutiennes, Kouriles, Japon, Bonin, Mariannes, Philippines, Mélanésie, Nouvelle-Zélande), de mers marginales (de Béring, d'Okhotsk, du Japon, de Chine méridionale, d'Indonésie, de Corail, de Tasman) dues à l'expansion crustale, en arrière des arcs, d'une pente et d'une plate-forme continentales (mer Jaune, de Java) progradantes (puissantes accumulations sédimentaires fluviales et deltaïques). La marge américaine, étroite et plus simple, est partiellement bordée de fosses moins profondes (du Chili, du Pérou, de l'Amérique centrale). Les segments intermédiaires sont occupés par des marges ouvertes par des bassins et des canyons nombreux. Localement ont pris place des glacis continentaux étendus.

2. Hydrologie

Les masses d'eau de l'océan Pacifique sont, en moyenne, moins chaudes et moins salées que le reste de l'océan mondial. La moindre salure est due aux volumes des apports fluviaux, à la faible exportation de l'humidité atmosphérique au-delà des crêtes des montagnes riveraines, à la pénétration des eaux polaires. L'océan Pacifique peut être partagé en 3 domaines hydro-météorologiques. Les eaux polaires sont soumises à une dessalure importante, à des refroidissements considérables (banquise jusqu'à la mer du Japon) et à un puissant entraînement par les vents. Dans l'hémisphère boréal, la diffusion des eaux depuis les mers marginales (de Béring, d'Okhotsk) est reprise par la grande dérive d'ouest jusqu'en Alaska et aux Aléoutiennes ; dans l'hémisphère austral, c'est le grand circuit circumantarctique. Les eaux tempérées et tropicales de l'Est sont conditionnées par la présence des anticyclones de Californie et de l'île de Pâques, qui impulsent les 2 grandes dérives nord- et sud-équatoriales ; une partie de leurs eaux provient des courants de Californie et du Pérou (Chili), tous deux affectés par des résurgences enrichissantes (remontées d'eau froide). Les eaux tempérées et tropicales de l'Ouest sont placées sous l'influence alternée de la mousson. Les pièces maîtresses du système sont les terminaisons des courants nord- et sud-équatoriaux, dérivés vers le S. (courant de Tasman) et surtout le N. (courants des Philippines, de Formose, Kuroshio).

3. La vie

La transparence de l'eau et l'abondance en sels nutritifs assurent au Pacifique une productivité relativement élevée en matière vivante, comme en témoigne l'ancienneté des grandes civilisations de pêcheurs fixés dans les archipels du centre du Pacifique. Les eaux froides font figure de domaines privilégiés pour la pêche (pêche côtière et chalutage) et pour la chasse. Plus récemment, les eaux californiennes et surtout péruviennes sont devenues des domaines de pêche industrielle.

Les rives du Pacifique ont vu se développer très tôt des civilisations profondément originales, mais privées de tout lien entre elles à cause de la distance. Il a fallu le développement de la navigation et de l'industrie modernes pour que s'établissent des réseaux d'échanges.

4. Découverte

Les immensités de l'Atlantique semblaient infranchissables aux navigateurs de la fin du Moyen Âge lorsqu'ils envisageaient de gagner la Chine par l'ouest. L'exploit de Colomb, en 1492, démontre l'existence de terres intermédiaires entre l'Europe et l'Orient. Mais il faudra encore plus de vingt ans pour que les Européens parviennent à l'autre océan : Balboa ne franchit le mince isthme de Panamá qu'en 1513. Alors se déroule la fameuse cérémonie par laquelle le conquistador prend possession de la « mer du Sud » (l'isthme est ici orienté de l'est à l'ouest) au nom de Ferdinand d'Aragon et de Jeanne, sa fille.

Cette immense façade maritime de l'Amérique va être le théâtre des grandes découvertes : par elle, Pizarro parvient aux portes de l'Empire inca (1528). Plus au nord, Cortés achève son œuvre de découvreur dans le golfe de Californie (1536). Mais la reconnaissance méthodique du littoral a été précédée par un exploit prodigieux : si le destin a empêché Magellan d'achever son tour du monde, du moins le navigateur portugais a-t-il été le premier explorateur, en 1520 et 1521, de cette interminable mer du Sud, à laquelle il donna le nom de Pacifique puisque sa traversée s'était effectuée « sans aucune fortune ».

En 1529, le Portugal réussit à faire entrer les Moluques – objectif de Magellan – dans sa mouvance, contre 350 000 ducats versés à Charles Quint. Malgré toute sa puissance, l'Espagne n'avait pu dominer ces étendues marines couvrant le tiers du globe. Il restait pourtant à conforter l'itinéraire commercial de l'Espagne vers l'Orient. Ruy López de Villalobos, parti du Mexique, atteint les Carolines, puis les Philippines (1542). En 1564, le moine Andrés de Urdaneta saura trouver le chemin du retour vers l'Amérique, par les latitudes moyennes, et la zone des grands vents d'ouest : ce sera désormais l'itinéraire des galions. Par la suite, Miguel López de Legazpi, qui avait accompagné Urdaneta, établit des liaisons commerciales avec la Chine : l'influence espagnole était ainsi bien établie au nord de l'équateur.

Au sud, toute l'exploration sera orientée vers la recherche des immenses terres australes que maintes traditions cartographiques portent depuis l'Antiquité jusqu'aux basses latitudes : en 1570 encore, le cartographe Ortelius fera remonter en deux points ces terres jusqu'au nord du tropique du Capricorne. Parti à leur recherche en 1567, Alvaro de Mendaña ne découvre que les îles Salomon. Les Anglais entrent à leur tour dans l'arène avec leur premier tour du monde, celui de Francis Drake, qui traverse le Pacifique (1577-1580). En 1606, le Portugais Pedro Fernández de Quirós découvre Tahiti et les Nouvelles-Hébrides et croit voir dans ces dernières une des extrémités du continent austral.

L'étape suivante est marquée par la difficile délimitation de l'Australie, ce à quoi, finalement, l'immense continent austral se réduisait. Ce sera, pour l'essentiel, la tâche des Hollandais. En 1606, Willem Jansz. découvre une partie du littoral du golfe de Carpentarie, dont il pense qu'il prolonge celui de la Nouvelle-Guinée. Abel Janszoon Tasman effectue le tour de l'Australie (1642-1643), démontrant ainsi l'insularité du « sous-continent ».

Avec le siècle des Lumières commencent les expéditions purement scientifiques : en 1722, Jacob Roggeve en découvre l'île de Pâques et ses mystérieuses statues colossales. L'exploration est continuée par les Anglais John Byron (1766) et Samuel Wallis (1767). En 1768, le Français Bougainville séjourne à Tahiti. Mais il appartiendra à l'Angleterre de franchir une étape décisive dans la découverte du Pacifique grâce à James Cook, qui, lors de son deuxième voyage (1772-1775), fait reculer très loin vers le sud les limites de l'Antarctique.

Après Cook et Lapérouse, dont les recherches seront précieuses pour préciser la configuration du nord de l'océan, il ne reste plus que des travaux de détail à effectuer. Ils seront le fait des Anglais George Vancouver, sur la côte nord-ouest de l'Amérique (1792-1795), et Robert Fitzroy, sur les côtes sud-est (1831-1836), ainsi que du Russe Fedor P. Lütke, du Kamtchatka aux îles Carolines (1826-1829). Les confins méridionaux seront reconnus par tous ceux qui vont préparer l'assaut de l'Antarctique.