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navigation

(latin navigatio, -onis)

Mappemonde et boussole
Mappemonde et boussole

Technique du déplacement des navires, du pilotage des avions, des chars, des véhicules spatiaux.

Navigation aérienne

Lorsque le pilote voit le sol, il peut se borner à survoler une suite de repères connus ou identifiés sur la carte : c'est la navigation « à vue », souvent désignée par le sigle anglo-saxon VFR (Visual Flight Rules). En l'absence de visibilité, on utilise le vol aux instruments (sigle anglo-saxon IFR, pour Instruments Flight Rules) : grâce aux équipements de bord, le pilote peut connaître à chaque instant son orientation (tangage, roulis, lacet) et sa position dans l'espace (procédés Decca, Loran, utilisation de signaux émis par des satellites de navigation, guidage inertiel).

Navigation spatiale

Pour les engins spatiaux proches (éloignement inférieur à quelques milliers de kilomètres), la détermination de position fait appel à des observations optiques, au radar, ou à la télémétrie laser si l'engin est doté de rétroréflecteurs. L'analyse des signaux de l'engin apporte également des informations sur sa vitesse. Pour les sondes lointaines, les déterminations de position et de trajectoire sont réalisées par analyse des signaux reçus (mesure des temps d'aller-retour Terre/sonde et de l'effet Doppler-Fizeau créé par la vitesse radiale relative du véhicule).

Navigation maritime

La navigation maritime comporte : le calcul préalable des éléments de la route à prendre (direction et vitesse) vers un point donné en fonction du tirant d'eau du navire, des zones de beau et de mauvais temps, des courants favorables ou contraires, des zones interdites à la navigation, etc. ; la tenue de la route et du point, grâce à l'estime ; le contrôle de la position, grâce aux méthodes de « point observé » (observations astronomiques, relèvements radiogoniométriques ou radars, utilisation des émissions de satellites d'aide à la navigation).

Trafics et routes

Le trafic maritime international de marchandises est estimé à 4 500 Mt, représentant la majeure partie, au moins en volume, des échanges extérieurs. Sur ce total, assuré par une flotte marchande d'environ 440 M de tonneaux, le pétrole brut et raffiné entre pour près de 40 % (50 % en 1974), loin devant les minerais (fer essentiellement), les charbons et les céréales. Les grands courants d'échanges relient ainsi le Moyen-Orient pétrolier à l'Europe occidentale, au Japon et aux États-Unis. Ces États industrialisés reçoivent aussi en priorité les minerais métalliques (fer d'Afrique occidentale et d'Amérique latine, bauxite ou parfois alumine d'Amérique latine ou d'Australie) et le charbon (sauf les États-Unis, exportateurs).

Navigation fluviale

Hors un tourisme de plaisance encore marginal, la navigation fluviale ou intérieure intéresse des produits lourds, souvent de faible valeur marchande, dont l'acheminement n'est pas urgent ou parfois poserait des problèmes techniques aux autres moyens de transport. Elle nécessite un profil régulier avec une pente faible, un débit minimal suffisant. En fait, la plupart des grands cours d'eau ont été aménagés, parfois canalisés. C'est le cas du Mississippi inférieur, de sections de la Volga, de la majeure partie du Rhône et du Rhin. Les travaux se justifient par l'accroissement des possibilités de transport offertes par les remorqueurs, pousseurs et automoteurs (70 000 t pour les convois poussés sur le Mississippi). La navigation fluviale, économe en énergie, peu polluante, a souffert cependant (au moins en France) d'un morcellement des armements et d'une certaine vétusté des équipements et de l'infrastructure, face à des concurrents puissants, bien organisés : 8,9 milliards de tonnes kilométriques pour la navigation fluviale, 60,1 milliards pour le chemin de fer (respectivement 11,9 et 60,4 en 1975) en France.