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France : géographie physique

Nord-Pas-de-Calais, le cap Blanc-Nez
Nord-Pas-de-Calais, le cap Blanc-Nez

Le milieu physique de la France est caractérisé par l'extension des plaines et des bas plateaux (plus des deux tiers du territoire sont au-dessous de 250 m) ; la montagne elle-même est souvent bordée ou pénétrée par des vallées, voies de circulation et de peuplement. La latitude, la proximité de l'Atlantique et aussi la disposition du relief expliquent la dominante océanique du climat, caractérisé par l'instabilité des types de temps, la faiblesse des écarts de température, la relative abondance des précipitations. La rigueur de l'hiver s'accroît cependant vers l'intérieur, alors que la frange méridionale connaît un climat de type méditerranéen, chaud et sec en été.
L'ancienneté et la relative densité du peuplement, l'étendue des cultures expliquent la quasi-disparition de la végétation d'origine, mais la forêt occupe environ le quart du territoire.

1. Le milieu naturel français

Le territoire français, de forme hexagonale, a une configuration à la fois assez massive, articulée et équilibrée (environ 1 000 km du Pas-de-Calais aux Pyrénées et de la Bretagne à l'Alsace). Tant par son climat que par sa structure, la France participe au monde de l'Europe du Nord-Ouest et au monde nord-méditerranéen. Du premier, elle possède les montagnes anciennes et usées, les ensembles de plaines et de bas plateaux des bassins sédimentaires ; du second, les montagnes jeunes et vigoureuses.

Les principaux ensembles du relief de la France

Les principaux ensembles du relief de la France

Relief

Superficie

Altitude moyenne

Altitude maximale

Dimensions

Alpes

35 000 km2

1 121 m

4 807 m

longueur : 350 km, largeur : de 80 à 150 km

Pyrénées

17 000 km2

1 008 m

3 298 m (partie française)

longueur : 435 km, largeur : de 20 à 40 km

Jura

 

660 m

1 723 m

longueur : 260 km, largeur maximale : 60 km

Corse

8 700 km2

570 m

2 710 m

 

Massif central

80 000 km2

715 m

1 885 m

 

Massif armoricain

65 000 km2

104 m

417 m

 

Bassin parisien

140 000 km2

178 m

 

 

Bassin aquitain

80 000 km2

135 m

 

 

D'où une certaine diversité, enrichie par les paysages littoraux, où alternent falaises, plages, marais, voire deltas. S'y ajoute la diversité, sans excès, des ambiances climatiques, du fait d'une large ouverture aux influences océaniques (que le relief et la continentalité dégradent inégalement) et d'une emprise du domaine méditerranéen sur les régions méridionales.

2. La mise en place du relief

2.1. Précambrien

Les plus vieux terrains ont été reconnus dans le Massif armoricain, en baie de Morlaix et au cap de la Hague. Un jalon intermédiaire repéré à Icart, dans l'île de Guernesey, a donné son nom, l'icartien, à cet ensemble de métasédiments et d'orthogneiss datés de 2 milliards d'années. Sur ce môle s'appuient les formations sédimentaires briovériennes, affectées par l'orogenèse cadomienne et traversées par les diorites et les granodiorites du batholite manceau (− 650 à − 500 millions d'années).

2.2. Paléozoïque

Au cours du paléozoïque, la France appartient à un domaine mésogéen large, mais, en fait, il s'agit d'une zone complexe, à évolution rapide, en partie située sur une cordillère qui se comporte comme une véritable dorsale mobile.

2.2.1. Paléozoïque inférieur

Le paléozoïque inférieur est connu dans le Massif armoricain avec une discordance nette à la base du cambrien. Une sédimentation détritique s'installe ensuite jusqu'à la grande transgression ordovicienne, laissant se déposer les grès armoricains. Le silurien, à sédiments variés, fait suite, mais en affleurements plus épais. Des formations synchrones sont identifiées dans le Massif central, la Montagne Noire, fortement tectonisée ; les Pyrénées appartiennent à un autre domaine paléogéographique.

Pendant cette période qui a suivi l'orogenèse calédonienne, le magmatisme se poursuit. Dans le sud du Massif armoricain, le Massif central et les Pyrénées, les témoins de l'activité plutonique de cette époque sont nombreux sous forme d'orthogneiss et d'amphibolites.

2.2.2. Paléozoïque moyen

Le paléozoïque moyen suit l'événement calédonien, bien marqué en France. Il comporte une évolution du monde vivant, avec des organismes qui sortent des eaux et qui conquièrent le milieu continental. Les Vosges, la Normandie et, en partie, la Bretagne constituent des hauts-fonds instables à sédimentation détritique, alors que le sud de la Bretagne, la Montagne Noire et les Pyrénées voient se sédimenter des calcaires de mer chaude.

La fin du dévonien est une époque d'intense activité tectonique, où s'élabore l'essentiel des structures du sud du Massif armoricain et de l'ouest du Massif central, et où se développe un métamorphisme intense des formations impliquées.

2.2.3. Paléozoïque supérieur

Cette activité se poursuit pendant le paléozoïque supérieur, où les vieux massifs français acquièrent pratiquement leur configuration actuelle avec, en particulier, la mise en place de massifs granitiques, échelonnés entre − 300 et − 290 millions d'années.

Le paléozoïque supérieur débute par une remarquable transgression et voit se mettre en place la chaîne hercynienne. Les formations houillères se déposent durant ce laps de temps ; elles sont le plus souvent de type paralique au nord et de type limnique au sud. Des épisodes détritiques nivellent ensuite les reliefs.

2.3. Mésozoïque

Cette ère voit la phase ultime de l'orogenèse hercynienne et la phase préparatoire de l'orogenèse alpine. La mise en place d'un climat chaud, amorcée au paléozoïque, se confirme.

2.3.1. Trias

Au trias, la moitié nord reste émergée et se trouve à la limite d'inondations venues d'Allemagne et se développant sur un pays plat, facilitant ainsi le dépôt d'évaporites. La moitié sud est plus typiquement marine, des Alpes aux Pyrénées et au bassin d'Aquitaine.

2.3.2. Jurassique

Au jurassique, la France est recouverte par des mers successives, avec mise en place d'une sédimentation carbonatée souvent riche en fossiles récifaux. Les terres émergées (Massif armoricain, Massif central, ride anglo-belge, etc.) paraissent sans relief. Il y a concurrence entre les faunes mésogéennes et les faunes boréales.

2.3.3. Crétacé

Durant le crétacé, qui voit l'ouverture de l'Atlantique, un schéma presque identique reste en place, après une régression générale à la fin du jurassique. Au début, seuls la cuvette parisienne, les régions landaises et de l'Adour, et le domaine alpin restent marins. Plus tard, la mer du Nord, la Manche, l'Atlantique et la Mésogée envahiront le territoire, ne laissant émerger que d'anciens môles. La sédimentation reste carbonatée (craie), mais des formations détritiques rythmiques apparaissent sur l'emplacement des Alpes et des Pyrénées (flysch).

2.4. Cénozoïque

Au cours de cette ère, la France prend peu à peu l'aspect que nous lui connaissons. Il faut retenir surtout la mise en place des Pyrénées (éocène) et des Alpes (oligocène), suivie peu après d'une série de glaciations qui vont modeler définitivement notre pays. Durant cette ère alternent encore des régressions et des transgressions, mais leur ampleur va en diminuant : le littoral se rapproche de celui que nous connaissons. Vers la fin de l'ère cénozoïque, on note une intense activité volcanique, de type alcalindans le Massif central et de type calco-alcalin dans le domaine alpin.

3. Les ensembles physiques actuels

3.1. Le relief

Située à l'extrémité occidentale de l'Europe, la France a un relief varié et, dans l'ensemble, assez modéré : son altitude moyenne est de 342 m, tandis que 62 % de sa surface sont au-dessous de 250 m et 7 % à peine au-dessus de 1 000 m. En fait, la majeure partie du territoire est formée de plaines, de collines, de plateaux ou de petites montagnes aux altitudes modérées et aux formes peu vigoureuses. Une grande ligne en S, allant de la Montagne Noire (sud-ouest du Massif central) aux Vosges par les Cévennes, le Vivarais, le Charolais, le plateau de Langres, jalonne la limite entre deux espaces.

3.1.1. À l'ouest, les grandes plaines et les bas plateaux

À l'ouest, c'est le domaine hercynien et la France des grandes plaines et des bas plateaux, aux horizons marqués par les aplanissements et par l'incision des vallées, ou par le moutonnement des collines dont l'altitude reste faible. Les reliefs sont suffisamment atténués pour que la circulation soit aisée, sauf au cœur du Massif central et des Vosges. La ligne précitée rassemble précisément les points culminants des unités géologiques qui s'y terminent, et les seuils qu'elle comporte s'en trouvent valorisés d'autant. C'est sur elle que prennent naissance un grand nombre de fleuves et de rivières, du Tarn à la Moselle, en passant par la Loire et la Seine ; c'est la limite entre les bassins hydrographiques gagnant l'Océan ou ses mers annexes, et ceux qui sont dirigés vers la Méditerranée. Les premiers ne tiennent pas compte des différentes unités géologiques, tant fut étroite la solidarité morphologique entre les massifs anciens et les bassins sédimentaires.

3.1.2. À l'est et au sud, les montagnes

À l'est et au sud dominent les montagnes mises en place par les grands mouvements tertiaires et leurs avant-pays, ainsi que quelques secteurs effondrés (Alsace, plaine de la Saône). C'est la France aux reliefs jeunes, aux contrastes topographiques accusés, aux systèmes hydrographiques plus complexes, guidés par les accidents structuraux, cependant aérée par des couloirs ou des seuils qui facilitent la circulation. Le long des frontières avec la Suisse, l'Italie et l'Espagne, les communications sont gênées en raison du petit nombre des passages praticables et de l'altitude parfois élevée des cols.

Les principaux sommets de la France

Les principaux sommets de France

Sommet

Massif

Altitude

Alpes

Mont Blanc

Mont-Blanc

4 810 m

Dôme du Goûter

Mont-Blanc

4 304 m

Grandes Jorasses

Mont-Blanc

4 208 m

Aiguille Verte

Mont-Blanc

4 122 m

Barre des Écrins

Écrins

4 102 m

Aiguille du Géant

Mont-Blanc

4 013 m

Meije

Massif de la Meije

3 983 m

Mont Pelvoux

Écrins

3 946 m

Grande Casse

Vanoise

3 852 m

Ventoux

Ventoux

1 909 m

Luberon

Luberon

1 125 m

Pyrénées

Pic de Vignemale

 

3 298 m

Pic du Marboré

Massif du Marboré

3 253 m

Pic de Néouvielle

Massif du Néouvielle

3 091 m

Pic Carlitte

Massif du Carlitte

2 921 m

Pic du Midi d'Ossau

 

2 884 m

Pic du Midi de Bigorre

 

2 872 m

Pic du Canigou

 

2 784 m

Pic d'Anie

 

2 504 m

Jura

Crêt de la Neige

 

1 718 m

Grand Colombier

Bugey

1 531 m

Massif central

Puy de Sancy

Monts Dore

1 885 m

Plomb du Cantal

Massif du Cantal

1 855 m

Puy Mary

Massif du Cantal

1 787 m

Mézenc

Velay / Vivarais

1 753 m

Aigoual

Cévennes

1 565 m

Puy de Dôme

Chaîne des Puys

1 465 m

Vosges

Grand Ballon

 

1 424 m

Hohneck

 

1 362 m

Ballon d'Alsace

 

1 247 m

Corse

Monte Cinto

 

2 710 m

À l'intérieur de ces deux unités, les nuances sont d'un autre ordre. Dans les chaînes de formation récente, les zones géologiques ordonnent la répartition des paysages. Mais d'autres différences proviennent du degré de la marque glaciaire et de l'agressivité des eaux courantes. Ainsi le Jura, atteint par les glaces mais non sculpté par elles, a un relief moins heurté que les Préalpes et les Alpes ; les Alpes du Sud et les Pyrénées orientales doivent beaucoup de leurs traits physiques à la torrentialité méditerranéenne. Dans la France hercynienne, certaines distinctions se fondent surtout sur la nature des roches. Les formes lourdes, les dislocations compactes, les vieilles surfaces creusées de gorges, une dissection dense en rapport avec des terrains imperméables sont le lot des massifs cristallins aux sols acides et lessivés ; les étendues rocailleuses et burinées des plateaux calcaires secs, aux rivières plus rares, affectées de pertes, contrastent avec eux. Mais, ailleurs, l'organisation du relief, dans le détail, combine la structure et l'agencement hydrographique ; les aptitudes physiques y dépendent aussi des terrains superficiels.

En simplifiant, on peut distinguer trois grands types de reliefs : les massifs anciens, les chaînes jeunes et les plaines et les bas plateaux.

3.1.3. Les massifs anciens

En dépit de leur diversité apparente, les collines bretonnes, les hautes chaumes vosgiennes ou les serres cévenols appartiennent à la même famille de reliefs, celle des massifs anciens, ou des massifs « hercyniens ». Ce sont en effet de très vieilles formations, longuement arasées par l'érosion, plus ou moins bousculées lors des mouvements tertiaires et rajeunies par l'érosion, qui y a entaillé des vallées en gorges.

Les vieilles terres des montagnes usées se signalent par des paysages profondément liés à la nature des roches. Celles-ci commandent parfois le modelé de détail ; mais en tout cas elles sont, par leur rigidité, responsables du comportement des terrains lors des mouvements du sol ; leur composition siliceuse se répercute sur les sols qui en dérivent, tout comme leur imperméabilité les prédispose aux landes et aux forêts.

Ces roches sont : des sédiments anciens, fortement redressés et plissés, où dominent les schistes, les grès et les quartzites (les calcaires sont parfois présents, mais dans de faibles proportions) ; des matériaux métamorphiques, c'est-à-dire partiellement « digérés » par les roches cristallines de profondeur (schistes, gneiss) ; ou encore des affleurements de terrains de la famille des granites. Cette composition, même lorsqu'elle est variée, atténue les aptitudes à l'érosion différentielle, qui n'est exploitée que de manière subordonnée. La cohérence des matériaux les a rendus aptes à conserver la trace des surfaces d'aplanissement qui les ont successivement retouchés après le démantèlement posthercynien, et leur résistance à l'incision fait alterner les interfluves lourds et les vallées en gorge, par l'intermédiaire de versants convexes.

Dans les secteurs les plus relevés des massifs et dans leurs parties les plus internes, les formes dominantes sont souvent des dômes lourds (« ballons vosgiens »), des éléments de plateau d'érosion hérissés seulement de quelques blocs résiduels ou de quelques crêtes plus résistantes, ou qui se creusent d'alvéoles dus à l'altération en surface des roches cristallines (Morvan « troué », Massif central). Une partie de ces altérations est d'ailleurs héritée de ce que l'on a appelé la « maladie tertiaire » (attaque chimique sous climat tropical). Les tourbières (fagnes, faings...) et la lande à bruyères et à fougères s'y étendent aisément. Vers l'extérieur et près des artères hydrographiques principales, le défoncement par les cours d'eau réduit ces formes à l'état de lambeaux. Les paysages deviennent ceux de « pays coupés » où les versants s'encombrent parfois de chaos de boules (Huelgoat, Sidobre) ou de débris fins (arènes) d'où suintent les sourcins en bas de pente. Les fonds de vallée, humides, portent des prairies verdoyantes.

En dehors de cas où les lignes du relief proviennent de la lithologie, l'essentiel de la trame des paysages découle des mouvements qui ont relevé des vieilles terres. Leur rigidité leur a fait répondre aux poussées par des gauchissements et des cassures, des basculements, des soulèvements ou effondrements de blocs entiers. D'où encore la possibilité de garder la trace des aplanissements qui les ont affectés.

Terres ingrates, elles voient leurs aptitudes réduites encore par le lessivage des eaux de pluie. Rien d'étonnant alors à ce que la rudesse des traits ne se trouve pas atténuée par l'opulence de la mise en valeur. Même fortement peuplés, les massifs anciens ne se prêtent qu'à une agriculture besogneuse, s'inscrivant souvent dans un cadre de bocage et d'habitat dispersé, grignotée sur les landes ou les forêts qui constituent leurs parures les plus fréquentes.

3.1.3.1. Le Massif armoricain et l'Ardenne

Des nuances importantes existent toutefois. Le Massif armoricain et l'Ardenne ont plusieurs traits comparables : la faiblesse des altitudes d'abord (les points culminants de l'Armorique ne dépassent guère 400 m, 417 m précisément au mont des Avaloirs, l'Ardenne se tient vers 200 m à l'ouest, 505 m à l'est) ; la nature des terrains ensuite (l'Ardenne est surtout faite de roches sédimentaires anciennes, et le Massif armoricain, plus métamorphique, reste encore apte à la mise en valeur des barres de roches dures, quartzites par exemple, donnant un relief dit « appalachien »). Il en résulte des paysages de crêtes allongées de grès entre des dépressions, à côté des formes planes, qui restent dominantes. Les principaux accidents topographiques sont les vallées encaissées. L'altitude assez faible est due à l'éloignement des zones de surrection montagneuses du Tertiaire. Les déformations n'y manquent pas cependant, qui interfèrent avec la nature des roches pour expliquer la répartition des reliefs. Malgré cela, l'individualisation dans la topographie des terrains anciens par rapport aux assises sédimentaires qui sont venues s'y appuyer, de manière irrégulière souvent, n'a pas toujours été réalisée.

3.1.3.2. Les Vosges du Sud et le Massif central

Les Vosges du Sud et le Massif central dans ses parties internes et orientales se signalent par d'autres traits. Les sommets y dépassent 800 m et peuvent atteindre 1 500 m. Les Vosges, plus proches des Alpes que le Massif armoricain et l'Ardenne, ont été plus nettement soulevées et forment une petite montagne, s'élevant jusqu'à 1 424 m. Affectés de mouvements de soulèvement et de bascule, ils ont subi un défoncement plus sensible, guidé par des accidents anciens ayant rejoué.

Le relief des parties élevées reste lourd du fait de la nature essentiellement cristalline des terrains, de la dimension des blocs issus du compartimentage tectonique, de la marque des anciens aplanissements. Mais l'empreinte des glaciers s'y est inscrite ; les morsures des cirques sur les flancs des crêtes, les lacs d'origine glaciaire s'ajoutent aux beautés naturelles des hautes terres froides, que couvrent des chaumes, des « gazons » (Vosges) ou des landes (Margeride, Forez). Les versants de vallées, élargies ou approfondies par les langues glaciaires quaternaires, se prêtent à l'étagement de la végétation et de l'habitat et à l'estivage des troupeaux. Les côtés les plus abrupts, dérivés de grands accidents cassants, sont en revanche l'objet d'une dissection plus marquée, à la faveur du bas niveau de base que constituent les dépressions voisines. Une division des flancs en lanières, ou « serres », y défigure très vite les éléments de surface, qui sont au contraire mieux reconnaissables sur les pentes douces des blocs basculés.

Le Massif central, assez fortement bousculé, forme un ensemble complexe : plateaux plus ou moins élevés (Limousin), petits massifs de roches anciennes (Forez), plaines d'effondrement (Limagnes) et massifs volcaniques (Velay, Auvergne) ; le point le plus haut s'élève ici à 1 885 m au puy de Sancy. Cette région englobe dans sa partie méridionale des terrains sédimentaires secondaires : ce sont les Causses, hauts plateaux calcaires connus pour la netteté de leurs formes karstiques.

Un climat plus rigoureux et humide

Ces hautes terres ont un climat plus rigoureux, humide, et connaissent un enneigement prononcé. Des nuances pourtant y opposent les parties occidentales, très arrosées, et les secteurs orientaux et les dépressions intérieures, plus sèches et plus ensoleillées. Voués aux cultures pauvres, à l'herbe et aux forêts, ces massifs se sont révélés aussi aptes à l'industrie grâce à leurs eaux vives, aux bois et aux gîtes minéraux. Ils ont attiré la première métallurgie, les industries textiles (il convient d'ajouter, pour le Massif central, le rôle du charbon) et la sériciculture. Le tourisme s'y développe, suscité par la beauté des paysages et des forêts, et maintenant par la neige, malgré certains handicaps (irrégularité de la saison de neige, difficulté d'accès et insuffisance des équipements, plus attirés par les hautes montagnes).

3.1.4. Les chaînes récentes

Les montagnes jeunes offrent des paysages plus grandioses et plus variés. Les mouvements ont porté les terrains jusqu'à de très fortes altitudes (2 500 à 4 000 m). Les points culminants sont beaucoup plus élevés que dans les massifs anciens : 1 718 m dans le Jura (crêt de la Neige), 2 710 m en Corse (monte Cinto), 3 298 m dans les Pyrénées françaises (Vignemale) et 4 810 m dans les Alpes, au mont Blanc, sommet le plus haut du continent européen, en dehors du Caucase. Malgré l'érosion, ces montagnes forment encore des barrières imposantes, aux sommets vigoureux, ciselés en aiguilles, crêtes et dents, ou modelés en lourdes coupoles. Les vallées profondes, défoncées par les fleuves ou les glaciers, engendrent des dénivellations considérables ; sur les versants et les parois se lisent les actions de la glace (cirques), du gel, des avalanches, de la torrentialité, des glissements de terrain et des éboulements. La raideur des dénivellations, le caractère impétueux des cours d'eau, l'enneigement abondant, la violence des forces d'érosion imposent aux hommes des conditions de vie sévères et incommodes, réduisent les espaces exploitables, freinent la circulation, tandis que le climat frais de l'été, rude de l'hiver limite les cultures.

Du point de vue de leur structure existent plusieurs ressemblances entre Alpes et Pyrénées, Préalpes et Jura. Alpes et Pyrénées comportent une zone axiale granitique ou schisteuse, celle des Pyrénées en position frontalière, celle des Alpes s'étendant du Mont-Blanc à l'Oisans, et une bande de terrains plissés où dominent les assises calcaires. Cette bande est étroite (maximum de 30 km) et vigoureusement redressée, formant un véritable « front », dans les Pyrénées, que devancent seulement sur une modeste longueur des Pré-Pyrénées peu impressionnantes et vite enfouies sous la sédimentation aquitaine. Dans les Alpes, la zone plissée en avant des massifs centraux est plus ample, découpée par de grandes « cluses » en massifs originaux, du Chablais au Vercors, plus confuse dans les pays de la Drôme et de la Haute-Provence où s'observent les chevauchements des « baous ». Les Alpes françaises comptent, en outre, une unité interne, plus violemment plissée en nappes de charriage de dureté variable, aux vallées profondément entaillées.

La disposition des unités et l'organisation des vallées permettent une pénétration aisée des Alpes, montagnes ouvertes par un grand et profond sillon qui court de l'Arly au Champsaur et aérées par les grandes vallées de l'Isère, de l'Arc ou de la Durance et de leurs affluents ; divers ensellements et passages transversaux ajoutent encore à leur pénétrabilité. Celle des Pyrénées est plus restreinte, car il n'existe de sillon qu'avec des tronçons de vallées de l'Ariège et du Salat. Les vallées, transversales, sont en cul-de-sac vers l'amont, et les cols sont élevés, sauf aux extrémités. Une glaciation moins intense dans cette montagne « méridionale » a réduit aussi les défoncements. En compensation, les formes lourdes des Pyrénées comportent, près des sommets, des surfaces étendues, des « plâs », ou « calms », à l'altitude des alpages. Dans les Alpes, ceux-ci se trouvent surtout dans l'encadrement des hautes vallées ; de toute façon, il existe dans les deux chaînes des conditions favorables à l'estivage des troupeaux.

Chacune des deux montagnes a un secteur voisin de la Méditerranée, où la neige est plus rare (la glaciation le fut aussi) et la torrentialité plus accusée. Les Pyrénées, plus « défilées » des vents d'ouest que les Alpes, qui les reçoivent de plein fouet, ne sont très humides qu'en Pays basque et sur le front externe jusqu'à l'Ariège, alors que les Préalpes au nord de la Drôme sont copieusement arrosées, ainsi que les massifs centraux. L'intérieur des deux chaînes connaît une atténuation relative des précipitations, mais celles-ci restent suffisantes pour que de belles forêts poussent aux étages favorables et que les rivières soient bien alimentées. D'où les richesses fort intéressantes des montagnes, encore dotées de gisements minéraux (charbon de La Mure, fer du Canigou et de l'Ariège, autres métaux, pierres) dont dérivent la vieille métallurgie et un artisanat encouragé par la longueur des hivers. D'où aussi l'intérêt hydro-électrique de ces massifs, où les dénivellations et les lacs ne font pas défaut. L'enneigement lui-même est maintenant source de profit (le ski s'ajoutant à l'alpinisme, plus traditionnel) ; les cures d'altitude, le thermalisme résultent également des éléments physiques que l'on a su exploiter.

Entre les Préalpes et le Jura oriental et méridional, les similitudes sont celles qu'offrent des montagnes moyennes (1 000 à 2 500 m) dominées, structuralement, par la disposition plissée de leurs assises : des chaînons parallèles, individualisant des « vals » ou s'ouvrant de dépressions intérieures profondes (« combes ») que dominent les « crêts » calcaires bordiers. Ce sont des montagnes aux horizons plus réguliers aussi, encore que dans les Préalpes les aspérités soient bien plus fréquentes, les plissements ayant été plus énergiques et l'érosion plus importante (altitudes plus fortes, glaciers anciens plus puissants).

L'abondance des précipitations (plus de 2 m) rend verdoyants ces pays calcaires, grâce aussi aux dépôts glaciaires et aux revêtements marneux. De belles prairies, de magnifiques forêts donnent à ces deux unités une certaine ressemblance dans la composition des paysages.

3.1.5. Les plaines et les bas plateaux

Malgré l'imposante ossature montagneuse, les régions basses dominent. Deux bassins sédimentaires occupent les deux cinquièmes du territoire.

3.1.5.1. Les bassins sédimentaires

Le premier type de plaines correspond au Bassin aquitain et au Bassin parisien, comblés par des sédiments secondaires puis tertiaires, qui ne furent que très faiblement affectés de déformations. Plus vaste, le Bassin parisien (140 000 km2, soit le quart du territoire) a un relief plus différencié. Les lignes directrices en sont les « côtes », terminaisons abruptes des assises calcaires inclinées vers l'intérieur de la cuvette et mises en valeur par le déblaiement des terrains argilo-marneux sous-jacents, et les talus des entablements subhorizontaux dans la partie la plus centrale. C'est en Lorraine, en Champagne et en Bourgogne que les dénivellations sont les plus marquées : l'alternance de couches dures et tendres, qui sont relevées vers les massifs de la bordure orientale, donne naissance à plusieurs ceintures de reliefs de côtes. Au nord (Picardie, haute Normandie) s'étendent de majestueux plateaux de craie, nappés de limons et tranchés de vallées humides. Les collines d'Artois, qui s'élèvent jusqu'à 200 m, forment une séparation peu élevée avec le bassin sédimentaire flamand, lequel se prolonge en Belgique. À l'ouest, les horizons sont plus monotones, et les vallées plus faiblement entaillées. Plateaux calcaires, buttes de sable et de grès, vallées encaissées forment le décor de la région parisienne. Sur le revers des côtes, en Lorraine, en Normandie, en Sancerrois ou Berry, comme sur le revers de l'Artois et à la surface des étendues de calcaires tertiaires, s'étendent les « champagnes », les unes enrichies de limon superficiel, les autres, non.

Au sud de la Loire, des sables d'âge tertiaire venus du Massif central pour s'étaler dans le Bourbonnais, la Sologne et la Brenne. Paysages ici de plates-formes sèches et rocailleuses traversées par des rivières encaissées, aux versants retouchés par le gel quaternaire, aux boisements médiocres en partie défrichés cependant, là, en revanche, profondément humanisés et intégralement cultivés, aux espaces découverts et sans verdure.

Au contraire, des plaines humides et verdoyantes, quelquefois parsemées d'étangs (Woëvre, Saulnois en Lorraine), se rencontrent en disposition allongée au pied des côtes (Lorraine, Normandie occidentale), aux abords des massifs anciens (Bessin, Terre Plaine morvandelle) ou au cœur d'ondulations éventrées (pays de Bray, Boulonnais) ou à leur lisière (Flandre intérieure). Les champagnes ne sont pas absentes de l'Aquitaine, mais se limitent à la Charente, à la Saintonge et au Périgord, car le relief de côtes n'y est que médiocrement représenté. En revanche, les terres lourdes y sont présentes sous la forme des « terre-forts », sols des collines mollassiques de l'Armagnac et du Toulousain aux croupes multiples et confuses.

Le Bassin aquitain (80 000 km2), principalement drainé par la Garonne, présente un dispositif comparable. Les reliefs de côtes s'y individualisent dans la moitié septentrionale, où affleurent les calcaires crétacés et jurassiques (Charentes, Périgord, Quercy). Il n'en va pas de même au sud de la Garonne, où la molasse tertiaire donne des paysages de collines, de plateaux et de buttes. La vaste plaine des Landes est pour sa part ennoyée sous des sables quaternaires.

Dans les deux bassins sédimentaires aussi existent d'autres plaines, sous forme d'amples vallées : Val de Loire et basse Seine, couloir de la Garonne et « rivières » du Lot, du Tarn ou de la Dordogne ; les sols alluviaux légers (boulbènes en Aquitaine) des terrasses et des graves s'y prêtent aux cultures légumières et fruitières et à la vigne.

Enfin, dans les deux cas, il ne faudrait pas négliger le rôle des dépôts superficiels qui s'y sont formés ou accumulés : argile à silex, sidérolithique et sables aux sols pauvres et froids, pays de gâtines et de « brandes » (landes et bois) devenus des bocages ou des terrains de chasse, sans parler de la vaste nappe sableuse des Landes, récemment assainie et plantée de pins.

3.1.5.2. les couloirs d'effondrement ou d'avant-pays

La seconde famille de plaines est associée aux effondrements et aux régions de plissement. Dans les fossés, les matériaux provenant des bordures viennent, avec les alluvions des cours d'eau qui les empruntent, y recouvrir les dépôts sédimentaires qui en constituent le substratum : Alsace, Limagne ou Forez, Roussillon, plaine de la Saône. La complexité des jeux tectoniques, la diversité des apports de remplissage, voire le volcanisme (Limagne) expliquent la variété des terroirs. Leur climat d'abri, aux tendances continentales, permet la culture de la vigne et du maïs. Les plaines d'avant-pays montagneux sont encore plus complexes, car s'y ajoutent les matériaux corrélatifs de multiples surrections, des phases glaciaires et interglaciaires. Le sillon rhodanien offre ainsi une marqueterie de sols aux aptitudes inégales. La plaine du Bas-Languedoc est d'un type intermédiaire ; elle se décompose en des revers de plateaux calcaires, les « garrigues », que couvre une végétation de steppe arbustive issue de la dégradation d'une forêt, et des collines caillouteuses, les « costières », avant de passer à une zone basse littorale.

3.1.5.3. Les espaces de remblaiement fluvial ou marin

Les abords des littoraux localisent la troisième catégorie de plaines. Issus du remblaiement flandrien, ce sont par exemple les marais de vase ou de bri des côtes de la mer du Nord (Flandre maritime), de la Manche (Marquenterre, basse Seine, marais de Dol) ou de l'Atlantique (Marais breton, Marais poitevin, Marais charentais, palus bordelais). Situés dans des golfes tendant à se déprimer, dans des estuaires ou à l'abri de cordons littoraux, ils se colmatent par les apports marins qu'une végétation halophile fixe et exhausse et que l'homme s'approprie progressivement par des « prises » (polders). Leurs surfaces planes exigent une organisation du drainage et de la protection (chenaux, digues) qui sont les aspects marquants du paysage, encore que l'on y oppose les secteurs externes, asséchés, cultivés ou transformés en prés-salés (voire en marais salants ou en parcs pour les élevages marins), et les parties internes et plus tourbeuses, plus difficilement drainées par suite des tassements (marais « mouillés »).

Régulière et basse, la plaine à lagunes qui s'allonge du Roussillon à la Camargue représente une autre forme de remblaiement, continental celui-là. Formée d'alluvions quaternaires marneuses et sableuses, elle a peu à peu colmaté un ancien golfe dans les lagunes peu profondes dont les « étangs » sont les vestiges. La mer se contente de redistribuer les matériaux que lui apportent des rivières fortement chargées par l'efficacité de l'érosion méditerranéenne. Derrière les cordons qui les isolent, les lagunes tendent d'ailleurs à se combler. Les sols médiocres, sableux ou salés, le pullulement des moustiques, l'absence d'arbres n'avaient pas poussé à un peuplement dense de ce rivage, jusqu'à l'avancée de la vigne à la fin du xixe s. et à l'aménagement que l'on y réalise aujourd'hui.

La Camargue, enfin, autre construction fluviale, est encore pour un tiers couverte de marécages et d'étangs. Terre amphibie et sauvage, menacée par les crues du Rhône et les infiltrations d'eau salée, elle porte une végétation particulière, l'engane, steppe tout juste bonne à l'élevage ; mais on a pu en améliorer les aptitudes (riz). La Camargue sert aussi d'asile à une faune variée protégée par une « réserve », et possède de vastes salines.

Les bassins sédimentaires sont traversés par de grands cours d'eau (Meuse, Seine, Loire, Dordogne, Garonne, Saône).

Ces divers bassins communiquent entre eux par des seuils qui, depuis un temps immémorial, forment des voies de passage : seuils du Poitou, du Lauragais ou de Bourgogne, autour du Massif central ; porte d'Alsace et seuil de Saverne, à proximité des Vosges, ou à travers elles.

3.1.6. Les littoraux

Baignée par la mer du Nord, la Manche, l'Atlantique et la Méditerranée, la France possède 3 100 km de côtes (chiffre que l'on pourrait doubler si l'on tenait compte des nombreuses indentations) ; aucun point du territoire n'est à plus de 400 km d'un littoral. Ces côtes sont souvent fort belles, et leur diversité est le reflet de la variété même de l'arrière-pays. Toutefois, il faut se souvenir que le tracé actuel est hérité des dernières pulsations du niveau marin au Quaternaire et que le caractère dominant d'un littoral ennoyé est dû à la remontée toute récente des eaux (transgression flandrienne).

La topographie des rivages tient compte étroitement des reliefs continentaux. Dans les zones montagneuses (Provence, Alpes maritimes, Corse occidentale, Pyrénées orientales), le littoral est souvent élevé, très articulé, avec des falaises rocheuses déchiquetées, des promontoires indentés, des calanques étroites, des baies évasées. Des îles prolongent les principaux accidents (axes de plis, blocs soulevés). Des contours capricieux caractérisent aussi les côtes du Massif armoricain ; les rocs solides y donnent de belles falaises que la mer cisèle en exploitant les moindres faiblesses (car son action est très sélective), ou des littoraux plus bas, mais tout aussi résistants et tourmentés, déchiquetés en pointes, baies et rias.

Les principales îles de France

Les principales îles de France

Île

Superficie

Département

Corse

8 620 km2

Corse

Oléron

175 km2

Charente-Maritime

Belle-Île

90 km2

Morbihan

85 km2

Charente-Maritime

Noirmoutier

48 km2

Vendée

Les principaux caps, les alignements d'îles sont liés soit à des môles relevés, soit à des roches plus résistantes. Les embouchures ennoyées (« abers », « rivières ») y multiplient les rentrants, parfois ramifiés. Les rades les plus ouvertes ont les principales plages, mais les anfractuosités logent aussi d'innombrables criques de sable ou de galets.

Dans les secteurs de bassins sédimentaires, le tracé des côtes est de même en étroit rapport avec les ondulations de terrain pour les avancées (Boulonnais, pays de Caux, îles charentaises) comme pour les rentrants (baie de Seine, marais saintongeais). Il est en outre dépendant des affleurements de roches qui se succèdent et que la mer recoupe (Normandie). C'est là que s'observent les principaux reculs, au détriment des falaises crayeuses (pays de Caux) ou marneuses.

Les côtes régularisées par des cordons sont également bien représentées en France : en Flandre, comme en lisière de la Picardie, par exemple, au sud du Cotentin et en Vendée, ou au long des Landes, ou longues côtes basses, sableuses, régulières, ourlées d'étangs ou de lagunes en Aquitaine ou en Languedoc, c'est-à-dire là où de grandes dérives des eaux permettent le cheminement des sables que le vent remodèle en dunes en arrière des vastes plages. Le delta du Rhône est de même retouché dans ses contours.

Les mers qui baignent les côtes sont également diverses quant à l'amplitude des fonds et à la hauteur des marées. Celles-ci, presque nulles en Méditerranée, atteignent 4 à 12 m le long de l'Atlantique et 15 m dans la baie du Mont-Saint-Michel.

3.2. Le climat et la végétation

À mi-chemin du pôle et de l'équateur, largement baignée par l'Atlantique, la France bénéficie d'un climat tempéré à dominante océanique. Comme toute l'Europe occidentale, elle est presque toute l'année concernée par les perturbations du front polaire, qui lui valent une assez grande instabilité d'un jour à l'autre et aussi une certaine variabilité d'une année à l'autre.

Les températures sont modérées : les moyennes annuelles sont, en gros, comprises entre 10 et 15 °C, et les amplitudes entre les moyennes des mois extrêmes sont le plus souvent d'une quinzaine de degrés. Les précipitations sont également modérées, rarement inférieures à 500 mm, mais ne dépassant guère 1 500 mm ; elles sont surtout assez bien réparties sur la plus grande partie du territoire. Il peut se produire des phénomènes climatiques excessifs (froid rigoureux de l'hiver 1962-1963, sécheresse accusée de l'été 1976, tempêtes de décembre 1999, inondations de 2001, canicule de l'été 2003), dont la fréquence, qui semble augmenter – ce qui nourrit les débats sur l'effet de serre –, reste très inférieure à ce qu'elle est dans la zone intertropicale.

Le climat de la France est cependant fort nuancé. La latitude, l'altitude, l'éloignement de la mer et la disposition du relief constituent autant d'éléments de variété. En simplifiant, on peut distinguer quatre types de climat selon les ambiances climatiques et les couverts végétaux naturels qui leur étaient jadis associés et qui subsistent encore plus ou moins.

3.2.1. Le climat océanique typique

Le climat océanique typique caractérise la bordure occidentale du territoire français de la Flandre au Pays basque. Tout au long de la façade littorale, il existe des nuances dans les températures ou les précipitations, mais partout le climat se caractérise par l'agitation de l'atmosphère, la prédominance très nette des vents d'ouest, la nébulosité du ciel, la forte humidité de l'air, la fréquence des pluies (180 à 200 jours en Bretagne), la modération des températures avec des hivers assez doux et des étés relativement frais (7 °C en janvier et 17 °C en juillet sur le littoral breton).

À ce climat correspondait jadis une forêt composée surtout de hêtres ou de chênes ; celle-ci est souvent dégradée en landes à genêts, à bruyères ou à fougères. Aujourd'hui, c'est par excellence le pays des prairies naturelles ou des cultures fourragères.

3.2.2. Le climat océanique de transition

Le climat océanique de transition concerne une partie importante du territoire français, dans le Bassin parisien, le Bassin aquitain ou les bas pays de la France orientale ; on le qualifie parfois, un peu abusivement, de « semi-continental », car certaines influences continentales s'y manifestent, mais celles-ci comptent beaucoup moins que les influences océaniques. La pluviosité est un peu moins abondante, le nombre des jours de précipitations diminue sensiblement (moins de 150 jours), les gelées sont plus nombreuses et plus prononcées, la neige est également plus fréquente ; les hivers sont plus froids et moins humides, les étés sont plus chauds et plus orageux, mais les températures restent cependant modérées par comparaison avec celles d'Europe centrale ou orientale (en janvier, 3,4 °C à Paris et 0,9 °C à Strasbourg ; en juillet, 19,1 °C à Paris et 19,6 °C à Strasbourg). L'ensoleillement, sans être très généreux, a une durée un peu plus longue que sur le littoral atlantique.

À l'origine, les pays connaissant ce climat océanique de transition étaient également couverts de forêts, mais celles-ci étaient composées de chênes ou de charmes plutôt que de hêtres. Aujourd'hui, c'est le pays du blé, du maïs ou de la vigne.

3.2.3. Le climat de montagne

Le climat de montagne conserve presque partout les traits du climat océanique de transition, mais modifié par l'altitude, avec des températures diminuées et des précipitations augmentées. Au fur et à mesure qu'on s'élève, les hivers deviennent plus froids et plus neigeux, les étés, plus frais et plus arrosés. À 1 500 m, des gelées peuvent se produire en toute saison. L'exposition compte beaucoup et détermine de forts contrastes de température (adret et ubac).

Bien sûr, la végétation varie avec l'étagement climatique : les bas versants sont couverts de feuillus, les pentes moyennes ont surtout des forêts de sapins et d'épicéas, les hauts versants portent des alpages ou sont dépourvus de végétation.

3.2.4. Le climat méditerranéen

Caractérisant la France du Sud-Est, sur une profondeur de 50 à 100 km en bordure de la mer, il est franchement différent. Le pays donne une impression de sécheresse qui contraste vigoureusement avec le reste de la France. Ici, l'été est chaud et presque complètement sec, avec cependant des épisodes orageux qui peuvent être violents ; les précipitations tombent essentiellement pendant la saison fraîche et de façon irrégulière ; le nombre de jours de pluie est inférieur à 100 et parfois même à 50. Le ciel est souvent dégagé et lumineux, l'ensoleillement est important (en général plus de 2 700 heures par an), les températures sont douces en hiver et élevées en été ; en toutes saisons, la côte provençale a, en moyenne, 3 à 5 °C de plus que Paris ; cependant, il y a parfois des vents froids, désagréables en hiver (mistral, tramontane).

À ce climat correspondait naguère un couvert végétal adapté à la sécheresse, composé surtout de forêts de chênes verts, de chênes-lièges ou de pins ; celles-ci sont souvent dégradées en maquis ou en garrigues, quand elles n'ont pas fait place aux cultures méditerranéennes.

3.3. Les cours d'eau

En raison de ses dimensions moyennes et de son relief diversifié, la France n'a pas de grands cours d'eau. La superficie des bassins hydrographiques est relativement réduite : même la Loire, le plus long des fleuves français avec ses 1 020 km, a un bassin de 115 000 km2, qui, bien que représentant plus du cinquième du territoire national, paraît modeste par comparaison avec ceux des grands fleuves européens. Les débits ne sont pas non plus considérables : le Rhône, doté du plus gros débit, a un écoulement d'à peine 2 000 m3s en moyenne à Arles, à la tête de son delta.

Les principaux cours d'eau de France

Les principaux cours d'eau de France

Cours d'eau

Longueur

Superficie du bassin versant

Débit moyen

Loire

1 020 km

115 120 km2

871 m3/s à Montjean

Seine

776 km

78 650 km2

200 m3/s à Paris

Garonne

650 km (575 km en excluant la Gironde)

56 000 km2 (en France)

200 m3/s à Toulouse

Moselle

550 km

 

 

Marne

525 km

13 000 km2

105 m3/s au confluent avec la Seine

Rhône

812 km (dont 522 km en France)

 

entre 1 000 et 2 000 3/s à Beaucaire, juste en amont du delta

Lot

480 km

11 400 km2

180 m3/s

Saône

480 km

30 000 km2

400 m3/s

Dordogne

472 km

24 000 km2

400 m3/s

Meuse

950 km (dont 450 km en France)

 

 

Doubs

430 km

8 000 km2

400 m3/s au confluent avec la Saône

Allier

410 km

15 000 km2

150 m3/s au confluent avec la Loire

Tarn

375 km

12 000 km2

250 m3/s

Charente

360 km

 

 

Cher

350 km

14 000 km2

 

Vienne

350 km

20 000 km2

215 m3/s

Adour

335 km

15 000 km2

95 m3/s vers Dax

Loir

311 km

7 000 km2

35 m3/s

Durance

305 km

14 200 km2

140 m3/s

Yonne

293 km

11 000 km2

105 m3/s au confluent avec la Seine (et supérieur à celui de la Seine au confluent)

Isère

290 km

12 000 km2

 

Sarthe

285 km

 

 

Aisne

280 km

8 000 km2

 

Indre

265 km

3 500 km2

 

Creuse

255 km

 

 

Aveyron

250 km

 

 

Aube

248 km

 

35 m3/s

Somme

245 km

6 000 km2

 

Eure

225 km

 

 

Vilaine

225 km

 

 

Aude

220 km

5 300 km2

 

Ill

208 km

 

 

Rhin

1 320 km (dont 190 km sur la frontière française)

 

 

Les régimes sont très variés, mais la plupart des cours d'eau ont un caractère pluvial océanique en accord avec le climat : les hautes eaux ont lieu en hiver, les amplitudes restant cependant modérées. En montagne, toutefois, nombre de cours d'eau ont une alimentation pluvio-nivale, avec de hautes eaux printanières, et quelques-uns, une alimentation glaciaire, avec de hautes eaux estivales. Les cours d'eau méditerranéens ont, de loin, le régime le plus irrégulier, avec des étiages très prononcés et des crues violentes, généralement liées aux grandes averses d'automne qui se produisent sur les reliefs.

Les grands fleuves ont évidemment des régimes complexes, combinant des alimentations diverses ; toutefois, la Seine a un régime assez typiquement pluvial, tandis que la Loire et la Garonne ont un régime pluvio-nival. Ces trois cours d'eau se terminent par de grands estuaires, alors que le Rhône, qui charrie une grande quantité d'alluvions, a construit un delta.

Seule la Seine est facilement navigable ; le Rhône n'a été rendu accessible aux péniches de grande dimension qu'au prix d'importants travaux, également destinés à produire de l'électricité.

Les principaux lacs de France

Les principaux lacs de France

Lac

Superficie

Département

Lac Léman (partagé avec la Suisse)

582 km2

Haute-Savoie

Lac du Der-Chantecoq

48 km2

Marne / Haute-Marne

Lac du Bourget

45 km2

Savoie

Lac de Grand-Lieu

37 km2

Loire-Atlantique

Lac de Serre-Ponçon

30 km2

Hautes-Alpes / Alpes de Haute-Provence

Lac d'Annecy

27 km2

Haute-Savoie

Pour en savoir plus, voir les articles population de la France et activités économiques de la France.