En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques.
En savoir plus
Identifiez-vous ou Créez un compte

Languedoc-Roussillon

Languedoc-Roussillon, les Cévennes
Languedoc-Roussillon, les Cévennes

Région du midi de la France, qui regroupe 5 départements (Lozère, Gard, Hérault, Aude, Pyrénées-Orientales).

  • Superficie : 27 376 km2
  • Population : 2 636 350 hab. (recensement de 2010)
  • Chef-lieu : Montpellier

GÉOGRAPHIE

Le relief fait apparaître un arc de hautes terres qui descend, parfois rapidement, vers la zone littorale. La Lozère est le seul des cinq départements de la Région à ne pas avoir de façade maritime.

Le milieu physique

Le relief

Le relief présente une série de gradins successifs étagés en amphithéâtre sur la Méditerranée à partir des deux ensembles montagneux des Pyrénées et du Massif central.

Au nord s'individualisent les croupes basaltiques de l'Aubrac et l'échine granitique de la Margeride. Elles enserrent le plateau du Gévaudan, cœur de la Lozère. La montagne culmine au mont Lozère (1 702 m), à l'Aigoual (1 567 m), à la fois cristalline et sédimentaire, schisteuse dans les Cévennes, calcaire dans les Grands Causses. Dans l'ensemble cévenol, la proximité du niveau de base méditerranéen a favorisé l'affouillement des roches, ne laissant subsister que d'étroits interfluves, les « serres ». Les Causses (de Sauveterre, Méjean, du Larzac) se caractérisent par l'enfoncement du réseau hydrographique – cañons de la Jonte, de la Dourbie, gorges du Tarn – et l'ampleur des phénomènes karstiques (aven Armand). Les monts de Lacaune, les monts de l'Espinouse, la Montagne Noire culminent vers 1 200 m et enserrent le sillon de l'Orb et du Jaur. L'amphithéâtre est interrompu par la plaine de la vallée de l'Aude, qui permet la communication avec le Bassin aquitain au seuil de Naurouze. Le relief reprend toute son ampleur avec les hautes terres du pays de Sault, dans le massif des Corbières, avant-poste pyrénéen (pic de Bugarach, 1 230 m). Les Pyrénées enfin s'agencent selon trois familles de formes principales, les « plás » parsemés de lacs et surmontés de massifs puissants atteignant presque 3 000 m (le Puigmal, le Canigou, massif du Carlitte), hachés de bassins d'effondrement. Cette zone est aérée par les bassins du Capcir (haute vallée de l'Aude), du Conflent (vallée de la Têt) et du Vallespir (vallée du Tech).

Le gradin intermédiaire est constitué par les plateaux calcaires des Garrigues, paysage pierreux, dénudé, où les bassins cultivés alternent avec des hauteurs couvertes d'une végétation très dégradée : montagne de la Séranne, pic Saint-Loup, Corbières.

La plaine d'accumulation est le domaine de la vigne ; les terres basses se terminent par un secteur palustre, mal égoutté et jalonné de lagunes (les étangs de Leucate, de Sigean, de Mauguio) en arrière d'un cordon littoral sablonneux qui s'étire de la Camargue à la Côte Vermeille, seul littoral rocheux et découpé de la Région. Ce cordon littoral est interrompu par quelques points d'appui rocheux qui ont permis la construction des plages, bastions calcaires du Saint-Clair dominant Sète et de la Clape narbonnaise, îlots volcaniques de Maguelonne et « montagne » du cap d'Agde. Le littoral, longtemps impaludé, mal drainé vers la mer par une série de graus en voie de comblement, a constitué jusqu'à l'époque contemporaine un secteur répulsif, émaillé de « villages-tombeaux » à la surmortalité importante.

Les atouts du climat

Le climat est soumis aux influences méditerranéennes, qui s'exercent sur la majeure partie de la région, mais se dégradent rapidement vers les hauts cantons pour laisser place en Lozère et sur les hauteurs pyrénéennes à un type montagnard soumis à des hivers rigoureux et enneigés. Le bas pays se caractérise par une forte insolation, la sécheresse et la chaleur des étés, la clémence des températures en hiver. Les saisons intermédiaires sont assez peu marquées, mais se distinguent par l'abondance et la violence des précipitations concentrées sur un faible nombre de jours. Ici, les moyennes n'ont pas une grande signification, car le milieu languedocien, malgré les avantages incontestables que lui confère le voisinage de la mer, présente finalement un certain nombre d'excès d'irrégularités (notamment dans le domaine pluviométrique). À Montpellier, il peut geler pendant une quarantaine de jours (plus du double de Perpignan), et les mois d'hiver reçoivent en moyenne approximativement le quart des pluies annuelles ; les gelées de 1956, 1959, 1963, sans remonter à la catastrophe de l'hiver de 1709, ont détruit une bonne part du vignoble et des oliviers. La région cévenole est une des régions les plus arrosées de France (lames d'eau génératrices de crues catastrophiques), toute proche d'un littoral qui est un des pôles d'aridité du pays. Enfin, les vents sont fréquents et violents, balayant la vallée du Rhône et le Roussillon : mistral, tramontane.

Les conséquences : hydrologie et végétation

Les cours d'eau, généralement courts sur le versant méditerranéen, peuvent exercer de grands ravages lorsqu'ils ne sont pas corrigés par des ouvrages d'art destinés à pourvoir les basses terres en eau pour l'irrigation. Réduits à de minces filets d'eau en été, l'Hérault, l'Orb dans le Biterrois et surtout le Vidourle enregistrent des crues soudaines (« vidourlades »). Le Tech, la Têt et l'Agly, fleuves roussillonnais, présentent des caractères différents par leurs bassins montagnards, qui les soumettent à une alimentation plus étalée dans le temps et à un régime plus régulier. Le Lot, le Tarn et leurs affluents qui drainent la Lozère sont tributaires de la Garonne et ne ressemblent en rien aux petits fleuves côtiers du Bas-Languedoc.

La végétation est soumise à un climat peu propice, par ses carences ou ses excès, à un développement normal. En dehors des plantes du littoral adaptées au sable et au sel, comme les salicornes, et des essences montagnardes (chêne blanc, châtaignier et hêtre), c'est une formation bien particulière qui prédomine sur les plateaux et les hauteurs calcaires : la garrigue, forme de dégradation de la forêt de chênes verts qui a laissé place à des espèces buissonnantes, xérophiles, où prédominent lentisques et genévriers, buis et kermès, lianes et plantes aromatiques (thym, lavande et romarin).

La population

La croissance de la population, sensible depuis les années 1960, s'est accentuée depuis 1990 : elle atteint 7, 5 % pour la période 1999-2010, soit le taux le plus élevé de l'ensemble des régions françaises après la Corse. Elle recouvre des situations bien différentes. Les soldes de l'Hérault, du Gard et des Pyrénées-Orientales sont toujours positifs. L'Aude s'est redressée depuis 1975, tandis que l'arrière-pays, la Lozère notamment, ne se dépeuple plus depuis le début des années 1990. Le classement des villes, principales bénéficiaires des soldes positifs, place en tête les trois chefs-lieux (Montpellier, Nîmes et Perpignan) devant deux sous-préfectures (Béziers et Alès).

Viennent ensuite, dans l'ordre, Carcassonne, Narbonne et Sète, et, bien plus bas, les petites villes, nombreuses en Languedoc-Roussillon. Croissance urbaine, hémorragie de population dans les cantons ruraux caractérisent la région, dans laquelle les mouvements démographiques sont fort complexes : une sorte de creuset fonctionne sans cesse, accueillant les hommes au gré des circonstances économiques ou politiques. La descente montagnarde vers les villes et le vignoble est ancienne : Ariégeois et Tarnais vers le Biterrois ; Aveyronnais et Lozériens vers Montpellier ; Cévenols vers Nîmes. Les étrangers prendront le relais dès la fin du xixe s. avec préférentiellement des Italiens vers les confins rhodaniens, des Andorrans (plus réduits en nombre) dans le Biterrois, des Espagnols à peu près partout, mais essentiellement dans le vignoble. Un autre accident de l'histoire est la liquidation de l'Empire colonial français, l'indépendance de l'Algérie, qui entraîne la concentration de rapatriés, pour l'essentiel dans les villes ; la main-d'œuvre maghrébine a relayé à son tour les ouvriers espagnols ; on observe ensuite des migrations de retraite pour les petits fonctionnaires, qui retrouvent le village d'origine ou se fixent dans les campagnes languedociennes au climat attractif ; ce sont aujourd'hui à la fois des retraités et des actifs qui viennent s'installer dans les agglomérations proches du littoral. Malgré ou en raison de ce moteur démographique, la Région reste l'une des plus pauvres de France, avec le taux de chômage le plus élevé du pays (ce classement étant toutefois à nuancer en raison de l'importance du travail au noir).

L'économie

Les secteurs traditionnels, fondés sur l'exploitation du sol, se maintiennent selon une zonation bien établie : polyculture ancienne de l'arrière-pays avec : élevage (moutons caussenards) ; céréales des marges aquitaines ; pâturages de la montagne pyrénéenne ; arboriculture fruitière de la basse plaine, préférentiellement dans l'est ; vignoble enfin au premier rang, avec une production de masse (25 à 30 Mhl par an) qui évolue vers des vins de qualité (roussillon, corbières et minervois, muscats, etc.). 62 % des exploitations font des productions sous le signe officiel de qualité (SIQO) grâce aux vins et à l'agriculture biologique. Il existe peu d'industries, sauf de façon ponctuelle à Béziers, à Nîmes (textile), dans le Gard (Perrier, à Vergèze), sur les confins rhodaniens (Marcoule, l'Ardoise) ; Montpellier possède l'électronique, l'informatique, les biotechnologies et des laboratoires pharmaceutiques ; une petite zone s'esquisse autour de Sète-Frontignan. Chacune des grandes unités du Languedoc-Roussillon présente désormais des visages bien différents : plusieurs plaines, plusieurs « montagnes », aux évolutions diverses, retrouvant ou perpétuant les vieilles cellules des « pays ». À partir des années 1960, de nouvelles relations ont bousculé le système traditionnel des rapports entre les villes et les campagnes, à travers une urbanisation galopante, une viticulture constamment en crise, un poids croissant du secteur tertiaire, ce dernier en contradiction avec des structures basées essentiellement sur la vigne et héritées d'un xixe s. qui s'est prolongé loin dans le xxe s. Aujourd'hui, le tourisme représente le même poids que la viticulture dans l'économie régionale.

Le Languedoc oriental regroupe les principales villes, les rares industries, les pôles touristiques, tout ce qui peut être assimilé à un certain dynamisme. Le Languedoc occidental est en stagnation, économique et démographique ; il se débarrasse mal du poids du vignoble et apparaît comme « la périphérie » du précédent. Par contre, l'arrière-pays est en voie de revalorisation et de redécouverte, après l'épisode (toujours en cours) de l'aménagement du littoral, mais (de la même façon que lui) pour des intérêts qui ne sont pas forcément ceux de la région.

Les aménagements du territoire

La région a bénéficié depuis les années 1950-1960 d'une image de marque nouvelle, dépassant celle d'un vignoble de masse traditionnel, en raison de trois aménagements concernant la maîtrise de l'eau, les équipements touristiques et la protection de la montagne. En 1955, la Compagnie nationale d'aménagement du Bas-Rhône-Languedoc entreprend l'irrigation de 250 000 ha de terres ; les équipements commencent par le secteur oriental, à partir de la station de pompage des eaux du Rhône A.-Dumont, à Pichegu. Cette action couvrira un aménagement rural au sens le plus large par la reconversion d'une partie du vignoble (déjà bien touché par les gelées de 1956 dans le Lunellois) en vergers et productions maraîchères, le reboisement, la mise en place d'un habitat nouveau, l'assistance aux agriculteurs et l'organisation des marchés, l'approvisionnement en eau des villes et des stations du littoral, enfin la construction, autour de Montpellier, de « villas » populaires. En 1963, une mission interministérielle prend en compte l'aménagement d'un littoral encore peu fréquenté en dehors des petites stations, qui constituent les « doublets » balnéaires des villes : Canet-en-Roussillon (Perpignan), Valras-Plage (Béziers), Palavas-les-Flots (Montpellier), Le Grau-du-Roi (Nîmes). La Grande-Motte inaugure la première des six unités touristiques nouvelles prévues ; suivront Leucate-Barcarès, le cap d'Agde, Saint-Cyprien, Gruissan. La multiplication des ports facilite la plaisance, la fréquentation étrangère, le naturisme. En 1970 est créé le parc national des Cévennes. Ce secteur, montagnard et boisé, à peu près vide d'habitants, se voudrait le complément « naturel » des implantations touristiques du littoral. Le parc naturel régional du Haut-Languedoc ne s'étend qu'en partie sur la Région.