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Montpellier

Montpellier
Montpellier

Chef-lieu du département de l'Hérault, sur le Lez, près de la Méditerranée, à 753 km au S. de Paris.

  • Population : 260 572 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Montpelliérains
  • Population pour l'agglomération : 387 155 hab. (recensement de 2009)

GÉOGRAPHIE

Principale agglomération entre la vallée du Rhône et la Catalogne, bien desservie par l'autoroute et par le T.G.V., Montpellier est un traditionnel centre administratif (cour d'appel), religieux (archevêché), commercial et universitaire, où l'industrie (produits pharmaceutiques et surtout informatique) s'est plus récemment développée. Le quartier « Antigone », confié à l'architecte R. Bofill, au contact du centre (opéra national), et la zone à urbaniser par priorité (Z.U.P.) de La Paillade ont été aménagés dans les années 1980. Le campus universitaire et la zone hospitalière au nord orientent la croissance de l'agglomération vers la garrigue proche et gagne vers le Lunellois, au N.-E., et vers les stations du littoral (dont Palavas-les-Flots). Le pôle de recherche Agropolis est l'une des plus fortes concentrations au monde en recherche en agriculture tropicale et méditerranéenne.

La ville de Montpellier se trouve désormais au centre d'une communauté d'agglomération qui regroupe 31 communes et qui est desservie par deux lignes de tramway. Sa situation a aussi été valorisée par le passage de l'autoroute la Languedocienne et par l'autoroute des Deux-Mers, rapprochant la ville du Sud-Ouest aquitain. Aéroport Montpellier-Méditerranée (anciennement Frégorgues). Siège de l'École d'application de l'infanterie (1967) et de l'École militaire d'administration (1948) qui forme les officiers d'administration (active et réserve) de l'armée de terre. Festival de danse.

HISTOIRE DE MONTPELLIER

Le 26 novembre 985, Bernard et Sénégonde de Mauguio signaient une charte qui faisait don à un certain Guilhem d'un ensemble de maisons et de terres situées au lieu dit Monte Pestelario, à proximité d'un sanctuaire dédié à la Vierge sur le cami roumieu, où s'arrêtaient les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, entre l'antique voie Domitienne et le cami salinié, fréquenté par les transporteurs de sel. Rapidement, une agglomération se forma, qui devait devenir Montpellier sous la seigneurie des Guilhem.

Au xiie s., elle comptait 6 000 habitants, entretenait d'excellents rapports avec la papauté (Guilhem V et Guilhem VI participèrent aux croisades) et commerçait avec Gênes, Pise, Venise, Chypre, Genève, exportant par le proche port de Lattes vin, huile, draps, cuirs et articles d'orfèvrerie.

À partir de 1221, une école de médecine décerna des titres qui furent vite appréciés en Occident. « Placés hors du contrôle de l'évêque de Maguelonne, les maîtres, laïques pour la plupart, enseignaient à des élèves laïques ; ils n'étaient pas tenus par l'interdiction de verser du sang, d'inciser des chairs, qui ailleurs pesait sur les clercs. Il n'y eut pas ici l'habituel divorce entre médecine universitaire et chirurgie abandonnée aux barbiers. Au xive s. – et peut-être au xiiie s. –, les maîtres pratiquaient des anatomies, délivraient des diplômes de chirurgie » (Ph. Wolff).

L'université fut créée en 1289 par le pape Nicolas IV. L'école de droit romain, où les étudiants, groupés en huit nations, selon leurs origines, élisaient le recteur, eut, comme celle de médecine, un grand rayonnement. Guillaume de Nogaret, le célèbre légiste de Philippe le Bel, y enseigna.

Rattaché en 1204 au royaume d'Aragon par le mariage de Marie Guilhem avec le roi Pierre II, qui devait vaincre les Maures à las Navas de Tolosa et mourir à la bataille de Muret, Montpellier fit ensuite partie du royaume de Majorque, fondé par une branche cadette d'Aragon, de 1262 à 1349. Cette année-là, le roi de France, Philippe de Valois, l'acheta à Jacques III de Majorque pour 120 000 écus d'or.

La guerre de Cent Ans porta un rude coup à l'économie montpelliéraine. Jacques Cœur s'installa dans la ville pour tenter de la relever, mais échoua. Le rattachement de la Provence au royaume à la fin du xve s. la ruina au profit de Marseille.

La Réforme trouva un milieu favorable à l'université. En 1562, pour riposter au sac des églises, le gouverneur fit raser les faubourgs, mais ne peut empêcher que les protestants administrent la ville. Le roi ordonna alors le transfert à Carcassonne de l'université, de la cour des aides et de l'atelier des monnaies, mais les autorités de La Rochelle créèrent une cour souveraine et une université protestante. Henri IV ramena la paix et dota Montpellier du premier des jardins botaniques du royaume. Les troubles recommencèrent en 1622. Louis XIII assiégea la ville pour la contraindre à reconnaître le pouvoir royal. Peu à peu, la monarchie rétablit l'Église romaine. En 1628, au lendemain de la révolte du duc Henri de Rohan, la moitié des consuls étaient catholiques, comme la moitié des maîtres à l'université.

Sous Louis XIV, siège de l'intendance et des états du Languedoc, Montpellier, qui avait terriblement souffert des guerres de Religion, connut un renouveau et sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI une ère de grande prospérité, due à l'implantation de manufactures de draps, de mégisseries, de fabrication de tôles de cuivre et à une importante activité bancaire. Nombre d'hôtels classiques ainsi que des aménagements urbains spectaculaires datent de cette époque.

Devenue chef-lieu du département de l'Hérault avec la Constituante, la ville, dont le club des Jacobins avait souhaité le 29 juin 1791 l'instauration de la république, traversa sans incident la période révolutionnaire. Elle élut Cambacérès à la Convention.

Montpellier perdit ses activités industrielles au xixe s., mais devint au début du xxe s., avec la monoculture de la vigne en Languedoc, un important marché de vins. Lors de la grande crise de la viticulture, le 10 juin 1907, la plus imposante manifestation des vignerons, conduits par Marcellin Albert, s'y déroula, et le cardinal de Cabrières ouvrit toutes les églises aux manifestants.

L'ART À MONTPELLIER

Montpellier n'a gardé du Moyen Âge que le monastère Saint-Benoît, fondé par Urbain V en 1364 (actuellement occupé par la faculté de médecine), et son église abbatiale, devenue cathédrale, édifice gothique à nef unique dont le porche est précédé d'un curieux baldaquin en croisée d'ogives supporté par deux hauts piliers cylindriques.

L'art classique, par contre, y compte quelques-unes de ses meilleures réussites. Rarement, l'aménagement de l'espace a produit une œuvre de la qualité du Peyrou, réalisation exemplaire du grand urbanisme des xviie et xviiie s. L'arc de triomphe en pierre dorée élevé à la gloire du Roi-Soleil par Augustin Charles Daviler (1653-1700), le jardin qui domine un vaste paysage, avec la statue de Louis XIV (du xixe s.) et le château d'eau hexagonal de Jean-Antoine Giral (1720 ?-1787), l'aqueduc Saint-Clément, long de 880 m, haut de 22 m, à deux étages d'arcades, bâti par le physicien Henri Pitot (1695-1771), constituent un ensemble parfaitement à l'échelle humaine, d'une rare aisance dans la grandeur. On comprend que Frédéric Mistral ait choisi ce cadre pour lancer son Hymne à la race latine.

De nobles demeures, dont l'hôtel Richer de Belleval (hôtel de ville), bordent la charmante place de la Canourgue, ornée de la fontaine des Licornes d'Étienne Antoine (1737-1809), à qui l'on doit aussi la fontaine des Trois Grâces de la place de la Comédie. L'Esplanade, conçue par le duc de Roquelaure, lieutenant du roi, à l'emplacement des anciens remparts, répond, comme l'ensemble du Peyrou, aux besoins de promenade et de flânerie des populations urbaines, que perçurent si bien les administrateurs de l'Ancien Régime.

Le centre de la ville conserve une centaine d'hôtels particuliers des temps classiques. Beaucoup sont l'œuvre de deux dynasties d'architectes, les Giral et les Donnat, qu'assistèrent des maîtres ferronniers de grande classe. À la sévérité des façades s'oppose la grâce des cours intérieures, auxquelles on accède par des passages voûtés. Celles des hôtels de Rodez-Bénavent (ou de Bonnier de La Mosson), de Mirman, de Montcalm, des Trésoriers de France ont des murs ajourés d'arcs et de balustres qui laissent voir d'admirables mouvements d'escaliers. Les hôtels de Manse, de Castries, de Sabatier d'Espeyran, de Jean Deydé, de Beaulac (ou de Villeneuve-Bargemon), d'Uston (ou du président Bonnier d'Alco), l'hôtel de Saint-Côme, siège de la chambre de commerce, autrefois du collège des chirurgiens, avec son amphithéâtre en forme de rotonde, s'imposent aussi par la justesse de leurs proportions, la noblesse de leur ordonnance, souvent agrémentée d'une pointe de fantaisie.

Un ambitieux programme urbain a été entrepris dans les années 1980-1990 : quartier Antigone, de R. Bofill ; Corum, palais des Congrès et opéra, de Cl. Vasconi.

LES FAÏENCES DE MONTPELLIER

À la fin du xvie s. et au xviie s., les faïenciers montpelliérains Pierre et Jean Estève, Pierre Favier (1577-1651) et Daniel Ollivier (1593-1685) se spécialisèrent dans la fabrication de pots destinés aux apothicaireries du sud de la France. Vases, chevrettes, piluliers furent d'abord ornés de scènes ou de portraits, d'une vive polychromie, dans le style de Faenza, puis le décor s'amenuisa, laissant apparaître la surface blanche de l'émail. Au xviiie s., on a attribué à l'atelier d'André Philip la création du décor « à la rose bleue » et l'exécution de faïences à fonds jaunes à l'instar de la manufacture Fauchier à Marseille.

LES MUSÉES DE MONTPELLIER

Créé en 1825 et installé dans l'ancien hôtel de Massilian (xve-xviiie s.), le musée Fabre porte le nom de son premier grand donateur, le peintre et amateur montpelliérain François Xavier Fabre (1766-1837). Il est riche des importantes donations Fabre, complétées par les collections Valedau, Bruyas, Bazille : tableaux de toutes les écoles (Italie [xvie s. et xviie s.] ; Zurbarán, Ribera ; maîtres hollandais et flamands), mais surtout de l'école française du xviiie s. (Aved, Greuze, Vernet) et du xixe s. (David, Ingres, Géricault, Delacroix, Corot, Courbet, Bazille ; peintres académiques) ; dessins (Raphaël, Poussin, Fragonard, Delacroix, Millet) ; bustes et statues de Houdon ; bronzes de la Renaissance et par Barye ; céramiques italiennes et françaises. À proximité, l'hôtel de Cabrières-Sabatier d'Espeyran, du second Empire, est une annexe du musée Fabre.

Le musée Atger, à la faculté de médecine, groupe notamment près de 300 dessins de maîtres italiens (Raphaël) et français (Natoire, Fragonard).

La collection Cavalier, à la bibliothèque municipale, conserve des objets d'art du Moyen Âge.

Importants sont aussi le musée Languedocien, installé dans l'ancien hôtel de Jacques Cœur (xve s.), et consacré aux arts décoratifs et à l'archéologie, et le musée du Vieux Montpellier, dans un hôtel des xve s. et xviiie s.