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Lorraine

Lorraine, les Vosges
Lorraine, les Vosges

Région de l'est de la France, regroupant les départements de Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle et Vosges.

  • Superficie : 23 547 km2
  • Population : 2 350 920 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Lorrains
  • Chef-lieu : Metz

GÉOGRAPHIE

Le milieu naturel

La Lorraine appartient, géologiquement, au Bassin parisien. Toutefois, les Vosges constituent un massif ancien rhénan. La région est formée par des couches mésozoïques de plus en plus récentes d'E. en O. Les plus anciennes, les grès du trias, reposent sur le socle vosgien. Vers l'O., on trouve des couches de calcaires, d'argiles et de marnes. L'alternance couche dure (au sommet)-couche tendre (à la base) a permis la formation des « côtes » (ou cuestas), qui constituent les reliefs essentiels, se prolongeant vers l'O. par des plateaux. Les côtes forment des auréoles parallèles. Les plus importantes sont les Côtes de Moselle et les Côtes (ou Hauts) de Meuse. Alors que les couches s'inclinent vers l'O., les cours d'eau principaux se dirigent vers le N., disposition qui a eu d'importantes conséquences sur l'aménagement par l'homme : pendant longtemps la direction méridienne l'a emporté dans les relations humaines, économiques et politiques. La Lorraine est un trait d'union entre le « Sud » de la France (régions de la Saône et du Rhône) et la Rhénanie. La rudesse du climat est souvent exagérée. Les journées d'hiver sont froides avec un ciel bleu, mais la moyenne du mois le plus froid (janvier) n'est négative que dans la montagne vosgienne. Juillet est le mois le plus chaud : entre 17,3 et 18,4 °C. Le printemps paraît s'effacer, le passage de l'hiver à l'été étant rapide. L'automne est généralement bien marqué et agréable (favorable à la vigne). Les pluies surviennent à toutes les époques ; leur répartition exprime des affinités continentales. La moyenne annuelle sur les plateaux est de 750 à 800 mm par an. L'enneigement est irrégulier d'une année sur l'autre (compromettant les sports d'hiver).

La vie économique

La vie économique a longtemps reposé sur l'extraction du charbon et du minerai de fer, la sidérurgie, l'industrie textile (Vosges). C'est dans le triangle Longwy-Briey-Thionville que se situait l'essentiel du minerai de fer (la « minette », pénalisé par sa faible teneur de 32 % en métal). Le bassin méridional, autour de Nancy, étant beaucoup plus restreint. L'exploitation du minerai de fer a cessé dans les années 1990. La sidérurgie remonte au Moyen Âge, au moins (charbon de bois). Toutefois, l'économie de la région fut bouleversée par l'arrivée d'une famille flamande : les Wendel (Van Dael), qui s'établit à Hayange (vallée de la Fensch). La sidérurgie gagna aussi la vallée de la Chiers (Longwy) et les environs. 1871 amena des bouleversements profonds. La frontière franco-allemande traversait le bassin ferrifère, ce qui ne favorisait pas la diversification industrielle et l'investissement de capitaux importants. Les industriels sarrois et allemands utilisèrent la Moselle comme base de ravitaillement en minerai et en fonte. Ils créèrent de nouvelles et grandes usines à Hagondange, Rombas, Uckange, Knutange, Thionville. Les nouvelles usines construites dans la Lorraine restée française étaient plus petites et souvent mal situées (en amont des vallées).

La crise a débuté vers les années 1960, malgré la canalisation de la Moselle, dans laquelle on avait placé beaucoup d'espoir. De multiples fusions de sociétés sidérurgiques n'ont pas empêché l'accroissement des déficits d'exploitation. La société Sacilor dominait dans les vallées de l'Orne, de la Fensch et de la Moselle. Usinor, après l'abandon, en 1977, de son usine de Thionville, s'est repliée sur la région de Longwy ; Sacilor et Usinor ont été nationalisées en 1982. L'entreprise, aujourd'hui privatisée, a fusionné en 2002 avec une firme espagnole et une firme luxembourgeoise et a été renommée Arcelor, puis a été achetée par une entreprise indienne et a pris le nom d'ArcelorMittal. Les effectifs salariés de la sidérurgie ont considérablement diminué. C'est le nord de la Lorraine qui est le plus durement touché. La Lorraine ne produit plus que le quart de l'acier français (60 % avant 1939). L'extraction du charbon a cessé en 2004. L'industrie chimique est implantée notamment à Carling-Saint-Avold et à Forbach, sur les salines. Le nombre d'emplois dans l'industrie est passé de 210 000 en 1992 à 160 000 en 2004.

On connaissait déjà au xviiie s. le travail du coton dans les Vosges. Toutefois, c'est le traité de Francfort qui va tout bouleverser. Des industriels alsaciens, pour garder le marché français, ont installé des usines dans les hautes vallées vosgiennes. La prospérité régna jusqu'après la Première Guerre mondiale, du fait du monopole français dans les colonies. La crise s'accéléra après 1945 et touche surtout les hautes vallées, qui se dépeuplent. La reconversion a permis d'implanter quelques usines à Remiremont, Épinal, Saint-Dié. La plupart des entreprises ont passé entre les mains de sociétés extérieures à la région, ce qui aggrave le problème vosgien.

À côté des héritages historiques, il faut ajouter que la Lorraine est plutôt une mosaïque de régions industrielles, sans liens structuraux étroits entre elles. La reconversion a été un échec. L'industrie automobile n'est venue s'installer en Lorraine qu'en 1969-1970, et à peine la moitié des emplois prévus a été créée. La population, qui était une des plus jeunes de France, vieillit, et, le solde migratoire étant négatif, la Lorraine voit sa population stagner, et même diminuer dans la Meuse et les Vosges, les départements les plus ruraux et déjà les moins peuplés. L'essor industriel d'après-guerre s'est surtout exprimé en Lorraine du Nord (Moselle). Plusieurs dizaines de milliers de Lorrains vont travailler quotidiennement en Allemagne, en Belgique et, dans leur grande majorité (60 000), au Luxembourg, ce qui représente une source de revenus pour la Région. Le thermalisme (avec les stations thermales de Contrexéville, Vittel, Amnéville, Plombières-les-Bains et Bains-les-Bains) hisse la Lorraine au sixième rang français. La filière bois, présente surtout dans les Vosges, met la Lorraine au deuxième rang pour le bois d'œuvre.

Le réseau de transport a connu des améliorations sensibles : aménagement de la Moselle (gabarit européen jusqu'à Neuves-Maisons), autoroutes (Paris-Metz-Strasbourg et Allemagne ; Luxembourg-Metz-Nancy). aéroport régional, T.G.V. Est (depuis 2007). La vallée de la Moselle, couloir de circulation européen entre le Luxembourg et Dijon, via Metz et Nancy, voit son importance se renforcer avec l'implantation de plates-formes logistiques. La Lorraine a des atouts : de vastes espaces forestiers et ruraux, une agriculture moderne et dynamique, des plans d'eau nombreux, un potentiel touristique (parc régional de Lorraine, parties des parcs régionaux des Vosges du Nord et des Ballons des Vosges), une situation de carrefour, au contact des deux civilisations européennes (le monde latin et le monde germanique), limitrophe de la Belgique, du Luxembourg et de l'Allemagne. Elle souffre cependant de l'absence de grande ville (Metz et Nancy, les seules à dépasser 100 000 habitants, sont plus rivales que complémentaires), de celle d'industries de pointe, partiellement liée à un développement relativement tardif des équipements scientifiques et culturels.

HISTOIRE

1. Des origines au xe siècle

À l'époque celtique, deux peuples occupent le territoire actuel de la Lorraine, les Leuques au S.. et les Médiomatrices au N. L'industrie du fer existe déjà autour de la forêt de Haye, l'industrie du sel entre Marsal et Vic (briquetages de la Seille). La paix romaine favorise les défrichements, la construction de routes et l'apparition de centres urbains : Divodurum (Metz), Toul, Scarponne (Dieulouard), etc.

La prospérité grandit autour de la vallée de la Moselle, devenue un très important axe de communication. En 460, la chute de Trèves ouvre la Mosellane à l'invasion des Francs Ripuaires (→ Francs). Le pays est germanisé au N.-E. d'une ligne passant par Thionville, Dieuze et le Donon. La fondation d'abbayes au viie siècle enracine le christianisme dans les campagnes, cependant que la Mosellane devient le noyau du royaume d'Austrasie.

Arnoul, le fondateur de la dynastie carolingienne, y possède des domaines considérables. Pépin le Bref, puis Charlemagne y résident volontiers, favorisant la formation d'une aristocratie de fonctionnaires et de propriétaires. Les évêques et leurs possessions jouissent du privilège de l'immunité. Les abbayes se multiplient (→ Remiremont, Saint-Dié, Saint-Mihiel, Gorze, etc.). Cités florissantes, Verdun et Metz sont les centres de la renaissance culturelle.

Créé de toutes pièces au traité de Verdun (843), partagé à celui de Meerssen (870) entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, le royaume de Lotharingie est abandonné au roi de Germanie en 880. Arnoul de Carinthie fait roi de Lotharingie son bâtard Zwentibold (895-900).

En 911, les grands du pays donnent la Lotharingie à Charles III, roi de France, mais Henri Ier l'Oiseleur, roi de Germanie, la récupère de force en 925. Après une période d'anarchie, le duché est divisé en Basse- et Haute-Lorraine (vers 960), cette dernière partie devant former le duché de Lorraine, donné en 1048 à Gérard d'Alsace.

2. Le duché de Lorraine

L'histoire des successeurs de Gérard est faite des luttes contre leurs propres vassaux, dont certains se rendent indépendants (Bar), et contre les évêques de Metz. Mais la querelle des Investitures provoque un relâchement de l'emprise cléricale. Les ducs se fortifient à Nancy et à Prény ; les foires, jusqu'alors très actives à Metz, Toul et Verdun, sont détournées vers la Champagne, et, malgré la fondation d'abbayes cisterciennes, les écoles de Metz et de Toul entrent en décadence. La bourgeoisie de Metz acquiert des libertés communales et fait de la cité un centre économique comparable aux villes de Flandre et d'Italie. En 1234, elle obtient le gouvernement de la cité.

De 1220 à 1303, les ducs Mathieu II et Ferry III mettent à profit l'affaiblissement de la puissance royale pour regrouper les terres ducales; mais, au traité de Bruges (1301), le comte de Bar se reconnaît vassal du roi de France pour la rive gauche de la Meuse. La décadence des foires de Champagne attire les marchands en Lorraine, où Saint-Nicolas-de-Port devient le marché le plus important.

Le gendre et successeur du duc Charles II, René d'Anjou, est fait prisonnier à Bulgnéville (1431) par le comte de Vaudémont. Délivré par le comte de Luxembourg, il cède aux Bourguignons la rive gauche de la Meuse, ce qui occasionne une expédition de Charles VII. Plus tard, le duc René II prend position contre Charles le Téméraire, qui meurt devant Nancy (1477). La Réforme rencontre une certaine faveur, et des seigneurs de la Lorraine allemande entraînent leurs sujets dans la Confession d'Augsbourg. En revanche, le duc Antoine favorise la Contre-Réforme et écrase les « rustauds » à Saverne. En 1532, il obtient de Charles Quint la reconnaissance de son duché comme « État libre et non incorporable » ; le roi Henri II s'assure de la neutralité du duché pour s'emparer des Trois-Évêchés (1552).

Pendant les guerres de Religion, le duc Charles III pose en 1584 sa candidature au trône, puis il essaie vainement de s'emparer des Trois-Évêchés. Demeurée à l'écart des conflits internationaux, la Lorraine connaît un siècle de prospérité économique, qui se manifeste par l'accession à la propriété rurale des marchands enrichis et surtout par une grande floraison artistique. Mais les intrigues du duc Charles IV contre Richelieu déclenchent l'intervention française. La prise de la citadelle de La Mothe (1645) livre le duché aux Suédois, qui le dévastent.

Charles IV rentre partiellement en possession de ses États aux traités des Pyrénées (1659) et de Vincennes (1661) ; mais, comme il refuse en 1670 le protectorat de Louis XIV, le duché est à nouveau occupé par les troupes françaises.

Le traité de Ryswick (1697) rend la Lorraine au duc Léopold, qui épouse une nièce de Louis XIV et transporte sa capitale à Lunéville. Son fils François III, qui lui succède en 1729, épouse Marie-Thérèse, fille de l'Empereur, et cède (1737) ses droits sur le duché à Stanislas Leszczyński, roi détrôné de Pologne, en échange de la Toscane. Stanislas abandonne l'administration du duché à un Français, Chaumont de La Galaizière, qui devient intendant du roi de France à sa mort (1766). La Lorraine est désormais intégrée dans la monarchie.

3. La Lorraine française

Léopold et Stanislas se sont attachés à mettre en valeur les forêts et les cultures, et à développer l'industrie (création d'une industrie sidérurgique à Hayange, de cristalleries, de faïenceries, etc.). En 1766, les institutions sont harmonisées avec celles des autres provinces françaises ; l'annexion se fait sans difficulté. La Révolution supprime les douanes intérieures et l'inextricable enchevêtrement administratif de l'Ancien Régime. La vente des biens nationaux fait disparaître le métayage et fait accéder la paysannerie à la propriété du sol. La Lorraine est divisée en quatre départements : Moselle, Meurthe, Meuse et Vosges.

Les guerres de Napoléon se soldent par l'invasion et la perte de Sarrelouis et de Sarrebruck. Pays agricole, la Lorraine commence à partir de 1848 son essor industriel. Après la défaite de 1870, une grande partie des départements de la Moselle et de la Meurthe est annexée pour, quarante-huit ans plus tard, retourner à la France (→ Alsace-Lorraine).

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Lorraine est de nouveau annexée par les Allemands pour une partie, à l'instar de la période 1870-1918. Elle sera libérée en 1944.