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Metz

Metz
Metz

Chef-lieu du département de la Moselle, au confluent de la Moselle et de la Seille, à 329 km à l'E.-N.-E. de Paris.

  • Population : 122 928 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Messins
  • Population pour l'agglomération : 289 797 hab. (recensement de 2009)

GÉOGRAPHIE

Les fonctions de la ville se sont diversifiées. Le développement industriel (mécanique [dont l'industrie automobile], métallurgie, électronique, matières plastiques, pharmacie, viandes, pâtes alimentaires, tabac, confection) a été lié à l'aménagement de zones industrielles (Borny, Metz-Nord). L'université date de 1970. La ville s'est étendue vers le N., l'E. et le S.-E. (quartiers de Metz-Nord, Hauts de Blémont, Magny). La vieille ville a été en partie rénovée et restaurée. Metz, sur l'autoroute de l'Est, est devenue le plus grand carrefour autoroutier de l'est de la France, et le port fluvial, sur la Moselle canalisée, est le premier, en France, pour les céréales. L'aéroport (Metz-Nancy-Lorraine) a des relations quotidiennes avec Paris, Lille et Mulhouse-Bâle. La gare Lorraine T.G.V., à 27 km au sud de Metz, a été mise en service en 2007. Metz, premier centre commercial de la Lorraine (foires, banques), s'oriente aussi vers le tourisme et la culture (aménagements des bords de la Moselle et de la Seille, ports de plaisance ; orchestre symphonique de Lorraine et nombreuses associations culturelles, quotidien régional). Metz a également une fonction militaire (siège d'une zone de défense) et possède des services régionaux (évêché, cour d'appel).

L'HISTOIRE DE METZ

Capitale d'un peuple gaulois, les Médiomatrices, Metz, située sur un oppidum établi un peu au sud du confluent de la Seille et de la Moselle, devient une cité de la Gaule romaine qui tire son importance du carrefour de deux grandes voies romaines, celle de Reims à Strasbourg et celle de Lyon à Trèves. Au cours du iie s. après J.-C., la ville s'étend vers le sud. À l'époque des invasions germaniques (iiie-ive) s., elle connaît le traditionnel resserrement derrière un rempart. Ravagée par les Huns (451), elle devient la capitale du royaume d'Austrasie. Située au centre d'une région fertile dont elle est le principal marché, Metz connaît au Moyen Âge un développement et une histoire qui l'apparentent à de nombreuses cités allemandes : elle est un des principaux centres culturels de la renaissance carolingienne.

Dès le xe s., l'évêque de Metz reçoit les droits comtaux sur la ville elle-même et sur le pagus Mettensis ; Metz devient commune jurée sans doute en 1115, mais son patriciat urbain – bourgeois enrichis par le commerce – doit, pour consolider sa situation politique et l'autonomie municipale, lutter contre l'évêque. Au milieu du xiiie s., les organes du gouvernement municipal (maître échevin, vingt échevins, conseil des Treize) sont en place. La ville groupe alors 25 000 habitants. Ses faubourgs se sont peuplés à partir du xiie s., avant d'être incorporés dans l'enceinte agrandie : alors que la ville romaine couvrait 70 ha, la ville médiévale en couvre 159.

La prospérité messine repose sur un commerce actif ; s'y échangent les vins du pays et les céréales des plateaux et s'y vendent, à côté des produits des ateliers locaux, les objets de luxe (épices, draps fins, mercerie) importés par les marchands messins, qui exportent jusqu'à Cologne, Vienne, Francfort et l'Italie, le vin, les céréales et le sel (du Saulnois). La richesse du patriciat urbain est à l'origine d'un commerce d'argent (auquel participe une importante communauté juive) et aussi d'une domination économique et sociale du plat pays – « le pays de Metz » –, véritable État urbain englobant plus de deux cents villages.

À partir du xive s., la bourgeoisie messine non patricienne, le commun (gens de métier groupés en corporations), s'efforce de secouer la suprématie du patriciat (1 500 à 2 000 personnes).

Les révoltes de 1326 et 1406 sont particulièrement violentes ; en 1430, la bourgeoisie tente même de livrer la ville au duc de Lorraine. La royauté française essaie très tôt de tirer parti des rivalités intérieures des Trois-Evêchés (Metz, Toul, Verdun) pour les contrôler et ainsi s'assurer la couverture de sa frontière du nord-est au détriment des ducs de Lorraine ; mais si Metz réussit à se soustraire à l'établissement de la garde royale (1444-1445), il n'en est pas de même à Toul et à Verdun, qui s'habituent à la présence française. Redoutant à la fois les ambitions du duc de Lorraine et de l'empereur, Metz finit par se tourner vers la France. En avril 1552, la caution des princes allemands de la ligue de Smalkalde permet à Henri II d'entrer à Metz (après Toul et avant Verdun) Charles Quint n'ayant pu s'emparer de Metz, défendue par François de Guise (décembre 1552-janvier 1553), l'empereur renonce en fait aux Trois Evêchés (traité du Cateau-Cambrésis 1559), dont l'acquisition par la France est reconnue juridiquement lors de la signature des traités de Westphalie (1648).

L'annexion à la France s'accompagne à Metz d'une révolution qui écarte le patriciat du gouvernement au profit des marchands et des légistes. Les Messins obtiennent du roi des lettres de naturalité ; ce régime prend fin en 1633 avec la création d'un parlement français à Metz. Sous Louis XIV, l'expansion française à partir des Trois-Evêchés est assurée par une Chambre de réunion, mais l'ascension sociale de ses marchands a déjà assuré l'intégration de Metz dans le royaume.

En 1790, Metz devient le chef-lieu du département de la Moselle. Investie par les Allemands en août 1870, prise par eux en octobre, Metz est annexée au Reich en vertu des dispositions du traité de Francfort (10 mai 1871). La ville fera retour à la France en 1918.

METZ, VILLE D'ART

Malgré les dommages causés par les guerres, Metz demeure une ville d'art brillante où les monuments du Moyen Âge rivalisent avec ceux de l'âge classique.

Des restes de l'enceinte romaine, des tours médiévales – la tour Camoufle, la porte des Allemands – délimitent le vieux Metz avec ses rues pittoresques et ses vieilles maisons. Le grenier de Chèvremont, daté de 1456, abrite les collections médiévales de la ville et rappelle, avec ses files de colonnes sur quatre étages, le grenier détruit de Nuremberg. Cependant, l'art du Moyen Âge est surtout présent dans les églises, à commencer par l'antique Saint-Pierre-aux-Nonnains, bâti dans les ruines d'une basilique civile romaine et transformé au xe s., où ont été retrouvées en 1896 d'admirables plaques de chancel. Des restes romans se voient à la crypte de Sainte-Ségolène (xie s.), aux chœurs et aux clochers de Saint-Eucaire et Saint-Maximin. Mais l'art gothique est beaucoup mieux représenté, d'abord avec la cathédrale Saint-Étienne, qui englobe le sanctuaire de Notre-Dame-la-Ronde dans ses travées occidentales. La construction de la cathédrale actuelle fut entreprise au xiiie s., mais la nef ne fut voûtée qu'à la fin du xive s., sans doute par Pierre Perrat (?-1400) Bien que datant de la fin du Moyen Âge, le transept et le chevet respectent l'élévation tripartite très élancée de la nef. Les immenses verrières des façades ont des vitraux dont les plus célèbres furent exécutés par Valentin Bousch au début du xvie s. Il faut citer aussi la chapelle octogonale des Templiers, proche de celle de Laon ; l'ancienne église abbatiale de Saint-Vincent, avec ses deux tours de chevet bien lorraines ; Saint-Martin, avec son narthex à tribune ; la nef et le transept de Saint-Euchaire ; la plus grande partie de Saint-Maximin et de Sainte-Ségolène ; la chapelle Saint-Genest et le cloître des Récollets.

Au xviiie s., un nouvel essor architectural transforme Metz. L'une des premières œuvres réalisées est l'église Saint-Clément, commencée avant 1700 par un architecte italien et terminée en 1767 avec la collaboration de Victor Louis, qui travaille également à la façade de Saint-Vincent. Une autre église du xviiie s., Sainte-Glossinde, a sa coupole peinte par le Nancéien Jean Girardet. L'architecte Jacques François Blondel fit, vers 1764, des projets pour une place Royale près de la cathédrale ; une partie seulement vit le jour, dont l'hôtel de ville, avec ses sculptures décoratives et son très bel escalier à rampe de fer forgé. Le palais de justice, ancien palais du gouverneur des Trois-Evêchés, a été construit à partir de 1776 sur des plans de Charles Louis Clérisseau et conserve aussi une décoration sculptée. La place de la Comédie montre un ensemble curieux de façades du xviiie s. reliées par un péristyle à arcades.

LE MUSÉE DE LA COUR D'OR

Installé sur le site de thermes gallo-romains mis au jour en 1937, le musée intègre le grenier de Chèvremont et les couvents des Petits-Carmes et des Trinitaires. Musée d'art et d'histoire, il abrite une section archéologique (collections gallo-romaines [importante série de stèles funéraires et de fragments lapidaires] et mérovingiennes), un musée d'architecture, un musée des beaux-arts (importante collection d'art moderne et contemporain).