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Auvergne

Auvergne, la Grande Limagne
Auvergne, la Grande Limagne

Région administrative de France, formée de quatre départements (Allier, Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme).

  • Superficie : 26 013 km2
  • Population : 1 347 387 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Auvergnats
  • Chef-lieu : Clermont-Ferrand

Le milieu physique

Le relief

Quoique assez disparate, le relief accidenté de l'Auvergne s'ordonne en fonction d'un grand sillon médian, la dépression faillée de l'Allier, qui s'abaisse et s'élargit vers le nord : c'est aujourd'hui, de plus en plus, l'axe vital de la Région, avec, au sud, la Limagne de Brioude, puis celle d'Issoire ; au centre, le fossé d'effondrement de la Grande Limagne, accidentée de pointements, de coulées et de mesas volcaniques (au sud et à l'ouest), et recouverte à l'est de sables tertiaires, détritiques et infertiles (varenne de Lezoux), en général très plats, quelquefois accidentés (forêt de Randan). Ces sables occupent la plus grande partie de la plaine en Bourbonnais (qui, géologiquement, appartient aussi au Bassin parisien). A l'ouest, les plateaux du Bocage bourbonnais (ouverts dans l'ouest par la vallée du Cher vers Montluçon) et de la Combraille s'élèvent progressivement de 300 à 900 m vers le S., coupés de gorges profondes (vallée de la Sioule et rive gauche de la Dordogne) et dominés à l'est par les puys bien conservés (Quaternaire récent) de la chaîne des Dômes. Ils sont limités au sud par le massif volcanique complexe des monts Dore (puy de Sancy, 1 886 m, point culminant du Massif central). La galette basaltique du Cézallier relie celui-ci au puissant ensemble volcanique du massif du Cantal (1 858 m au Plomb du Cantal), constitué par un enchevêtrement de coulées et de projections surmontant un socle déprimé et faillé, cuirassé de plateaux basaltiques (les planèzes) qui divergent d'une zone centrale sommitale et sont découpés en triangles par un réseau hydrographique rayonnant (Alagnon, Rhue, Maronne, Cère, etc.). Le massif du Cantal domine des reliefs variés : hauts plateaux de l'Artense, bassin d'Aurillac, Châtaigneraie, Margeride.

La région à l'est de l'Allier est occupée au nord (basse Auvergne) par les massifs cristallins faillés du Livradois et du versant occidental des monts du Forez, séparés par la Dore et le fossé d'Ambert ; au sud, le Velay, occupant la majeure partie de la Haute-Loire, comprend le grand plateau basaltique du Devès et le massif volcanique du Mézenc (1 754 m), qui surmontent de hauts plateaux cristallins (La Chaise-Dieu, Craponne-sur-Arzon, Yssingeaux) et encadrent la vallée de la Loire, que jalonnent les bassins du Puy et de l'Emblavès. Ici, l'altitude dépasse souvent 1 000 m.

Le climat

L'Auvergne présente une grande variété climatique. Les Limagnes, abritées, ont des étés chauds, des hivers secs, aux froids souvent vifs, accentués par des vents violents du nord, et marqués par les inversions de température et les brouillards, une pluviosité modeste (500 mm). Les montagnes et les plateaux de l'Ouest ont un régime de tendance océanique, ouvert aux influences atlantiques : pluies importantes (de 800 à 2 000 mm) et assez bien réparties, enneigement important, hivers rudes, étés frais. C'est d'abord le domaine de la lande et des prairies. L'Est est plus continental : pluviosité moindre (de 600 à 1 300 mm), ensoleilement plus fort, amplitudes de température plus marquées. Aussi, l'Ouest a-t-il une végétation de prairies, de landes et de bosquets de hêtres. L'Est est plus forestier (bois de pins ou de chênes) et a plus de champs.

Les hommes et les activités

La population

Le démantèlement de l'ancien monde rural a amené la dégradation démographique : recul de la natalité, hausse de la mortalité, vieillissement de la population, émigration massive, surtout à partir du Sud, vers la région parisienne. La Région a continué à se dépeupler dans les années 1990 ; le Cantal a perdu 40 % de sa population et la Haute-Loire, le tiers depuis le milieu du xixe s. Aujourd'hui, la Région est globalement peu peuplée avec une densité à peine supérieure à 50 habitants au km2 (moins de 30 même pour le Cantal), approchant seulement la moitié de la moyenne nationale, et compte plus de décès que de naissances. Un long exode rural a vidé les hautes terres, au climat ingrat : massifs volcaniques, Velay, Margeride, Livradois. Cependant, un môle principal de résistance est apparu avec Clermont, industrialisée à partir de 1880. Aujourd'hui, un déséquilibre profond existe entre le Nord, mieux maintenu (Allier, grâce aux bonifications agricoles du xixe s., à l'industrialisation de Montluçon et, plus récemment, de Vichy-Cussetet de Moulins) ou renaissant (Puy-de-Dôme grâce au pôle clermontois et à son riche axe de plaine), et le Sud, où l'agriculture est restée très extensive, et où deux villes seulement (Le Puy et Aurillac) surnagent dans la débâcle générale, comme relais d'émigration autant que comme centres actifs.

L'industrie

L'Auvergne est relativement industrialisée. La vie s'est concentrée dans la vallée de l'Allier, ouvrant les fertiles Limagnes et devenue l'axe vital de la Région, de Brioude à Moulins, relativement industrialisée. Clermont-Ferrand (chimie, métallurgie, mécanique) domine la vie urbaine (et industrielle), avec ses satellites répandus de Riom à Issoire, éclipsant les villes du Bourbonnais (Montluçon, Vichy et Moulins) et du sud de la Région (Aurillac et Le Puy-en-Velay). Malgré des transformations, l'industrie est souvent en crise ; c'est le cas de la branche dominante, le caoutchouc, à Clermont-Ferrand, le secteur thiernois survit avec peine, Montluçon s'est reconvertie difficilement vers la mécanique de précision, le Sud est presque uniquement rural.

Le tourisme

Après le tourisme thermal (Vichy, Royat, Châtelguyon, La Bourboule, Le Mont-Dore et beaucoup d'autres lieux de cure), la villégiature d'été s'est massivement développée partout, touchant au début une clientèle d'autochtones émigrés et, ensuite, un public très vaste. Mais le bilan d'une trop courte saison est moins positif que le chiffre en croissance rapide des visiteurs (appartenant surtout aux classes populaires) ne le laisserait croire.

Une Région qui se cherche

Ces faits trahissent une articulation intérieure insuffisante de la Région. L'axe vivant, celui de l'Allier, qui concentre déjà plus de la moitié de la population, est assez solide au Nord, mais s'étiole au S. de Brassac. Il anime cependant de vastes secteurs des plateaux et massifs de l'Ouest, d'où leur renouveau. Dans l'Est, le pays se résout en petites cellules sans dynamisme (thiernois, Ambert) faute d'insertion dans un tissu régional cohérent, ou bien il dépend d'une traite extérieure des ressources et des hommes sans profit pour lui (Velay, sous l'influence de Lyon-Saint-Étienne). La Région Auvergne, longtemps enclavée, héritière d'une ancienne communauté vivante à laquelle les populations demeurent attachées sur une grande partie de son étendue, a bénéficié comme d'autres d'une amélioration des voies de communication, de la voie ferrée (du moins jusqu'à Clermont-Ferrand) et surtout routière (l'autoroute traverse aujourd'hui l'Auvergne, des environs de Montluçon jusqu'au-delà de Saint-Flour, vers Montpellier), ce qui a jusqu'à présent stimulé le développement de la partie nord.