En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques.
En savoir plus
Identifiez-vous ou Créez un compte

Limousin

Limousin
Limousin

Région administrative de France regroupant les départements de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.

  • Superficie : 16 942 km2
  • Population : 742 771 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Limousins
  • Chef-lieu : Limoges

GÉOGRAPHIE

La Région occupe le nord-ouest du Massif central. Elle présente une grande homogénéité d'ensemble : plateaux étagés coupés de gorges, climat océanique dégradé, élevage de boucherie prédominant, paysage à bocage et bosquets, habitat rural semi-dispersé, stagnation démographique, désindustrialisation préoccupante.

Les plateaux se divisent en quatre niveaux : « Montagne » aux confins des trois départements (au-dessus de 750 m), hauts plateaux (surtout dans l'est et le sud-est, 500 à 750 m), plateaux moyens (Marche, ouest du bas Limousin corrézien, 350 à 500 m), bas plateaux du pourtour (200 à 350 m).

Ces plateaux bocagers, dont l'élevage bovin constitue la ressource essentielle, sont entaillés par de profondes vallées (Vienne, Creuse, Vézère, Corrèze), où se sont établies les villes (Limoges, Tulle, Uzerche, Guéret).

La géographie physique

Le relief

Après avoir connu une histoire précambrienne et paléozoïque tourmentée, ces plateaux furent à peu près continuellement des boucliers émergés, subissant des retouches d'érosion à la pénéplanation posthercynienne au gré des oscillations tectoniques modestes du socle. Même les mouvements cénozoïques y furent modérés, d'où l'absence de dénivellations brutales. Le sous-sol est formé des roches du socle variées (granite, granulite, gneiss, micaschistes). Traditionnellement, la Montagne limousine est considérée comme provenant de l'aplanissement posthercynien. Les plateaux entre 650 et 750 m représenteraient un cycle infracrétacé (Xaintrie, région d'Égletons, Meymac, Eymoutiers, Haute-Marche, avec leurs prolongements vers l'ouest comme la forêt des Cars, les monts de Blond, d'Ambazac, ou vers le nord comme le Maupuy et la montagne de Toulx-Sainte-Croix). Entre 350 et 500 m, les plateaux de Tulle et du Haut-Limousin et la plus grande partie de la Marche seraient justiciables d'une phase d'érosion éogène, et une dernière surface, d'élaboration miocène, entre 220 et 350 m, correspondrait à l'essentiel du Confolentais et de la Basse-Marche. D'autres reprises d'érosion auraient limité leurs effets au rajeunissement des vallées (gorges, ruptures de pentes comme les cascades de Gimel). Les failles joueraient un rôle important dans le relief (abrupt de Meymac, blocs basculés des monts d'Ambazac et du Maupuy, relèvement du Nontronnais par rapport au Confolentais, etc.), ainsi que l'érosion différentielle (rôle de la charpente granulitique de la montagne limousine, des hauteurs du nord de la Marche, éperons et cuvettes du sud du Haut-Limousin, explication des tracés étonnants de certains cours d'eau, comme le Taurion, par les différences de résistance des roches selon la composition chimique) ; des processus n'ont rien à voir avec les schémas classiques d'érosion : inselbergs et glacis tertiaires de la bordure nord, engorgements en nappes qui masquent la limite du socle et qui sont particulièrement épaisses sur le passage des anciens cours torrentiels, empêchant l'apparition de dépressions périphériques. Seul le bassin de Brive, allongé sur leur marge méridionale, se distingue par son déblaiement dans les terrains plus tendres situés en contrebas des plateaux calcaires du Périgord et du Quercy.

Le climat

Le climat est caractérisé par des précipitations assez abondantes (800 à 900 mm), avec une répartition saisonnière de type océanique méridional (A. [automne], P. [printemps], H. [hiver], E. [été]), non sans nuances (plus de 1 200 mm dans la montagne limousine, 750 à 800 mm en Marche, où l'indicatif saisonnier devient plus continental : E. A. H. P.). La température annuelle, supérieure à 11 °C (janvier, entre 3 et 4 °C ; juillet, 19 °C ; 70 à 80 jours de gelée) dans l'ouest, tombe à 8 °C sur la Montagne limousine, avec 110 jours de gelées, près d'un mois d'enneigement, et un ensoleillement modeste (près de 200 jours de pluie et 30 à 40 de brouillard). Donc se juxtaposent trois nuances climatiques : océanique doux (sud-ouest), océanique frais à froid (Montagne), océanique dégradé (Marche).

Les sols et la végétation

De telles conditions entraînent le lessivage des sols acides du socle et ont facilité l'ancienne extension de la lande, qui était la marque même du paysage limousin. C'est largement une image du passé, du fait des bonifications agricoles du xixe s. dans les régions basses et des reboisements des dernières décennies sur la Montagne et les hauts plateaux : douglas et épicéas, s'ajoutant aux taillis de feuillus des régions basses, ont élevé le taux de boisement de 11 à 30 p. 100, et jusqu'à plus de 35 p. 100 du sol dans certains cantons. Par ailleurs, le climat est évidemment favorable à la pousse de l'herbe, à condition que les sols soient amendés et engraissés.

Les hommes et les activités

L'ancienne économie était extensive (seigle, mouton ; précoce importance de l'élevage bovin), avec une population peu nombreuse (22 habitants par km2 au xviiie s.), malgré des densités plus fortes sur les plateaux moyens marchois, dans la vallée de la Vienne, dans le sud-ouest (porcs, châtaignes). Une forte émigration temporaire était très diversifiée vers le Centre-Ouest, le Sud-Ouest, Paris. Au xixe s., le blé s'étend et l'élevage bovin progresse. Le maximum de population est tardif (Corrèze 1891, Haute-Vienne 1906), sauf en Creuse (1851). Depuis, on observe une baisse très forte, ininterrompue en Creuse, à peine stabilisée (grâce à Brive-la-Gaillarde) en Corrèze, une reprise, modeste (malgré Limoges), en Haute-Vienne. Aujourd'hui, le nombre d'habitants du Limousin est à peine supérieur à ce qu'il était en 1801 (706 800 habitants) et nettement inférieur à ce qu'il était à son maximum, en 1891 (985 700 habitants) : le Limousin est (après la Corse) la moins peuplée des Régions françaises et la Région compte plus de décès que de naissances. La population reste en majorité rurale, mais celle des campagnes vieillit très vite et les villes principales doivent puiser une partie de leur accroissement hors de la Région, qui continue, par ailleurs, à fournir des émigrants (surtout vers la fonction publique) : la croissance de la population est due aux migrations, avec l'arrivée notable de ressortissants britanniques.

L'agriculture reste essentielle : le poids de l'agriculture dans l'emploi régional est deux fois plus élevé en Limousin que la moyenne nationale. Avec l'agrandissement des exploitations, elle évolue vers l'extensification : élevage bovin naisseur ou peu prolongé, agneau de boucherie (basse Marche, une partie des hauts plateaux). Il y a plus de cultures (surtout fourragères) au N. (sauf en basse Marche) et au centre-ouest, plus d'herbages au S.-E. et en basse Marche. Les céréales sont notables seulement sur la bordure nord. Les vergers de pommiers apparaissent en bordure de l'Aquitaine. Le bassin de Brive a une agriculture spéciale, plus intensive : cultures maraîchères, tabac, noyers, fruitiers. Quelques secteurs laitiers s'individualisent (autour de Limoges et d'Ussel, ce dernier lié à l'Auvergne).

La ressource de base industrielle est l'hydroélectricité (bassin de la Dordogne), de nombreux gisements divers (houille, kaolin, non-ferreux, uranium) étant abandonnés. Deux secteurs industriels anciens (tapisserie à Aubusson, porcelaine à Limoges) sont plus ou moins renouvelés. En dehors d'Ussel (travail du bois), l'industrialisation récente se concentre à Brive-la-Gaillarde et surtout à Limoges (matériel électrique), tandis que certains petits centres industriels stagnent (Tulle) ou s'effondrent (Bort-les-Orgues). Dans le tertiaire, les laboratoires de recherche de l'université de Limoges sont dynamiques dans les secteurs des céramiques, de l'optique et du traitement de surface. Le tourisme familial, diffus, est développé en Corrèze : il y a partout de vastes réserves de campagnes calmes qui pourraient être un atout.

Coupé de l'Auvergne par l'écran de la Montagne, tourné vers l'ouest, mais en marge des Charentes, le Limousin, avant tout, fournit en bétail la région parisienne. Le seul grand itinéraire est Paris-Toulouse ; les voies est-ouest sont d'importance secondaire.

HISTOIRE

Le pays des Lémovices tombe sous la domination romaine en 51 avant J.-C. Christianisé par saint Martial au iiie s., le Limousin devient une marche frontière à l'époque carolingienne, avant de se diviser en vicomtés. Apporté en dot à Louis VII, roi de France, par Aliénor d'Aquitaine, il passe dans la mouvance française, mais de manière éphémère. Avec le mariage d'Aliénor et d'Henri II Plantagenêt, la province, en effet, entre, pour trois siècles, dans le domaine anglo-angevin. Elle est alors fréquemment ravagée par les luttes entre la France et l'Angleterre. Abandonné en 1360 aux Anglais, le Limousin est lentement reconquis par Charles V (1370-1374). La Marche est reprise par François Ier en 1531 ; Henri IV accroît le domaine royal de la vicomté de Limoges (1607). Le Limousin, pays de généralité, bénéficie, sous les Bourbons, d'une politique royale centralisatrice et constructive. Sous l'action de remarquables intendants, de Turgot (1767-1774) notamment, de nouvelles industries – faïence, porcelaine, etc. – viennent s'ajouter aux anciennes, notamment aux émaux et à la tapisserie (Aubusson). En 1790, le Limousin est divisé en trois départements : Creuse, Haute-Vienne et Corrèze.