Avec l'aide des organisations internationales, dont la FAO, et celle de petits pays comme la Suisse, les Pays-Bas, et surtout la Suède, le gouvernement capverdien, qui pratique une sévère politique d'austérité et s'efforce de limiter au maximum l'endettement extérieur, tente en vain d'élever le niveau de vie national. Le revenu annuel par tête, estimé par des statistiques internationales erronées à 360 dollars, n'était, affirment les autorités capverdiennes, que de 120 dollars ; il a récemment diminué, pour se stabiliser à 100 dollars. Même pour une population habituée aux épreuves, cette situation est très durement ressentie. En calculant au plus juste les besoins alimentaires sur la base de 400 g de maïs et de 50 g de haricots par jour, les besoins, en 1977, sont de 51 000 t de maïs et de 6 300 t de haricots. Or, selon les estimations les plus sérieuses, les récoltes cumulées des deux produits ne devraient pas dépasser 3 000 ou 4 000 t...

La détérioration des conditions de vie n'est pas compensée par le développement de l'émigration à destination des zones traditionnelles, car l'accès des étrangers au Sénégal et au Portugal se heurte à de sérieuses limitations. Seuls les États-Unis, où vivent, semble-t-il, 400 000 Capverdiens, restent relativement ouverts. En France même, les Capverdiens ont tendance à constituer un sous-prolétariat, qui sert parfois de main-d'œuvre subalterne aux travailleurs immigrés portugais...

En dépit de son potentiel économique très limité, l'archipel, dont les hommes constituent la principale richesse n'est pas entièrement dépourvu de possibilités de développement. Celles-ci existent dans le domaine des services (télécommunications), du tourisme (en dépit de la concurrence canarienne), de l'énergie dite écologique (éolienne, solaire, des volcans ou houille rouge), de la pêche, voire de l'industrie (chimie du sel).

Comores

Moroni. 310 000. 144. 2,4 %.
Économie. PIB (70) : 103. Énerg. (*74) : 47.
Information. (73) : *35 000. (73) : *3 800. (73) : 800 fauteuils ; fréquentation : 0,07 M. (74) : 2 000.
Santé. (73) : 21.
Éducation. (73). Prim. : 23 194. Sec. et techn. : 3 197.
Institutions. État indépendant le 31 décembre 1975. L'ancien territoire français proclame (6 juillet 1975), unilatéralement, son indépendance après le référendum du 22 décembre 1974. L'île de Mayotte décide par référendum, le 8 février 1976, son maintien dans la République française. La constitution du nouvel État est en préparation. Chef de l'État : Ali Soilih, élu le 2 janvier 1975. Premier ministre : Abdallah Mohammed.

Épreuves

L'archipel, dont les dirigeants n'abandonnent à aucun moment leurs revendications sur Mayotte, exigeant le retour de « l'île sœur » à « la mère patrie », traverse une longue série d'épreuves : rapatriement massif de ressortissants comoriens, après les tueries dont certains d'entre eux ont été victimes en décembre à Madagascar ; conspirations ourdies contre le régime d'Ali Soilih à partir de l'étranger ; éruption volcanique près de Moroni, qui nécessite, en avril, l'évacuation de 10 000 personnes.

La volonté de Paris de doter Mayotte d'un statut lui permettant de demeurer au sein de la République française exaspère les dirigeants comoriens et leurs amis. « La France est l'ennemi numéro un du peuple comorien » répète à l'envi Ali Soilih, soutenu par la quasi-totalité des pays membres de l'OUA. La réunion à Port-Louis, en juillet 1976, des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation panafricaine, celles, à Colombo en août, des ministres des Affaires étrangères des pays non alignés, à New York en septembre, de l'Assemblée générale de l'ONU, à Tripoli en mai 1977, des ministres des Affaires étrangères des pays islamiques constituent autant d'occasions qui aboutissent à de nouvelles condamnations publiques de l'attitude adoptée par Paris à l'égard du problème mahorais.

Pourtant, en novembre 1976, Ali Soilih a proposé au gouvernement français de normaliser les rapports franco-comoriens, et, en mars 1977, quelques jours après que Younoussa Bamana a été élu député de Mayotte (100 % des suffrages exprimés), l'affaire comorienne est évoquée à la quatrième conférence franco-africaine de Dakar.

Complots

Après qu'au début d'octobre 1976 le ministre comorien s'est contenté de dénoncer « un complot économique visant à asphyxier l'État comorien », accusations à la suite desquelles plusieurs représentants de sociétés pétrolières sont arrêtés, Moroni fait, à trois reprises, état de conspirations : en octobre même, en mars et en juin. Dans l'affaire d'octobre, l'ancien président Ahmed Abdallah, en exil volontaire à Paris, directement mis en cause, rejette catégoriquement les accusations dont il fait l'objet.