
Chef de l'État : Luiz Inácio Lula da Silva
Chef du gouvernement : Luiz Inácio Lula da Silva
Nature de l'État : république à régime présidentiel
Constitution :
Adoption : 5 octobre 1988
Révisions : mai 1994, juin 1997
Institutions au niveau fédéral
Exécutif
Chef de l'État et du gouvernement : président de la République
Législatif
Le Congrès national se compose de la Chambre des députés et du Sénat fédéral.
Le Brésil est le plus vaste État d'Amérique du Sud. C'est un pays d'altitude moyenne : 40 % de la superficie sont au-dessous de 200 m. Le paysage topographique est souvent plat et monotone ; les formes tabulaires dominent. La majeure partie du Brésil est constituée par le socle précambrien, inégalement recouvert par les roches sédimentaires. Le socle, relevé à l'est, s'abaisse doucement vers l'ouest. Un rajeunissement récent a parfois amené la réapparition des anciens plis et la formation d'un relief de type appalachien. Sur les plateaux de la couverture (chapadas), on observe la formation d'une croûte latéritique, la canga. On peut distinguer cinq grandes régions morphologiques : l'Amazonie, le Nord-Est, le Sud-Est, le Brésil méridional, le Brésil central et occidental.
L'Amazonie correspond à une gouttière du socle. Elle est limitée, au nord, par des plateaux gréseux qui reposent sur le soubassement cristallin et qui constituent les massifs guyanais. Le fond de la gouttière est rempli par des sédiments dans le vaste entonnoir qui s'ouvre en amont de Manaus.
Dans le Nord-Est ou Nordeste, la couverture sédimentaire forme des plateaux limités par des reliefs de côte : chapadas du Maranhão, du Piauí, du Ceará, avec la serra d'Ibiapaba et la butte d'Araripe. L'altitude est inférieure à 1 000 m. Quelques grands fleuves ont dégagé de larges vallées, qui aboutissent à une côte de submersion. À l'est, les sédiments disparaissent et le socle soulevé forme de petits reliefs appalachiens percés de cluses. Le littoral comporte de grandes plages, bordées de dunes au Ceará et de lagunes dans l'Alagoas. En arrière des côtes se dressent de bas plateaux tertiaires, les tabuleiros, qui atteignent localement le rivage en y formant des falaises (cap São Roque, cap Branco).
Le Sud-Est ou Sudeste constitue une région de hautes terres. Le relèvement du socle y a été plus marqué, et les reliefs cristallins tombent directement sur l'Atlantique. Entre le rio São Francisco et le littoral s'allongent des plateaux surmontés de crêtes de quartzites, qui donnent au paysage une allure montagneuse : chapada Diamantina (1 850 m) et serra do Espinhaço (entre 1 800 et 1 000 m). De ces chaînes descendent des fleuves qui, parvenus sur la côte, y serpentent derrière d'anciens cordons littoraux consolidés (les restingas), avant de déboucher dans l'océan Atlantique par des estuaires.
Vers 20 ° de latitude, le relief et la côte prennent une orientation S.-O./N.-E., l'altitude s'élève et les fractures du socle gagnent en ampleur. Le rivage, avec les baies de Guanabara, Angra dos Reis, Santos, Paranaguá, est dominé par l'abrupt de la serra do Mar, bloc basculé dissymétrique. Les reliefs côtiers sont formés, dans le Paraná, par la serra de Graciosa, qui se fragmente en s'abaissant dans l'État de Santa Catarina. En arrière, s'allonge la vallée du Paraíba do Sul, qui est dominée, au nord-ouest, par l'abrupt de la serra da Mantiqueira. À l'exception des fleuves Paraíba, Ribeia et Itajaí, le drainage des hautes terres, dirigé vers l'ouest, est le fait du rio Grande (dont la confluence avec le rio Paranaíba donne naissance au Paraná) et des rios Tietê, Paranapanema, Ivaí, Chapecó et Iguaçu.
Dans le Brésil méridional, le socle occupe peu d'espace. Les terrains de la couverture dessinent de grandes côtes sinueuses, précédées de buttes témoins, percées largement par les fleuves nés sur le revers de la serra do Mar.
Le Brésil central et occidental est caractérisé par l'extension des chapadas (Goiás et Mato Grosso). Le Paraná coule du nord au sud dans un synclinal, limité à l'ouest par les plateaux de São Paulo, à l'est par ceux du Mato Grosso méridional, qui se terminent par les serras de Maracaju, de Bodoquena, au-dessus de la plaine alluviale du Paraguay. On appelle cette dépression le « Pantanal » (marécage), à cause de sa pente insignifiante. Le socle forme des reliefs appalachiens dans la serra dos Pireneus et la chapada dos Veadeiros, ainsi que dans la boutonnière d'Urucum en plein Pantanal.
La température moyenne annuelle dépasse 22 °C, sauf au sud et dans les secteurs élevés du Brésil atlantique (18 °C). De l'Amazonie au tropique, les écarts thermiques s'accentuent entre une saison très chaude et une saison plus fraîche. Il neige parfois à Curitiba, et les gelées ne sont pas inconnues dans les vallées à brouillards matinaux de São Paulo. Les pluies sont supérieures à 2 000 mm par an dans l'Amazonie et sur le littoral, où le relief accentue les précipitations (4 524 mm dans la serra do Mar). Dans l'ensemble, la saison des pluies est en été, d'octobre à mars, la saison sèche en hiver, de mars à septembre. Sur le littoral, entre Salvador et le cap São Roque, les pluies tombent de mars à septembre, saison la plus fraîche. En Amazonie, la durée de la période sèche se réduit, mais elle existe encore, sauf dans l'État d'Acre, où les pluies sont constantes. Dans l'intérieur des États du Nordeste et dans la vallée moyenne et inférieure du São Francisco règne un climat semi-aride (moins de 800 mm de pluies et parfois moins de 500 mm), avec parfois plusieurs années de sécheresse consécutives. Dans le Brésil du Sud, l'hiver devient la saison humide, et le climat est de type subtropical.
La forêt à feuilles permanentes, la mata, couvre pratiquement toute l'Amazonie, la serra do Mar, l'abrupt de la Mantiqueira, les plateaux occidentaux du São Paulo et la majeure partie de ceux des États méridionaux ; on la retrouve sur les points les plus élevés et les plus arrosés du Nordeste. Sa puissance et sa densité s'atténuent au-delà du tropique, où apparaissent des bois d'araucarias et d'arbres à maté.
Les savanes constituent la seconde formation végétale importante du Brésil : les campos, rares en Amazonie, sont dominants au Mato Grosso et dans le Goiás ; les prairies des pays du Sud (Campos Gerais, campos de Guarapuava, de Vacaria) annoncent la pampa, visible sur les collines du Rio Grande do Sul. Sur les sols les plus médiocres du Brésil central, la savane supporte des arbres rabougris, épineux, donnant parfois une formation appelée campo cerrado, ou « savane fermée ».
La zone semi-aride a une végétation xérophile, la caatinga, composée de petits arbres aux feuilles grisâtres, de cactées et de broméliacées. Au Piauí et au Maranhão, on observe un peuplement de palmiers.
Les embouchures des fleuves et les fonds des baies sont bordés de palétuviers (mangrove). Mais l'homme a largement modifié la végétation, détruisant la forêt, brûlant les savanes.
Il a ainsi frayé la voie à l'érosion et au phénomène de la latéritisation.
La population brésilienne se situe au 5e rang mondial. Aujourd'hui fortement métissée, elle est constituée d'apports différents : aux Indiens autochtones, en partie décimés lors de la conquête du territoire, sont venus s'ajouter les colons portugais à partir du XVIe s., puis les esclaves noirs africains. La fin de l'esclavage, en 1888, entraîna l'arrivée sur le sol brésilien de nombreux immigrants européens. Mais cette vague migratoire, soutenue par les autorités brésiliennes, ne tenait pas seulement à la nécessité de remplacer l'ancienne main-d'œuvre esclave par des colons blancs dans les plantations de café, mais aussi aux idées, répandues à l'époque, selon lesquelles le développement du pays dépendait de l'européanisation de la population. De 1890 à 1929, le Brésil accueillit 3,5 millions d'immigrants, originaires pour les trois quarts d'Europe du Sud (Italiens, Portugais, Espagnols). L'immigration européenne, renforcée par des apports syriens et libanais, puis japonais, s'est concentrée surtout dans le sud et le sud-est du pays. C'est sur cette partie du territoire que vivent actuellement plus de la moitié des Brésiliens.
La densité moyenne (22 hab./km2) ne rend pas compte, en effet, des déséquilibres spatiaux qui opposent les régions de la façade atlantique, fortement peuplées, de l'intérieur, relativement vide. Ainsi le Sudeste et le Sud regroupent respectivement 43 % et 15 % de la population sur seulement 18 % du territoire. Le Nordeste, sur la même superficie, en concentre 28 %. Le reste de la population réside dans les immenses étendues, faiblement peuplées, du Nord (7 %) et du Centre-Ouest (7 %).
Le taux d'accroissement naturel a fortement baissé. Ce ralentissement s'explique par la réduction du taux de natalité et de l'indice de fécondité. La population est encore jeune, mais, depuis les années 1990, une tendance au vieillissement s'est amorcée.
La société brésilienne demeure l'une des plus inégalitaires au monde, et la ségrégation raciale, si elle n'est pas officielle, n'en constitue pas moins une réalité. La population vit de plus en plus dans les villes, conséquence à la fois de l'exode rural et d'un taux de croissance plus élevé dans les villes que dans les campagnes. Outre les deux grandes mégapoles de São Paulo (4e rang mondial) et de Rio de Janeiro (19e rang mondial), le Brésil compte plus d'une dizaine de villes millionnaires parmi lesquelles Belo Horizonte ; Salvador, Fortaleza et Recife sur le littoral du Nordeste, Porto Alegre et Curitiba dans le Sud. La croissance des grandes villes est plus rapide que celle des emplois, et les bidonvilles (favelas) se sont multipliés à leurs périphéries.
Les migrations internes vers la région Sud-Est, qui ont joué un rôle non négligeable lors de l'industrialisation des années 1950, tendent à diminuer au profit des nouvelles frontières agricoles du centre et du nord du pays.
L'économie brésilienne est en pleine mutation. Le contrôle de l'inflation s'est accompagné d'une redéfinition du rôle de l'État qui, après une longue tradition dirigiste, n'intervient plus que dans la gestion des facteurs macro-économiques. Cette évolution, marquée à partir de 1995 par l'abolition des grands monopoles d'État (pétrole, gaz, télécommunications) et par de multiples privatisations, rompt avec la politique de ces dernières décennies, qui avait permis le décollage économique du pays entre 1960 et 1980.
Grande puissance agricole et industrielle, le Brésil demeure le « pays des paradoxes ». Si la maîtrise de l'hyperinflation, qui a longtemps rongé le pays, a entraîné une augmentation du pouvoir d'achat des couches sociales les plus défavorisées, le pays reste confronté à de graves problèmes tels qu'une croissance modeste, un chômage élevé, de profondes inégalités sociales, de fortes disparités régionales ou encore le risque d'effondrement de certains secteurs industriels. Pourtant, le Brésil constitue à la fois la plus grande puissance et le plus important marché de l'Amérique latine, et son potentiel de développement reste considérable. Un changement politique important est intervenu en 2003 avec l'accession à la tête de l'État du président Luiz Inácio Lula da Silva, leader historique de la gauche brésilienne, qui tente de concilier une orientation sociale plus marquée et la conservation des engagements internationaux du Brésil. Les structures foncières (avec le maintien de grandes propriétés sous-exploitées et une masse de paysans sans terre), les inégalités régionales (contraste entre les régions « développées » du Sudeste autour de São Paulo et le Nordeste, souvent misérable) sont cause de tensions sociales. Des incertitudes demeurent, enfin, quant aux retombées positives des voies transamazoniennes.
Le secteur industriel brésilien est de loin le plus important d'Amérique latine. Il se concentre principalement dans l'État de São Paulo. Certaines industries lourdes ont été implantées dans d'autres États : ainsi, la pétrochimie dans le Bahia et le Rio Grande do Sul, l'exploitation minière dans le Pará ou encore la sidérurgie au Minas Gerais. L'ouverture économique, consécutive à la libéralisation des échanges, a un double impact sur l'industrie brésilienne. La baisse exceptionnelle du coût des importations, associée à l'augmentation du pouvoir d'achat et au retour des crédits internationaux, favorise, depuis quelques années, l'essor des industries de biens de consommation durables (automobile, électronique, électroménager…). Toutefois, elle expose les industries traditionnelles, longtemps protégées par les gouvernements successifs, à la concurrence internationale, asiatique notamment. Les industries de biens de consommation non durables (textile, confection, chaussures…) semblent ainsi s'enliser dans la récession.
La production de biens intermédiaires (sidérurgie, pétrochimie…) constitue toujours le secteur industriel le plus important. Le Brésil dispose, en effet, d'importantes ressources minérales. Outre le minerai de fer (environ un tiers des réserves mondiales), il possède le plus grand gisement de bauxite d'Amérique latine, d'origine surtout amazonienne (Carajás, Trombetas). Il extrait principalement du fer (1er rang mondial), du Minas Gerais, mais aussi, de plus en plus, de la région amazonienne de la serra dos Carajás, de l'étain (5e rang mondial), du manganèse (3e rang), de la bauxite (2e rang) et de l'or (13e rang). Le Brésil est aussi le sixième producteur mondial d'aluminium et le dixième producteur mondial d'acier. La sidérurgie brésilienne, très compétitive au niveau international, est bien répartie géographiquement selon les gisements miniers et les besoins du marché intérieur. Disposant d'importantes réserves et d'une technologie très moderne, elle fournit 3,5 % de la production mondiale.
L'industrialisation du Brésil s'est accompagnée d'un déclin de l'agriculture. La baisse des coûts d'équipement consécutive à la libéralisation de l'économie a favorisé l'essor de la mécanisation et une utilisation accrue des engrais chimiques et des semences sélectionnées. Ce secteur bénéficie, par ailleurs, d'une forte expansion des industries agroalimentaires, liée au développement du marché interne et du marché mondial.
Le Brésil est une grande puissance agricole, grâce à l'importance de l'agriculture d'exportation. Le café demeure la principale production commerciale (près du quart de la production mondiale). Il occupe le second rang en valeur des exportations, mais ne consiste plus exclusivement en arabica, depuis que les États amazoniens cultivent une nouvelle variété hybride de la rubiacée, dite « arabusta ». Les planteurs de cacao ont cherché à s'adapter aux données de la filière internationale en s'équipant d'usines de traitement et de coopératives. La plantation de canne à sucre a connu un regain d'intérêt depuis que le plan Proálcool a largement financé cette culture et les distilleries d'éthanol – un alcool substitué à l'essence comme carburant dont le Brésil est le deuxième producteur mondial. Le soja est développé le premier pour le marché mondial. Le maïs, le coton, le manioc, le riz (premier producteur non asiatique), et les agrumes sont d'autres cultures notables.
Toutefois, l'essentiel de la surface agricole utilisée au Brésil est encore très largement consacré au bétail : 1,8 million de km2 lui sont réservés, de manière assez extensive, soit plus de trois fois la surface vouée aux cultures. Des progrès décisifs ont été réalisés depuis l'adoption de fourrages et de prairies artificielles, qui permettent le développement de l'élevage bovin sur les terres peu fertiles de l'Amazonie. Le Brésil possède le deuxième cheptel bovin du monde et le troisième cheptel porcin. La balance agricole est fortement excédentaire, le Brésil étant l'un des principaux pays exportateurs de denrées alimentaires (tourteaux et huile de soja, viande bovine, volailles [premier exportateur mondial], café, jus d'orange, sucre). Le Brésil manque cependant de blé, dont il est le premier importateur mondial.
Les services connaissent, depuis quelques années, une rapide expansion dans le cadre de la nouvelle économie libérale, du fait de la pénétration, par de grandes chaînes internationales, des secteurs de l'hôtellerie, de la restauration rapide, de la grande distribution ou des parcs de loisirs. La croissance du secteur tertiaire compense en partie les pertes d'emplois dans l'industrie. De nombreux services publics ont été privatisés, notamment le secteur des transports et des télécommunications, que le manque chronique d'investissements, surtout en matière d'infrastructures, avait contraints à des coûts élevés et à un état de détérioration avancé.
Le système bancaire a traversé, dernièrement, une période de crise, et de nombreuses banques, qui tiraient l'essentiel de leur profit de l'économie inflationniste, ont connu une situation de banqueroute : plusieurs d'entre elles, dont les deux plus importantes du pays, la banque de l'État de São Paulo (Banespa) et celle de l'État de Rio de Janeiro (Banerje), ont dû être placées sous la tutelle de la Banque centrale.
Le poids du secteur touristique dans l'économie reste mineur, en dépit des nombreux atouts du pays (le nombre de visiteurs atteignait 4,7 millions en 2004).
Pays longtemps endetté, le Brésil est devenu excédentaire en 2008. Ses exportations ont triplé en valeur depuis l'arrivée au pouvoir du président Lula, en 2003, notamment grâce à la forte demande en soja, en viande bœuf et en minerai de fer. Le Brésil est également compétitif pour de nombreux autres produits, tels que la cellulose, le jus d'orange ou les produits métallurgiques. L'Union européenne est le principal partenaire économique du Brésil ; elle participe pour environ un quart des exportations et des importations brésiliennes. Les États-Unis occupent la deuxième place, suivis de l'Argentine avec laquelle les échanges s'intensifient dans le cadre du marché commun du Sud (le Mercosur).
Le Nordeste, qui couvre plus de 1,5 million de km2 (18 % du territoire national), fut jadis la première région économique du Brésil. Cet ancien centre de l'économie coloniale, considéré comme la « région à problèmes » du Brésil, ne s'est jamais remis du déclin de la production sucrière. C'est un espace où perdurent la grande propriété foncière et les plus fortes inégalités sociales. Vers l'intérieur des terres, le Sertão subit les effets pervers des sécheresses périodiques. Le Nordeste fut, dans les années 1960, le premier à bénéficier d'une politique volontariste de l'État, à travers la création d'une agence de développement régional, la SUDENE (Surintendance pour le développement du Nordeste). Mais le changement politique intervenu au Brésil peu de temps après a infléchi l'action des pouvoirs publics dans la région ; l'arrivée au pouvoir des militaires en 1964 a empêché la mise en place d'une véritable réforme agraire. Les avantages fiscaux destinés à l'industrialisation ont toutefois été maintenus et ont favorisé l'apparition d'enclaves industrielles, notamment dans les États de Bahia et de Pernambouc, qui dépendent, structurellement, des industries du Sudeste. Sur le plan agricole, la politique d'extension de la production de canne à sucre, prônée par le régime autoritaire en vue de la fabrication de l'alcool-carburant, a renforcé la concentration foncière. D'autres cultures (raisin, melon, tomate) ont progressé dans les périmètres irrigués développés à l'intérieur des terres. Si le visage de la région a changé, les tensions sociales subsistent, voire s'aggravent. L'ancien centre économique s'est modernisé, sans pour autant connaître un réel développement.
Les États du Sudeste (São Paulo, Rio de Janeiro et le sud du Minas Gerais) constituent aujourd'hui le nouveau centre économique du pays. Ils fournissent environ 60 % du produit intérieur brut et concentrent plus de la moitié des établissements industriels ainsi que les deux tiers des emplois. Le décollage économique de cette région est lié à l'essor, à la fin du XIXe s., de la culture du café dans l'État de São Paulo, où vont se trouver réunies, après la crise de 1929, les conditions nécessaires à un démarrage industriel (accumulation de capital, réservoir de main-d'œuvre, marché interne embryonnaire). L'État de São Paulo (35,6 % du produit intérieur brut), première région industrielle et tertiaire, demeure encore le cœur agricole du pays. L'agriculture, moderne et active, y est organisée en grandes coopératives régionales. Toutefois, le Sudeste brésilien est hétérogène. Autour de ce centre économique se trouvent des espaces moins développés : l'État d'Espírito Santo, le nord de l'État de Rio de Janeiro et l'est du Minas Gerais. Éloignées des foyers dynamiques et dépourvues de ressources exploitables, ces régions sont restées en marge du décollage économique.
Deuxième région économique du pays, le Sud est peuplé essentiellement de descendants d'immigrants européens (Allemands, Italiens, Polonais). Jouissant d'un climat subtropical, il apparaît comme « le Brésil le moins brésilien ». À la différence d'autres régions, il est resté à l'écart des différents cycles économiques fondés sur les grandes plantations et une main-d'œuvre servile. Les grandes étendues de savanes permettent un élevage extensif et une agriculture diversifiée (céréales, vignobles, soja…). Son important secteur industriel, son niveau de vie élevé, son agriculture mécanisée et organisée en complexes agro-industriels le rattachent aujourd'hui nettement au Sudeste. Son dynamisme économique se répercute aussi dans la conquête de l'Amazonie et de l'Ouest, où s'installent nombre de pionniers originaires du Sud.
Malgré la construction de Brasília, décidée dans le cadre d'une « marche vers l'Ouest » durant les années 1950, la région du Centre-Ouest reste mal consolidée et sous le contrôle direct du Sudeste, dans la mesure où les deux grandes mégapoles, Rio de Janeiro et São Paulo, partagent avec Brasília le pouvoir commercial, financier, politique et administratif. Ainsi, plus que la capitale elle-même, c'est le réseau routier reliant Brasília aux grandes villes du Sudeste et à l'Amazonie qui, indirectement, a favorisé le désenclavement et l'unification du pays.
L'Amazonie est, pour sa part, partiellement conquise. La première vague d'occupation date du début du XXe s. C'est à ce moment que se développe l'exploitation du caoutchouc le long du réseau hydrographique, unique moyen d'accès et principal axe de peuplement. Il faudra néanmoins attendre l'arrivée du régime militaire pour que s'affirme la volonté d'intégration de l'Amazonie au pays. En 1970, le gouvernement lance le P.I.N. (Plan d'intégration nationale) dont le fleuron est la construction de la route transamazonienne. Un programme de colonisation publique, géré par l'I.N.C.R.A. (Institut national de colonisation et de réforme agraire), supervise ce projet. Des lots d'environ 100 ha sont distribués aux paysans sans terres, la plupart originaires du Nordeste. Pourtant, faute d'une infrastructure assurant la commercialisation des récoltes, la colonisation publique tourne à l'échec. Quant à la colonisation privée, davantage encadrée et bénéficiant d'incitations fiscales, elle connaît un sort différent. De grands domaines d'élevage extensif se développent dans le sud de la région amazonienne, hors de la forêt dense. La découverte d'immenses gisements de fer, de manganèse, de nickel et d'or entraîne un troisième front pionnier dans la partie orientale. Lancé en 1980 sous l'autorité du gouvernement fédéral, le Projet Grand Carajas regroupe des firmes nationales et internationales d'exploitation industrielle des minerais. Enfin, à l'ouest s'étend une troisième Amazonie, celle des grands espaces vides. L'intégration de l'Amazonie a cependant un coût, écologique d'abord (déforestation, destruction d'espèces animales et végétales…) mais surtout humain. Outre la grave question indienne, l'iniquité du système social qui s'y met en place est plus pesante encore : la grande propriété y prédomine, les travailleurs agricoles subissent des conditions proches de l'esclavage et les ressources minières sont accaparées par les grandes sociétés.
La découverte du Brésil est attribuée traditionnellement au Portugais Pedro Álvares Cabral : chargé de gagner l'Inde après le voyage de Vasco de Gama, il part en 1500 à la tête d'une flotte de treize navires. Le 22 avril, une terre appartenant au Nouveau Monde est en vue. Le 3 mai, jour de l'Invention de la Croix, l'érection d'un « padrão » de pierre aux armes du Portugal marque la prise de possession, par les représentants du roi du Portugal, de la région de Porto Seguro, par 13 ° de latitude sud : la « Terre de la Vraie Croix » sera le premier nom du Brésil. Lors des négociations du traité de Tordesillas (1494), le Portugal insiste pour que la ligne séparant ses possessions de celles de l'Espagne soit reportée de 270 lieues vers l'ouest. Il faudra attendre 1522 pour que le Brésil soit, à la conférence de Badajoz, reconnu comme une mouvance du Portugal.
Jusqu'au début du XVIIe s., la colonisation ne dépasse pas les plaines côtières, chacune formant un foyer isolé de colonisation, fondé par des explorateurs différents : João Ramalho dans la région de l'actuel São Paulo (1509), Aleixo Garcia, plus au sud (actuelle Santa Catarina) en 1526, etc. Cette dispersion est d'ailleurs favorisée par l'impossibilité pour les Indiens (les Tupis-Guaranis) d'opposer une résistance efficace aux Portugais. Pourtant, à la fin du XVIe s., on compte à peine une dizaine d'établissements habités de façon permanente, dont les plus importants sont ceux du Nord-Est (Nordeste) autour de Bahia (Salvador) et de Pernambouc (Recife), où la culture de la canne à sucre a débuté dès 1532, à la suite de l'arrivée des colons sous la direction de Martim Afonso de Sousa. L'importation d'une main-d'œuvre d'esclaves noirs africains et un climat tropical favorable à cette culture spéculative feront de cette région le foyer de peuplement le plus important du Brésil jusqu'à la fin du XIXe s., alors que plus au sud les centres portugais ne sont que de simples escales fortifiées, sans cesse menacées par les tribus indiennes.
L'intérêt porté par le roi du Portugal aux Indes orientales lui fait négliger jusqu'au milieu du XVIe s. sa possession brésilienne, confiée à de grands seigneurs, les capitaines-donataires ; ces derniers administrent avec des pouvoirs militaires et judiciaires douze capitaineries ayant de 180 à 600 km de façade maritime ; ce sont eux qui distribuent aux colons des terres en échange de leur aide militaire et du paiement de certains impôts. Le roi conserve un certain nombre de monopoles commerciaux. C'est à partir de ces concessions que se constituent de très vastes domaines sucriers, dont le centre est la casa grande, où réside le possesseur du domaine, maître du moulin à sucre, et autour de laquelle se groupent les cabanes des Noirs formant la senzala.
Comprenant enfin la valeur du Brésil, le roi Jean III, sans porter atteinte à la structure économique et sociale du pays, coiffe les donataires par un « gouvernement général du Brésil », qui maintient solidement la cohésion des groupes de colons éparpillés le long des côtes (1548). Dirigé par un gouverneur, ou capitaine général, résidant à Bahia (plus tard à Rio de Janeiro), le gouvernement est divisé en treize capitaineries, administrées par des ouvidores, qui supplanteront au XVIIe s. les capitaines, trop indépendants.
Le premier gouverneur, Tomé de Sousa (1549-1553), fait construire de nouvelles villes et confie aux jésuites des missions la protection des Indiens et l'éducation. Cette politique de centralisation permet de repousser les tentatives d'installation étrangère des Français de Villegaignon, dans la baie de Guanabara (1555-1560), et de La Ravardière, à São Luís do Maranhão (1594-1615). Pour prévenir de nouvelles tentatives, les Brésiliens construisent des forteresses côtières : Rio de Janeiro (1565), Fortaleza (1609). Les Néerlandais s'emparent pourtant de Bahia (1624) et de Pernambouc (1630), où ils fondent un établissement dont Jean Maurice de Nassau-Siegen est nommé gouverneur (1636-1644), et dont ils ne sont chassés que par une révolte des colons portugais (1654). Lors de l'union temporaire du Portugal et de l'Espagne (1580-1640), a été créé, sur le modèle du Conseil des Indes de Castille, un Conselho de Índia (1604), organisme métropolitain chargé de contrôler depuis Lisbonne l'administration et la vie économique du Brésil.
Sans doute, dès 1554, les jésuites, en fondant São Paulo, avaient-ils entamé la conquête de l'intérieur du pays afin d'évangéliser les indigènes. En fait, cette occupation des plateaux est au début l'œuvre d'aventuriers, les bandeirantes. Chasseurs d'esclaves au XVIIe s., ils pénètrent loin vers l'ouest, dans le sertão, en remontant les voies d'eau, et s'attaquent aux missions jésuites pour réduire les Indiens en esclavage. Ils se font chercheurs d'or et de pierres précieuses au XVIIIe s., après la découverte de l'or dans le Minas Gerais, à Ouro Preto (1694), dans le Mato Grosso (1718), dans le Goiás (1725). Le Brésil est alors le premier producteur d'or du monde : des villes surgissent près des mines (Diamantina [1728], Sabará) ; de grandes exploitations agricoles, les fazendas, consacrées aux cultures vivrières se constituent à proximité de ces agglomérations ; des pistes muletières sont tracées de loin en loin ; des gîtes d'étapes fixent la population. Mais la mise en valeur des plateaux miniers n'est rendue possible que par un appel toujours renouvelé à la population du São Paulo et du Nordeste, avec pour conséquences leur dépeuplement et l'abandon des plantations de canne à sucre, sans pour autant créer des ressources durables ; en effet, la négligence des mineurs, l'extraction forcée, le contrôle très étroit imposé aux exploitants par l'administration royale entraînent l'épuisement et l'abandon des gisements dès le deuxième tiers du XVIIIe s. La région de Rio de Janeiro bénéficie de cette exploitation, car, du fait de sa position géographique, elle est le débouché le plus direct des pays miniers : elle supplante comme capitale la ville de Bahia en 1763. Au cycle du sucre (XVIe-XVIIe siècles) et au cycle de l'or et des pierres précieuses (XVIIIe s.) succède celui de l'élevage. Sans doute la densité du peuplement, liée aux activités pastorales, reste faible, mais elle est homogène et assure, à partir du Nordeste dès le XVIIe s., et à partir du Sud à la fin du XVIIIe s. (appel aux colons des Açores), une occupation continue et régulière des territoires brésiliens englobant les pays miniers, les dépassant même ; la liaison entre les vastes estancias d'élevage et les centres de consommation est réalisée par les boiadas, chemins ouverts par les troupeaux de bovins dont les maîtres (les vaqueiros), avides de liberté et d'espace, se maintiennent le plus possible à l'écart des régions soumises aux autorités officielles, et édifient cette curieuse civilisation du cuir, fondée sur le commerce de la viande sur pied et des peaux, remplacé dès la fin du XVIIIe s. par celui de la viande sèche.
Quant à la plaine amazonienne, si elle reste en dehors de l'espace économique brésilien, elle est en fait intégrée à la colonie portugaise, grâce, surtout, aux efforts évangélisateurs des jésuites, qui se heurtent aux colons à propos de la suppression de l'esclavage des Indiens, et grâce à l'intervention du gouvernement de Lisbonne, qui fait construire en 1669 un fort (à l'emplacement de l'actuelle Manaus), au confluent du rio Negro et de l'Amazone, point de convergence des tentatives de pénétration néerlandaises (à partir de l'Orénoque), espagnoles (depuis le Pérou), françaises (en remontant le cours du fleuve).
L'achèvement de l'occupation et de la mise en valeur des territoires brésiliens donne lieu à des incidents diplomatiques. Tout d'abord, la signature par le Portugal, en 1703, du traité de Methuen, accordant à l'Angleterre le monopole du commerce avec le Brésil, entraîne, lors de la guerre de la Succession d'Espagne, deux interventions françaises ; si la première échoue devant Rio (1710), la seconde permet à Duguay-Trouin de s'emparer de la ville et de lui imposer une énorme rançon (1711). D'autre part, la conquête des territoires périphériques provoque des conflits avec les Espagnols, qui prétendent, en vertu du traité de Tordesillas, contrôler tous les centres situés à l'ouest d'une ligne allant de l'embouchure de l'Amazone à São Paulo. Le problème des frontières sera particulièrement difficile à résoudre aux confins méridionaux du Brésil, où la colonie du Saint-Sacrement, origine de l'Uruguay, fondée sur les bords de la Plata par les Portugais en 1680, était utilisée pour la contrebande dans l'Empire espagnol. Pomme de discorde entre les deux États ibériques, le traité de limites de 1750 l'attribue à l'Espagne et donne en échange aux Portugais le territoire des missions jésuites de l'Uruguay. Les jésuites, qui gardent le souvenir des bandeirantes, arment leurs Indiens, refusent le traité et obligent les Portugais à se retirer. Pombal interdira alors la Compagnie de Jésus au Portugal et au Brésil. Après plusieurs guerres entre le Portugal et l'Espagne, le traité de San Ildefonso (1777) rend l'Uruguay et les missions à l'Espagne, et le Brésil se voit confirmer la possession du Rio Grande et du Santa Catarina.
La prospérité du Brésil à cette époque est solidement établie ; le traité de Methuen, en le rendant solidaire de l'économie britannique, lui a permis de donner un nouvel essor aux cultures du riz, du tabac, des plantes tinctoriales, et surtout de la canne à sucre, qui pénètre alors dans les provinces de Rio et de São Paulo ; celle du coton est entreprise depuis le Maranhão jusqu'au Goiás ; celle du cacao, depuis le Pará, gagne la région de Bahia.
Sous Joseph Ier (1750-1777), Pombal entreprend au Brésil, comme au Portugal, une politique de rénovation, visant à la fois à réduire le rôle des grands propriétaires, à réprimer la corruption des fonctionnaires et à améliorer la production agricole et minière ; à cette fin, il organise l'immigration, les travaux publics, l'enseignement et, s'il abolit l'esclavage des Indiens (1775), il fait un appel accru à la main-d'œuvre servile originaire de l'Angola ; des compagnies à chartes sont constituées pour favoriser le commerce, dont le Portugal, en application du Pacte colonial, sera, avec l'Angleterre, le grand bénéficiaire, malgré l'échec partiel de cette dernière entreprise, les monopoles commerciaux n'ayant pu être appliqués qu'aux bois de teinture, au sel, aux pêcheries et aux boissons ; seules quelques difficultés naissent de l'expulsion des jésuites, auxquels les colons reprochent, surtout dans le Sud, l'appui offert aux Indiens (villages indigènes, etc.).
Malgré cette expansion économique, l'équilibre politique et social du Brésil colonial est menacé ; sans doute les Indiens, peu nombreux, refoulés dans la forêt amazonienne et dans les campos du Mato Grosso, sont-ils peu dangereux ; il en va différemment de la masse de la population, constituant une société très composite, où le brassage des races a abouti à la création d'un type d'hommes nouveau, le métis (mulâtre, caboclo, cafuzo) essentiellement paysan, parfois mineur, toujours misérable. Sa condition est d'autant plus lourde à supporter, dès le XVIIIe s., qu'il vit dans un monde où grands planteurs et commerçants habiles édifient rapidement des fortunes considérables ; les lourdes charges que fait peser sur lui l'administration et la crise minière qui sévit sur les plateaux du Minas Gerais, à la fin du XVIIIe s., aggravent son mécontentement ; un courant révolutionnaire se crée, parallèle à celui qui est alimenté chez les élites par la lecture des œuvres politiques et philosophiques françaises ; mais la révolution est évitée. Le mérite en revient moins aux autorités, pourtant énergiques dans la répression (exécution de Tiradentes en 1792), qu'à certains éléments créoles ou aux métis et mulâtres aisés, qui canalisent, dans le sens national, les énergies brésiliennes.
Ce nationalisme brésilien se cristallise lors du transfert à Rio de Janeiro de la famille royale et de la capitale portugaises, en 1808, à la suite de l'occupation de la métropole par Napoléon Ier. Rio devient une véritable capitale avec toutes les institutions administratives et culturelles lui permettant de remplir son rôle. Le régent, devenu en 1816 le roi Jean VI, abolit le régime du monopole et proclame la liberté industrielle. Mais le traité qu'il a signé avec l'Angleterre en 1810 fait du Brésil une colonie économique de l'Angleterre et empêche l'industrialisation. Quand il regagne l'Europe en 1821, rappelé par la révolution portugaise de 1820, il laisse à son fils cadet, dom Pedro, la régence du Brésil. Ayant fait l'apprentissage de la liberté de 1808 à 1821, cet État refuse de redevenir une simple colonie portugaise, et dom Pedro accepte de devenir le défenseur perpétuel du Brésil, dont l'indépendance est bientôt proclamée (cri d'Ipiranga, 7 septembre 1822). Dom Pedro en devient l'empereur le 12 octobre, sous le nom de Pierre Ier.
Les troupes portugaises quittent le pays dès 1823, sous la pression de l'escadre britannique de l'amiral Cochrane ; la Constitution, qui accorde au souverain un pouvoir « modérateur » lui permettant de contrôler le législatif, entre en vigueur en 1824. Mais une crise éclate en 1826, quand Pierre Ier souhaite regagner le Portugal pour succéder à Jean VI ; le Brésil veut être gouverné depuis Rio et non depuis Lisbonne, et une émeute (7 avril 1831) contraint l'empereur à abdiquer en faveur de son fils Pierre II, de naissance brésilienne, mais dont l'âge (il n'a que cinq ans) nécessite l'institution d'une régence (1831-1840), génératrice de troubles dans le Nordeste, puis dans le Sud. Dès 1834, un acte additionnel fait des concessions aux particularismes provinciaux et permet l'instauration d'un véritable régime parlementaire, caractérisé par l'alternance au pouvoir des partis libéraux et conservateurs.
Devenu empereur en 1840, Pierre II sait imposer, surtout à partir de 1854 (ministère Paraná), une politique de large expansion économique (construction de routes et de voies ferrées) favorable à l'aristocratie foncière qui, à partir de 1860, entreprend sur une grande échelle la culture du café. Partie de la Guyane, cette dernière avait gagné le Pará à la fin du XVIIIe s., puis les régions de Rio et de São Paulo, d'où elle s'étendra sans interruption de 1880 à 1929 sur les plateaux paulistes.
Pour accélérer la mise en valeur du pays, Pierre II favorise, à partir de 1860, l'immigration européenne contribuant au peuplement du Brésil méridional (colonisation allemande). Mais il doit entreprendre contre le Paraguay une guerre dévastatrice (1865-1870), qui donne à l'armée brésilienne et à son chef, le général Caxias, la conscience de la force qu'ils représentent. Aussi, lorsque la politique libérale mais despotique de Pierre II aura coalisé contre le souverain le mécontentement du clergé (laïcisation de l'état civil, soutien à la franc-maçonnerie), celui des conservateurs (suffrage universel), des libéraux (autoritarisme) et de l'aristocratie foncière (abolition progressive dès 1871, totale en 1888, de l'esclavage), l'armée sera-t-elle l'instrument choisi pour renverser le régime et proclamer la république (15 novembre 1889).
La Constitution républicaine, établie avec l'aide des militaires (Fonseca) et des positivistes (Magalhães) et promulguée le 24 février 1891, crée un État laïque (séparation de l'Église et de l'État) et fédéraliste (institutions analogues à celles des États-Unis). Malgré ses origines, le Brésil sait résister, au contraire des autres États sud-américains, aux empiétements de l'armée et de la flotte (1893) ; de 1894 (élection Morais) à 1930, douze présidents se succèdent dans une stricte légalité.
Cependant la réalité du pouvoir appartient aux oligarchies qui tiennent les terres et les hommes : les « coronels ». Le rôle toujours plus considérable joué par le café, c'est-à-dire par l'État de São Paulo, dans l'économie brésilienne explique que la majorité du personnel gouvernemental soit recrutée, non plus parmi les gens du Nordeste, mais parmi les paulistes, et justifie également le soutien financier accordé par l'État aux producteurs de café lors de la crise de surproduction de 1906.
Parallèlement à ce déplacement de l'axe du Brésil vers le sud est entreprise l'intégration territoriale de l'Amazonie dans l'espace brésilien, grâce à une série d'explorations scientifiques menées par Spix et Martius le long de l'Amazone et du Japurá (1817-1820), par le comte de Castelnau aux sources du Paraguay (1843-1847), par le docteur Crevaux dans les grandes plaines intérieures (1876-1882), par H. Meyer sur le Xingu (1900).
En 1914, le Brésil, dont la population s'est fortement accrue avec l'arrivée d'immigrants européens (Italiens, Espagnols, Portugais), est la première puissance de l'Amérique latine. La Première Guerre mondiale, à laquelle il participe aux côtés des Alliés, au lendemain de l'entrée en guerre des États-Unis contre l'Allemagne, active encore son économie. La production de blé dans le Sud, celle du caoutchouc dans la forêt amazonienne (rôle des seringueiros) sont alors développées pour l'exportation.
La fermeture des marchés européens, l'effondrement des cours du caoutchouc et surtout du café, en 1929, entraînent la fin de la république des coronels. Le chef des libéraux, Getúlio Vargas, homme du Sud, constitue un gouvernement provisoire et dictatorial, suspend la Constitution de 1891, réprime un mouvement insurrectionnel à São Paulo, qui réclame son autonomie (1932), se fait élire président pour quatre ans et impose le vote d'une nouvelle Constitution (1934) prévoyant la désignation d'un Parlement en partie représentatif, en partie corporatif. Le caractère dictatorial du régime s'accentue encore quand, en 1937, le président Vargas licencie le Congrès, dissout les anciens partis et devient, en vertu d'un plébiscite, dictateur du Brésil pour six ans. C'est le début de l'Estado Novo, qui s'appuie sur le peuple et la bourgeoisie des villes contre les grands propriétaires fonciers. Bien que le président Vargas ait fait entrer le Brésil dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Alliés (corps expéditionnaire de 25 000 hommes, en 1942), il ne jouit pas de l'appui des États-Unis en raison de sa politique. Le 30 octobre 1945, il est déposé par un groupe de généraux et, en 1946, une nouvelle Constitution démocratique et fédéraliste est adoptée.
En 1951, Getúlio Vargas redevient président ; il a été réélu à une écrasante majorité, avec l'appui du mouvement des marmiteiros, analogue à celui des descamisados du général Perón. Il radicalise son nationalisme économique à l'encontre des intérêts étrangers. Mais l'opposition déchaîne contre lui une violente campagne qui le conduit au suicide (24 août 1954).
Après la courte présidence de J. Café Filho (1954-1956), son successeur Juscelino Kubitschek se consacre à la mise en valeur du pays : poursuite de l'équipement industriel (groupe sidérurgique de Volta Redonda) ; volonté de conserver au Brésil la libre jouissance de ses richesses ; effort pour décentraliser l'organisation politique et économique du pays en dotant les gouvernements provinciaux d'une partie des pouvoirs détenus par les organes fédéraux ; volonté, pour symboliser l'unité du Brésil, de lui donner une nouvelle capitale, Brasília, inaugurée en avril 1960.
La construction de Brasília pèse lourdement sur l'économie et, aux élections de 1960, sont élus les candidats de l'opposition : Jãnio Quadros à la présidence et João Goulart à la vice-présidence. Tout en poursuivant à l'intérieur la politique de son prédécesseur, mais en mettant l'accent sur la lutte contre la corruption, Quadros mène à l'extérieur une politique d'indépendance à l'égard des États-Unis et d'ouverture vers l'Est et vers le tiers monde. Accusé de complaisance à l'égard du communisme par les militaires et par le gouverneur de Guanavara, Lacerda, il démissionne en août 1961.
Le vice-président Goulart, ancien collaborateur de Vargas, doit accepter, pour recevoir l'investiture, une réduction de ses pouvoirs constitutionnels. Il continue la politique de Quadros à l'extérieur et cherche à l'intérieur à lancer un programme de réforme agraire et de nationalisations. En avril 1964, il est déposé par les militaires.
Un régime militaire strict se met alors en place. Des actes institutionnels amendent dans un sens autoritaire la Constitution libérale de 1946 et une épuration sévère frappe les milieux oppositionnels. Les partis politiques traditionnels sont interdits et remplacés par l'officielle Arena (Aliança Renovadora Nacional) et le président reçoit des pouvoirs exceptionnels au détriment du Congrès et des États (Constitution du 30 octobre 1969). Les présidents sont tous des militaires jusqu'en 1985 : les maréchaux Castelo Branco (1964-1967) et Costa e Silva (1967-1969) et les généraux Garrastazu Médici (1969-1974), Geisel (1974-1979) et Figueiredo (1979-1985).
Leur politique est axée sur la lutte contre la subversion, sur le développement industriel et, tout en maintenant de bons rapports avec les États-Unis, sur la recherche d'une certaine indépendance nationale. Après la réussite du plan de stabilisation de 1965, le Brésil s'ouvre aux investissements étrangers, les salaires sont surveillés et le rôle de l'État dans l'économie ne cesse d'augmenter. Mais la croissance se ralentit et l'inflation reprend après 1973.
À partir de 1979, sous la présidence du général Figueiredo, s'amorce un processus de libéralisation de la vie politique : restauration d'un certain nombre de libertés, limitation des pouvoirs d'exception du président, large amnistie politique et réforme du système des partis. L'Arena est rebaptisée parti démocratique social (P.D.S.), tandis que le Mouvement démocratique brésilien (M.D.B.) – le seul parti d'opposition autorisé par l'ancien régime militaire – devient le parti du Mouvement démocratique brésilien (P.M.D.B.). D'autres partis font aussi leur apparition : le parti travailliste brésilien (P.T.B.), le parti démocrate travailliste (P.D.T.) et le parti des Travailleurs (P.T.), créé sur la base des mouvements syndicaux lors des grandes grèves des années 1970 qui affectèrent la banlieue de São Paulo.
Dans les années 1980, le pays traverse une période de forte récession économique, et de puissants groupes industriels retirent l'appui qu'ils avaient jusqu'alors accordé au régime militaire. Le mécontentement envers le régime se manifeste aussi en 1982, au moment des élections aux postes de gouverneurs, élus au suffrage universel pour la première fois depuis 1965, et dont le P.M.D.B. sort largement vainqueur. Le gouvernement, en dépit d'une forte mobilisation populaire, se refuse à adopter ce même suffrage pour les élections présidentielles ; en 1985, il fait élire par le Congrès le représentant du P.M.D.B., Tancredo Neves, mais celui-ci meurt trois mois plus tard, et c'est le vice-président, José Sarney, issu du régime militaire, qui lui succède.
Sous l'administration Sarney, les deux plans économiques (1986 et 1989) de contrôle de l'inflation, qui grèvent les revenus déjà fort modestes de la majorité des ménages, échouent. En septembre 1988, réunis en assemblée constituante, le Sénat et le Congrès adoptent le texte d'une nouvelle Constitution instaurant une démocratie politique ainsi que des mesures à caractère social. Les élections municipales de novembre 1988 traduisent le changement de la carte électorale. Si le P.M.D.B. reste la principale force politique, le P.T. obtient des villes importantes et fait élire une femme, Luiza Erundina, pour la première fois dans l'histoire du Brésil, au poste de maire d'une grande ville, São Paulo. Le P.T. s'affiche alors comme le deuxième parti brésilien. Son candidat, Luiz Inácio Lula da Silva, échoue pourtant aux premières élections présidentielles organisées au suffrage universel en novembre-décembre 1989, devant un candidat pratiquement inconnu, Fernando Collor de Mello, dont la formation, le parti de la Reconstruction nationale (P.R.N.) est créée pour l'occasion, et qui canalise les votes d'un électorat hostile au P.T.
La présidence Collor, qui s'ouvre en mars 1990, se veut celle de la « modernisation » du pays. Cependant, après deux ans de récession, de mesures fort impopulaires et inefficaces (confiscations d'épargne par la Banque centrale, privatisations, licenciements de fonctionnaires), de dégradation du niveau de vie et d'augmentation de la criminalité, les allégations de corruption faites à l'encontre du président par son propre frère précipitent la crise. En septembre 1992, le Congrès vote la destitution de Fernando Collor de Mello, et le vice-président Itamar Franco lui succède.
Itamar Franco bénéficie d'abord d'un climat d'optimisme provoqué par la mise à l'écart du président corrompu. Mais, durant huit mois, trois ministres des Finances se succèdent et, en 1993, l'inflation avoisine 3 000 % par an. Fernando Henrique Cardoso, alors ministre des Finances, annonce en décembre un plan de stabilisation monétaire, le plan Real, qui n'intervient qu'en juillet 1994 avec l'introduction d'une nouvelle monnaie. La fin de l'hyperinflation permet alors à l'ensemble de la population d'éprouver les effets de la baisse des prix.
Le 3 octobre 1994, Fernando Henrique Cardoso, candidat du parti social-démocrate brésilien (P.S.D.B.), fondé en 1988, est élu président de la République. Fort de sa victoire électorale (54,28 % des suffrages exprimés dès le premier scrutin), celui-ci entend engager des réformes nécessaires à la stabilisation de l'économie et à la reprise du développement interrompu depuis plus d'une décennie.
Cinq propositions d'amendement de la Constitution de 1988, concernant la régulation de l'économie, sont approuvées en 1995 par le Congrès. Celui sur la rééligibilité du président est également approuvé à la fin de 1997.
Le gouvernement du président Cardoso doit cependant faire face à une série de problèmes. Après l'euphorie suscitée par la fin de l'hyperinflation, la croissance économique est atone, certains secteurs industriels sont compromis, le chômage progresse et des conflits agraires ont lieu dans tout le pays. Le Mouvement des sans-terre (M.S.T.) mène, depuis sa création (1984), des opérations d'occupation de propriétés foncières inexploitées ; mais, en 1996, des paysans sont massacrés par des policiers en Amazonie. Le M.S.T. ayant élargi son audience dans les milieux urbains, et les conflits s'étant multipliés, le gouvernement doit procéder à des négociations ponctuelles. Ces tensions mettent en lumière le caractère fortement inégalitaire de la société brésilienne qui constitue l'obstacle majeur à la construction d'une véritable démocratie.
Aux élections générales d'octobre 1998, Fernando Henrique Cardoso est reconduit à la présidence de la République sans difficulté, avec près de 54 % des suffrages. Au sein de la Chambre des députés, son parti (le P.S.D.B.) progresse rapidement. Cependant, c'est le parti du Front libéral (P.F.L.), conservateur, fondé en 1985, qui conquiert le plus grand nombre de sièges. Le P.M.D.B. accuse une régression, mais n'en reste pas moins une force politique de poids. Le P.T. demeure le principal parti d'opposition au gouvernement.
Quelques semaines après sa réélection, le président affronte une grave crise financière, que l'austérité budgétaire et la rigueur monétaire (préconisées par le F.M.I.) – certes tardives – n'ont pas pu empêcher. En 1999 apparaissent les premiers signes de rétablissement, confirmé en 2000 avec une croissance à nouveau positive. En même temps, le président paie par une impopularité croissante sa politique d'austérité.
Le candidat du P.T., Luiz Inácio Lula da Silva, dit « Lula », remporte, avec 61,2 % des voix au second tour, l'élection présidentielle d'octobre-novembre 2002. Entré en fonctions le 1er janvier 2003, il est le premier président de gauche depuis l'instauration de la République du Brésil en 1889.
Prenant en main le destin du pays, le nouveau président s'efforce de rassurer les marchés financiers, qui redoutaient l'arrivée de la gauche au pouvoir, et s'engage à poursuivre la politique économico-financière du gouvernement Cardoso, comportant notamment le respect des engagements du pays et l'ajustement budgétaire. Par ailleurs, la nouvelle équipe gouvernementale – une coalition de centre gauche hétéroclite – s'engage à amorcer des réformes structurelles (réforme de la retraite et réforme fiscale notamment). Toutefois, le principal chantier du président est social. Outre la poursuite de la réforme agraire lancée par son prédécesseur (redistribution des exploitations laissées en friche aux paysans sans terre), Lula da Silva érige en priorité absolue les programmes « Faim zéro » et « Bourse famille » visant l'un, à éradiquer la malnutrition qui frappe 46 millions de Brésiliens, l'autre, à venir en aide à 11 millions de foyers modestes. Le président n'aura de cesse de louvoyer entre orthodoxie économique et volontarisme social ou, selon ses propres termes, de « passer de la performance financière à la performance économique ».
Le gouvernement suit très exactement, et avec succès, les recettes du Fonds monétaire international. Dès la fin du premier semestre 2004, ce dernier salue le redressement de l'économie brésilienne : la croissance est en hausse, le chômage en baisse. Mais le pragmatisme du président ne tarde pas à troubler ses propres partisans (fonctionnaires fédéraux, aile gauche du P.T. et les puissants mouvements sociaux, dont le M.S.T.), qui se regroupent pour manifester leur opposition aux projets de réforme de l'impôt, des retraites et de la Sécurité sociale, ainsi qu'à la cure d'austérité imposée aux finances publiques.
À l'issue des élections municipales d'octobre-novembre 2004, le P.T. perd la mairie de São Paulo et son bastion de Porto Alegre. Au-delà de ces deux défaites symboliques, le P.T. contrôle 411 municipalités (contre 187 en 2000) et a conquis des mairies importantes – Belo Horizonte (Minas Gerais) et Recife (Pernambuco) – ainsi que des villes des banlieues de São Paulo et de Rio de Janeiro. Révélé en juin 2005, un scandale de corruption, dit « du mensalão » (mensualité versée à des députés alliés au P.T. pour approuver des projets de loi), secoue le pays et éclabousse des ministres et des dirigeants du P.T. Face à cette vague d'accusations, le président procède à un remaniement ministériel au profit du parti du Mouvement démocratique brésilien (P.M.D.B., centre). Le P.T., dont la direction est emportée par le scandale, renouvelle ses instances ; son aile gauche défend une « refondation » et s'oppose à la politique économique du gouvernement. L'ancien bras droit du président, José Dirceu, accusé de corruption, est destitué par la Chambre des députés.
En octobre 2006, les Brésiliens sont appelés aux urnes pour élire leur président, leur Chambre des députés, un tiers du Sénat ainsi que les gouverneurs et les assemblées législatives des 26 États et du district fédéral. Malgré les scandales, le président Lula est triomphalement réélu au second tour du scrutin avec 61 % des voix, contre 39,1 % à Geraldo Alckmin, candidat du parti social-démocrate brésilien (P.S.D.B.). Toutefois, ce succès cache d'importantes disparités régionales : Lula enregistre ses meilleurs scores dans certains des États les plus pauvres du Nord et du Nordeste – Ceará, Maranhão, Paraíba, Piauí, Pernambuco, où il rassemble entre 70 % et plus de 80 % des suffrages, voyant ainsi sa politique sociale récompensée –, tandis qu'il reste en deçà de 50 % des voix dans des États plus développés du sud et du sud-est du pays, comme le Rio Grande do Sul, São Paulo, le Paraná ou Santa Catarina. Par ailleurs, si le P.T. renforce quelque peu sa position dans les États, avec 5 gouverneurs sur 27 contre 2 en 2002, il passe derrière le P.M.D.B. dans une Chambre des députés extrêmement fragmentée (21 partis y sont représentés), tandis que l'opposition, dominée par le P.S.D.B. et le parti du Front libéral (P.F.L., qui prend le nom de Démocrates, DEM, en 2007), l'emporte aux sénatoriales partielles.
Le président Lula doit ainsi composer avec le Congrès et la gouvernabilité du pays dépend de sa capacité à constituer des alliances avec les petits partis de gauche et le centre droit. Celle-ci peut être remise en cause par un affaiblissement dans les deux Chambres, d'autant plus si de nouveaux scandales éclatent au sein de la classe politique comme celui qui atteint, au cours de l'année 2007, un proche allié de Lula, le président du Sénat, Renan Calheiros (P.M.D.B.). Accusé de trafic d'influences, et bien qu'absous par une majorité de ses pairs, ce dernier préfère finalement démissionner en octobre. Fort d'une popularité retrouvée, le président ne veut revenir ni sur l'orthodoxie financière appliquée depuis 2003 ni sur la lutte contre la pauvreté, mais table désormais sur un « programme d'accélération de la croissance ». Annoncé en janvier 2007, ce plan doit appuyer le développement économique du pays grâce à des investissements massifs, publics mais aussi privés (avec des réductions fiscales appropriées) dans les secteurs du transport, de l'énergie, des communications, du logement social et de la santé. Un autre défi à relever est celui de la lutte contre la criminalité : liant cette question à la réduction des inégalités, le gouvernement lance ainsi, en juillet 2007, un nouveau « programme de sécurité par la citoyenneté » (Programa Nacional de Segurança Pública com Cidadania, Pronasci) fondé sur des programmes sociaux dans les États les plus touchés par ce fléau. Mais, en la matière également, l'application des réformes dépend du soutien apporté par les puissants gouverneurs concernés.
La progression du P.M.D.B. se confirme aux élections municipales d'octobre 2008, premier test électoral avant les élections générales – dont le scrutin présidentiel, auquel l'actuel chef de l'État ne pourra plus se présenter – prévues en 2010. Avec plus de 18 millions de voix et 1 211 mairies, ce parti arrive largement en tête de ce scrutin devant le P.S.D.B., le DEM et le P.T. Ce dernier est battu en outre à Porto Alegre, Salvador de Bahia et à São Paulo, où le maire sortant Gilberto Kassab (DEM), l'emporte, grâce au soutien du P.M.D.B., avec plus de 60 % des suffrages face à Marta Suplicy, activement soutenue par le président Lula tandis que le candidat centriste Eduardo Paes (P.M.D.B.) ravit de justesse la mairie de Rio de Janeiro à Fernando Gabeira, candidat du parti Vert et soutenu par l'opposition social-démocrate.
Au plan extérieur, l'arrivée au pouvoir du président Lula se traduit par une redéfinition du rôle du Brésil dans le monde. Poursuivant la politique étrangère conduite par son prédécesseur, Lula da Silva en modifie partiellement les priorités et se tourne davantage vers l'Amérique du Sud, en soutenant notamment la création, en décembre 2004, de la Communauté sud-américaine des nations. S'appuyant sur une alliance stratégique avec l'Argentine, il entend faire du Mercosur (Mercosul en portugais) plus qu'une union douanière, une zone de convergence des politiques macroénomiques, et préconise, à cet effet, un renforcement de ses institutions. Le Brésil et ses partenaires du Mercosur, réticents sur le projet de Zone de libre-échange des Amériques (Z.L.E.A.) jugée trop favorable aux intérêts des États-Unis, annoncent, en novembre 2005, qu'ils renoncent à la Z.L.E.A. À la tête du G20 (groupe réunissant notamment l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud et l'Indonésie au sein de l'Organisation mondiale du commerce [O.M.C.]), et défendant l'idée d'un lien direct entre agriculture et développement), le Brésil obtient, en 2005, l'interdiction des subventions aux exportations agricoles pour 2013. Enfin, médiateur régional, il propose ses bons offices dans le règlement des crises en Colombie, au Venezuela, en Bolivie – envisageant, en 2008, la création d'un Conseil régional de la défense destiné à résoudre les conflits en Amérique latine – ainsi qu'en Haïti, où il joue un rôle actif au sein de la force de maintien de la paix (Minustah), lors de son installation, en 2004.
Brasília, Olinda, Ouro Preto, Petropólis, Recife, Rio de Janeiro, Salvador, São Luis, São Paulo.
José de Alencar, Machado de Assis, Aluísio Azevedo, A. Gonçalves Dias.
Jorge Amado, M. Bandeira, Carlos Drummond de Andrade, J. Guimarães Rosa.
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