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Amazone

en espagnol et en portugais Amazonas

Amazone
Amazone

Fleuve de l'Amérique du Sud, né dans les Andes et qui rejoint l'Atlantique ; 7 000 km environ depuis les sources de l'Apurímac ; débit de près de 200 000 m3s à l'embouchure dans l'Atlantique ; bassin de près de 7 millions de km2, essentiellement au Brésil, mais aussi en Bolivie, au Pérou, en Équateur, en Colombie, au Venezuela et dans les Guyanes.

Il s'agit du plus important fleuve du globe par la masse de ses eaux. Son bassin correspond en majeure partie à l'Amazonie.

L'embouchure de l'Amazone fut découverte en 1500 par Pinzón, mais les sources du fleuve ne furent reconnues avec certitude qu'au milieu du xxe s. (expéditions de B. Flornoy et de M. Perrin). En 1541, Orellana en effectua une première descente jusqu'à l'embouchure : ses compagnons, attaqués par des Indiens aux longs cheveux, appelèrent fleuve des Amazones le secteur compris entre l'océan Atlantique et Manaus.

1. Le bassin de l'Amazone

Dans les Andes, les vallées des rivières qui constituent le fleuve (Apurímac, Ucayali, Huallaga, Marañón, etc.) sont encaissées dans les hauts plateaux; mais la navigation commence dès la sortie des Andes. La plaine débute très loin de l'embouchure : Manseriche, à 4 379 km de l'Atlantique, est à 160 m d'altitude ; elle correspond à une zone de subsidence où se sont accumulées d'énormes épaisseurs de sédiments (4 000 m d'épaisseur). Ses bordures sont marquées par les plateaux des Guyanes et du Brésil central. Les affluents de l'Amazone sont coupés par des chutes soit à la sortie des terrains anciens, soit lorsqu'ils franchissent des roches de résistances inégales. On observe une nette dissymétrie de leur disposition : ceux du sud (Madeira, Tapajós, Xingú, Tocantins) sont plus longs que ceux du nord (rio Negro grossi du rio Branco, Trombetas, Paru).

Entre Manaus et les Andes, l'Amazonie dessine une sorte d'entonnoir bordé par le Madeira et le rio Negro, large de 2 000 km. La faiblesse de la pente y favorise le sapement latéral des berges, la formation de méandres, de bras morts et de levées instables. De longs interfluves atteignant 500 m d'altitude séparent les affluents. En aval de Manaus, les plateaux des Guyanes et du Brésil se rapprochent ; le couloir rempli de sédiments cénozoïques se rétrécit (200 km), et le fleuve coule au pied de falaises vives. Dans ce sillon amazonien, les profondeurs du fleuve sont plus grandes.

Dans le secteur terminal, large de 350 km, le fleuve se résout en un réseau de bras ramifiés, les furos, séparant des îles basses. Le Tocantins se mêle à l'Amazone dans le rio Pará, au sud. Au large s'étend un delta sous-marin, mais l'ensemble formé par les embouchures de l'Amazone correspond à un ancien delta morcelé par des relèvements récents du niveau de la mer. Le flux de marée se heurte au courant fluvial dans les furos étroits, et détermine un mascaret dangereux, la pororoca.

2. Le régime du fleuve

Le débit de l'Amazone dépasse celui de tous les autres fleuves avec près de 200 000 m3s à l'embouchure ; le module spécifique est de 30 l/s. La pente, faible, freine la marche des eaux, favorise leur étalement et la durée de l'écoulement. Cependant, la masse des eaux en mouvement est telle que leur vitesse est encore comprise entre 2 et 5 km/h, atteignant 9 km/h pendant la crue à Óbidos. Le régime de l'Amazone est dominé par l'influence de ses affluents méridionaux : il comporte une seule crue, qui survient à la mi-juin, peu après la fin des pluies de l'hémisphère Sud qui ont gonflé ces derniers. Ceux de la rive gauche, qui reçoivent les plus fortes pluies à partir de fin avril, entrent en crue au moment où s'ébauche la décrue méridionale. Si celle-ci est retardée par une pluviosité intempestive au Mato Grosso, la coïncidence des hautes eaux provenant des deux hémisphères entraîne des inondations catastrophiques, mais rares.

Les rios brancos, chargés d'argiles et de vases, sont plus constructeurs ou destructeurs que les rios negros, riches en matières humiques.

La marée remonte à 1 000 km vers l'amont : elle entrave l'écoulement des eaux, relève leur niveau et les refoule dans les bras latéraux et les affluents ; ce phénomène provoque des modifications constantes dans la topographie des várzeas, soumise à des courants alternés.