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Suriname ou Surinam

anciennement Guyane hollandaise

Nom officiel : République du Suriname

Carton de situation -
Drapeau du Suriname
Drapeau du Suriname

État d'Amérique du Sud, le Suriname est bordé au nord par l'océan Atlantique, à l'est par la Guyane, au sud par le Brésil et à l'ouest par le Guyana.

  • Superficie : 163 265 km2
  • Nombre d'habitants : 539 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Surinamais ou Surinamiens ou Surinamais
  • Capitale : Paramaribo
  • Langue : néerlandais
  • Monnaie : dollar du Suriname
  • Chef de l'État : Desi Bouterse
  • Chef du gouvernement : Desi Bouterse
  • Nature de l'État : république à régime parlementaire
  • Constitution :
    • Adoption : septembre 1987
Pour en savoir plus : institutions du Suriname

GÉOGRAPHIE

Le territoire, au climat équatorial, occupe l'extrémité orientale du plateau des Guyanes, bordée au nord par une plaine marécageuse. La population, peu dense, mais diversifiée (Indiens et Indonésiens, créoles, Noirs), se concentre sur le littoral ou à proximité (près de la moitié vit à Paramaribo). La bauxite est la ressource essentielle et la principale exportation.

1. Milieu naturel

Sur le plan physique, le Suriname est une partie du bouclier des Guyanes, constituée d'un complexe de roches anciennes, dont les plus résistantes forment, au centre et dans le sud, des alignements de hauteurs tabulaires et d'inselbergs. Ceux-ci surmontent les vallonnements de la pénéplaine qui s'élèvent insensiblement vers le sud, depuis la plaine littorale jusqu'à 250 m d'altitude environ. Le bouclier est précédé d'une plaine côtière qui s'élargit de l'est vers l'ouest d'une vingtaine de kilomètres jusqu'à près de 90 km et qui est constituée de terrains récents fluvio-marins, souvent à demi amphibies. En avant de la plaine, une vaste plate-forme continentale peu profonde et recouverte par des eaux chargées d'alluvions s'étend jusqu'à 150 km au large. Le climat est équatorial, pluvieux et chaud (plus de 2 m de pluies par an, 26 °C de température moyenne annuelle). L'abondance des précipitations et l'imperméabilité des roches du socle sont à l'origine de la densité du réseau hydrographique ; les deux fleuves frontaliers, le Maroni et la Courantyne, ainsi que le Suriname, qui draine le centre, sont les plus importants. Les ressources hydroélectriques sont donc abondantes (forts débits, nombreux sites sur les chutes et les rapides). Les fleuves ne sont accessibles à la navigation moderne que dans la plaine côtière, car dans leur parcours du bouclier ils sont coupés de rapides correspondant à des affleurements de roches dures. Le bouclier recèle divers gisements minéraux, les plus importants étant les énormes dépôts de bauxite localisés au contact de la plaine côtière sous des épandages de sables blancs. La forêt dense recouvre 85 % du territoire.

2. Une population pluriethnique

La population du Suriname comprend de nombreuses communautés. Les plus importantes sont constituées par les Indiens (38 %), les descendants d'esclaves africains (35 %) et les Indonésiens (10 %), auxquels s'ajoutent des Chinois, des créoles, des Amérindiens, des Libanais et des Européens. L'accroissement naturel diminue (1,4 % par an). L'amélioration des services de santé a fait reculer la mortalité. Un fort mouvement d'émigration s'est développé en direction des Pays-Bas, dont le Suriname était jadis une colonie.

Le territoire est faiblement peuplé, avec une densité moyenne de 3 habitants par km2, mais la population est très inégalement répartie. Un fort contraste oppose en effet la capitale, Paramaribo, où se concentre la moitié des habitants, notamment des créoles, et le reste du pays, dominés par les Asiatiques (Indiens et Indonésiens). Entre ces deux groupes, les tensions sont vives.

3. Économie

Une bourgeoisie d'affaires, née après la Seconde Guerre mondiale grâce à l'afflux de capitaux étrangers, domine l'économie du Suriname. Celle-ci repose essentiellement sur l'exploitation de la bauxite, qui représente en effet 80 % des exportations et 20 % du produit intérieur brut (PIB). Les gisements sont exploités depuis 1915 par des compagnies américaines et néerlandaises. En 2007, le Suriname était le neuvième producteur mondial de bauxite, avec une production en recul par rapport aux années 1970. Cette quasi-monoactivité fragilise le pays, encore trop dépendant de la demande d'aluminium dans le monde. Le développement industriel est également fondé sur le barrage hydroélectrique de Brokopondo, qui a permis l'implantation d'usines de déroulage du bois et surtout de transformation de la bauxite en alumine et en aluminium.

L'agriculture occupe 6 % de la population active, mais elle ne suffit pas à couvrir les besoins alimentaires du pays. La structure agraire est largement déséquilibrée par le morcellement des petites exploitations. Le riz constitue la principale culture commerciale ; il occupe 50 % des terres cultivées, en particulier dans les polders de l'Ouest. Parmi les autres ressources agricoles figurent les bananes, le sucre, les fruits tropicaux ainsi que les produits de la pêche (poissons, crevettes) et les dérivés du bois, qui sont massivement exportés.

Le Suriname reçoit une aide massive au développement de la part des Pays-Bas, qui restent très présents dans l'économie de leur ancienne colonie par le biais de nombreuses firmes de transport, de commerce et de distribution. En 1995, le Suriname a adhéré au Caricom (Communauté des Caraïbes), marché commun créé en 1973.

HISTOIRE

1. L'époque coloniale

Le premier établissement européen dans cette région est celui de colons de la Barbade, amenés par lord Willoughby (1650). En échange de la Nouvelle-Hollande en Amérique du Nord, les Néerlandais se font céder cette colonie à la paix de Breda (1667), cession confirmée par le traité de Westminster (1674).

La population, fort cosmopolite (Anglais, Néerlandais, Allemands, Français, marranes), se consacre aux plantations de canne à sucre. Les Britanniques, qui occupent les colonies de la Hollande lors des guerres de la Révolution et de l'Empire (1796-1802 et 1804-1816), restituent le Suriname aux Pays-Bas (1816) à la suite de la convention de Londres (13 août 1814) et du second traité de Paris (20 novembre 1815). L'esclavage est aboli (1863) et la colonie se peuple d'hindous et d'Indonésiens ; le déclin irrémédiable des plantations fait dépendre l'économie locale de la bauxite, dont l'essor date de 1938.

2. Vers l'indépendance

En 1950, le Suriname reçoit des Pays-Bas le régime parlementaire et le suffrage universel. La Constitution de 1954, qui octroie l'autonomie, prévoit que les ministres sont responsables devant le Conseil législatif, élu pour quatre ans.

Entre 1958 et 1967, une coalition créoles-hindoustanis conserve la majorité au Staten (l'Assemblée législative), grâce à l'alliance du Nationale Partij Suriname (NPS, créole) et du Verenigde Hindostaane Partij (VHP, hindoustani).

À la suite de la dégradation économique et sociale du début des années 1970, une grève générale touche le Suriname en 1973. Aux élections de novembre de la même année, le Nationale Partij Kombinatie (NPK, créole et protestant, composé du NPS et de 3 autres petits partis) remporte la majorité des voix. Les pourparlers avec le gouvernement néerlandais sur l'indépendance sont alors engagés. Ils sont menés, pour le Suriname, par le leader du NPK devenu Premier ministre, Henck Arron. L'indépendance devient effective le 25 novembre 1975, sous la présidence de la République de Johan Ferrier (NPS), et une Constitution de type parlementaire est votée. Les créoles sont majoritaires au Parlement, ce qui suscite le mécontentement des Hindoustanis. Le gouvernement, dirigé par H. Arron, mène une politique très liée aux intérêts néerlandais jusqu'en 1980.

3. Le Suriname sous contrôle militaire

Le 25 février 1980, un coup d'État militaire, appelé la « révolution des sergents », avec à sa tête le sergent-major (plus tard lieutenant-colonel) Desiré Delano Bouterse dit Desi Bouterse, renverse le système en place. La junte militaire s'allie au Partij Nationalistische Republick (PNR) et un civil, Hendrik Chin A Sen, devient Premier ministre. En août, lors d'un second coup d'État, D. Bouterse proclame l'état d'urgence et dissout le Parlement. H. Chin A Sen devient alors également président de la République. Le 4 février 1982, H. Chin A Sen est destitué et, après deux attentats contre sa personne, D. Bouterse, à la tête du Conseil militaire national, impose la loi martiale. Les 7 et 8 décembre 1982, quinze opposants, politiciens, syndicalistes, journalistes, sont exécutés.

En politique extérieure, depuis 1981, D. Bouterse annonce une politique de non-alignement et de neutralisme. Il déclare aussi son amitié pour Cuba, le Nicaragua, la Libye… Les gouvernements néerlandais et américain suspendent leur aide. Les conseillers cubains prennent de plus en plus de place dans la vie publique du pays. Toutefois, Paramaribo expulse ces conseillers après l'invasion de la Grenade par les États-Unis en 1983, par crainte de subir à son tour une intervention armée.

4. Le retour à la loi civile

Les gouvernements militaires se succèdent jusqu'en 1987. Le processus de démocratisation, engagé dès 1995 sur fond d'agitation sociale, aboutit au retour au pouvoir d'un gouvernement civil : une nouvelle Constitution est adoptée par référendum, en septembre 1987, et entraîne la tenue d'élections générales. Le Front démocratique FDO (Front voor Demokratie en Ontwikkeling, Front pour la démocratie et le développement), qui réunit trois partis d'opposition, dont le NPS, remporte les élections législatives (novembre). En 1988, Ramsewak Shankar, du parti indien, est élu président de la République puis renversé, en décembre 1990, par des militaires menés par Yvan Graanoogst, chef de l'armée depuis la démission de D. Bouterse. Ils installent à l'exécutif des dirigeants du parti démocratique national (NDP), qui leur est allié.

En 1991, Ronald Venetiaan (NPS), grâce à une coalition multiethnique, accède à la présidence. Aux élections, le Nieuw Front Coalition (NF, ancien FDO) l'emporte. R. Venetiaan s'attache avec succès à renouer de bonnes relations avec les Pays-Bas, qui reprennent leur aide économique. Mais l'ancienne métropole demande au gouvernement de passer un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), afin de restructurer l'économie du pays.

Le retour à la loi civile n'empêche pas la persistance des conflits internes : à partir de 1986 commence dans l'est et le sud du pays la rébellion armée des Bosneger (« nègres de brousse »), menée par Ronnie Brunswijk et la Suriname Liberation Army (SLA), qui estime que les plans pour développer l'intérieur du pays nuisent à la société bosneger. Dix mille Noirs se réfugient en Guyane française. Cela envenime les relations avec Paris, le Suriname revendiquant une zone entre la rivière Litani et la rivière Marouini dans la région du haut Maroni. Les négociations avec la guérilla, engagées en 1988, s'achèvent en 1992 avec la reconnaissance par les rebelles de l'autorité de l'État. Cependant, des émeutes ont lieu en 1994 pour protester contre la hausse des prix des produits alimentaires et, en 1996, pour le droit des tribus.

En 1996, Jules Wijdenbosch, ex-ministre des Finances sous la junte militaire et vice-leader du NDP (dirigé par D. Bouterse), devient chef de l'État, mais les élections législatives sont remportées par la coalition sortante du président R. Venetiaan. En août 1997, un mandat d'arrêt international est lancé par la justice néerlandaise contre l'ancien dictateur D. Bouterse, accusé de trafic de stupéfiants, de blanchiment d'argent et de constitution d'une milice privée. Bouterse est finalement condamné par contumace aux Pays-Bas pour trafic de drogue. Celui-ci est devenu, en effet, un véritable fléau au Suriname, plaque tournante de la cocaïne colombienne vers l'Europe.

En 1999, les difficultés économiques s'aggravent (inflation galopante, salaires impayés par le gouvernement), ayant pour conséquence un mécontentement social grandissant (grèves, manifestations). Sous la pression de la rue, le président Wijdenbosch décide de convoquer des élections générales un an avant le terme prévu, c'est-à-dire en mai 2000. Ce scrutin est largement remporté par la coalition de l'opposition emmenée par l'ancien président R. Venetiaan (NF), qui devance ces deux principaux opposants (33 sièges sur 51), l'ancien dictateur D. Bouterse (NDP) et le président sortant J. Wijdenbosch. Ronald Venetiaan est élu président par la nouvelle Assemblée en juillet (entrée en fonctions le 12 août).

Lors des élections législatives de mai 2005, le NF conserve la majorité avec 23 élus, mais il recule de 10 sièges malgré de bons résultats économiques (exploitation de nouveaux puits de pétrole et d'une mine d'or en 2003-2004). Face à lui le NDP, qui demeure le leader de l'opposition, double sa représentation parlementaire avec 15 élus. Réélu par le Parlement au mois d'août suivant, R. Venetiaan reconduit un gouvernement de coalition composé de 8 partis. La situation politique intérieure se tend à partir de décembre 2007 avec l'ouverture du procès de D. Bouterse (inculpé depuis 2000 par la Cour suprême, il est accusé d'être impliqué dans l'exécution de 15 opposants politiques les 7 et 8 décembre 1982). L'opposition menace en effet de déstabiliser le gouvernement. Mais, en juin 2010, malgré son procès toujours en cours, le très contesté Desi Bouterse est élu président de la République à la suite de la victoire du NDP à la tête de la « Mega-combinaison » qui remporte 23 sièges et grâce à l’appui de deux autres partis ; une victoire mal accueillie par les Pays-Bas comme par les États-Unis. Bénéficiant d'une immunité pendant la durée de son mandat, D. Bouterse concocte lui-même une loi d'amistie suspendant toute poursuite à son encontre. En revanche, son fils Dino, arrêté en 2013 à Trinidad puis extradé aux États-Unis, est condammné en mars 2015 pour trafic d'armes et de cocaïne et pour avoir soutenu le Hezbollah. Donné favori pour les élections de mai, le NDP, fort de son bilan social en faveur des plus pauvres (augmentation des pensions, des allocations familiales, création d'une assurance santé pour tous, instauration d'un salaire minimum) en sort renforcé avec 26 sièges, devant la coalition V7 de Chan Santokhi, qui, soutenue par l'importante communauté indienne, obtient 17 sièges, et la Combinaison alternative de Ronnie Brunswijk (5 sièges).

Sur le plan de la politique extérieure, le contentieux frontalier maritime qui opposait le Suriname et le Guyana depuis 2000, motivé par des gisements maritimes de pétrole, trouve une issue avec le verdict du tribunal maritime international (septembre 2007), défavorable au Suriname. Le 23 mai 2008, il figure parmi les douze États fondateurs de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), dont la principale ambition est de créer un espace régional intégré, construit autour de l'identité sud-américaine.