Autriche
en allemand Österreich
Nom officiel : République d'Autriche




État fédéral d'Europe centrale, l'Autriche est limitée à l'est par la Hongrie et la Slovaquie, au nord par la république Tchèque et l'Allemagne, à l'ouest par le Liechtenstein, la Suisse, au sud par l'Italie et la Slovénie. C'est un État fédéral constitué de 9 Länder.
Les divisions administratives de l'Autriche
DIVISIONS ADMINISTRATIVES DE L'AUTRICHE | |||
Länder | Superficie | Population | Capitale |
Vienne | 415 | 1 550 123 | Vienne |
Autriche (Basse-) | 19 172 | 1 545 804 | Sankt Pölten |
Autriche (Haute-) | 11 980 | 1 376 797 | Linz |
Burgenland | 3 966 | 277 569 | Eisenstadt |
Carinthie | 9 533 | 559 404 | Klagenfurt |
Salzbourg | 7 154 | 515 327 | Salzbourg |
Styrie | 16 387 | 1 183 303 | Graz |
Tyrol | 12 647 | 673 504 | Innsbruck |
Vorarlberg | 2 601 | 351 095 | Bregenz |
- Superficie : 84 000 km2
- Nombre d'habitants : 8 413 000 (estimation pour 2011)
- Nom des habitants : Autrichiens
- Capitale : Vienne
- Langue : allemand
- Monnaie : euro
- Chef de l'État : Heinz Fischer
- Chef du gouvernement : Werner Faymann
- Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
- Constitution :
- Adoption : 1920
- Entrée en vigueur : restaurée le 1er mai 1945
GÉOGRAPHIE
Le milieu naturel

De forme très allongée, l'Autriche appartient à trois domaines géologiques importants : les Alpes (qui occupent 70 % de la surface totale du pays) ; le bassin pannonien (bassin de Vienne) et le monde hercynien d'Europe centrale (Haute-Autriche). Le Danube constitue un trait d'union entre ces trois éléments.
Les Alpes présentent une série de chaînons d'orientation ouest-est. La ligne de partage des eaux est approximativement constituée par les massifs des Ötztaler Alpen, des Zillertaler Alpen, des Hohe Tauern et des Niedere Tauern. Au nord de ces massifs, essentiellement cristallins, le drainage se fait vers le Rhin (Vorarlberg) et surtout vers le Danube. Au sud, c'est la direction méditerranéenne qui l'emporte dans les parties occidentales (Tyrol méridional) et la direction danubienne à l'est (Drave, Mur). Cette dispersion hydrographique est capitale. Elle exprime la situation de carrefour qui fait l'originalité de l'Autriche. Grâce aux vallées, elle permet le passage Ouest-Est (Danube, Inn) et la liaison entre Europe du Nord et Europe méditerranéenne (vallées alpines, col du Brenner, le plus bas des cols alpins). Ces massifs sont précédés vers le nord par les Préalpes calcaires (Vorarlberg, Tyrol au nord de l'Inn, Préalpes de Salzbourg). À l'ouest, les cols (Fernpass, Seefeldpass) sont bas. C'est une région ouverte sur le Rhin (et le lac de Constance) et la Bavière (par le Lech). Vers l'est, la vallée longitudinale de l'Inn constitue le couloir le plus important.

À l'est de la Salzach, les calcaires donnent des reliefs karstiques grandioses. Les glaciers ont ciselé les reliefs dans cette région où les lacs, nombreux, rehaussent la beauté des paysages. La Traun et l'Enns morcellent les Préalpes calcaires. Vers l'est, les Alpes diminuent d'altitude. Certains massifs sont d'orientation sud-nord, ce qui rend les contacts montagne-plaine plus difficiles. La vallée de la Mürz n'est pas un grand axe. Par contre, le bassin de Klagenfurt, grâce à la Drave, est une vaste dépression. Le contact entre Alpes et plaine se fait par des collines tertiaires.
L'Autriche participe au monde pannonien grâce au bassin tectonique de Vienne, morcelé en plusieurs unités (Weinviertel, Marchfeld, Seewinkel). La région du lac de Neusiedl évoque déjà la plaine hongroise. Au sud le Burgenland, ancienne marche militaire, est formé de collines et de plaines marquant la transition vers la grande plaine pannonienne. Le lœss, partout présent, constitue des terroirs fertiles.
Au nord du Danube, le Mühlviertel et le Waldviertel, massifs anciens cristallins, sont des régions tabulaires, couvertes de forêts, colonisées au Moyen Âge. Le Danube s'encaisse entre Linz et Krems dans le socle cristallin, formant les paysages pittoresques de la Wachau. Après Krems, mais surtout après le bassin de Tulln, le Danube est un fleuve de la plaine pannonienne.
Le climat est largement déterminé par la présence des Alpes, véritable château d'eau. Les massifs centraux reçoivent plus de 2 m de précipitations (en partie sous forme de neige). Dans le Sud (bassin de Klagenfurt), les hivers sont moins rigoureux, moins enneigés. L'ensoleillement en altitude est élevé, expliquant le beau temps hivernal (près de 2 000 heures de soleil par an à Villach). Le fœhn est un phénomène fréquent dans les grandes vallées. Son caractère sec et chaud amène la fonte des neiges. Il peut avancer le début de la vie végétative. Les inversions de températures, en hiver, sont un autre phénomène fréquent dans les vallées. Les régions basses danubiennes, situées dans l'ombre pluviométrique des Alpes, reçoivent des précipitations plus faibles, souvent inférieures à 500 mm par an. Les étés sont chauds, mais les hivers peuvent être froids. C'est un climat de type continental, avec de fortes amplitudes thermiques annuelles.
La population

En un peu plus de cent ans, l'Autriche, dans ses limites actuelles, a vu sa population passer de 5 à plus de 8,3 millions d'habitants, la fécondité étant restée longtemps élevée. Ce dynamisme a été général à l'ensemble du pays, à deux exceptions près : le Burgenland (territoire hongrois avant 1919) et, surtout, la capitale, qui a sérieusement pâti de l'éclatement de l'Empire et a perdu quelque 500 000 résidents depuis le début du xxe s. Avec 2 millions d'habitants, Vienne demeure cependant la principale agglomération autrichienne, loin devant Graz, la deuxième ville du pays, qui abrite moins de 250 000 personnes. La densité moyenne de population (100 habitants par km2) est modérée compte tenu des contraintes du relief. Le taux de population urbaine est l'un des plus faibles d'Europe (moins de 70 %). L'Autriche est en effet parvenue à maintenir une population significative dans les campagnes : même les Länder les plus montagneux comme le Tyrol ou Salzbourg connaissent une densité de l'ordre de 50 habitants par km2.
Comme la plupart des autres pays européens, l'Autriche est confrontée au vieillissement de sa population. La fécondité (1,4 enfant par femme) et la mortalité (9 ‰) ont atteint un niveau très faible, l'espérance de vie est élevée (83 ans pour les femmes, 78 ans pour les hommes), le renouvellement des générations n'est plus assuré, l'âge moyen augmente. Les Autrichiens de plus de 65 ans représentent désormais 17 % de la population, les jeunes âgés de moins de 15 ans, 14 % seulement.
Dans sa très grande majorité (98 %), la population est d'expression allemande. Depuis une loi de 1976, six minorités de nationalité autrichienne (Croates, Hongrois, Tchèques, Slovènes, Slovaques puis, plus récemment, Rom) ont obtenu le statut de « groupe ethnique » qui leur confère un certain nombre de droits en matière linguistique. Les étrangers – environ 9 % de la population, soit l'un des taux les plus élevés d'Europe – sont soumis au « droit du sang » qui leur interdit pratiquement toute naturalisation, même s'ils sont nés en Autriche.
Après avoir été longtemps singulière, la répartition de la population active se rappoche de celle des autres pays développés. L'agriculture et la sylviculture demeurent relativement importantes, avec 5 % des actifs, de même que l'industrie (27 %), alors que, corrélativement, le secteur tertiaire fournit un peu moins de 70 % des emplois. De ce point de vue, l'Autriche se rapproche davantage de l'Italie que de la France ou de l'Allemagne. Le taux de chômage dépasse les 5 % de la population active. Le salariat prédomine largement (plus de 80 % de la population active).
L'activité économique
L'Autriche a bénéficié d'une très forte croissance économique jusque dans les années 1980, de telle sorte qu'elle possède, aujourd'hui, un P.N.B. par habitant en parité de pouvoir d'achat parmi les plus élevés du monde (38 090 dollars en 2007 ; 9e rang mondial), alors que son grand voisin l'Allemagne ne pointe plus qu'au 21e rang. Elle a donc plus que comblé le retard qui était le sien au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ce brillant résultat est le fruit d'une politique faisant une large place à l'investissement (entre 20 et 25 % du P.I.B.) et, notamment, à l'investissement productif.
Les réformes économiques : privatisations et maîtrise des dépenses publiques
La vague mondiale du libéralisme a touché l'Autriche dès les années 1980, mais le mouvement s'est amplifié avec la perspective de l'entrée du pays dans l'Union européenne. L'essentiel du vaste secteur industriel public né dans l'après-guerre avait été regroupé en 1970 dans une holding d'État, l'Ö.I.A.G. La première privatisation (partielle) intervint en 1987 et concerna le consortium pétrolier et chimique O.M.V. Les ventes d'actifs publics de l'Ö.I.A.G. se sont multipliées à partir de 1992, si bien que le programme de privatisations de la holding était pratiquement achevé en 1997.
Le modèle socio-économique autrichien avait, pour corollaire, un poids relativement important des dépenses publiques, en particulier dans les domaines de la santé (sécurité sociale) et de l'éducation, et ce malgré la faiblesse des crédits consacrés à la défense et à la sécurité. En 1995, le déficit du budget fédéral a atteint 5 % du P.I.B. ; un plan drastique d'économies (le Sparpaket) fut alors adopté et mis en œuvre. Cette politique de rigueur laissait craindre l'éclatement des structures de régulation sociale, soumises à une vive critique de la part des tenants du libéralisme et, notamment, de Jörg Haider, le leader du parti d'extrême droite F.P.Ö. Un référendum de 1996 concernant les Chambres des ouvriers et employés (l'un des organismes publics indépendants obligatoirement consultés en matière économique et sociale, y compris pour les projets de loi) a en réalité montré l'attachement des Autrichiens à la cogestion (Sozialpartnerschaft).
Les secteurs économiques
L'agriculture
La contribution de l'agriculture et de la sylviculture au P.I.B. (2 %) est nettement inférieure à leur part dans la population active. L'explication doit être cherchée dans la pluriactivité de nombreux agriculteurs/forestiers, notamment en montagne, où le tourisme, l'artisanat, voire l'industrie, apportent des compléments de revenus : les deux tiers des exploitations agricoles et sylvicoles font l'objet d'un travail à temps partiel. Moyennant quoi, et malgré des conditions naturelles assez peu favorables, l'Autriche dispose aujourd'hui de productions relativement diversifiées, allant des céréales (blé, maïs, orge) à l'élevage (bovins, porcins) en passant par la betterave à sucre, le vin et les arbres fruitiers, sans oublier la pomme de terre, autrefois dominante. Celles-ci couvrent l'essentiel des besoins intérieurs avec, cependant, quelques points faibles (oléagineux, fruits et légumes, volailles). Cette évolution favorable est le résultat d'une politique très volontariste qui a privilégié la productivité tout en luttant contre l'exode rural. La production est géographiquement spécialisée, les zones montagneuses étant essentiellement vouées à l'élevage et à la foresterie, tandis que les coteaux et les plaines (vallée du Danube, Burgenland) accueillent les cultures et la viticulture.
L'industrie
Au cours du xxe s., l'industrie autrichienne a dû s'adapter successivement à l'éclatement de l'Empire puis, sous la férule hitlérienne, à l'économie de guerre axée sur l'industrie lourde, enfin à la reconstitution de l'appareil productif détruit ou démantelé par les Alliés (en 1945, la production ne représentait plus que le tiers de celle de 1938). À cela viennent s'ajouter les contraintes économiques récentes, peu favorables aux activités minières, l'un des fondements traditionnels de la richesse autrichienne. Malgré cela, et jusqu'en 1990, l'industrie a connu un développement extrêmement rapide. L'un des secrets de cette réussite réside dans la capacité de l'Autriche à exploiter avec souplesse et opiniâtreté les ressources du pays, au premier rang desquelles une main-d'œuvre hautement qualifiée. Ainsi s'est développé un tissu industriel diversifié, formé principalement de petites et moyennes entreprises (l'effectif moyen était de 67 personnes en 1994). Beaucoup d'entre elles occupent des « niches » technologiques – et, dans une moindre mesure, artistiques – où le savoir-faire est essentiel. Celui-ci permet également à l'Autriche d'être très performante en matière d'ingénierie.
Le principal secteur d'activités est celui, très vaste, des constructions métalliques, mécaniques et électriques, qui s'appuie sur une métallurgie largement orientée vers des productions de qualité (aciers spéciaux) et sur des technologies avancées (frittage…), l'Autriche étant spécialisée, notamment, dans la fabrication de moteurs et de machines-outils. Viennent ensuite l'agroalimentaire, la chimie, le papier-carton, le textile, le verre et la porcelaine.
L'énergie, jadis fournie par des ressources locales (charbon, lignite, hydroélectricité), est devenue plus dépendante des hydrocarbures, dont l'Autriche n'est que faiblement productrice. Les trois quarts du gaz naturel consommé proviennent de Russie. Comme l'Autriche s'est interdit toute production d'énergie nucléaire (référendum de 1978), sa balance énergétique est fortement déficitaire (les importations représentent les deux tiers de la consommation), malgré un effort considérable et continu en faveur de l'hydroélectricité. Ainsi, près de 1 300 centrales hydrauliques fournissent 60 % de l'énergie électrique, leur dissémination sur l'ensemble du pays permettant aux zones montagneuses d'accueillir un certain nombre d'activités industrielles et artisanales, même si le gros des industries manufacturières se situe dans les régions de Vienne, de Graz et de Linz.
Les services
Sa situation géographique vaut à l'Autriche d'être un pays de transit qui utilise une infrastructure de transports développée (1 600 km d'autoroutes, 5 800 km de voies ferrées, trafic fluvial sur le Danube).

Le tourisme occupe une place déterminante au sein des activités tertiaires, grâce à un potentiel remarquable et bien valorisé : la montagne et les activités sportives qu'elle génère constituent son principal atout, tandis que l'histoire exceptionnelle du pays a laissé de multiples vestiges, tous soigneusement mis en valeur. Le patrimoine architectural, notamment baroque, est considérable, en particulier à Vienne. Le pays organise également de nombreux festivals de musique et d'art lyrique, le célèbre festival de Salzbourg, dédié à Mozart, attirant les mélomanes du monde entier. En 2008, le pays a accueilli 21 millions de touristes, soit plus de 2 touristes par habitant.
Une économie très ouverte
Compte tenu de la taille modeste du marché intérieur, le développement économique du pays ne pouvait guère être autarcique – agriculture mise à part – sous peine de ne pouvoir bénéficier des effets de productivité liés à la production de masse. Le déficit énergétique, l'industrie, très spécialisée, et le tourisme expliquent, pour une bonne part, l'extraversion de l'économie autrichienne. L'industrie exporte une large part de sa production (60 % pour les constructions mécaniques et électriques) et fournit l'essentiel des ventes de marchandises à l'étranger (88 %). Réciproquement, elle ne peut assurer la satisfaction de tous les besoins du pays en produits manufacturés. Au total, les exportations et les importations de biens et de services représentent plus de 70 % du P.I.B. (France : 45 %). Si la balance commerciale est en léger déficit, celle des services est excédentaire, de même que celle des investissements directs. L'Autriche accueille, en effet, plus d'investissements étrangers qu'elle n'en effectue elle-même hors de ses frontières. Ses principaux partenaires commerciaux sont les pays de l'Union européenne (environ les deux tiers des exportations et des importations), et principalement l'Allemagne. L'Europe de l'Est (Hongrie et République tchèque surtout) bénéficie d'une part importante des investissements directs autrichiens à l'étranger.
CULTURE ET CIVILISATION
Beaux-arts
Principaux centres d'art
Graz, Innsbruck, Klosterneuburg, Linz, Melk, Salzbourg, Sankt Pölten, Sankt Florian, Vienne.
Quelques architectes, peintres et sculpteurs célèbres de l'Autriche moderne
Fin xviie-xviiie s.
Fischer von Erlach, J. L. von Hildebrandt, Maulbertsch, Permoser, Prandtauer.
xixe-xxe s.
J. Hoffmann, Hundertwasser, Klimt, Kokoschka, A. Loos, O. Wagner.
Littérature
xixe s.
F. Grillparzer, H. von Hofmannsthal, N. Lenau, R. M. Rilke, L. von Sacher-Masoch, A. Schnitzler, A. Stifter.
xxe s.
I. Bachmann, T. Bernhard, H. Broch, P. Celan, H. von Doderer, J. Roth, P. Handke, K. Kraus, R. Musil, G. Trakl, F. Werfel, S. Zweig.
Musique
Moyen Âge
Art des Minnesänger, P. Hofhaimer.
xviie s.
xviiie s.
C. W. Gluck, J. Haydn, W. A. Mozart.
xixe s.
A. Bruckner, G. Mahler, F. Schubert, Johann Ier Strauss, Johann II Strauss, H. Wolf.
xxe s.
A. Berg, F. Cerha, A. Schoenberg, A. Webern.


