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Drapeau de la Slovaquie

Slovaquie

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Carton de situation

Slovaquie
en slovaque Slovensko
Nom officiel : République slovaque

État d'Europe orientale, la Slovaquie est limitée au nord par la Pologne, à l'est par l'Ukraine, au sud par la Hongrie, à l'ouest par l'Autriche et la République tchèque.

Superficie : 49 000 km2
Nombre d'habitants : 5 462 000 (estimation pour 2010)
Nom des habitants : Slovaques
Capitale : Bratislava
Langue : slovaque
Monnaie : euro

Chef de l'État : Ivan Gašparovič
Chef du gouvernement : Iveta Radičová

Nature de l'État : république à régime parlementaire

Constitution :
 Adoption : 1er septembre 1992
 Entrée en vigueur : 1er janvier 1993
 Révision : mars 1999

Institutions

Exécutif

Chef de l'État : président de la République
Chef du gouvernement : Président du gouvernement

Législatif

 Conseil national

GÉOGRAPHIE

Le milieu naturel

La Slovaquie est une région occupée aux quatre cinquièmes par les montagnes, les plaines étant au sud-est (Michalovce) et au sud-ouest (plaine du Danube). Le noyau le plus élevé est constitué par les Hautes Tatras à l'aspect alpin. Le Váh supérieur les sépare des Basses (ou Petites) Tatras, que jouxtent, au sud, les monts Métallifères slovaques. À l'ouest, entre les Tatras et les Carpates Blanches, que prolongent au sud les Petites Carpates, s'interposent les Fatry. Au nord de tout cet ensemble montagneux s'étire l'arc des Beskides. Le climat, surtout dans la plaine du Danube et ses bordures collinaires, est moins rude qu'en Bohême. La vigne pousse sur les collines. Les montagnes sont très boisées. Aux feuillus succèdent les conifères, puis la prairie alpine.

Économie

Dans les années 1950, la Slovaquie était une région économiquement plus arriérée que la Bohême. Disposant d'un potentiel industriel beaucoup plus faible, sa participation à la production nationale n'était que de 7,8 %. La richesse du sous-sol (cuivre, zinc, argent, mercure, magnésium), insuffisamment exploitée, représentait néanmoins un atout pour l'économie slovaque.

   Le développement de l'activité agricole s'est effectué sous l'impulsion du régime socialiste par une politique de production intensive. La production de céréales (blé), de betterave à sucre et de tabac tient une place importante dans les régions de plaines. Les régions montagneuses sont le domaine de l'élevage (bovin, porcin, ovin) pratiqué dans de petites exploitations.

   Le régime socialiste a tenté de réduire les différences de développement entre la République tchèque et la République slovaque. Ainsi, la Slovaquie dispose de deux centrales nucléaires (la moitié de l'électricité produite est d'origine nucléaire) et de deux centrales hydroélectriques. Elle concentre aussi des industries mécaniques (machines-outils, appareillages pour centrales nucléaires, construction navale pour le trafic fluvial, électrotechnique, téléviseurs, radios). L'industrie chimique s'est, quant à elle, développée dans la région de Bratislava. Cependant, malgré les efforts du gouvernement fédéral, la Slovaquie possédait, à la fin des années 1980, un potentiel industriel largement vétuste.

   La partition a posé des problèmes économiques au nouvel État slovaque. Le passage à l'économie de marché a entraîné la mise en place d'un processus de privatisation. L'industrie automobile représente en valeur plus du quart de la production industrielle et cette industrie constitue un fort élément de croissance pour le pays.

   La Slovaquie demeure un pays très dépendant de ses importations énergétiques, en provenance essentiellement de la Russie. Longtemps en retrait dans le processus d'intégration dans l'Union européenne, la Slovaquie a comblé son retard à partir de la fin des années 1990 avant d'être admise dans l'Union en 2004. En 2000, elle a adhéré à l'O.C.D.E.

HISTOIRE

Les origines et le Moyen Âge

Succédant aux Celtes, aux Quades, aux Marcomans, des tribus slaves, les Slovaques, s'installent à partir du IVe s. dans les Petites Carpates et dans la plaine de Pannonie. À partir du IXe s. ces Slaves participent à la brillante civilisation de la Grande-Moravie. Ils sont christianisés par Cyrille et Méthode, qui fondent l'évêché de Nitra. La conquête hongroise, au début du XIe s., les sépare des Tchèques pour plusieurs siècles. La fondation de « villes royales », où sont installés des colons allemands qui se chargent de l'exploitation minière, est pratiquée par Géza II (1141-1162), par Béla IV, qui veut réparer les ravages des Mongols (1241), par la dynastie angevine, qui a dû attendre la mort du palatin de Trenčin, M. Čák (1321), pour s'imposer en Slovaquie. Si une partie de ces cités (comté de Zips [Spiš]) est jointe par Sigismond (1412) à la Pologne, qui les gardera jusqu'en 1772, Levoča bénéficie du mécénat des Thurzó, associés des Fugger, qui exploitent les mines d'or et d'argent. Mais l'influence culturelle de la Bohême et de l'Université reste prédominante ; la propagande hussite ne pénètre que faiblement en Slovaquie.

La domination des Habsbourg

La fin du XVe et le début du XVIe s. sont marqués par d'intenses luttes sociales (révoltes paysannes, insurrection des villes minières). Après la défaite hongroise de Mohácz (1526) et l'invasion ottomane qui s'ensuit, la Hongrie des Habsbourg ne comprend plus guère que la Slovaquie, où se trouve la nouvelle capitale (Presbourg ou Bratislava) ; le pays, qui subit les incursions turques, participe activement aux révoltes contre l'Autriche. Passés au luthéranisme après 1526 et ayant adopté le tchèque pour leur liturgie, les Slovaques sont sollicités par la Contre-Réforme (fondation de l'université de Trnava, 1636). Le royaume de Hongrie reconstitué (1699), la Slovaquie va connaître une période de paix au XVIIIe s., et l'activité économique de la région, qui s'était d'abord affaiblie au profit du sud de la Hongrie, va cependant reprendre vers le milieu du siècle. En 1793, il se crée une Société des sciences de Slovaquie. La politique de germanisation entreprise par Joseph II à la fin du XVIIIe s. provoque une réaction magyare qui menace l'existence des langues slaves dans le royaume de Hongrie (lois de 1791, 1844, 1847). Alors que les écrivains Šafařík et Kollár, artisans du réveil national tchécoslovaque et du panslavisme, écrivent en tchèque, Štúr choisit pour le Journal national slovaque (1845) le dialecte de la Slovaquie centrale. Cependant la Slovaquie n'est que peu touchée par la révolution industrielle, qui profite surtout aux pays tchèques.

L'affirmation du sentiment national

Quand la révolution de 1848 rend l'autonomie politique à Budapest, l'assemblée slovaque de Liptovský Mikuláš demande l'autonomie linguistique et politique à l'intérieur de la Hongrie. Devant le refus de Kossuth, les leaders slovaques, qui participent au congrès de Prague (juin 1848), aident l'armée impériale contre les Hongrois révoltés. Mais les Slovaques se retrouvent aux prises avec ceux-ci après le compromis austro-hongrois de 1867. Les Hongrois tentent de détruire ce petit groupe national dont le centre est Turčiansky Svätý Martin, où a été créée en 1863 la Matica Slovenská, organisme culturel qui doit à la fois encourager les publications en langue slovaque et aider le développement d'écoles secondaires slovaques. Les Slovaques ne sont que des paysans. L'industrie naissante est entre des mains étrangères et la noblesse s'est laissée magyariser. Les gymnases slovaques sont fermés ; la Matica Slovenská est supprimée (1875) ; un régime de terreur et d'élections truquées pèse sur la Slovaquie ; nombre de Slovaques émigrent en Amérique. Ceux qui restent se groupent en majorité derrière le parti populiste slovaque (clérical et autonomiste) d'Andrej Hlinka, curé de Ružombeok. Lorsque l'Autriche-Hongrie s'écroule, un conseil national slovaque, rassemblé à Turčiansky Svätý Martin, réunit la Slovaquie aux pays tchèques (octobre 1918), en une Tchécoslovaquie dans laquelle l'entente entre Tchèques et Slovaques est loin d'être parfaite.

La Slovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale

Le parti populiste de l'abbé Andrej Hlinka exploite le mécontentement qui suit la crise économique mondiale des années 1930. Mgr Jozef Tiso, qui succède à l'abbé Hlinka, mort en 1938, obtient des nazis l'autonomie interne pour la Slovaquie (le 7 octobre 1938). Menacée par les revendications hongroises, la Slovaquie doit accepter l'arbitrage germano-italien de Vienne (le 2 novembre 1938), qui lui retire les régions du Sud, peuplées de Hongrois. Le 13 mars 1939, Mgr Tiso, convoqué par Adolf Hitler, se voit obligé, sous la menace d'une annexion totale à la Hongrie, de faire proclamer par la Diète de Bratislava l'indépendance de la Slovaquie (le 14 mars 1939). Le nouvel État, lié à la stratégie nazie, regroupe 2,6 millions de personnes sur un territoire légèrement plus petit que celui de l'actuelle Slovaquie. Le pays servira de base arrière à la Wehrmacht pour l'invasion du sud de la Pologne, en 1939. Une nouvelle Constitution, adoptée le 21 juillet 1939, s'inscrit dans une logique nationaliste. L'État slovaque indépendant est résolument antisémite. En ce qui concerne les persécutions contre les Juifs sur le territoire slovaque, les responsabilités de Jozef Tiso et de Vojtech Tuka (dirigeant des jeunesses militaires du parti populiste, modelées sur les S.A. allemandes) sont complètes. En août 1940, le bureau central de l'économie est chargé de confisquer les biens des Juifs, déchus de leurs droits civiques. Les Juifs sont ensuite regroupés dans les camps de Sered', Nováky et Vyhne. Expulsés de Bratislava, ils sont déportés dans les camps d'extermination de Pologne (70 000 Juifs furent déportés de Slovaquie, 65 000 n'en revinrent pas).

   En décembre 1943 est créé un Conseil national slovaque qui rassemble des non-communistes et des communistes pour combattre le pouvoir nazi. L'insurrection contre le gouvernement collaborateur de Jozef Tiso éclate finalement en août 1944. Mais les troupes allemandes entrent en Slovaquie et s'emparent de la capitale de l'insurrection, Banská Bystrica, le 27 octobre 1944. Le gouvernement et Jozef Tiso, restés à Bratislava, soutiendront jusqu'à la fin de la guerre le IIIe Reich et les unités allemandes, contre les partisans slovaques. Après la guerre, les tribunaux spéciaux condamnent 8 058 collaborateurs ; plusieurs dirigeants de l'État indépendant slovaque sont exécutés ; Jozef Tiso est pendu, en avril 1947.

La Slovaquie dans la République socialiste de Tchécoslovaquie

Le parti communiste slovaque était favorable, en 1945, à l'idée d'une autonomie de la Slovaquie, qui s'est concrétisée le 5 avril 1945. L'autonomie en question avait une dimension politique, puisqu'elle accordait de larges pouvoirs au Conseil national slovaque, mais elle était aussi culturelle. De courte durée, l'autonomie est finalement rejetée par le parti communiste, après son échec lors des élections de 1946. La question de la spécificité slovaque devient polémique. Ainsi, dans les années 1950, Klement Gottwald, secrétaire général du parti communiste et président de la République depuis 1948, fait condamner le slovaque Gustáv Husák, en 1954, en l'accusant de « nationalisme bourgeois slovaque ». Ces actions répressives accentuent le désir d'autonomie au sein de la population. À partir de 1963, l'opinion publique obtient le départ du chef du gouvernement Široký et du premier secrétaire du parti communiste slovaque Karol Bacílek, remplacé par Alexander Dubček. En 1967, les Slovaques participent à la coalition qui renverse Antonín Novotný et élit Alexander Dubček. Le printemps de Prague permettra l'obtention d'une autonomie dans un cadre fédéral (loi du 28 octobre 1968). Dès lors, aux côtés d'un gouvernement commun fédéral, deux gouvernements, tchèque et slovaque, sont mis en place. Le rôle politique de la Slovaquie se renforce avec l'accession de Gustáv Husák au poste de secrétaire général du parti communiste tchécoslovaque (entre 1967 et 1987) et au poste de président de la République (entre 1975 et 1989). Le régime communiste met en place en Slovaquie un potentiel économique surdimensionné, fondé sur de grands combinats à faibles rendements, dépendants des échanges avec l'Union soviétique. Les communistes slovaques resteront fidèles à l'idée d'une économie centralisée et étatisée, craignant que des éléments de l'économie de marché ne viennent favoriser un recentrage des fonds fédéraux vers les parties tchèques du pays. On comprend donc qu'à l'heure de la perestroïka (conception visant à réformer le système communiste sans l'abandonner), en 1987, les Tchèques préfèrent voir Miloš Jakeš, l'un des leurs, succéder à Gustáv Husák à la tête du parti communiste tchécoslovaque (PCT). Les Slovaques sont en effet soupçonnés par les Tchèques de bloquer le processus de démocratisation. Pourtant, les opposants slovaques forment, en novembre 1989, le mouvement « Public contre la violence » (VPN), l'équivalent du Forum civique tchèque. On y retrouve un ancien communiste, exclu du parti en 1970, ayant eu une activité de boxeur, Vladimír Mečiar ; un comédien, proche de Václav Havel, Milan Kňažko ; le leader des écologistes, Jan Budaj ; le futur président de la République slovaque, Michal Kováč. Ils bénéficient tous du soutien de l'ancien secrétaire du PCT de 1968, un Slovaque réformateur, écarté du pouvoir depuis vingt ans : Alexander Dubček.

   Dès les premières résistances au régime communiste à Prague, une spécificité slovaque s'affirme. La « révolution de velours » (expression employée pour expliquer la transition politique tchécoslovaque sans conflits à partir de 1989), qui a commencé à Prague, aboutit à un rassemblement de 100 000 personnes, à Bratislava, le 16 novembre 1989. Le lendemain, un gouvernement slovaque est désigné, tandis qu'à Prague des discussions sont entamées entre le PCT et une délégation du Forum civique et du VPN, sous la direction de Václav Havel. Pendant plusieurs mois, de décembre 1989 (démission de Gustáv Husák) à juin 1990 (élections qui deviennent le prélude à une démocratisation), la « révolution de velours » permet d'engager le pays dans des transformations politiques majeures, en douceur.

L'indépendance et la politique populiste de Vladimír Mečiar

En avril 1990, les députés slovaques obtiennent que la Tchécoslovaquie prenne le nom de République fédérative tchèque et slovaque. Les élections de juin sont une défaite pour les communistes. Mais si le VPN domine (29,3 %) avec ses alliés, – les chrétiens-démocrates du KDH (19,3 %) et le parti démocrate (DS, 4,3 %) –, la surprise vient du parti nationaliste (SNS), qui obtient le score inattendu de 19,2 %. Vladimír Mečiar (VPN) est nommé Premier ministre. Après la scission du Forum civique tchèque (février 1991), le VPN se scinde également et V. Mečiar fonde, en mars, son propre parti, de tendance populiste, le Mouvement pour une Slovaquie démocratique (HZDS). Démis de ses fonctions en avril et remplacé par Jan Čarnogurský, il retrouve la direction du gouvernement slovaque après la nette victoire du HZDS aux élections de 1992. Prenant acte de l'impossibilité d'un accord avec les Tchèques sur la structure de l'État (les Slovaques souhaitent une association au sein d'un État confédéral), il engage avec son homologue tchèque, Václav Klaus, un processus de partition de la Fédération. En juillet 1991, la Slovaquie proclame son indépendance et élabore une nouvelle Constitution dès le mois de septembre. Officiellement, la souveraineté devient effective le 1er janvier 1993. Le Parlement fait de Michal Kováč, membre du HZDS, le premier président de la Slovaquie indépendante.

   Pour en savoir plus, voir l'article Tchécoslovaquie.

   La politique de V. Mečiar est à la fois autoritaire et populiste. Une crise éclate en mars 1994, lorsque le gouvernement est renversé par une motion de censure. Mais la victoire du HZDS aux élections législatives anticipées de septembre-octobre 1994 (34,6 %) permet à V. Mečiar de retrouver son poste de Premier ministre. En décembre, il conclut une alliance de gouvernement avec deux partis nationalistes, l'Association pour les ouvriers (ZRS) et le parti national slovaque (SNS), mais, en 1996, ces deux partis retirent leur soutien au gouvernement, qui se retrouve privé de majorité parlementaire. V. Mečiar parvient néanmoins à se maintenir par le biais de manœuvres controversées et clientélistes nourrissant les radicalismes de gauche et de droite, jusqu'aux élections législatives de septembre 1998, qui consacrent la victoire de l'opposition : la Coalition démocratique slovaque (SDK), associée au parti de la Gauche démocratique (SDL'), au parti de l'Entente civique (SOP) et à la Coalition hongroise (SMK-MKP).

Mikuláš Dzurinda et l'intégration euro-atlantique (1998-2006)

Mikuláš Dzurinda, le nouveau président du gouvernement, veut modifier l'image son pays. À la tête d'une coalition gouvernementale rassemblant la SDK qui rassemble elle-même plusieurs partis de centre droit et de centre gauche, la SDL' et la SMK-MKP, il promeut une politique de rapprochement de la Slovaquie avec ses deux voisins – la Hongrie et la République tchèque –, destinée à favoriser son adhésion à l'Union européenne et à l'OTAN. En mai 1999, l'élection lors premier scrutin présidentiel au suffrage universel direct du pro-européen Rudolf Schuster, leader du parti de l'Entente civique, corrobore le choix européen et atlantique des Slovaques. Grâce au succès des réformes mises en œuvre par le gouvernement Dzurinda, la Slovaquie est intégrée officiellement dans le processus de négociation sur l'élargissement de l'Union au sommet d'Helsinki (décembre 1999),  ; elle adhère à l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) en 2000.

   Lors des élections législatives de 2002, les Slovaques se prononcent en faveur des réformes et de l'intégration euro-atlantique et accordent la majorité absolue aux 4 formations de centre droit pro-européennes. M. Dzurinda, président de l'Union démocrate chrétienne slovaque (SDKÚ, parti qu'il a créé en février 2000 après avoir quitté le KDH), forme une coalition de centre droit avec le parti de la Coalition hongroise (SMK-MKP), le KDH et l'Alliance du nouveau citoyen (ANO) ; bien qu'arrivé en tête du scrutin, le HZDS de l'ex-président de gouvernement populiste V. Mečiar reste dans l'opposition. Ce dernier, candidat à l'élection présidentielle des 3 et 17 avril, provoque la surprise en arrivant second au premier tour, avant est d'être finalement battu par son ancien bras droit, Ivan Gašparovič (59,91 % des voix). La Slovaquie est intégrée dans l'OTAN le 29 mars 2004 et devient membre de l'Union européenne le 1er mai.

   En dépit de francs succès économiques, fruit d'une politique de réformes libérales cohérente et rigoureuse menée sous deux mandatures, la coalition de centre droit de M. Dzurinda, ébranlée une première fois par un semi-échec aux élections régionales de novembre 2005, finit par éclater en février 2006 avec le départ des chrétiens-démocrates (KDH), opposés au rejet par le gouvernement du traité sur l'objection de conscience signé avec le Vatican.

Le gouvernement « rouge-brun » de Robert Fico (2006-2010)

Les élections législatives anticipées du 17 juin 2006 désignent l'opposition sociale-démocrate de Robert Fico comme la principale force du pays. Son parti, Smer-SD (Direction-Démocratie sociale, appellation depuis 2005 de Smer qui a absorbé en 2004 plusieurs petites formations, et notamment le parti de la Gauche démocratique [SDL']) s'impose avec 29,1 % des voix (50 sièges au Conseil national). Il est suivi par la SDKÚ-DS de M. Dzurinda (18,35 %, 31 sièges), que talonnent les nationalistes du SNS (11,73 %, 20 sièges) et la SMK-MKP de la Coalition magyare (11,68 %, 20 sièges). Le grand perdant est le HZDS qui ne conserve que la moitié de ses élus. Nommé Premier ministre, R. Fico s'allie avec le HZDS de V. Mečiar et le parti national slovaque (SNS) de Jan Slota pour former un gouvernement de coalition « rouge-brun ». Cette alliance avec l'extrême droite provoque la résurgence des tensions avec la minorité magyare et vaut au Smer-SD une suspension provisoire du parti socialiste européen. Le gouvernement Fico confirme l'orientation européenne et atlantique de la Slovaquie, son attachement à l'économie de marché, au pacte de stabilité et aux critères de Maastricht. Le 1er janvier 2009, la Slovaquie est, après la Slovénie, le deuxième pays d'Europe centrale à adopter la monnaie unique européenne. Le 4 avril 2009, le président sortant I. Gašparovič est réélu au second tour de l'élection présidentielle avec 55,5 % des voix, face à la sociologue Iveta Radičová, la candidate de l'opposition, 44,4 %, et la première femme slovaque à aller aussi loin dans une course présidentielle. Aux élections européennes de juin 2009, le Smer-SD arrive en tête (la Slovaquie est le seul pays où le parti de gauche au pouvoir remporte le scrutin) avec 32,02 % des suffrages (5 sièges). Avec ses partenaires populiste du HZDS, qui recueille 8,98 % des voix, et nationaliste du SNS (5,56 %), il dispose d'une confortable avance devant l'opposition libérale et conservatrice ; la SDKU obtient 16,99 % des voix ; en nette progression, le parti de la Coalition hongroise (SMK) réalise, avec 11,34 % des voix, son meilleur score électoral depuis 20 ans.

   Les relations avec la Hongrie, difficiles depuis la chute du communisme, s'enveniment avec l'adoption en juillet 2009 d'une nouvelle loi sur la langue d'État, qui interdit l'utilisation orale et écrite des langues minoritaires dans les administrations et oblige à l'utilisation prioritaire du slovaque partout dans les espaces publics. Dans son ensemble, la minorité hongroise de Slovaquie rejette l'initiative lancée en mai par Budapest d'accorder des passeports aux « Hongrois de l'étranger ». Frappée par la crise financière internationale, la Slovaquie connaît la plus forte récession depuis son indépendance.

Le retour du centre droit (2010-)

Lors des élections législatives du 12 juin 2010, la Slovaquie bascule à droite. Le Smer-SD arrive en première position avec 34,79 % des voix (62 sièges). Il est suivi par la SDKÚ-DS de (15,42 % des voix, 28 sièges) dont la tête de liste est l'ancienne candidate à la présidentielle de 2009, I. Radičová, M. Dzurinda ayant préféré se désister. Liberté et Solidarité (SaS), parti de l'économiste Richard Sulik, ancien conseiller de I. Radičová arrive en troisième position avec 12,15 % des voix (22 sièges). Le Mouvement chrétien-démocrate (KDH) de l'ex-commissaire européen Ján Figel obtient 8,52 % des voix (15 sièges). Le SMK ne franchit pas le seuil des 5 % pour entrer au Conseil national ; la seule formation représentant la minorité hongroise depuis 1998 est en effet concurrencée par Most-Híd (« Le Pont » en slovaque et en hongrois, parti de tendance sociale libérale fondé en juin 2009 par Bela Bugar exclu de la SMK-MKP par des dirigeants plus radicaux, et partisan du dialogue entre la population slovaque et la minorité magyare), qui obtient 14 sièges (8,13 % des suffrages). Le parti national slovaque (SNS), avec 5,09 % des voix obtient 9 sièges, tandis que le HZDS de V. Mečiar recueille un score trop faible pour sièger au Conseil national. Faute de partenaires, R. Fico renonce à former un gouvernement. I. Radičová, vice-présidente de la SDKÚ-DS, après avoir trouvé un accord avec le SaS, le Mouvement chrétien-démocrate (KDH) et Most-Híd sur un programme de stabilisation des finances publiques et de relance des réformes, devient, le 8 juillet, la première femme nommée à la tête d'un gouvernement slovaque, M. Dzurinda, président de la SDKÚ-DS, y détenant le ministère des Affaires étrangères.

   Pour en savoir plus, voir l'article littérature slovaque.

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