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Ve République

Charles de Gaulle
Charles de Gaulle

Régime de la France fondé par la Constitution du 4 octobre 1958.

La Ve République est, comme les régimes républicains qui l'ont précédée, issue d'une crise : celle de la guerre d'Algérie, qui ramène au pouvoir le général de Gaulle en mai 1958 et provoque la fin de la IVe République.

Portée par les espoirs de la Libération, la IVe République est un régime très parlementaire que fragilisent les querelles de partis, de courants et de personnes. La grande instabilité ministérielle qui en découle empêche toute politique d’envergure tandis que la France doit évoluer dans un contexte marqué par la guerre froide et les guerres coloniales.

Les institutions de la Ve République, inspirées notamment des idées du général de Gaulle, mettent en place un régime semi-présidentiel. La Constitution de 1958 juxtapose effectivement un régime de type présidentiel – le président de la République, chef de l'État, dispose de nombreuses prérogatives, dont le droit de dissoudre l'Assemblée nationale – et un régime de type parlementaire, caractérisé par le renforcement du pouvoir que détient le Premier ministre, chef du gouvernement.

La Constitution de la Ve République a fait la preuve de sa flexibilité en permettant, à plusieurs reprises, l'alternance politique aux plus hautes responsabilités de l'État, ainsi que la « cohabitation » d'un président de la République et d'un Premier ministre de bords politiques opposés. Elle se caractérise par la stabilité de la vie politique, favorisée par la réorganisation de l’échiquier politique autour de deux grands partis.

1. La République gaullienne (1958-1969)

1.1. Deux moments forts

La vie politique des années 1960 est marquée par l'élection présidentielle de 1965 et la crise de mai 1968.

Après avoir fait campagne sur le thème « moi ou le chaos », le général de Gaulle n'est élu qu'au second tour de scrutin. L'élection de 1965 révèle les rapports de force, tendant à la bipolarisation du paysage politique français, en même temps que la montée du mécontentement.

Les événements de mai 1968, qui ont leur source dans une révolte étudiante, reflètent un malaise politique et social. Les revendications des jeunes traduisent la contestation de l'ordre établi, allant jusqu'au refus de l'autorité, la dénonciation de la société de consommation et, plus globalement, un conflit de générations (→ événements de mai 1968). Malgré la victoire écrasante de sa majorité aux élections législatives de juin 1968, le fondateur de la Ve République ne se remettra pas du soulèvement de mai. Le 27 avril 1969, constatant l'échec de son référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, le général de Gaulle démissionne.

1.2. La politique étrangère

De 1962 à 1969, deux traits dominent la politique étrangère gaulienne : l'obsession du rang de la France dans le monde et l'affirmation de l'indépendance nationale, en particulier à l'égard des État-Unis. Le retrai des forces françaises du commandement intégré de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord), en 1966, de même que l'instauration d'un dialogue avec l'URSS et la reconnaissance de la République populaire de Chine procèdent de cette politique.

En matière européenne, de Gaulle plaide pour une Europe des patries, organisée autour de l'axe franco-allemand.

Le contexte économique est encore favorable : la présidence du général de Gaulle, puis celle de Goeorges Pompidou sont marquées par le taux de croissance qui caractérise ces années qu'on appelle les Trente Glorieuses (1949-1975).

Pour en savoir plus, voir les articles Charles de Gaulle, gaullisme.

2. Georges Pompidou (1969-1974) et Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981)

La sensibilité de Georges Pompidou, ancien Premier ministre de de Gaulle, diffère notablement de celle du général. Le nouveau président, élu en juin 1969, s'efforce d'être populaire, tout en mettant l'accent sur la modernisation du pays et le développement économique. Avec lui, le gaullisme s'institutionnalise, les objectifs demeurant l'indépendance et la grandeur nationales, ainsi que l'autorité de l'État. La maladie emporte le président Pompidou le 2 avril 1974.

Valéry Giscard d'Estaing, représentant de la pensée libérale, lui succède, alors que le premier choc pétrolier (1973) et la détérioration de la situation économique modifient les conditions d'exercice du pouvoir. Les premières réformes vont dans le sens de l'adaptation de la législation à l'évolution des mœurs : l'âge de la majorité est abaissé à 18 ans, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est légalisée. Les liens entre le pouvoir et les médias se détendent progressivement.

Le président veut donner de la France une image moins arrogante, en particulier en matière de construction européenne, et exprime des vues communes avec le chancelier social-démocrate de la République fédérale d'Allemagne, Helmut Schmidt. La fin du septennat est rendue difficile par les « affaires » qui se succèdent et par la fronde des gaullistes.

Pour en savoir plus, voir les articles Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing.

3. Le double septennat de François Mitterrand (1981-1995)

Le 10 mai 1981, François Mitterrand, rénovateur du parti socialiste (PS) en 1971, est élu à la présidence de la République avec une partie des voix gaullistes. Les élections législatives qu'il provoque, en juin, consacrent la victoire des partis de gauche, favorisée par l’usure de la droite et par le déclin du parti communiste (PCF), sur fond d’aggravation de la situation économique.

Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, la gauche est au pouvoir. Il s'ensuit une vague de réformes qui visent à transformer la société – abolition de la peine de mort, légalisation des radios privées, dépénalisation de l'homosexualité – et à faire progresser les acquis sociaux – semaine de 39 heures, cinquième semaine de congés payés, retraite à 60 ans, régularisation de la situation de certains immigrés clandestins, hausse du SMIC et des allocations familiales.

Mais le contexte économique continue de s'alourdir. Les réformes sont alors freinées, et une politique d'austérité est mise en œuvre.

Cette rigueur, jointe à la montée du chômage, provoque la défaite de la majorité de gauche sortante lors des élections législatives de 1986. Celles-ci créent une situation inédite – la « cohabitation » : le président de la République est obligé de nommer au poste de Premier ministre un adversaire politique, en l'occurrence Jacques Chirac, leader du Rassemblement pour la République (RPR). Cette situation modifie les rapports de force entre les deux têtes de l’exécutif et tend à affaiblir le pouvoir.

Réélu pour un second septennat en 1988, le président Mitterrand fait campagne en faveur du traité de Maastricht, qui est ratifié de justesse, par référendum, en 1992. Dans un contexte de persistance de la crise économique, ce second mandat est marqué par la multiplication des scandales politico-financiers. La défaite de la gauche aux élections législatives de mars 1993 lui impose une deuxième période de cohabitation. Le pouvoir du chef de l'État est affaibli par les polémiques sur son passé et par la disparition dramatique du Premier ministre Pierre Bérégovoy, le 1er mai suivant.

Pour en savoir plus, voir l'article François Mitterrand.

4. Jacques Chirac (1995-2007)

4.1. La troisième cohabitation (1995-2002)

À l”élection présidentielle de 1995, lÉlysée revient à Jacques Chirac, élu sur les thèmes du changement et de la réduction de la fracture sociale. Mais la politique de rigueur de son Premier ministre Alain Juppé soulève le mécontentement et, dès 1997, la dissolution de l'Assemblée nationale est suivie d'une troisième période de cohabitation.

Lionel Jospin prend la tête d'un gouvernement de la gauche dite « plurielle », comprenant notamment des ministres communistes et des Verts. C'est ce gouvernement qui fait voter les lois sur la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires (1998 ; 2000) et qui gère le passage de la France à l'euro.

L’adoption du quinquennat (réforme constitutionnelle de 2000) pour le mandat présidentiel, qui atteste l'évolution doctrinale des gouvernants de la Ve République, vise à réduire les risques de cohabitation en alignant la durée du mandat présidentiel sur celle du mandat de l’Assemblée nationale.

4.2. La percée du Front national

Candidats l'un et l'autre à l'élection présidentielle de 2002, Jacques Chirac et Lionel Jospin se préparent à être les adversaires du second tour. Or, le premier tour de scrutin crée une situation à tous égards inédite en cumulant les effets de l'abstention (28,4 %) et de la force du vote dit « protestataire », qui profite à l'extrême gauche (10,44 % des voix) et surtout à l'extrême droite (19,2 % des voix). Si le président sortant (19,88 %) arrive en tête, le Premier ministre socialiste (16,18 %) est devancé par Jean-Marie Le Pen (16,86 %), représentant du Front national (FN), et est éliminé de la course à l'Élysée. Les forces de gauche décident alors de contribuer à la réélection de Jacques Chirac, qui recueille ainsi 82,22 % des voix.

La présence d’un candidat de l’extrême droite au second tour témoigne de son rôle de premier plan sur l’échiquier politique français depuis sa réapparition brutale dans les années 1980. Avec un programme basé sur la préférence nationale et la lutte contre l’immigration, le FN récolte les fruits de la crise économique, et de son corollaire l’exclusion sociale, et du déclin du parti communiste.

4.3. Le quinquennat (2002-2007)

Les élections législatives qui suivent, en juin 2002, apportent une nette majorité (399 sièges sur 577) à la droite modérée. Celle-ci, entre-temps, s'est restructurée en donnant naissance à une alliance électorale : l'Union pour un mouvement populaire (UMP). La lutte contre l'insécurité, la politique de décentralisation (dont le premier volet est le nouveau statut de la Corse, soumis à référendum le 6 juillet 2003 mais rejeté par une majorité d'électeurs), la baisse progressive de l'impôt sur le revenu et la réforme des retraites sont les chantiers prioritaires du gouvernement conduit par Jean-Pierre Raffarin.

Le fait marquant du début du quinquennat de Jacques Chirac se situe toutefois en politique extérieure. Face à la volonté des États-Unis dirigés par George W. Bush de faire la guerre en Iraq afin d'en chasser le régime de Saddam Husayn, le chef de l'État, soutenu par une grande partie de l'opinion publique tant en France qu'à l'étranger, déclare user, s'il le faut, du droit de veto de la France au Conseil de sécurité de l'ONU pour empêcher cette guerre, qu'il estime contraire au droit international. Dès lors, il contraint les États-Unis, ayant pour principal allié le Royaume-Uni, à déclencher leur offensive sans l'aval des Nations unies.

Deux échecs successifs marquent cependant le second mandat de J. Chirac. En 2004, l'électorat se sert des élections régionales pour renouer par d'autres voies avec l'esprit de la cohabitation : ainsi, 20 exécutifs régionaux sur 22 ont un président de gauche. En 2005, le projet de Constitution pour l'Europe que le chef de l'État soumet à référendum (29 mai) gomme certains clivages gauche-droite, mais se heurte à une alliance de mécontents, qui fait passer le « non » avec près de 55 % des voix.

Appelé au poste de Premier ministre, Dominique de Villepin doit plus que jamais combattre sur le front de l'emploi, tout en gérant les tensions internes à sa majorité. Pour la première fois sous la Ve République, le chef du gouvernement n'est plus le seul à exercer le leadership. Ce dernier lui est contesté par son propre ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui est aussi le président de l'UMP. De leur côté, les centristes de l'Union pour la démocratie française (UDF), groupés autour de François Bayrou, sont décidés à jouer leur va-tout politique.

L'explosion du « mal des banlieues », en 2005, et, en 2006, l'hostilité soulevée par le projet de « contrat première embauche » (CPE), destiné aux jeunes de moins de 26 ans, montrent les limites du « modèle social » à la française auquel s'identifiait la Ve République.

Pour en savoir plus, voir l'article Jacques Chirac.

5. Nicolas Sarkozy (2007-2012)

5.1. Un mandat de rupture

L’élection présidentielle de 2007 ouvre la voie à une nouvelle génération politique, incarnée par Nicolas Sarkozy et par Ségolène Royal, candidate de la gauche. Au second tour, Nicolas Sarkozy, qui réalise sur son nom l'union des droites – comme jamais sous la Ve République –, l’emporte avec 53,06 % des voix. Son mandat, placé sous le signe de la rupture et de la nécessaire réforme du pays, est renforcé en juin à l’issue des législatives qui donnent au nouveau gouvernement une confortable majorité et au chef de l’État les mains libres pour mettre en œuvre son programme.

Le président entend être présent sur tous les fronts – intérieur mais aussi international (et notamment européen, avec l'adoption d'un traité simplifié destiné à remplacer la Constitution précédemment rejetée en 2005) – au point d’éclipser ses ministres et le premier d’entre eux, François Fillon.

Dès les premiers mois sont votés nombre de projets inscrits dans le projet du candidat : autonomie des universités ; peines plancher et récidive des mineurs ; service minimal dans les transports terrestres ; renforcement du « bouclier fiscal » et abaissement des prélèvements sur les successions ; détaxation des heures supplémentaires ; immigration ; environnement…

Mais la multiplication tous azimuts des initiatives (réforme de la Constitution, accrocs au modèle républicain laïc, contrôle explicite de l’audiovisuel public, réorganisation de la carte militaire nationale et des services publics, adoption d’un revenu de solidarité active) comme les orientations néo-libérales et très nettement atlantistes de l’équipe au pouvoir (intégration de la France dans l’OTAN en 2009) désorientent vite l’opinion. En même temps, la détérioration prononcée de conjoncture économique fait douter de la pertinence des programmes mis en œuvre par le président et du bien-fondé de son activisme. Par ailleurs, l’affichage de la vie privée du chef de l’État qui divorce de son épouse et se remarie dans la foulée (2008) affecte sensiblement son image et sa cote de popularité.

5.2. La rupture avec l'opinion

Les scrutins successifs témoignent de cette désillusion et défiance accrue. Les élections municipales de 2008 sont un désastre pour la droite et ravigorent l'opposition. Les remaniements techniques, les succès sur la scène internationale, européenne notamment (2009), et le volontarisme affiché pour faire face à la crise financière majeure qui, à l’automne 2008, menace de faire plonger la planète dans une terrible dépression, n’y peuvent rien.

L'arrivée en tête de l'UMP aux élections européennes de 2009 et le score très médiocre d'un PS encore divisé et talonné par Europe Écologie-Les Verts (EE-LV) masquent un véritable étiage des forces de droite (40 %), tandis que la récession et les réformes (territoriale, des services publics, de l’enseignement…) continuent de plus belle à agréger des mécontentements attisés par une série d’affaires au sommet de l’État. L’adoption par N. Sarkozy et ses lieutenants d’un discours de plus en plus droitier et populiste ne parvient pas davantage à les faire taire.

Le résultat des élections régionales de 2010 a valeur d'avertissement. La droite de gouvernement s’effondre (autour de 35 %). Le PS dépasse l'UMP et redevient, non seulement le premier parti du pays, plus que jamais ancré dans les territoires, mais encore la composante dominante à gauche. Suit le Front national (FN), stimulé par les débats sur l'identité nationale. L'union des forces de gauche au second tour réalise une performance historique (54 % des voix) et, non contente de conserver les 20 Régions métropolitaines qu'elle dirigeait, leur ajoute la Corse. À droite, la sévérité de la défaite remet en cause la double stratégie présidentielle du parti unique et du siphonnage des voix du FN.

Soucieux de couper cours à la fronde qui monte des rangs de la majorité, N. Sarkozy décide d'adresser des signes à son électorat (agriculteurs, entrepreneurs, retraités) et renonce à la mise en place d’une taxe carbone. Pour apaiser des marchés de plus en plus inquiets de l’état financier des pays de la zone euro, et contre la mobilisation populaire, il fait passer une réforme du régime des retraites.

Mais les élections cantonales de 2011 constituent un nouveau revers pour l’UMP, désormais ouvertement menacée par le FN. S’ensuit le basculement historique du Sénat à gauche du Sénat.

Avec les primaires (EE-LV, PS) et des stratégies d’union (Front de gauche), l’opposition se met en ordre de bataille pour l’échéance de la présidentielle de 2012. La campagne, âpre, oppose le président sortant à son challenger socialiste, François Hollande. Fait sans précédent dans la Ve République, celui-ci devance le président sortant au soir du premier tour. Marine Le Pen arrive troisième, avec un score également historique. Les autres prétendants, comme Jean-Luc Mélenchon ou F. Bayrou, et a fortiori les « petits » candidats sont marginalisés.

Le Front de Gauche et les Verts se rallient derrière F. Hollande, tout comme en somme F. Bayrou qui se prononce à titre personnel pour ce dernier. N. Sarkozy accentue dès lors son orientation très droitière sans pour autant obtenir le soutien de M. Le Pen, qui, elle, fait savoir qu’elle votera blanc.

Le résultat du 6 mai, plus serré qu’annoncé mais toujours marqué par une participation élevée (plus de 80 %), donne F. Hollande vainqueur, avec 51,6 % des voix. Lavant l’affront du 21 avril 2002, et comme dans une répétition du 10 mai 1981, celui-ci devient le septième président de la Ve République et le second socialiste à accèder à cette fonction.

Pour en savoir plus, voir l'article Nicolas Sarkozy.

6. La présidence de François Hollande

6.1. Rigueur et épreuves des débuts

À son entrée en fonction, F. Hollande nomme Jean-Marc Ayrault à la tête d’un gouvernement paritaire qui dispose très vite, à l’issue des élections législatives de juin, remportées par le PS et ses alliés, d’une confortable majorité à l’Assemblée nationale. L’équipe, de la sorte reconduite, a les coudées franches pour mener à bien la restauration des comptes publics qui était la priorité affichée par le candidat socialiste. Prônant l’austérité, elle revient sur les cadeaux fiscaux octroyés lors du précédent quinquennat et fait adopter le traité budgétaire européen tout en promouvant finalement un choc dit de compétitivité destiné à mieux armer l’industrie française dans la compétition internationale.

Mais l’impression que le gouvernement donne de tarder à mesurer l’ampleur de la crise et la montée inexorable du chômage, associées aux hésitations de ses principaux leaders comme aux manifestations d’indépendance de sa majorité dans les deux chambres, sont sources de désillusions et accentuent le fossé entre la classe politique et le corps social, d’où la poussée d’un populisme dont ne profite guère à court terme le principal parti d’opposition, l’UMP, déchiré dans sa lutte pour la succession de N. Sarkozy.

Au début de 2013, l’intervention française au Mali et l’accord entre partenaires sociaux pour la sécurisation de l’emploi et la compétitivité des entreprises, puis le vote de la loi sur le mariage pour tous ne permettent guère au chef de l’État, au gouvernement et au PS de retrouver grâce auprès de l’opinion : l’affaire Cahuzac, qui voit le ministre du Budget forcé en mars à la démission pour avoir caché l’existence d’un compte bancaire en Suisse, les discrédite un peu plus et semble devoir faire le jeu avant tout du Front national, plus que jamais en embuscade.

Impuissant à conjurer l’atonie de l’activité, la hausse du chômage et les mouvements de fronde fiscale qui agitent un peu partout le pays, le gouvernement ne bénéficie guère de la réforme des retraites qu’il a négociée en septembre 2013, ni du pacte de responsabilité en faveur des entreprises qu’il met en avant à l’orée de 2014. Au contraire : consacrant la politique de l’offre choisie par le président, ces mesures mécontentent une partie de sa base qui s’abstient massivement lors des élections municipales de mars et inflige au PS en particulier et à la gauche en général une cinglante déroute. Celle-ci perd quelque 155 villes de plus de 10 000 habitants, dont des bastions comme Limoges, Niort, Nevers, Roubaix ou Pau, au profit de l’UMP et de ses alliés centristes, ainsi que du Front national qui, avec la conquête de 11 villes et un total de 1 400 conseillers, confirme son implantation locale.

6.2. En quête d’un rebond  ?

L’ampleur de la sanction contraint F. Hollande à se séparer de J.-M. Ayrault et de le remplacer par Manuel Valls à la tête d’un gouvernement remanié et resserré. Toutes choses qui n’empêchent pas au scrutin européen de la fin mai de faire figure de séisme politique : arrivé en tête, le FN obtient près de 25 % des voix, loin devant une UMP empêtrée dans les conflits de personnes et les affaires (20,79 %) et un PS au plus bas, avec moins de 14 % des suffrages.

Pour en savoir plus, voir l'article France : vie politique depuis 1958.