La percée de ce mouvement d'extrême droite constitue l'une des données importantes de la vie politique française depuis le milieu des années 1980. Aux termes des élections législatives de 1986 (au scrutin proportionnel), le Front national, avec 9,73 % des voix, obtient 35 sièges de députés et forme un groupe parlementaire. Le retour au scrutin majoritaire ne lui assure plus qu'un seul représentant à l'Assemblée nationale en 1988, aucun en 1993. Pourtant, centrant son discours sur l'immigration et l'insécurité, le FN parvient à canaliser des mécontentements très divers et son audience croît régulièrement dans toutes les couches sociales. Les élections municipales de 1995 confortent son implantation locale, notamment dans le midi de la France. Mais en 1999, la scission organisée par Bruno Mégret qui crée le Mouvement national républicain (MNR), est perçue comme le « commencement de la fin » d'un parti au chef vieillissant. Le résultat des municipales de 2001 semble confirmer cette analyse. C'est pourquoi le score de Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2002, le 21 avril, fait l'effet d'un coup de tonnerre, en France et dans le monde entier. Avec 16,86 % des voix, le président du FN élimine le candidat socialiste, le Premier ministre Lionel Jospin, et affronte Jacques Chirac au second tour. B. Mégret (2,34 %) se rallie immédiatement à sa candidature, alors que tous les partis républicains appellent à voter Chirac. Avec 17,7 % des voix, J.-M. Le Pen est sévèrement battu au second tour, mais il apparaît que les électeurs de l'extrême droite ont confirmé leur vote : ainsi 5,5 millions de Français adhèrent à un programme résolument archaïque (sortie de l'Union européenne, abandon de l'euro) et xénophobe (la « préférence nationale »). Si le Front national n'obtient pas de très bons scores dans l'Ouest, le Sud-Ouest et la région parisienne, il confirme son enracinement dans le Sud-Est (Régions PACA, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon) et réalise une percée spectaculaire dans le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et, dans une moindre mesure, en Alsace. Subissant un net recul au premier tour des élections législatives (9 juin), le FN recueille 11,1 % des suffrages exprimés ; il ne dispose d'aucun siège à l'Assemblée.
Demeuré stable à l'issue des élections cantonales et régionales des 21 et 29 mars 2004 (14,7 % et 12,5 %), le parti d'extrême droite obtient un résultat mitigé aux européennes du 13 juin (9,8 %, 7 sièges). En revanche, il essuie un sérieux revers à l'élection présidentielle de 2007, J.-M. Le Pen n'obtenant que 10,4 % des suffrages, soit une perte d'environ un million de voix par rapport à 2002, essentiellement au profit de Nicolas Sarkozy. Cette contre-performance trouve une confirmation lors des législatives de juin 2007, puisqu'au premier tour, malgré l'appel lancé aux électeurs, le parti ne réunit que 4,2 % des voix et n'est en mesure de présenter au second tour qu'un seul candidat, en l'occurrence la fille de son leader – Marine Le Pen – battue à Hénin-Beaumont (avec 41,6 % des suffrages). À l'effritement de son électorat, aux problèmes financiers ainsi qu'aux conflits internes et récurrents sur les choix stratégiques s'ajoutent les querelles de succession, J.-M. Le Pen ayant annoncé son intention de quitter ses fonctions après le congrès de 2010. En recueillant 6,34 % des voix aux élections européennes de juin 2009, le parti frontiste n'obtient que 3 députés. Marine Le Pen, qui réalise (pour la région nord-ouest) le meilleur score du parti avec 10,18 %, voit sa position dans la course à la succession de son père renforcée, et ce d'autant que lors du scrutin municipal partiel qui se tient à Hénin-Beaumont au tournant de juillet, la liste FN, dont elle est numéro 2, arrive en tête au premier tour et dépasse les 47,6 % au second tour. Aux régionales de 2010, capitalisant sur les déçus du sarkozisme de même que sur les dégâts suscités par la crise économique, et profitant des débats à propos de l'identité nationale et du port du voile intégral, le FN relève la tête et obtient le 14 mars plus de 11,7 % des suffrages (20,3 % pour J.-M. Le Pen en Provence-Alpes-Côte d'Azur, 18,3 % pour M. Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais). En mesure de se maintenir dans 12 Régions la semaine suivante, il augmente son score dans celles-ci, où il atteint en moyenne les 17 % (et respectivement près de 22,9 % et 22,2 % pour le leader du parti et sa fille).
Lors du XIVe congrès du parti qui se tient les 15 et 16 janvier 2011 à Tours, M. Le Pen, donnée largement favorite, est élue avec 67,65 % des voix à la tête du FN, succèdant à son père, qui est élu président d'honneur.
Pour en savoir plus, voir l'article Histoire de la France.