SERVICES
Article Larousse
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail
Les Verts, Conseil national, 1997

Les Verts

En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse

Les Verts, abréviation de Les Verts, Confédération écologique – Parti écologiste

Parti politique français formé en 1984 par le regroupement de plusieurs mouvements sur le modèle des Verts allemands (Die Grünen).

1. Du mouvement au parti : les années 1970-1980

Les Verts sont en quelque sorte les enfants de mai 1968 et du Club de Rome. Ce dernier, en 1972, publie un rapport significativement appelé « Halte à la croissance », d'inspiration malthusienne, qui dénonce vigoureusement le gaspillage des ressources naturelles par les sociétés industrielles. Les premiers mouvements écologiques naissent à cette époque. Ils sont multiples, divers, généralement liés à des luttes précises : contre l'implantation de centrales nucléaires militaires (Larzac) ou civiles (Plogoff). Ce foisonnement, associé à un rejet des appareils des partis, explique le « spontanéisme » qui va longtemps caractériser l'écologie politique en France, comme le « ni droite ni gauche » prôné par de nombreux militants et certains dirigeants.

2. Naissance et consolidation du parti : les années 1990

Le parti Les Verts naît officiellement le 29 janvier 1984 à Clichy, lors du Congrès qui unifie les deux formations intéressées par l'écologie politique (Confédération et Parti écologistes). L'histoire du parti des Verts, marquée par d'interminables débats internes et de nombreuses querelles de personnes, est jalonnée d'événements significatifs : l'échec relatif de la liste Europe-Écologie, conduite par Solange Fernex aux élections européennes de 1979, qui prélude à un déclin de plusieurs années ; le choc provoqué en avril 1986 par l'accident de la centrale nucléaire soviétique de Tchernobyl, qui donne une véritable audience aux Verts ; le redressement de 1989 avec 1 400 élus aux municipales et 10,6 % aux européennes pour la liste d'union conduite par Antoine Waechter ; la concurrence, au cours des années 1980, entre Les Verts et Génération Écologie, dont le leader, Brice Lalonde, va accepter de participer aux gouvernements de Michel Rocard et d'Édith Cresson ; enfin, l'élection de Marie-Christine Blandin à la présidence de la Région Nord-Pas-de-Calais en 1992 grâce à une alliance avec les socialistes et les communistes, ce qui anticipe sur l'évolution du parti.

3. L'ancrage à gauche

En effet, sous l'impulsion de Dominique Voynet, Les Verts adoptent en 1995 une motion qui prévoit une alliance électorale avec les partis de gauche. La jeune leader entre au gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin en 1997, démarche qui est approuvée par l'électorat vert, puisque la liste conduite par Daniel Cohn-Bendit obtient 9,7 % des voix aux élections européennes de 1999, devançant le parti communiste. Cette situation est confirmée par la présidentielle de 2002 : malgré un changement in extremis et déroutant de candidat, Les Verts emmenés par Noël Mammère recueillent 5,25 % des suffrages, qui en font le second parti de gouvernement de la gauche. Ayant recueilli 4,44 % des suffrages exprimés au premier tour des élections législatives du 9 juin, ils parviennent à maintenir 3 députés à l'Assemblée, mais leur secrétaire nationale, D. Voynet, est sévèrement battue. Sous la conduite de Gilles Lemaire à partir de janvier 2003, Les Verts augmentent légèrement leur nombre d'élus lors des régionales de mars 2004 ; ils voient, en revanche, leur score s'effriter aux européennes du 13 juin, à l'issue desquelles ils obtiennent 7,2 % des suffrages et 6 députés. À Yann Wehrling, élu secrétaire général du parti en janvier 2005, succède, en décembre 2006, Cécile Duflot. Désignée péniblement candidate des Verts à l'élection présidentielle de 2007 à l'issue d'un imbroglio interne dommageable, encore une fois, à l'image du parti et à la crédibilité politique de ses leaders, D. Voynet ne parvient à réunir que 1,57 % des suffrages. Contre toute attente, Les Verts réussissent à faire élire leurs 3 députés sortants pourtant en difficulté au premier tour des législatives de juin 2007, ainsi qu'un quatrième représentant. Ces derniers rejoignent les communistes pour former un groupe parlementaire.

4. L'alliance avec Europe Écologie

À l'issue de leur congrès national (décembre 2008), qui réélit Cécile Duflot au poste de secrétaire national, Les Verts affichent leur unité. La motion intitulée « L'alternative écologiste », résultant de la fusion de 4 des 6 textes soumis au vote des militants en novembre 2008 prône une « décroissance sélective équitable et solidaire » et annonce la participation active des Verts au regroupement des écologistes aux élections européennes de juin 2009. Bénéficiant des talents de rassembleur de D. Cohn-Bendit qui réussit à réunir Les Verts et leurs concurrents environnementalistes, ainsi que de la mauvaise image dont pâtit le parti socialiste (PS), Les Verts obtiennent, grâce à leur alliance au sein d'Europe Écologie, 16,28 % des voix (14 élus, contre 6 auparavant), leur meilleur score. Ils parviennent à asseoir cette recomposition ainsi que le succès électoral qui s'en est suivi dans la durée puisqu'au premier tour du scrutin régional de mars 2010 leurs listes atteignent 12,5 % des suffrages. L'union réalisée presque partout avec le PS et ses alliés permet au mouvement de bénéficier de la poussée de la gauche et d'accroître très sensiblement le nombre de ses représentants au sein des conseils territoriaux. La concrétisation de l'ancrage des Verts dans le pays rebat les cartes au sein de l'opposition, faisant de ceux-ci, et non plus du MoDem, les principaux associés putatifs des socialistes. Leur recentrage, dénoncé par la députée de Paris, Martine Billard, qui rejoint en juillet 2009 le parti de Gauche, semble à l'inverse susceptible de séduire d'anciens soutiens de François Bayrou, à l'instar de Corinne Lepage et de son mouvement Cap 21 même si cette dernière finit par choisir de faire cavalier seule, pour se présenter en son nom à la présidentielle de 2012. En juillet 2010, la candidate de la gauche, la Verte Anny Poursinoff bat son concurrent UMP lors d'une législative partielle dans un bastion de la droite, Rambouillet, entérinant à la fois la crédibilité du parti et le bien-fondé de sa stratégie.

5. Naissance d'Europe Écologie – Les Verts

Le 13 novembre 2010, lors d'assises nationales à Lyon, Europe Écologie fusionne avec Les Verts pour donner naissance à un nouveau mouvement : Europe Écologie - Les Verts, présidé par Cécile Duflot.

   Avec 15 000 adhérents annoncés, cette force vise à fédérer l'ensemble des familles de l'écologie politique même si en définitive elle ne semble conférer à sa composante dominante qu'un peu plus de poids. La nouvelle formation n'en concrétise pas moins les progrès électoraux jusque là enregistrés par les Verts lors des cantonales de mars 2011, où, avec 8,2 % des voix au premier tour, ils constituent le seul parti à obtenir plus de suffrages que lors de la précédente consultation de 2004 et à doubler leur score. De fait, avec 2,7 % au second tour, ils multiplient par deux leur représentation dans les conseils généraux, portée désormais à 27 (soit 16 sièges supplémentaires).

   La motion de C. Duflot, qui prône une participation active du mouvement à la présidentielle contre la proposition faite par D. Cohn-Bendit de s'effacer derrière le prétendant socialiste moyennant un accord généreux pour les législatives de 2012, l'emporte et reconduit celle-ci à la tête du parti.

   Les primaires pour désigner le candidat aux élections à la fonction suprême s'engagent alors, opposant essentiellement l'ex-magistrate Eva Joly derrière laquelle C. Duflot s'est rangée un an plus tôt, et le présentateur de TF1 Nicolas Hulot. Manquant de peu d'être élue au premier tour (49,75 % des voix des militants, contre 40,2 % pour son principal rival), la première se voit confier le 10 juillet, avec 58,2 % des suffrages, la charge de porter les couleurs des écologistes le 10 juillet pour la campagne de l'élection prsidentielle 2012.

   Pour en savoir plus, voir les articles Bündnis 90/Die Grünen, écologie, France : vie politique depuis 1958.

Plan de l'article