SERVICES
Article Larousse
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail
Fonctionnement de l'Internet

Internet

En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse

Internet (abréviation de INTERnational NETwork, réseau international)

Réseau télématique international, qui résulte de l'interconnexion des ordinateurs du monde entier utilisant un protocole commun d'échanges de données (baptisé IP pour Internet Protocol et spécifié par l'Internet Society, ou ISOC) afin de dialoguer entre eux via les lignes de télécommunication (lignes téléphoniques, liaisons numériques, câble).

Cet article fait partie du DOSSIER consacré à l'information et du DOSSIER consacré à l'informatique.

L'Internet (en abrégé le Net) est communément appelé la « Toile » (en anglais, Web, « toile d'araignée »), ou WWW (World Wide Web, « réseau mondial »), ou W3. L'accès au réseau est ouvert à tout utilisateur, dit « internaute », ayant obtenu une adresse auprès d'un organisme accrédité (fournisseur d'accès Internet).

Le « réseau des réseaux »

Le réseau Internet fonctionne de façon décentralisée, sans dépendre d'une administration ou d'un ordinateur central. Destiné, à l'origine, à mettre en relation chercheurs et militaires aux États-Unis, il dépasse aujourd'hui, très sensiblement, l'univers des centres de recherche et des universités des pays industrialisés. Réseau informatique globalisant, l'Internet participe largement à la structuration du « village planétaire », utopie décrite dans les années 1970 par le sociologue canadien Herbert Marshall McLuhan. Du fait du nombre de personnes qu'il permet d'atteindre, ce moyen de communication sans précédent donne naissance à de nouveaux types d'interactions et de communications dont les conventions sociales, techniques, juridiques, économiques sont en cours de définition et de mise en œuvre.

   Pour se raccorder à l'Internet, le particulier doit équiper son ordinateur d'un modem, puis ouvrir un compte auprès d'un fournisseur d'accès (le provider), qui lui fournira un identifiant personnel sous la forme notamment d'une adresse de messagerie.

Le lexique de l'Internet

 

Histoire de l'Internet

L'aventure, tout à la fois politique, technologique et sociale du réseau Internet a commencé dans le contexte de compétition, aux implications scientifiques et militaires, dû à la guerre froide. En 1957, le département d'État à la Défense des États-Unis crée l'Agence pour les projets de recherche avancée (Advanced Research Project Agency, ou ARPA), afin de mettre sur pied un réseau de télécommunications informatique qui permette aux chercheurs universitaires et aux fournisseurs militaires de s'échanger des données et de coordonner leurs activités. En 1962, l'US Air Force commande à la Rand Corporation un rapport sur la vulnérabilité des réseaux de télécommunications en cas de conflit. Le rapport livré par Paul Baran souligne la centralisation excessive de certains réseaux et le manque d'autonomie de fonctionnement des nœuds intermédiaires de communication par rapport aux centres de contrôle en cas de destruction du réseau ; la mise hors d'usage du noyau central aurait pour conséquence la paralysie de l'ensemble.

Arpanet

C'est aux chercheurs de l'ARPA qu'est confiée la mission de développer un réseau expérimental qui répondrait à la nouvelle approche stratégique préconisée par le rapport Rand. Le réseau Arpanet (Advanced Research Project Agency NETwork), réseau à commutation par paquets, est testé le 21 novembre 1969 : à l'aide d'une ligne téléphonique, une liaison est effectuée entre deux ordinateurs, respectivement installés à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA) et à l'Institut de recherche de Stanford. En décembre, le réseau est étendu à l'université de Californie à Santa Barbara et à l'université de l'Utah.

   Le projet Arpanet satisfait plusieurs objectifs. Le réseau utilise des technologies éprouvées et des équipements disponibles sur le marché, ce qui le rend évolutif. D'autre part, il n'est pas tributaire d'un centre de contrôle : au noyau central traditionnel est substituée une architecture composée d'une multitude de connexions, dont la configuration globale évoque une toile d'araignée ; chaque ordinateur du réseau peut ainsi communiquer avec tous les autres ordinateurs. De 1970 à 1980, le réseau Arpanet s'étend d'abord aux universités américaines dont les recherches concernent la défense. Puis le réseau est séparé en deux : Milnet, réservé aux militaires, et Arpanet. Ces deux réseaux demeurent interconnectés grâce à la technique appelée Internet Protocol (IP), qui permet l'échange de données entre réseaux dotés d'équipements informatiques différents. Au milieu des années 1980, les agences de recherche du gouvernement américain confient à la National Science Foundation (NSF) la charge de se substituer à l'ARPA pour donner à l'ensemble des institutions universitaires un accès au réseau, voire pour développer ce dernier à l'échelon international en prenant acte de la détente survenue dans les relations Est-Ouest. De fait, le réseau NSFnet, capable d'une transmission à grande vitesse, connaît un essor remarquable.

   Jusqu'en 1991, et la création du Commercial Internet Exchange, les utilisations à caractère commercial sont bridées par les préceptes édictés dans l'AUP (Acceptable Use Policy), qui établit que le NSFnet a pour vocation exclusive de soutenir la recherche et l'enseignement. Pour répondre à la demande pressante des entrepreneurs, un second réseau national est mis au service des entreprises à caractère commercial. Parallèlement, des tractations s'engagent au niveau politique pour céder le réseau NSFnet au secteur privé. En 1995, NSFnet est remplacé par un ensemble de grands réseaux interconnectés (ANSnet, MCInet, CompuServe, etc.), lesquels proposent à leurs clients l'accès à l'Internet.

La « Toile » ou Web

Étroitement associé au développement de l'Internet, le Web rend l'Internet accessible au grand public en présentant les informations sous une forme multimédia et interactive. Sa conception est due au Britannique Tim Berners-Lee et à son équipe du Cern (également appelé Laboratoire européen pour la physique des particules), à Genève, et sa finalité est de répondre aux problèmes de création et de partage des informations entre groupes de chercheurs, notamment avec ceux du NCSA (National Center for Superconducting Application). Le Web fonctionne selon un modèle « client-serveur » : le client émet une requête vers un serveur et lui demande la communication d'un document ; le serveur reçoit la demande et retourne les fichiers au client ; celui-ci reçoit le document, et le logiciel spécialisé qu'il utilise, appelé « logiciel de navigation » ou « navigateur » (browser), réalise la mise en page.

   Développé en commun par le Cern et le NCSA, le programme Mosaic (mis en service en 1993) est une interface universelle utilisant les techniques de l'hypertexte et du multimédia. Distribué gratuitement par téléchargement, Mosaic permet une consultation aisée des serveurs du réseau Internet et illustre ce qu'est un hypertexte : il suffit de cliquer sur un mot ou une illustration pour se connecter à une autre zone machine du réseau. Au lieu d'obéir à un modèle hiérarchique, la recherche d'informations sur le Web se fait donc selon un modèle de type multimédia : la technologie permet de s'affranchir de l'aspect linéaire des documents. Devenu public dès 1991, le Web connaît une croissance considérable du nombre de services proposés. En 1994, d'une scission du groupe de développement de Mosaic sont nés une nouvelle entreprise, Netscape Corporation, et un nouveau produit commercial, Netscape Navigator. Depuis lors, de nombreux services d'index et de recherche d'informations, les moteurs de recherche, se sont créés.

   Dopé par la généralisation de la transmission de données en haut débit (via le câble, le satellite, ou encore la connexion ADSL) et par la banalisation des usages des micro-ordinateurs dans les foyers et dans les entreprises, l'Internet est devenu socialement et économiquement quasi-incontournable en tant que vecteur de diffusion et de communication et de recherche d'informations. Ainsi, estimé, en 2005, à plus d'un milliard, le nombre des internautes dans le monde devrait pratiquement doubler d'ici 2010. En France, on dénombrait environ 15 millions d'internautes en 2005.

Les enjeux de l'Internet

Changer les comportements

L'essor de l'Internet constitue une innovation majeure dans le domaine des communications : c'est un vivier d'idées. C'est aussi un outil de désenclavement : où qu'il soit dans le monde, un internaute peut « surfer » sur le Net et ainsi accéder à des produits, à des services d'information, voire effectuer une transaction. Mais l'Internet ne fait pas l'unanimité. Pour ses détracteurs, il contribue à une détérioration du tissu social en favorisant une forme de communication sans contact réel. L'Internet rapproche-t-il les gens ou, au contraire, contribue-t-il à l'individualisme ? En fait, il offre bien un moyen supplémentaire de communication interpersonnelle, internationale et interculturelle, comme la lettre ou le téléphone.

   Les implications de l'Internet dans la vie quotidienne sont multiples. Le réseau offre la possibilité de « télégérer » des opérations financières : par exemple, acheter tel produit, commander tel voyage. Il peut simplifier les démarches administratives ou bancaires, grâce à des guichets électroniques qui évitent un déplacement ou l'envoi d'un courrier.

   Le commerce en ligne (e-commerce) constitue avec la messagerie (le courriel) deux applications particulièrement porteuses.

   Grâce au réseau haut débit, les opérateurs de télévision diffusent des bouquets de chaînes dont certaines peuvent être téléchargées et visionnées à la carte.

   Enfin, la téléphonie sur IP permet de communiquer de façon illimitée et à moindre coût via Internet, en s'affranchissant ainsi des opérateurs de télécommunications traditionnels.

   Au-delà, l'Internet devient un enjeu social. Avec son développement, un nombre croissant d'emplois n'ont plus lieu d'être. Des activités comme, par exemple, la presse, la distribution ou l'édition sont à l'aube de profondes mutations. À l'inverse, de nouveaux métiers apparaissent, dont un nombre important en relation directe avec la mise en place fonctionnelle de l'Internet et des systèmes d'information qui lui sont liés. Par ailleurs, l'Internet induit une évolution de la notion de travail : il n'est plus nécessaire d'être physiquement présent sur un lieu ; une tâche peut être effectuée à distance (télétravail), ce qui suppose une nouvelle appréciation du temps de travail et de la relation entre l'employeur et l'employé.

   L'Internet peut aussi favoriser le passage à la démocratie électronique. Il permet le dialogue direct avec les candidats à une élection ou, de façon permanente, avec les leaders des grands partis politiques. Il devient lui-même une sorte de parti des citoyens et influe de plus en plus sur la vie politique. En France, la puissance de l'Internet en tant qu'outil de communication dans le débat démocratique s'est concrétisée pour la première fois en 2005 lors du débat national sur le projet de constitution européenne. Le vote par Internet est l'objet d'âpres débats : l'expérience tente plusieurs gouvernements dans le monde mais elle suscite des craintes, et notamment celles de marginaliser les électeurs qui ne s'habitueraient pas à un type de scrutin à distance ou d'introduire des possibilités techniques de manipulation, voire de fraude électronique.

Faire circuler l'information

La circulation d'informations joue un rôle majeur dans l'économie contemporaine. Le réseau propose différentes formes de recherche de ces informations. La participation à des forums de discussion (newsgroups) spécialisés, car classés par thème, permet de commencer ou de compléter une recherche. Le réseau UseNet (Unix User NETwork) rassemble ainsi les internautes qui échangent des idées ou des informations sur les forums de discussion et les ordinateurs connectés qui échangent des messages (news) ; les thèmes des forums sont des plus divers, et les groupes de discussion se créent souvent spontanément, à l'occasion d'événements importants sur la scène internationale. Les articles qui en sont issus, appelés « contributions », peuvent contenir toutes sortes de fichiers informatiques. Les listservers sont les serveurs qui permettent de recevoir – en fonction, le plus souvent, de mécanismes d'abonnement – les news par courrier électronique (en anglais, e-mail, ou, en français, « mél » ou « courriel ») et donc de tenir les forums de discussion.

   Apparus en 2004, les blogs s'imposent en tant qu'outils de discussion et de diffusion d'informations personnelles. Le blog s'apparente à un journal intime, publié sur un site web, qui peut être lu mais également complété ou commenté par les internautes visitant le site. L'internaute est devenu contributeur du Net : c'est l'ère du Web 2.0. Parallèlement, les entreprises mettent de plus en plus en place des blogs professionnels ou d'entreprise pour se rapprocher de leurs clients, susciter du buzz, créer un esprit d'entreprise, etc.

Communiquer et vendre

La présence des entreprises sur le réseau prend des formes diverses, de la simple présence « médiatique » au serveur transactionnel qui permet de consulter un catalogue, de comparer puis de choisir un produit et enfin de procéder à son achat en ligne. Grâce au courrier électronique, l'Internet propose à l'entreprise – de même qu'à toute institution – un outil de communication externe, qui lui permet de diffuser ses messages (informations sur ses produits et services, annonces de recrutement…) à l'intention des internautes et d'organiser le travail à distance avec ses collaborateurs reliés au réseau. Mais la messagerie électronique lui offre aussi un outil de communication interne (intranet), qui est à l'usage de ses personnels pour qu'ils réalisent des gains de temps dans leurs relations professionnelles.

   Pour l'entreprise, l'objectif primordial reste la vente. À cet égard, l'Internet assure l'essor du commerce électronique (cybercommerce ou e-commerce). Les pages d'accueil du Web, faisant place à la publicité de marque, sont âprement convoitées. Le téléchargement direct sur les autres pages du réseau permet d'offrir à la vente des produits sans cesse diversifiés. Par exemple, l'édition s'est mise à l'heure de la cyberlibrairie et les grands magasins ou les hypermarchés ont ouvert leurs propres sites de distribution. On observe toutefois, sous la forme de « spams », une invasion parasite de l'écran par des messages publicitaires que les annonceurs expédient aux internautes en captant l'adresse électronique de ces derniers à leur insu ; ce « spamming », non sollicité et souvent massif, nécessite le recours à des filtres et incite certains fournisseurs d'accès à la mise en place de parades dont l'efficacité reste toutefois aléatoire.

   L'un des principaux enjeux économiques tient à l'association de la technologie de l'Internet et de celle de la téléphonie mobile. Ainsi, le protocole WAP (Wireless Application Protocol) offre une passerelle entre le portable muni d'un écran – ou tout autre périphérique sans fil compatible – et le serveur Web : il utilise à cette fin un langage conçu pour les écrans de petite taille, ne disposant pas d'outils de navigation comme le clavier et la souris.

Les risques inhérents à l'Internet

Les risques liés à la croissance

La vitesse de transmission des données sur l'Internet fait que ce dernier concurrence les moyens traditionnels de diffusion de l'information, en premier lieu la presse écrite, de même que des modes de transmission comme le courrier ou le fax. Mais la dimension mondiale du réseau accroît les difficultés à la fois pour repérer l'information utile et pour vérifier sa fiabilité. L'édition sur le Web ignore les filtres que constituent d'ordinaire les éditeurs traditionnels. De fait, le Web peut être un véhicule redoutable de rumeurs, notamment par le biais des news. Des informations erronées peuvent se propager avec d'autant plus de rapidité que l'anonymat des émetteurs les met à l'abri des plaintes.

Les risques liés à la sécurité et à la confidentialité

L'accès à l'Internet expose l'entreprise comme le particulier aux risques d'intrusion et donc aux risques de vol ou de destruction d'informations, par le biais de virus. En outre, l'achat sur l'Internet est subordonné à la protection de la confidentialité des données lors d'échanges transitant par le réseau et nécessitant une carte bancaire. La combinaison du filtrage (pare-feu), du cryptage, de l'authentification et du contrôle d'accès aux outils et applications permet de lutter contre les tentatives de communications indésirables. Toutefois, la cybercriminalité, pratiquement inconnue il y a moins de dix ans, prend de l'ampleur et devient un sujet de préoccupation majeur pour la plupart des États.

Les risques liés à la sauvegarde de la propriété intellectuelle

La question du respect des droits d'auteur sur le Web se pose avec acuité. En la matière, ce dernier n'est pas une zone de « non-droit » : la législation sur le droit d'auteur protège toute œuvre originale, « quels qu'en soit le mode ou la forme d'expression ». Elle s'applique donc à la numérisation, qui est l'expression, sous une forme spécifique, d'une œuvre. De fait, si la communication d'une œuvre entre deux personnes au moyen du courrier électronique ne constitue pas une communication publique, la diffusion d'une œuvre protégée sur un service d'information est assujettie au droit d'auteur. Sa consultation, autorisée dans le cadre de la consultation particulière, encore que la consultation d'une œuvre sous une forme numérisée suppose la copie de cette œuvre (téléchargement), ne constitue en rien une cession de droit à la reproduire ou à la diffuser.

   Le débat est complexe. La multiplication des réseaux « peer to peer », qui permettent l'échange de fichiers audiovisuels (musique, vidéo, jeux vidéo, etc.), reste au cœur de l'actualité juridique et économique. Plusieurs logiques s'affrontent. La première est basée sur un échange libre et gratuit. Les ayants droit ne perçoivent alors aucune rémunération. La seconde repose sur le paiement par l'internaute d'une redevance forfaitaire perçue par le fournisseur d'accès et reversée à des sociétés de répartition de droits d'auteur. Enfin, la troisième suppose le versement de droits d'auteur pour chaque œuvre protégée et téléchargée. Ces différentes solutions se heurtent à des contraintes techniques importantes ainsi que d'ordre juridique.

Les risques liés au respect de l'éthique

Peut-on tout diffuser sur l'Internet ? Quelle position les pouvoirs publics doivent-ils adopter face au réseau des réseaux ? Le développement rapide des services sur l'Internet a pris de cours le législateur, et le régime juridique qui leur est applicable reste empirique. L'article 2 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 définit en tant que communication audiovisuelle « toute transmission, émission ou réception de signes, de signaux, d'écrits, d'images, de sons ou de renseignements de toute nature ». Cette définition, volontairement large, inclut les services du Web. Mais la profusion d'informations confère au réseau une envergure qui rend difficile le seul recours à des lois nationales. De fait, des casinos virtuels peuvent étendre leur clientèle en s'affranchissant de toute réglementation ; plusieurs sites ont mis en vente des objets nazis ; d'autres font commerce de la pédophilie. Il reste à élaborer une déontologie et une législation de l'Internet. La notion de responsabilité est au centre des débats : les forums de discussion, par les contenus qu'ils véhiculent, posent clairement le problème de la responsabilité des internautes et/ou de celle des fournisseurs d'accès au réseau. La loi sur l'économie numérique telle qu'elle doit s'appliquer en France, faisant obligation aux hébergeurs d'exercer un contrôle a priori sur les sites Internet français et aux fournisseurs d'accès de filtrer les sites étrangers, soulève parmi eux une vive émotion, relayée par les utilisateurs du haut débit.

Les questions d'avenir pour l'Internet

Être ou ne pas être internaute ?

L'Internet est le média d'avenir de l'ère postindustrielle. Or, son développement suscite diverses interrogations. Elles tournent en premier lieu autour de la « nouvelle économie » – la netéconomie –, dont l'importance semble avoir été anticipée. Les contre-performances du Nasdaq ont des incidences à la baisse sur l'ensemble des indices de valeurs boursières. La « bulle » Internet a explosé en 2001. En France notamment, beaucoup de jeunes pousses, les start up, ont alors disparu. Depuis, les investisseurs sont devenus beaucoup plus prudents ; ils exigent, avant toute prise de décision en matière de participation, des garanties nettement plus élaborées et contraignantes sur les plans de la pérennité technique et de la rentabilité commerciale.

   L'Internet a vocation à être grand public. Il faut pourtant se demander s'il ne contribue pas à creuser le fossé qui sépare les catégories sociales entre elles et les peuples entre eux. Surfer sur le Net implique d'avoir les moyens d'acquérir l'outil informatique, de le faire fonctionner et de le perfectionner (par exemple, en changeant de modem pour accéder au haut débit et en adoptant l'ADSL). L'idée d'une société technologique globale, du « village planétaire », se heurte à la réalité des clivages Nord-Sud, riches-pauvres, villes-campagnes, jeunes-moins jeunes. Ainsi, en 2004, le nombre d'internautes sur le continent africain (11,1 millions) était plus de vingt fois plus faible qu'en Europe (221 millions). Sa croissance est cependant nettement plus élevée en Afrique qu'en Europe (respectivement 105 % an et 30 % par an sur la période 2005-2006).

   En France, plusieurs études montrent que le profil de l'internaute a très sensiblement évolué. Hommes et femmes arrivent pratiquement à égalité en matière d'usages de l'Internet. Par ailleurs, la baisse sensible des tarifs d‘abonnement et du prix moyen des micro-ordinateurs participent directement à la « démocratisation » des usages de l'Internet qui n'est désormais plus réservé aux plus haut revenus comme c'était encore le cas en 2001. Étudiants, retraités, personnes à la recherche d'emploi, inactifs, sont connectés (en moyenne à 40 %). En revanche, c'est toujours dans les agglomérations supérieures à 100 000 habitants (avec, en tête, Paris, Lille, Lyon et Marseille) que la densité d'internautes est la plus forte et dans les zones rurales qu'elle reste faible, malgré de nombreux efforts des collectivités territoriales associées aux opérateurs en matière de déploiement d'infrastructures.

L'Internet à l'horizon 2010

Un réseau Internet d'une nouvelle génération, dit Internet 2, a été lancé dès 1996. Tant en raison de la complexité des équipements que du coût des transmissions, il pose avec encore plus d'acuité la question de la démocratisation de son accès. Utilisant une large bande passante, il est ultrarapide.

   Internet 2 se fonde sur deux concepts forts. L'un est la multidiffusion, qui permet à un flux simple de données de se diviser en plusieurs flux parvenant simultanément à des destinataires différents. L'autre est la priorisation des données, qui permet de les traiter dans un ordre d'urgence (par exemple, des images chirurgicales seront transmises avant le courrier électronique).

   La personnalisation des usages en fonction de chaque utilisateur fait également l'objet de recherches poussées. L'objectif est d'améliorer la relation entre les utilisateurs et d'amoindrir les contraintes techniques et l'ergonomie, qui restent à ce jour prédominantes. Le partage de ressources, les requêtes d'informations basées sur des moteurs de recherche innovants capables de s'adapter à chaque profil en recourant à la notion de sémantique et le recours à l'intelligence artificielle sont également des facteurs clés.

   Ainsi, l'Internet de demain se caractérisera par la dimension relationnelle et sociale de ses usages ainsi que des plates-formes de services qui leur seront associées. Ses outils, en cours de développement, et notamment ses moteurs de recherche, seront orientés vers l'utilisateur, rompant ainsi avec l'approche informatique et technicienne qui a prévalu au cours des trente premières années de l'Internet.

Plan de l'article
À voir aussi dans Larousse
Médias
  • Chômage, A.N.P.E. et Internet
  • Commerce électronique
  • Cybercafé
  • Fonctionnement de l'Internet
  • Netscape
  • Téléphoner via Internet
Encyclopédie

Voir plus

Chronologie