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francophonie

Drapeau de la francophonie
Drapeau de la francophonie

Ensemble des pays qui ont en commun l'usage, total ou partiel, de la langue française.

Le français dans le monde

Parlé sur les cinq continents, le français est, selon les cas, seule langue officielle d'un État, langue officielle parmi d'autres langues officielles ou nationales, langue d'enseignement, de culture ou de communication. Ainsi, on dénombre dans le monde plus de 110 millions de francophones réels (ceux qui pratiquent le français comme langue première, langue seconde ou langue d'adoption), plus de 60 millions de francophones occasionnels dans l'espace francophone et, hors de ce dernier, entre 100 et 110 millions de francisants (ceux qui apprennent le français).

Le français est seule langue officielle en France et dans la principauté de Monaco. En Belgique (où il est parlé au titre de langue maternelle dans la Région wallonne et dans celle de Bruxelles-Capitale), en Suisse (où il est parlé au titre de langue maternelle dans la partie romande) et au Luxembourg, il est langue officielle parmi d'autres. En outre, il est pratiqué à des titres divers (langue officielle, vernaculaire ou véhiculaire) en Amérique : au Canada (essentiellement au Québec, mais aussi par certaines populations de Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, du Manitoba, de l'Alberta) et Haïti ; en Afrique : dans les trois pays du Maghreb, en Côte d'Ivoire, au Cameroun, en République du Congo, en République démocratique du Congo et dans une dizaine d'autres États d'Afrique noire (plus Madagascar, Maurice, les Comores et les Seychelles) ; en Asie : au Liban, au Cambodge, au Laos et au Viêt Nam ; en Océanie : au Vanuatu. Dans les départements et territoires d'outre-mer français, il est en concurrence avec un créole lui-même d'origine française. Enfin, il s'est maintenu à titre résiduel dans le Val d'Aoste en Italie, dans les îles Anglo-Normandes, en Louisiane aux États-Unis et dans le territoire de Pondichéry en Inde.

Le français est la neuvième langue parlée dans le monde. En Europe, il est devancé par l'allemand au nombre de locuteurs.

L'idée de francophonie

C'est en 1880 que le géographe Onésime Reclus (1837-1916) introduit le terme de « francophonie » en se livrant à une classification des peuples qui prend la langue comme critère. La francophonie exprime alors l'idée d'une communauté d'hommes répartis dans le monde et parlant le français, mais elle ne s'impose pas chez les lexicographes. Seul le terme de « francophone » fait son entrée dans le Larousse du xxe siècle en 1932.

Première étape vers la reconnaissance d'une réalité francophone, l'Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (U.I.J.P.L.F.) est créée en 1950. Puis, en 1960, la Conférence des ministres de l'Éducation nationale des pays francophones (CONFEMEN) et, en 1961, l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (A.U.P.E.L.F.) voient le jour.

En 1962, la revue Esprit consacre un numéro au « français langue vivante ». L'écrivain et président sénégalais Léopold Sédar Senghor (1906-2001) y signe un article qui est le premier à doter la francophonie d'un contenu culturel. Celui-ci va être lui-même à l'origine de toute l'organisation institutionnelle à caractère géopolitique destinée à constituer dans le monde une zone d'influence comparable au Commonwealth britannique. D'autres chefs d'État, tels que Habib Bourguiba en Tunisie, Hamani Diori au Niger, Charles Hélou au Liban ou Norodom Sihanouk au Cambodge, apportent leur caution à l'idée de francophonie. Au fur et à mesure de l'accession à l'indépendance des anciennes colonies de la France, la coopération que le général de Gaulle met en place lui confère son contenu proprement politique. La langue française devient alors un moyen d'échange en faveur du développement économique en même temps qu'un moyen de communication dans le cadre du dialogue Nord-Sud.

La francophonie institutionnelle

La Conférence des États francophones, qui se réunit pour la première fois en 1969 (sous l'égide d'André Malraux, ministre des Affaires culturelles), consacre l'essor d'un mouvement fondé sur des actions multilatérales. Un organisme intergouvernemental est créé à cette fin : l'Agence de coopération culturelle et technique (A.C.C.T.). La France et les pays d'Afrique partageant une même communauté de langue resserrent leurs liens de manière privilégiée ; le sommet franco-africain de 1973 est un premier aboutissement de cette politique. En 1984, le Haut Conseil de la francophonie, mis en place par décret du président de la République, traduit la volonté de la France socialiste de prolonger certaines orientations majeures du gaullisme, et, en 1986, Paris accueille le premier Sommet de la francophonie.

De l'A.C.T.T. à l'Organisation internationale de la francophonie

L'un des buts de l'A.C.T.T., dès sa fondation, a été d'élargir la représentativité de la francophonie à des États – tels que l'Eacute;gypte – où le français est peu parlé. En 1995, elle prend le nom d'Agence intergouvernementale de la francophonie, avant de prendre celui d'Organisation internationale de la francophonie (O.I.F.) [officiellement adopté lors d'une conférence interministérielle de la francophonie à Antananarivo en 2005]. La charte qui la régit devient elle-même la Charte de la francophonie.

Dans le rôle qui lui est dévolu, l'Organisation internationale de la francophonie agit principalement pour favoriser l'expansion du français et sauvegarder son statut de langue internationale. En visant à donner à la langue française une identité durable dans le monde, la Charte de la francophonie se présente comme l'instrument même qui doit satisfaire à sa promotion sur les plans linguistique et culturel, en particulier dans le riche domaine de la littérature et de la presse francophones, dans ceux de l'éducation et de la formation, des sciences et des techniques – avec une priorité aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Un autre de ses aspects est d'établir un système institutionnel dont les objectifs sont ouvertement politiques : il s'agit, entre autres, de contribuer au développement de la démocratie, à la prévention des conflits et à la défense des droits de l'homme.

La politique francophone

Trois instances mettent en œuvre la politique francophone : la Conférence des chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français en partage (dite aussi le « Sommet »), qui se réunit tous les deux ans et qui élit pour un mandat de quatre ans le secrétaire général de la francophonie, considéré comme la clé de voûte du système ; la Conférence ministérielle de la francophonie, qui se compose des ministres des Affaires étrangères (ou des ministres de la Francophonie) ; le Conseil permanent de la francophonie, qui est présidé par le secrétaire général de la francophonie.

L'Agence intergouvernementale de la francophonie est l'opérateur principal des programmes de coopération culturelle, éducative, scientifique, technique, économique et juridique décidés par les chefs d'État et de gouvernement. Le Sommet dispose de quatre autres opérateurs directs pour mener à bien sa politique : l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française, à laquelle est adjointe l'Université des réseaux d'expression française (A.U.P.E.L.F.-U.R.E.F.) ; TV5, la télévision internationale francophone ; l'université Senghor d'Alexandrie, ouverte en 1989 ; l'Association internationale des maires et responsables des capitales et des métropoles partiellement ou entièrement francophones (A.I.M.F.).

À ce dispositif institutionnel s'ajoutent des missions spécifiques : celles de l'Assemblée internationale des parlementaires de langue française (A.I.P.L.F.), qui est reconnue comme l'organe consultatif de la francophonie ; celles des services culturels de la France à l'étranger, présents dans environ 170 pays, et celles des 220 Alliances françaises, qui forment aussi un vaste réseau dans le monde.

Au Québec, où le français est langue officielle, c'est l'Association canadienne d'éducation de langue française (A.C.E.L.F.), créée en 1947, qui assure le rayonnement de la culture française, en liaison avec les divers ministères de l'Éducation au Canada et les organismes institutionnels de la francophonie.

La francophonie en devenir

Langue de la diplomatie en Europe jusqu'à la fin du xixe s., le français est encore utilisé de nos jours à l'O.N.U., à l'Unesco et, à égalité avec l'anglais, dans les institutions de l'Union européenne ; un programme, adopté en 1999, vise à étendre son usage dans l'ensemble des organisations internationales. Il demeure aussi l'une des langues officielles du mouvement olympique. Chaque année, l'Académie française décerne le grand prix de la francophonie à « une personne physique francophone qui, dans son pays ou à l'échelle internationale, aura contribué de façon éminente au maintien et à l'illustration de la langue française ».

Francophonie et démographie

L'avenir de la francophonie se mesure au poids démographique des francophones. Dans son analyse, Onésime Reclus prévoyait déjà que ceux-ci seraient, à terme, moins nombreux en Europe qu'en Amérique et en Afrique confondues. De fait, c'est le continent africain, où ils forment 11 % de la population totale, qui en rassemble le plus grand nombre. Avec des taux de natalité avoisinant ou dépassant les 40 ‰, l'Afrique noire francophone apparaît même comme la principale réserve démographique de la francophonie. Ce rôle, toutefois, est tempéré par deux facteurs objectifs : la scolarisation et le plurilinguisme. Ainsi, dans une région du monde où l'analphabétisme est largement répandu (le Niger, le Burkina Faso et le Sénégal faisant partie des dix pays du monde où le taux d'analphabétisme des plus de quinze ans est le plus fort), le taux de scolarisation ne progresse que lentement, et encore faut-il se demander si le français n'est pas avant tout la langue d'enseignement de l'élite urbanisée. D'où les réflexions qui se font jour sur la place qu'il doit avoir à l'école dans le cadre du plurilinguisme : d'une part, il donne accès à la culture mondiale ; d'autre part, il peut être, pour des populations d'enfants issus de milieux ne parlant que les langues africaines, un handicap qui accroît les risques d'échec scolaire. Toujours est-il que les États africains francophones, dans leur ensemble, n'ont pas remis en question la place du français dans l'enseignement. S'agissant des idiomes indigènes circulant à l'intérieur de leurs frontières, ils se sont parfois contentés de leur donner le rang de « langue nationale ».

Francophonie et éducation

L'avenir de la francophonie passe aussi par la vitalité de l'enseignement de la langue française et des autres matières en français. Dans le monde, quelque 900 000 professeurs (regroupés pour la plupart au sein d'une fédération internationale) dispensent l'enseignement du français, et l'on estime à plus de 80 millions le nombre d'élèves qui l'apprennent, soit dans le cadre scolaire, soit au titre de la formation continue.

Le bilinguisme est un des aspects que revêt l'enseignement dans l'espace francophone. Au Viêt Nam, par exemple, près de 700 classes bilingues existent dans le primaire et le secondaire. L'accent y est mis sur l'enseignement du français, tout autant que sur celui des mathématiques, de la physique et de la biologie. L'objectif est de former de futurs bacheliers aptes à poursuivre des études supérieures soit au Viêt Nam, dans les filières de l'Agence universitaire de la francophonie (voir plus loin), soit dans les universités d'autres pays francophones. Les enseignants des classes bilingues sont eux-mêmes l'objet d'une formation particulière, assurée par des Français, des Belges ou des Canadiens. L'enjeu est donc de faire du français l'instrument de l'insertion des jeunes générations dans le monde de demain.

L'Agence universitaire de la francophonie

Issue de l'A.U.P.E.L.F., l'Agence universitaire de la francophonie (A.U.F.) a le statut d'opérateur spécialisé pour l'enseignement supérieur et la recherche. Les programmes qu'elle met au point contribuent à la construction et à la consolidation d'un espace scientifique francophone, à destination notamment des internautes. Dans cet espace entrent environ 400 établissements d'enseignement supérieur et de recherche, qui disposent chacun d'une page d'information particulière, et plus de 350 départements d'études françaises, qui offrent la possibilité de bourses d'échanges et de bourses de perfectionnement destinées aux filières francophones. De ce vaste complexe interactif émanent des réseaux dits « institutionnels », qui, toutes disciplines confondues, pratiquent la coopération universitaire à l'échelle planétaire.

Cette coopération en réseau s'articule aussi autour des centres SYFED-REFER, qui assurent une représentation décentralisée de l'A.U.F. dans le monde francophone, et prioritairement dans les pays du Sud. Constitués en bases de ressources, ils offrent un accès privilégié aux grands réseaux d'information et servent de structures relais à l'Université virtuelle francophone (U.V.F.). Associant les universités de pays aux niveaux de développement très différents, l'U.V.F. est appelée à exercer une action de plus en plus déterminante en matière d'innovation, de communication et de formation à distance.

Francophonie et politique d'État

L'avenir de la francophonie ne peut pas se dispenser d'une politique volontariste des pouvoirs publics visant à éviter l'effacement du français face au primat de l'anglais, dont le statut de première langue vivante étrangère pour une majorité d'élèves internationaux s'est trouvé renforcé à l'ère de l'informatisation, puis à celle de la mondialisation ; il traduit en effet l'hégémonie du monde anglo-saxon dans la sphère économique. En 1994, le gouvernement français a usé de la coercition en faisant voter la loi qui rend obligatoire l'emploi de la langue française dans les médias et en particulier dans la publicité.

Les gouvernements du monde francophone ont aussi la volonté d'accélérer la francisation des logiciels. L'exemple de l'U.V.F. atteste la présence de la francophonie dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication. De son côté, l'Agence de la francophonie lance des programmes, relayés par l'I.N.T.I.F. (Institut francophone des nouvelles technologies de l'information et de la formation), qui ont pour but de démocratiser l'accès à Internet en facilitant celui des pays du Sud. En conséquence, les missions incombant aux organismes qui contrôlent l'évolution de la terminologie et valident la néologie sont fondamentales.

Terminologie et néologie

Organismes internationaux

Fondé en 1986, le R.I.N.T. (Réseau international de néologie et de terminologie) est un organisme intergouvernemental ; il est ouvert à tout pays membre de l'Agence intergouvernementale de la francophonie et peut aussi accueillir des membres associés. Son objectif principal est de doter les francophones des outils qui leur sont nécessaires pour exprimer la modernité scientifique et technique, tout en veillant au développement concomitant des langues dites « partenaires » (telles les langues africaines) dans l'espace francophone. Le R.I.N.T. crée des banques de données en faisant l'inventaire des ressources terminologiques et se trouve à la pointe d'une nouvelle science, la terminotique, qui utilise des logiciels spécialisés pour la collecte, le traitement et la diffusion des données terminologiques ; il publie ses travaux dans une revue, Terminologies nouvelles, et contribue à la mise sur le marché de dictionnaires spécialisés, qui font toute la place nécessaire à la néologie.

Le Conseil international de la langue française (C.I.L.F.) est chargé de gérer les ressources de la langue française, en France et dans les pays de la francophonie, et d'organiser la communication avec les autres langues. Ses travaux portent sur la terminologie, la lexicologie, l'orthographe, la grammaire et la linguistique.

Organismes en France

La Délégation générale à la langue française anime et coordonne l'action des pouvoirs publics en faveur de l'emploi du français et du développement du plurilinguisme. Elle dispose également de commissions spécialisées de terminologie et de néologie.

L'Institut national de la langue française (INaLF), dépendant du C.N.R.S., élabore des programmes de recherche sur la langue française en général, principalement sur son vocabulaire. Ses domaines de compétence concernent les ressources textuelles, la lexicographie, l'analyse lexicale assistée, la documentation et la bibliographie.

Le Centre de terminologie et de néologie (C.T.N.) dépend de l'INaLF ; il est situé à l'université Paris-XIII (Villetaneuse).

Organismes en Belgique

Le Service de la langue française du gouvernement de la Communauté française de Belgique est chargé globalement de coordonner les activités des organismes publics ou privés qui concourent à la promotion de la langue française. En liaison avec le Conseil supérieur de la langue française, il soutient les activités de recherche dans ce domaine et publie la revue du R.I.N.T. (Terminologies nouvelles).

Le centre de recherche TERMISTI, rattaché à l'Institut supérieur de traducteurs et interprètes de Bruxelles, est un organisme universitaire membre de l'A.U.P.E.L.F.-U.R.E.F. et également lié au R.I.N.T. Entre autres tâches, il conçoit des glossaires terminologiques et élabore des « réseaux notionnels » destinés à établir des liens sémantiques entre vocabulaires hautement spécialisés. Il étudie aussi l'apport de l'intelligence artificielle dans le domaine de la terminotique.

L'Office de la langue française au Québec

L'Office de la langue française existe depuis 1961. En 1977, la Charte de la langue française, adoptée par l'Assemblée nationale du Québec, a précisé ses missions : celles-ci consistent à « définir et conduire la politique québécoise en matière de recherche linguistique et de terminologie ». Plus globalement, l'Office se doit de promouvoir l'usage du français dans l'Administration, dans l'enseignement, dans le monde de l'économie et dans les entreprises. Pour cela, la Charte lui a adjoint un Conseil de la langue française, une commission de protection de la langue française et une commission de toponymie. L'Office fait mettre à jour le Grand Dictionnaire terminologique, qui sert de référence au statut de la langue française au Québec et à son évolution.