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radiodiffusion

Guglielmo Marconi
Guglielmo Marconi

Radiodiffusion de programmes uniquement sonores.

MÉDIAS

L'histoire de la radiodiffusion grand public débute après 1918.

Les débuts de la radio

Deux systèmes opposés : les États-Unis et la Grande-Bretagne

Aux États-Unis, la Radio Corporation of America (RCA) met en place, en 1919, le premier network : une station principale alimente en programmes des stations périphériques qui créent l'information et la publicité locales. Le nombre des stations passe de 50 à 500 de 1922 à 1924 : elles touchent alors quelque 3 millions d'auditeurs. En 1927, le Radio Act définit les droits et les devoirs de la radio. La National Broadcasting Company (NBC), le Columbia Broadcasting System (CBS) et la Mutual Broadcasting Corporation (MBC) se partagent le marché publicitaire et les vedettes des années 1930.

Il en va différemment en Europe. La Grande-Bretagne crée, en 1922, une radio d'État : la BBC (British Broadcasting Corporation), d'où est exclue toute publicité. Des exigences très strictes en matière de programmation font de cette radio un véritable outil pédagogique, qui démocratise, souvent avec succès, la culture.

Un système hybride en France

La France admet les deux systèmes. En 1921, l'État construit son premier émetteur : Radio-Tour Eiffel, qui diffuse, dès 1922, un programme régulier. La même année, une station privée, Radio-Paris, émet ses premiers programmes. Des associations d'auditeurs perçoivent des cotisations destinées au financement de certaines émissions. À l'intérieur de l'administration des P.T.T., l'État crée bientôt un service de radiodiffusion destiné à desservir l'ensemble du territoire, qui sera financé par une redevance instituée en 1933. En 1939, ce service est érigé en administration autonome, et rattaché au ministère de l'Information. La crise économique des années 1930 provoque le rachat de Radio-Paris par l'État. Au sortir de la crise, les radios privées connaissent un nouvel essor : on assiste à la création de Radio-Cité, de Radio-Île-de-France, du Poste parisien et de stations régionales, qui se mettent à diffuser des feuilletons, des jeux, des retransmissions de tours de chant. La radio d'État se distingue par des émissions dites « de qualité ». Sur le plan de l'information, elle devient la chambre d'échos privilégiée de la vie du pays : ainsi pendant le Front populaire (1936), où les journaux parlés se multiplient. Mais l'omniprésence du pouvoir sur les ondes se retournera contre la démocratie : le régime de Vichy instrumentalisera la radio pour faire approuver sa politique.

Un instrument idéologique dans les régimes totalitaires

En Allemagne, la radio naît vers 1922. La Reich Rundfunk Gesellschaft, liée au ministère des Postes, exclut la publicité et développe de bons programmes musicaux. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne a un puissant réseau d'émetteurs : les programmes peuvent franchir ses frontières. Ses 8 millions de postes récepteurs vont servir d'amplificateurs à l'idéologie nazie.

Dans les années 1920 également, l'Union soviétique crée Radio Komintern. Instrument de pénétration idéologique des masses, mais aussi de culture, la radio russe émet en 70 langues et dispose d'un important service de diffusion vers l'étranger – alors que le système de radio par fil qu'elle utilise interdit à l'intérieur du pays la réception des radios étrangères… Elle compte 20 millions d'auditeurs à la veille de la guerre.

La « guerre des ondes »

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la guerre des ondes fait rage. Les discours incendiaires d'Adolf Hitler mobilisent les foules allemandes tandis qu'un effort de propagande intensif est entrepris en direction de l'étranger et des pays occupés. Chez les Alliés, la BBC, captée dans toute l'Europe, répond en rendant coup pour coup. La désinformation bat son plein. Mentir, travestir la réalité, inventer des informations déstabilisantes pour l'adversaire deviennent le travail quotidien des professionnels, quand ils ne pratiquent pas l'information codée. Le slogan « Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand », fredonné sur les ondes alliées, est demeuré célèbre. Ce faisant, la radio s'attire pour longtemps la suspicion du public. Tandis que dans la France occupée Radio-Paris devient la radio officielle des Allemands, dans la France administrée par Vichy le monopole de l'État est décrété sur la radiodiffusion, interdisant les postes privés.

De la RDF à l’ORTF : monopole et contrôle étatique

À la Libération, le monde de la radio trouve un second souffle en France. Certes, une ordonnance de 1945 interdit l'établissement d'émetteurs privés sur le territoire, rétablissant le monopole absolu de l’État. Mais elle n'empêche pas la diffusion à partir de territoires étrangers voisins : d'où le développement de Radio-Luxembourg (créée en 1933) et de Radio-Monte-Carlo (1943). Disposant d'un monopole, la Radiodiffusion française (RDF) devient un service public placé sous le contrôle de la présidence du Conseil. L'équipe qui l'anime, issue de la Résistance, entreprend un véritable bouleversement des programmes. Il existe alors deux stations principales : le Poste parisien et le Poste national. Le premier est plus populaire, le second plus culturel. Avec la création de France-Inter, en 1947, la spécialisation des postes se précise. Le service public prend le nom de Radiodiffusion-Télévision française (RTF) en 1953.

En 1954 naît un nouveau poste privé de radio dit « périphérique », Europe n° 1, dont les émetteurs sont installés à l'étranger, en Sarre. Les animateurs de cette station introduisent en France le style music and news, qui s'est imposé aux États-Unis : musique légère et chansons constituent un fond sonore quasi permanent, interrompu seulement par quelques jeux radiophoniques et flashs d'information. La formule obtient auprès du public, surtout parisien, un réel succès. Elle met en péril les chaînes d'État, notamment les programmes « culturels » de la chaîne nationale, qui apparaissent compassés et dépourvus de vie. À la fin des années 1950, RMC, Europe 1 et Radio-Luxembourg ont largement pris le pas sur les stations publiques.

Mais la radio de monopole fait face, en menant une vaste réforme de modernisation au début des années 1960 : elle est réorganisée en trois chaînes principales, France-Inter, France-Culture et France-Musique, que coiffe le nouvel Office de la radiodiffusion-télévision française (ORTF), créé en 1964. France-Inter en particulier parvient, par le rajeunissement de ses équipes et le sérieux de ses émissions d'information et de culture, à fidéliser de nombreux auditeurs.

La question de l’indépendance du secteur audiovisuel et du contrôle exercé par l’État sur l’information, qui s’est notamment posée lors de la guerre d’Algérie, revient au premier plan à l’occasion des événements de mai 1968. Enfin, en 1974, l’ORTF est supprimé et remplacé par sept sociétés, dont Radio France.

Des radios pirates aux « radios libres »

Dès la fin des années 1960, des radios pirates (telles que Radio-Caroline en Grande-Bretagne) émettent à la limite des eaux territoriales des pays qui, à l'instar de la France, interdisent toute création de radio privée sur leur territoire. À partir du milieu des années 1970, se multiplient en France des « radios libres » inspirées des exemples anglais et italiens, et annoncées comme autant d'actes de lutte contre un monopole jugé archaïque et contraire à la liberté d'expression. Le projet de nombre de ces nouvelles venues – Radio verte, Radio-Riposte, SOS-Emploi, etc. – est bien résumé par Radio 25 : « Donner la parole à ceux qui ne l'ont jamais, favoriser la renaissance de la vie locale et régionale en étant ancré dans la réalité culturelle et sociale et les mouvements sociaux de la région. » Disposant de ressources très faibles et d'un matériel sommaire, ces radios reçoivent le soutien de mouvements écologistes, féministes, régionalistes ou syndicaux. Dans les années 1977-1978, elles sont systématiquement brouillées et pourchassées ; leur matériel est saisi et leurs responsables sont inculpés d'infraction au monopole.

Cependant, les pirates des ondes mettent tous leurs espoirs dans la victoire du candidat socialiste, François Mitterrand, à l'élection présidentielle de 1981. En 1982, la promulgation de la loi sur la communication audiovisuelle abroge le monopole de la radiodiffusion en prévoyant des dérogations au monopole de diffusion. Des centaines de radios tentent d'obtenir leur autorisation. Elles sont bientôt 1 500 autorisées et près du double en attente. L'expérience des radios libres impose finalement le pluralisme radiophonique, la confrontation des styles et des idées.

Un paysage radiophonique très concurrentiel

Les années 1980 sont marquées par une multiplication des stations : radios associatives (qui ne diffusent pas de publicité, mais bénéficient d’un fonds d’aide), radios locales et régionales commerciales (depuis 1984, la loi autorise la publicité pour les radios privées), et surtout radios commerciales musicales (NRJ, Skyrock, Fun Radio)… Celles-ci, en s’adossant à de grandes régies publicitaires, parviennent à concurrencer les radios périphériques (rebaptisées « radios généralistes nationales »). Le paysage radiophonique français se en effet caractérise par une densité concurrentielle très forte, en particulier sur le plan des recettes publicitaires. En fonction de l'audience et de la typologie des publics à l'écoute, les différentes radios vendent leurs temps d'antenne à un prix déterminé par le jeu classique de l'offre et de la demande.

Dans les années 1990, un mouvement de concentration s’opère, et de nombreuses radios privées intègrent des grands groupes. Dans ce paysage, le secteur public innove en créant de nouvelles stations nationales (Radio Bleue pour les seniors, Le Mouv’ pour les jeunes, France Info, première radio française d’information en continu).

L'avenir de la communication radiophonique

Après avoir résisté à la concurrence de la télévision, la radio doit à présent relever le défi de l’Internet. Les stations nationales et régionales diffusent, pour la plupart, leurs programmes en ligne et en direct, et proposent de nombreux services (archivage de sujets, podcasting). À la fin des années 2000, l’audience de radio demeure très forte en France : environ 8 personnes sur 10 âgés de treize ans et plus l’écoutent chaque jour. Chaque foyer français est équipé en moyenne de six postes, autoradios inclus ; l’écoute de la radio hors domicile ne cesse d’ailleurs de se renforcer, et la radio semble bien s’adapter aux besoins grandissants de mobilité de son public.

Tout donne à penser que le plaisir de faire et d'écouter de la radio demeurera. Par ses moindres coûts, la souplesse et la rapidité des réalisations qu'elle autorise, son ouverture à toutes les formes de culture et de débat, la radio demeure un outil d'investigation, de consultation et de réflexion sociales non négligeable.

Dans les pays en voie de développement, seule la radio couvre pour l'instant tout le champ des récepteurs, de l'enfance à la vieillesse : elle demeure un formidable outil de culture, d'information sociale, d'administration mais aussi de propagande (comme en témoigne le rôle joué en 1994 par la radio Mille Collines dans l’organisation et l’incitation au génocide rwandais).

TECHNIQUE

Introduction

La diffusion des programmes sonores, dont les premières expériences se situent dans les années 1920, a largement contribué au développement de la communication et reste aujourd'hui fondamentale tant sur le plan local que sur le plan national ou international.

Les techniques mises en jeu ont beaucoup évolué depuis les premières réalisations. Les récepteurs de radio, qui utilisaient des tubes électroniques (lampes) alimentés par le réseau électrique, sont devenus autonomes grâce aux transistors puis aux circuits intégrés et sont parfois même si petits qu'ils sont incorporés dans un casque d'écoute.

Le choix des principes de base sur lesquels repose le système de radiodiffusion (procédé de modulation, bandes de fréquence utilisées, largeur des canaux) est primordial lorsqu'il s'agit d'une application destinée au « grand public », car il apparaît un phénomène d'inertie dû à l'existence d'un « parc de matériel ». On ne peut, en effet, demander à des milliers, voire à des millions de personnes, de changer leur matériel de réception uniquement pour améliorer la qualité d'un service, à la faveur de l'évolution de la technique. Cela ne peut se faire que lors du démarrage d'un ou de plusieurs programmes nouveaux. Ce fut le cas en France dans les années 1960 avec le lancement des programmes de France-Inter, France-Culture, France-Musique diffusés en modulation de fréquence. Cela le sera avec la mise en place de la radio numérique terrestre (RNT) en France à partir de 2009.

Dates clés de la radiodiffusion

DATES CLÉS DE LA RADIODIFFUSION
1896L'Italien Guglielmo Marconi fait breveter son système de T.S.F.
1920Premières expériences de radiodiffusion en Grande-Bretagne, à Chelmsford (en février), puis aux États-Unis, où, le 2 novembre, la station de Pittsburgh diffuse un reportage sur l'élection présidentielle.
1921À l'initiative du général Ferrié, premiers essais, puis diffusion régulière d'un programme de radio à partir de la tour Eiffel. Les récepteurs utilisés sont à galène (sans amplification).
1923À Saint Louis, aux États-Unis, le président Harding prononce le premier discours radiodiffusé.
1925Apparition des récepteurs à lampes (avec amplification) alimentés par batteries et piles.
1930Récepteurs alimentés par le réseau électrique.
1930-1935Début des programmes sur ondes courtes.
1955Premiers récepteurs à transistors.
1961Plan de Stockholm : réglementation de la radiodiffusion en modulation de fréquence.
1975Plan de Genève : réglementation de la radiodiffusion dans les bandes kilométrique et hectométrique.

 

Les équipements de production

Un centre de production comprend tous les équipements fixes nécessaires à la fabrication d'un programme radiophonique. De plus, des équipements installés dans des cars de reportage sont utilisés en extérieur lors d'émissions en direct ou enregistrées puis diffusées ultérieurement. Dans le studio, partie importante du centre de production, se trouvent les sources sonores à transmettre (musique d'orchestre, voix d'acteurs, de journalistes, éléments de bruitage, etc.).

Le studio doit avoir de bonnes qualités acoustiques. Pour cela, le revêtement de ses murs est absorbant ou réverbérant en fonction de l'application. Il doit, également, être isolé des bruits provenant de l'extérieur. Les murs sont réalisés avec des matériaux qui ne transmettent pas les vibrations acoustiques, et l'entrée se fait par un sas avec portes lourdes. Pour obtenir de très bonnes performances, le studio peut être flottant par rapport aux murs du bâtiment.

Une cabine technique est directement associée à un studio et en est séparée par une double vitre. À l'intérieur, les techniciens, qui exploitent le matériel, règlent les niveaux des différentes sources pour obtenir une prise de son harmonieuse. Le réalisateur leur transmet les ordres de départ des machines et donne toutes les indications nécessaires aux personnes présentes dans le studio. Il commute les différentes sources : les microphones du studio et les machines (platines, disques, magnétophones, etc.) installées et exploitées dans la cabine.

C'est dans le « bloc programme » qu'est élaboré le programme transmis aux émetteurs. L'une de ses fonctions consiste aussi à contrôler la qualité technique du signal électrique. Le responsable de l'antenne effectue les enchaînements des différents éléments du programme en fonction du conducteur. À côté du bloc programme se trouve le studio d'intervention du présentateur de la chaîne. Enfin, le centre de distribution de la modulation (C.D.M.) est un véritable nœud par lequel transitent tous les signaux : les liaisons entre différents studios ; les arrivées de l'extérieur ; la sortie du bloc programme vers les émetteurs.

Les réseaux de transmission et de diffusion

Les ondes électromagnétiques qui se propagent par voie hertzienne permettent de réaliser des liaisons radioélectriques. Une onde comprend plusieurs paramètres dont l'un est fondamental : sa fréquence. De très nombreux organismes utilisant les liaisons hertziennes, il a fallu réglementer l'utilisation des fréquences par un accord international qui attribue à chaque service une bande de fréquences précises. Les bandes utilisées pour la radiodiffusion sont, en modulation d'amplitude, les ondes kilométriques (ondes longues ou grandes ondes) de 150 à 280 kHz, les ondes hectométriques (ondes moyennes) de 525 kHz à 1 600 kHz et les ondes décamétriques (ondes courtes) de 6 MHz à 25 MHz ; et, en modulation de fréquence, les ondes métriques de 87,5 MHz à 108 MHz.

La diffusion d'un programme sonore s'effectue par un réseau d'émetteurs dont le nombre dépend de la zone géographique à couvrir. Le rôle d'un émetteur est de générer une onde radioélectrique, de la moduler, c'est-à-dire de faire varier l'un de ses paramètres (amplitude ou fréquence) proportionnellement au signal électrique audiofréquence qui lui est fourni, et enfin d'amplifier le signal radiofréquence modulé.

Les premiers programmes ont été diffusés en modulation d'amplitude pour plusieurs raisons. Tout d'abord, c'était le seul système bien connu au début de la radiodiffusion. Ensuite, c'est le procédé de modulation qui permet d'utiliser les récepteurs les plus simples, donc les moins coûteux, et le prix du récepteur est un élément fondamental dans le choix d'un système. Enfin, c'est la modulation d'amplitude qui utilise le moins de place dans le domaine des radiofréquences (la largeur d'un canal n'est que de 9 kHz pour un signal modulant de qualité moyenne de 4,5 kHz).

Par exemple, le programme de France-Inter est diffusé en modulation d'amplitude avec comme objectif de couvrir l'ensemble du territoire national français. Le réseau de diffusion nécessaire pour atteindre cet objectif est constitué de 13 émetteurs : 1 émetteur en ondes longues (G.O.), de très forte puissance (2 100 kW), est situé à Allouis, près de Bourges. La portée de cet équipement est supérieure à 500 km ; il alimente donc la majorité du territoire ; 12 émetteurs en ondes moyennes (P.O.), de puissances comprises entre 10 et 600 kW, complètent la couverture de l'émetteur principal. Ils sont situés à la périphérie du territoire national. Leur portée atteint une centaine de kilomètres pour les plus puissants.

L'évolution de la technologie a permis dès les années 1960 de mettre en service des émetteurs fonctionnant en modulation de fréquence. Il est ainsi possible de diffuser des signaux de très bonne qualité (15 kHz de bande de fréquences) en monophonie ou en stéréophonie. La portée de ces émetteurs, dont les puissances sont comprises entre 100 W et 40 kW, est de l'ordre de 100 km pour les plus puissants. Ces équipements sont donc parfaitement adaptés à une diffusion locale. Pour assurer une couverture régionale ou nationale, il est nécessaire d'utiliser plusieurs émetteurs, qui constituent alors le réseau de diffusion du programme radiophonique.

La distribution du signal électrique issu du centre de production est réalisée par le réseau de transmission. Ces liaisons sont assurées par des circuits du type téléphonique « haute qualité » ; par des faisceaux hertziens (liaisons hertziennes point à point) lorsque les distances sont longues ; ou encore par un satellite de télécommunication, qui alimente ainsi tout un pays.

La propagation des ondes hertziennes

En ondes longues, la portée est d'autant meilleure que le sol est bon conducteur (terrains humides et argileux). Un émetteur de 2 000 kW peut être reçu à une distance de 1 000 km. Cette gamme d'ondes est parfaitement adaptée à la diffusion d'un programme national. Le meilleur emplacement pour un émetteur national est le centre géographique de la zone à desservir. C'est le cas, en France, des équipements de France-Inter situés à Allouis (Cher), en zone de plaine, et dont les émissions peuvent être reçues dans les Alpes. L'antenne d'émission doit avoir une dimension physique de l'ordre du quart de la longueur d'onde. C'est le pylône lui-même, appelé pylône rayonnant, d'une hauteur voisine de 250 m, qui constitue l'antenne d'émission.

Les ondes moyennes se propagent comme les ondes longues sans être gênées par les obstacles ; les portées sont plus faibles (50 à 150 km pour une puissance de 100 kW), bien adaptées à la diffusion de programmes à vocation régionale. La nuit intervient la propagation par onde d'espace avec réflexion sur l'ionosphère. Les ondes émises par des émetteurs lointains peuvent perturber la réception locale. Comme pour les ondes longues, l'antenne est un pylône rayonnant, mais cette fois d'une hauteur comprise entre 50 et 100 m.

Les ondes courtes utilisent la propagation ionosphérique (ondes d'espace). La portée est de quelques milliers de kilomètres. Dans cette bande sont diffusés des programmes destinés aux pays étrangers. L'antenne d'émission est un groupement d'antennes simples constituant un rideau (carré de 30 à 80 m de côté) qui émet dans une direction.

Les ondes métriques, diffusant les programmes en modulation de fréquence, se propagent comme les ondes lumineuses, en ligne droite (ondes de sol) ; elles ne peuvent pas contourner les obstacles. La portée d'un émetteur de 10 kW placé à quelques centaines de mètres d'altitude par rapport à la zone à desservir est de l'ordre de 100 km. L'antenne est un groupement d'antennes simples et ce groupement constitue un panneau. Plusieurs panneaux couplés sont placés au sommet d'un pylône support.

La réception des ondes hertziennes

Les traitements nécessaires depuis l'arrivée de l'onde hertzienne jusqu'à la restitution du son sont identiques quelle que soit la génération du récepteur. En effet, les principes de base sur lesquels repose le système sont toujours les mêmes. La qualité d'un récepteur est liée à deux paramètres fondamentaux : la sélectivité, qui est la faculté du récepteur à ne prendre en compte que le canal correspondant au programme choisi ; et la sensibilité, qui est sa capacité à traiter, avec une qualité correcte, des signaux de faible niveau. La portée d'un émetteur dépend du rapport signal à bruit que l'on obtient dans le récepteur, c'est-à-dire du quotient entre la puissance du signal reçu et la puissance du bruit. Ce bruit présent dans le récepteur résulte de l'addition des bruits captés par l'antenne et provenant du milieu industriel environnant et du bruit généré par les circuits du récepteur lui-même.

Comment fonctionne le récepteur ? Les ondes hertziennes sont captées par une antenne constituée d'un bobinage pour les ondes longues et moyennes, ou d'un brin télescopique pour les ondes courtes et métriques (bandes M.F.). Un filtre radiofréquence accordable par l'auditeur sélectionne le signal électrique correspondant au programme désiré. Ce signal est transposé sur une fréquence intermédiaire qui reste identique quel que soit le canal choisi, afin de parfaire la sélectivité et d'uniformiser les circuits. La démodulation consiste à extraire du signal radiofréquence le signal audiofréquence qui est ensuite amplifié.