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océan Atlantique

Océan qui sépare l'Europe et l'Afrique, à l'E., de l'Amérique, à l'O. ; 106 millions de km2 (avec les dépendances) ; profondeur maximale : 9 218 m.

Océan Atlantique : les chiffres

L'ATLANTIQUE EN CHIFFRES
superficie d'ensemble (millions de km2)82,4 (23 % de l'océan mondial)
Superficie par étages bathymétriques
(profondeurs en km)
0 - 0,2
0,2 - 1
1 - 2
2 - 3
3 - 4
4 - 5
5 - 6
> 6
4,6
3,3
3,0
6,2
15,9
26,7
21,9
0,8
Volume (millions de km3)

323,6

Profondeur
moyenne (m)
  
Profondeur
maximale (m)
3 926
  
  
9 218
(fosse de Porto Rico)
Largeur
(km)
Terre-Neuve - Irlande : 3 300
équateur : 6 500
cap Horn - cap de
Bonne-Espérance : 6 700

N. B. Les chiffres de ce tableau se rapportent à l'Atlantique sans ses dépendances (dont les mers bordières comme la Méditerranée par exemple). Avec celles-ci l'Atlantique couvre environ 106 millions de km² (près du tiers de l'océan mondial).

 

GÉOGRAPHIE

Du reste de l'océan mondial, l'Atlantique se différencie par plusieurs caractères : un développement en longitude modeste, sauf dans la partie sud, largement ouverte sur l'océan Austral ; un étirement méridien, décroché vers l'E. à la hauteur de l'équateur, qui lui assure une grande diversité climatique et hydrologique ; une profondeur modérée, comparée à la moyenne mondiale (4 117 m) ; un drainage étendu aux deux tiers des continents. L'Atlantique est, en effet, le grand collecteur de la planète, puisque s'y déverse la moitié de l'eau douce ; il joue ainsi un rôle considérable dans le maintien de l'équilibre hydrologique mondial.

Géomorphologie

L'Atlantique se distingue par la simplicité de sa configuration. Les régions océaniques sont formées par la dorsale médio-atlantique, qui partage les bassins en une double rangée. Cette dorsale présente les caractères morphologiques des zones en expansion lente : une vallée axiale, des crêtes latérales et des plateaux étagés formant les flancs. Ses sommets, immergés entre 1 500 et 2 000 m, sont parfois surmontés d'îles volcaniques (Islande, Açores, Ascension, Tristan da Cunha, Sainte-Hélène, Gough). Elle est segmentée en tronçons par des zones de fractures, dont les plus profondes permettent des échanges entre les parties profondes des bassins. L'étage des flancs est occupé par des constructions volcaniques puissantes ou par des montagnes aséismiques (archipels des Bermudes et du Cap-Vert dans l'hémisphère Nord ; chaîne du Rio Grande et de Walvis dans l'hémisphère Sud), piquetées de monts sous-marins. Ces reliefs transversaux enferment des bassins, en partie occupés par des plaines abyssales dues à l'accumulation de turbidites fournies par l'érosion continentale (la profondeur maximale est de 9 218 m, dans la fosse de Porto-Rico). L'expansion de la dorsale médiane est responsable de la disjonction et de l'écartement des socles anciens initialement soudés. La dérive des continents et l'accrétion des plaques Amérique, Eurasie, Afrique et Antarctique ont gagné progressivement du sud (trias) vers le nord (cénozoïque). La majeure partie des marges continentales appartient au type passif. Les plus étroites occupent les boucliers anciens (Afrique, Amérique du Sud), recouverts par d'épaisses séries sédimentaires. Les marges bordant les socles paléozoïques (Europe de l'Ouest, Amérique du Nord, Argentine) sont plus étendues, car formées de vastes reliefs monoclinaux modelés au cours de multiples fluctuations des rivages et des climats (reliefs glaciaires submergés devant l'Europe et l'Amérique du Nord). Les marges actives, bordées de fosses océaniques, ne sont représentées que par les arcs insulaires des Antilles et de la Scotia. Les mers bordières (dont la Méditerranée, la mer du Nord et la Baltique, la mer des Antilles) se localisent dans l'hémisphère Nord.

Hydrologie

Les masses d'eau atlantiques, en moyenne plus chaudes et plus salées que le reste de l'océan mondial, sont soumises à la double influence de l'onde de marée (de périodicité semi-diurne ou mixte) et des courants produits par les vents ou les différences de densité. L'appareil circulatoire est composé de deux grands systèmes superficiels.

Le système tropical est animé par l'alizé et transporte des eaux dont la température est ordinairement supérieure à 18 °C. Il est d'abord composé par les courants des Canaries et de Benguela, dont les eaux froides, montées par résurgence, sont lentement poussées vers les basses latitudes. Parvenues à plus de 1 000 km des côtes africaines, les eaux réchauffées décrivent deux traversées transatlantiques. Le courant sud-équatorial se partage en deux branches en fin de parcours, devant le cap São Roque : celle qui va vers le sud, ou courant du Brésil, est animée d'une large rotation anticyclonique ; celle qui se dirige vers le nord, ou courant des Guyanes, est la plus importante et va alimenter toute la circulation superficielle de la mer des Antilles et du golfe du Mexique. Le courant nord-équatorial est progressivement dévié vers le nord, en donnant naissance au courant des Antilles. Entre ces deux courants portant vers l'ouest, l'étroite zone au-dessus de laquelle se réalise la convergence des alizés est parcourue par le contre-courant équatorial, qui ramène les eaux vers l'Afrique, où il porte le nom de courant de Guinée. C'est un vaste courant de retour qui suit une ligne de convergence où se rencontrent les eaux montées dans les divergences situées sous les limites des courants nord- et sud-équatorial. Cette fonction compensatrice est également assurée par le courant de Lomonossov qui s'écoule à quelques centaines de mètres sous la divergence sud-équatoriale.

Le système tempéré est en grande partie pulsé par les vents d'ouest, qui ramènent vers l'Afrique et l'Europe les eaux tropicales accumulées en bordure de l'Amérique. Un schéma simple et zonal caractérise l'Atlantique sud. Le long des côtes américaines, les eaux tièdes apportées par le courant du Brésil viennent en convergence avec le courant des Malouines, rameau de la circulation circumantarctique, attiédi par son rebroussement vers le nord sur la plate-forme argentine. Les eaux de mélange sont reprises par la grande dérive portant vers l'est, jusqu'à l'Afrique du Sud et l'océan Indien. La limite naturelle du système est formée par la convergence antarctique. Dans l'Atlantique nord, la circulation est dominée par le Gulf Stream, alimenté par l'eau sortie du golfe du Mexique que grossissent les branches dérivant du courant nord-équatorial (courant des Antilles, courant de la mer des Sargasses). Au sud de Terre-Neuve, commence la dérive nord-atlantique, qui s'épanouit progressivement vers l'est en divergeant (courant du Portugal, qui alimente le courant des Canaries) et vers le nord-est. La circulation se complique en pénétrant dans les golfes, les baies et les détroits de la péninsule européenne, où la marée est active (golfe de Gascogne, mer du Nord, mer d'Irlande, Manche, Baltique). Au-delà du principal passage (dit de Wyville-Thomson, entre les Féroé et l'Écosse), le courant de Norvège porte jusqu'aux approches de l'océan Arctique des eaux graduellement refroidies et dessalées. Vers le nord-est, le Gulf Stream, la dérive nord-atlantique et le courant de Norvège convergent le long du front polaire avec des eaux en provenance de l'Arctique, des mers du Groenland, de Baffin et du Labrador. Le contraste entre les masses d'eau est particulièrement marqué au S. de Terre-Neuve, où le front est désigné sous le nom de « mur froid ».

Sous ces systèmes superficiels transportant des eaux relativement chaudes et salées, le reste de l'Atlantique est parcouru par des courants profonds qui circulent en sens contraire. Les moins profonds, dits intermédiaires, proviennent de l'enfoncement des eaux froides le long des fronts polaires. Les plus profonds, car les plus denses, ont leurs sources situées en bordure du Groenland et surtout de l'Antarctique. Ces courants méridiens assurent un échange actif entre les latitudes et ont une grande importance sur le modelé des fonds, principalement au pied des marges occidentales.

Vie

L'Atlantique offre des conditions très favorables au développement de la vie, en raison de l'abondance des substances nutritives apportées par les fleuves, du rôle des résurgences (notamment devant l'Afrique), de l'intensité des échanges hydrologiques et de l'activité exercée par les marées sur les plates-formes continentales. La richesse planctonique a permis très tôt le développement d'une pêche active, qui représente encore 40 % des captures mondiales. Les réseaux d'échanges commerciaux établis depuis cinq siècles font que l'Océan est le trait d'union entre des civilisations complémentaires. La partie nord baigne des régions peuplées et industrialisées, entre lesquelles s'est établie la plus intense circulation maritime et aérienne du monde à partir d'un réseau dense de ports et d'aéroports.