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trias

Système du mésozoïque supérieur, le trias est la première période de l'ère secondaire, de – 251 à – 200 millions d'années (durée : 51 millions d'années). Au cours de cette période géologique, les terres émergées, réunies en un seul « super-continent », la Pangée, commencent à se séparer. En Europe occidentale, le trias se caractérise par le dépôt de trois couches rocheuses caractéristiques (grès bigarrés, calcaires coquilliers, marnes irisées).

Le trias désigne la succession des trois grandes formations qui caractérisent en Allemagne centrale cette période longue de 51 millions d'années : trias inférieur, moyen et supérieur. Il leur correspond différents étages, définis dans le domaine marin alpin, à savoir respectivement le scythien pour le trias inférieur (werfénien ou virglorien), l'anisien et le ladinien pour le trias moyen, et le carnien, le norien et le rhétien.

Le trias germanique apparaît comme intermédiaire entre le trias mésogéen, au S., franchement marin, et le trias continental, au N.-O. Le trias germanique représente donc une transition entre les domaines marin et continental, mais aussi une transition, une charnière à l'articulation du cycle hercynien et du cycle alpin. Dans le domaine à faciès germanique, on distingue parallèlement à ces trois séries :
– à la base, le bundsandstein (grès bigarré), qui est un complexe gréseux issu d'une sédimentation désertique ;
– au milieu, le muschelkalk, qui atteste la présence d'une mer par ses calcaires fossilifères ;
– le keuper, au sommet, avec ses marnes à gypse, qui montrent que l'incursion marine avait été timide (les évaporites en marquent le terme).

Paléogéographie du trias

Un mouvement d'ouverture commence à séparer d'un côté l'Europe et l'Amérique du Nord, et de l'autre le Gondwana. Ce mouvement se matérialise d'abord par la naissance de fossés continentaux, puis par celle d'un océan nouveau, la Mésogée, qui s'ouvre de l'est vers l'ouest, bordé par la Turquie, les Carpates, les Alpes, l'Afrique du Nord et le golfe du Mexique. La fracturation du Gondwana commence avec l'apparition de cassures entre l'Amérique du Sud et l'Afrique, tandis que Madagascar et l'Inde se séparent de l'Afrique, donnant naissance à l'océan Indien.

Ce mouvement est accompagné d'un intense volcanisme fissural, d'un réchauffement général et d'une dilatation des zones évaporitiques. Cette période marque le tout début de la lente mise en place des masses continentales vers les positions actuelles.

La fonte des glaciers du Gondwana à la fin du permien et au début du trias provoque une remontée de la mer et un radoucissement du climat. La France se trouve dans la zone tropicale, avec des évaporites et des formations récifales. Sur la pénéplaine post-hercynienne se déposent des formations épicontinentales. On distingue deux domaines où s'établissent des faciès différents : le domaine alpin et le domaine germanique.

Le domaine alpin se caractérise notamment par le dépôt peu profond de calcaires et de dolomies marines (séries épaisses typiques de l'ensemble italo-dinarique).

Hors du domaine alpin règne le faciès dit germanique, caractérisé par des dépôts détritiques surtout continentaux (arkoses, grès, pélites), coupés par une passée marine épicontinentale au muschelkalk. Ainsi, dans le Jura et l'est du bassin de Paris, après une période continentale au trias inférieur, la mer transgresse au trias moyen, donnant des calcaires coquillers, puis se confine au trias supérieur, donnant des dépôts à évaporites (gypse et anhydrite). Des venues volcaniques fissurales basiques jalonnent les futures zones orogéniques (ophite des Pyrénées, cordillères bétiques, Afrique du Nord, Sardaigne).

De remarquables séries continentales (généralement des grès et des schistes rouges) se déposent sur le continent du Gondwana, notamment en Afrique du Sud (formation du Karoo), à Madagascar et aux Indes. Ces milieux sont habités par des colonies de reptiles théromorphes et par une flore à glossoptéris et thinnfeldia, qui souligne le réchauffement progressif du climat. Au trias supérieur, de puissants épanchements basaltiques couronnent ces formations, en particulier en Afrique du Sud.

Sur le plan orogénique, une phase dite cimérienne se produit à la fin du trias. Elle est surtout marquée en Asie du Sud-Est (Indonésie, Viêt-nam). Ailleurs, le trias apparaît comme une période de calme, succédant à l'orogénèse hercynienne et introduisant le cycle orogénique alpin.

Les végétaux et les animaux du trias

On remarque, dans un climat tropical (chaud et humide) assez généralisé et à tendances évaporitiques, une nette accélération dans l'évolution de la flore, un épanouissement marqué dans la vie océanique intense, toujours renouvelée et génératrice d'épaisses formations carbonatées alpines.

Le trias est caractérisé par l'apparition des premiers mammifères, des premiers insectes à métamorphose complète (coléoptères, diptères, lépidoptères) et des gymnospermes. Le benthos se diversifie, et les brachiopodes, les hexacoralliaires et les algues calcaires connaissent un développement important. Les reptiles et les mollusques marins (ammonites, notamment) se diversifient. À la fin du trias, les premiers dinosaures se différencient au sein du groupe des reptiles. Les premières tortues et les premiers crocodiles apparaissent. Les végétaux marquent un renouvellement net et une prolifération des individus.

Pour la détermination des coupures stratigraphiques, les céphalopodes sont très utiles (cératites et ammonites), ainsi que les lamellibranches (myophories, halobies) et les algues (dasycladacées : diplopores et gyroporelles).