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cénozoïque

Massif du Mont-Blanc
Massif du Mont-Blanc

Dernière ère géologique, le cénozoïque a débuté il y a 65,5 millions d'années et succède au mésozoïque. Le cénozoïque correspond aux systèmes paléogène (ou nummulitique) et néogène (englobés sous le nom de tertiaire) et au système quaternaire. Il s'agit de temps récents (du grec kainos, nouveau, et zôon, être vivant) si l'on se fonde sur le type de fossiles conservés. Si on voulait établir une analogie entre les termes historiques classiques et les étapes de l'histoire de la Terre et de la vie, il faudrait considérer le tertiaire comme les « temps modernes » et le quaternaire comme l'« époque contemporaine ».
Le cénozoïque est surtout marqué par la formation des Alpes et des Pyrénées (chaînes alpines au sens large ou cycle alpin) et par le commencement de leur destruction. La fermeture de l'océan Mésogée et la collision de l'Inde, détachée de l'Afrique, avec l'Eurasie, expliquent la poussée des Alpes et de l'Himalaya. Les sédiments accumulés sont intensément plissés, métamorphisés, et ces hautes montagnes alimentent une sédimentation détritique très abondante. Une importante crise climatique (l'époque glaciaire) se place dans sa partie supérieure.
Après l'extinction de nombreuses espèces à la fin du mésozoïque, la vie est marquée par le développement et la diversification des mammifères, des oiseaux et des poissons. Les végétaux angiospermes deviennent prépondérants. Les animaux et les plantes préfigurent la faune et la flore actuelles.
Pour en savoir plus, voir l'article quaternaire.

Le cénozoïque, prolongement du paléozoïque

Le cénozoïque peut se définir comme une période de continuité par rapport au mésozoïque. On y observe le prolongement de toutes les transformations apparues au mésozoïque. Le cénozoïque est l'achèvement du cycle alpin et l'aboutissement des phénomènes conduisant à la configuration actuelle des continents et des océans. Par ailleurs, au point de vue paléontologique, après la disparition de tous les organismes ayant un cachet extraordinaire à nos yeux (grands reptiles, ammonites, etc.), il se caractérise comme le règne des mammifères : c'est en effet la période de leur remarquable évolution, de leur diversification, avant l'apparition de l'Homme.

Les divisions stratigraphiques du cénozoïque

Subdivisions du cénozoïque (tertiaire et quaternaire)

Durée : 65 millions d'années

Séries

Étages

Date de début

quaternaire (depuis 2,6 millions d'années)

holocène (depuis 11 700 ans)

dunkerquien

 

 

flandrien

– 11 700 ans

pléistocène (entre – 2,6 millions d'années et – 11 700 ans)

tyrrhénien

– 100 000 ans

 

sicilien

– 1,2 million d'années

 

calabrien

– 1,8 million d'années

 

astien-rédonien

– 2,6 millions d'années

néogène (– 23 à – 2,6 millions d'années)

pliocène

plaisancien

– 5 millions d'années

miocène

messinien pontien

– 7 millions d'années

 

tortonien

– 12 millions d'années

 

helvétien

– 16 millions d'années

 

burdigalien

– 20 millions d'années

 

aquitanien

– 23 millions d'années

paléogène (– 65,5 à – 23 millions d'années)

oligocène

chattien

– 28 millions d'années

 

stampien

– 34 millions d'années

éocène

priabonien

– 37 millions d'années

 

bartonien

– 40 millions d'années

 

lutétien

– 49 millions d'années

 

yprésien

– 56 millions d'années

paléocène

thanétien

– 59 millions d'années

 

montien

– 61 millions d'années

 

danien

– 65,5 millions d'années

Représentant à peine le dixième des temps fossilifères, il est la plus courte des ères géologiques, si l'on excepte le quaternaire. Il en va de même de ses subdivisions. Les raisons qui ont amené, cependant, à considérer le cénozoïque comme un véritable équivalent du paléozoïque ou du mésozoïque, ères plus longues, à pratiquer des coupures plus fines encore dans une ère déjà courte sont aisées à comprendre. Comme les dépôts cénozoïques sont les dernières couches déposées, ils occupent une très grande surface sur les continents ou dans le fond des mers. En France, il n'y a guère de régions où l'on n'en trouve, ne serait-ce que sous forme de débris d'altération. Donc, les terrains tertiaires sont parmi les plus facilement étudiés et les mieux connus. Par ailleurs, les échelles stratigraphiques sont meilleures et permettent des coupures fines plus sûres : en effet, elles reposent sur l'évolution d'organismes également mieux connus, car plus proches des actuels. Pour une période relativement aussi courte que le tertiaire, les méthodes d'étude précises se sont multipliées (étude des mammifères, des micromammifères, des coquilles de lamellibranches et de gastropodes, des microfaunes, etc.).

Le climat semble, au moins au début du mésozoïque et dans les régions européennes, avoir été plus chaud et plus humide qu'aujourd'hui. Graduellement, cet aspect subtropical a diminué et les températures se sont nettement abaissées.

La vie

Faune et flore ressemblent de plus en plus à la faune et la flore contemporaines. Toutes les classes du règne végétal et du règne animal actuels sont représentées.

Les végétaux

Chez les végétaux, c'est, après l'apogée des gymnospermes au mésozoïque, la prédominance des angiospermes. Au début, toutefois, ces derniers ont un net cachet tropical à cause du climat : palmiers, lauriers, camphriers, magnolias. Au milieu du cénozoïque, les graminacées prennent une très large place. Leur absence serait aujourd'hui difficile à imaginer en raison de leur rôle alimentaire pour les oiseaux et les mammifères, particulièrement dans la lignée des équidés, et de la formation des prairies, dont le rôle géologique dans le contrôle de l'érosion est notable.

Les animaux

Dans l'histoire des animaux, la fin du mésozoïque a été marquée par la disparition totale des grands reptiles, des ammonites, des rudistes. La répartition des organismes marins ressemble beaucoup à l'actuelle : les brachiopodes, naguère si florissants, tombent de 15 % à 1 % dans la liste des espèces. Cependant, les groupes particuliers de foraminifères se développent : nummulites, alvéolines, orbitoïdes, globorotalidés, dont l'évolution complexe sert de repère stratigraphique. Poissons, crocodiles, tortues, serpents ne se modifient plus guère. On note le développement des oiseaux (sans dents). Mais le phénomène le plus remarquable est la conquête de tous les milieux par les mammifères. Rares, de petite taille, de présence discrète au cours du mésozoïque, ces derniers remplissent le vide écologique laissé par la dégénérescence des reptiles.

Au début du cénozoïque, c'est une explosion brutale : apparaissent les ancêtres des familles actuelles, en même temps que des groupes originaux aujourd'hui disparus. Puis les faunes mammaliennes acquièrent un cachet moderne, tandis que s'éteignent les groupes archaïques. Si les familles actuelles sont apparues dans la première moitié du cénozoïque, les genres actuels apparaissent dans la seconde. Les anthropoïdes (à partir de – 30 millions d'années), nombreux, sont des exemples de lignées évolutives ; celle du cheval, celle des ancêtres du mammouth et de l'éléphant également. Les marsupiaux (il y en a en Europe jusqu'au milieu du cénozoïque), durement concurrencés par tous ces mammifères placentaires, vont disparaître. Il n'en subsiste pratiquement plus qu'en Australie. Dans ce pays, par contre, l'absence des placentaires permet un grand développement de marsupiaux, qui, du coup, occupent toutes les niches écologiques, allant même jusqu'aux formes carnivores (le loup de Tasmanie).

Cet exemple montre qu'il n'est pas possible d'envisager l'histoire du monde sans évoquer la séparation des blocs continentaux. Héritage du mésozoïque, la dérive des continents semble responsable de la diversification du monde des mammifères (30 ordres de mammifères en 65 millions d'années pour 20 ordres de reptiles sur 200 millions d'années) et de leur répartition géographique.

Le monde au cénozoïque

L'ouverture des océans

Les océans s'ouvrent de plus en plus : les planchers océaniques recouverts de sédiments marins cénozoïques sont les plus nombreux (deux tiers). Les continents vont gagner leur position actuelle, et les océans acquérir une configuration qui nous est familière (par exemple, l'Atlantique Nord). Une séparation totale a lieu entre l'Australie et l'Antarctique. La collision entre le bloc Asie et l'Inde provoque la formation de l'Himalaya. Par contre, en compensation de cet éloignement des continents et témoignant de l'acquisition d'une stabilité, apparaissent des ponts continentaux, comme celui qui assure la jonction des deux Amériques (Panamá).

La formation des montagnes actuelles et de la Méditerranée

Dans la Mésogée, l'océan qui sépare l'Afrique de l'Europe, l'alternance d'écartement et de resserrement des blocs aboutit à l'évolution finale des domaines géosynclinaux secondaires : les serrages entraînent de vives compressions et sont responsables des déformations les plus spectaculaires des chaînes du système alpin : les plissements et les charriages.

Le cénozoïque est une période où poursuit la redistribution des masses hercyniennes et où s'achèvent les structures alpines visibles actuellement : Atlas, cordillères Bétiques, Alpes, Apennin, Carpates, Balkans, Hellénides, chaînes de l'Asie Mineure, Iran, Birmanie, Indonésie, chaînes insulaires pacifiques, sans oublier les Pyrénées, le Caucase, l'Himalaya.

Si l'éocène paraît être plus simplement une époque où les mécanismes secondaires semblent se poursuivre, l'oligocène et le miocène sont des temps de crise orogénique importante, marqués par la fracturation ou la compression de zones étendues, par l'apparition et la mise en place d'unités nouvelles, par le développement du volcanisme. Par la suite, vers la fin du pliocène, se produit une dernière et profonde modification de la configuration de ces chaînes nouvellement formées : de grands effondrements donnent naissance à la Méditerranée.

Le cénozoïque en France

En France, les dépôts cénozoïques sont très fréquents, plissés ou non. En effet, le bassin de Paris et le bassin d'Aquitaine sont restés longtemps envahis par les mers, dont les témoins sont les roches du sous-sol de l'Île-de-France, du Bordelais ou du Bassin rhodanien. L'orogenèse alpine a été sensible partout, mais, évidemment, plus notablement dans les chaînes neuves (Pyrénées, Provence, Jura et Alpes) et dans les domaines proches (rejeu des marges du Massif central, formation du fossé rhénan, de la Bresse). À la fin du tertiaire, la France offre sa physionomie actuelle, à l'exception de quelques golfes envahis par la mer (basse Loire et vallée du Rhône) et en faisant abstraction, toutefois, de la configuration du littoral, qui est un trait du quaternaire.