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Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA)

Provence
Provence

Région administrative du sud-est de la France, regroupant six départements : Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse.

  • Superficie : 31 400 km2
  • Population : 4 899 155 hab. (recensement de 2010)
  • Chef-lieu : Marseille

La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dont le nom remonte à 1976, est une entité administrative créée par une loi de 1956. La Corse en a été détachée en 1970. Elle s'étend du Rhône à la frontière italienne et des Alpes du Sud à la Méditerranée. Ne correspondant pas à une unité naturelle, elle intègre divers milieux structuraux. Bien que les influences méditerranéennes n'en soient jamais absentes, elle offre une diversité climatique. L'entité administrative ne s'identifie pas à la Provence historique : sa limite septentrionale ne suit pas le tracé frontalier séparant jadis Provence et Dauphiné. Elle inclut le Comtat Venaissin (1790), ancienne possession pontificale, le comté de Nice (1860) et, depuis la dernière guerre mondiale, les petits territoires frontaliers de Tende et de La Brigue. La principauté de Monaco, enclave côtière de 1,95 km2, est un État souverain.

Le milieu physique

Le relief

La Provence rhodanienne est un pays de plaines. La phase d'effondrement qui a touché la Provence a favorisé la formation des plaines du Vaucluse, constructions alluviales dues aux affluents du Rhône (Aygues, Durance). Entre les deux bras du Rhône, la Camargue est une plaine deltaïque partiellement conquise par l'homme. La faible pression démographique n'a jamais imposé l'édification de polders. Aussi de grands étangs (Vaccarès) encadrent-ils des pâturages amphibies. La Crau, plaine caillouteuse et sèche, est un ancien cône de déjection de la Durance, construit lorsque ce fleuve gagnait directement la mer. Le Tricastin et le Comtat Venaissin sont des plaines alluviales.

Dans les Préalpes du Sud, la Provence intérieure, au relief varié, est plus rude. Elle est formée de la moyenne et de la haute Provence, du Ventoux à la montagne de Lure jusqu'aux tables calcaires dénudées et pierreuses des Plans de Provence : plateau de Valensole, plan de Canjuers au nord de Draguignan, coupé d'impressionnantes gorges (canyon du Verdon), plan de Caussols dans l'arrière-pays de Grasse et de Vence. Le sillon durantien (de la Durance) est l'axe principal des Alpes du Sud. Vers le sud, une zone de transition se dessine avec le Luberon. Puis prédominent les alignements de crêtes ouest-est des chaînons calcaires provençaux, Alpilles, Sainte-Victoire, Sainte-Baume, que séparent des bassins plus ou moins étendus et profonds (Aix-en-Provence, Trets).

Ces Préalpes du Sud s'étalent largement pour s'achever entre Nice et Menton sous la forme de plis méridiens portant la montagne à proximité de la mer. Dans la Provence maritime, près du littoral de la Côte d'Azur, s'individualisent deux massifs littoraux anciens d'altitude modeste (600 m) : l'Esterel, au nord-est de Saint-Raphaël,avec ses paysages grandioses de roches rouges – les porphyres du Trayas –, et les Maures, avec des versants dont les pentes, moins heurtées, sont couvertes d'un sombre manteau forestier. Vers l'ouest, les plateaux calcaires dominent la Méditerranée par de spectaculaires falaises accidentées de gorges étroites, les Calanques (un terme spécifiquement provençal).

Les massifs centraux alpins, voisins de la frontière, sont réduits à une bande de 40 km de large, qui regroupe un certain nombre de géants, tels le Pelvoux, avec des sommets à plus de 4 000 m, et le Mercantour, avec la cime du Gélas, encore à plus de 3 000 m à une cinquantaine de kilomètres seulement de la mer.

Le climat

La région provençale s'individualise par son climat méditerranéen. L'été est chaud : les moyennes de juillet dépassent 23 °C sur la côte et atteignent 18 à 20 °C dans la majeure partie des Préalpes ; les bassins de la Provence intérieure et la vallée de la Durance subissent des journées torrides (plus de 35 °C). Le climat est ensoleillé la majeure partie de l'année (la durée d'ensoleillement s'élève à 2 700 heures par an, y compris dans les Alpes, et même à 3 000 heures dans les zones privilégiées du littoral, sur la Côte d'Azur). Mais les hivers, qui peuvent être rudes et neigeux en montagne, ne sont réellement doux que sur le littoral (les moyennes de température de janvier varient entre 0 °C en haute Durance, 4 °C dans les plaines du Vaucluse et 6 à 7 °C sur la côte) et le gel n'est pas exclut (20 jours par an à Marseille). La vallée du Rhône et une partie de la côte sont fréquemment balayées par le mistral, vent froid et violent qui vient du nord.

Les précipitations annuelles, faibles sur le delta du Rhône (moins de 600 mm), s'élèvent à 800 mm sur le littoral montagneux et à 1 000 mm dans les Alpes. La sécheresse estivale est nettement marquée : juin, juillet et août reçoivent, suivant les stations, entre 9 et 15 % du total annuel des précipitations. Le littoral connaît moins de 50 jours de pluie, le reste de la Région moins de 100. Nice (800 mm) et Marseille (550 mm) reçoivent des quantités respectivement voisines de celles de Brest et de Paris, mais sur trois fois moins de jours ; les averses n'en sont donc que plus violentes.

Les sols et la végétation

La forêt méditerranéenne, fragile, est dominée par les pins d'Alep et les chênes à feuilles persistantes (chêne vert, chêne-liège). Le chêne pubescent, à feuilles caduques, tend à s'imposer entre 400 et 1 000 m. À l'exception de la hêtraie relique de la Sainte-Baume, le hêtre se développe au-delà de 1 600 m ; il est dominé par le pin sylvestre à partir de 2 000 m, puis par le mélèze.

L'aridité estivale, la présence d'un couvert de résineux et l'activité humaine favorisent la propagation des incendies, qui détruisent, parfois de façon irréversible, la végétation : maquis odorants sur les sols siliceux, garrigues à buissons bas (chêne kermès)sur les calcaires.

La douceur du climat entre Cannes et Menton permet la culture du mimosa, des cactus, des agrumes et des palmiers en pleine terre.

Les hommes et les activités

La population

Le poids démographique de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur au sein de la France n'a cessé de croître pour se stabiliser à partir des années 1970 : 4,5 % au début du xxe s., 7 % en 1975, 7,8 % en 2012. La Région occupe le 3e rang en France par sa population. Le Var et le Vaucluse ont connu pendant longtemps le rythme de croissance le plus élevé de la Région. Cet accroissement était dû à de forts apports migratoires qui ont provoqué un certain vieillissement de la population (retraités). En 2013, ce sont les Alpes-de Haute-Provence qui ont le rythme de croissance de population le plus élevé grâce au solde migratoire. L'exode rural qui n'avait cessé depuis le milieu du xixe s. est généralement stoppé ; on assiste même à une lente reprise du peuplement dans les zones montagnardes. La population demeure cependant très inégalement répartie.

Les fortes densités s'observent sur le littoral qui rassemble plus 80 % de la population régionale et présente les plus importantes agglomérations : Marseille, Toulon, Nice. Seulement une petite partie de la population résident dans des communes rurales, mais certaines communes de la Région présentent des densités supérieures à 150 habitants par km2.

L'agriculture

L'agriculture offre aussi de singuliers contrastes. Elle donne lieu à des productions de qualité : vins des côtes du Rhône et des côtes de Provence, cultures maraîchères et fruitières du Comtat, primeurs du Var, fleurs à parfums de la Côte d'Azur. À la pauvreté de la montagne (arbres fruitiers et polyculture appuyée sur l'élevage ovin) s'oppose la richesse du bas pays dès que l'irrigation est possible, à partir de la Durance ou du Verdon (canal de Provence). La Camargue maintient des activités originales : riziculture, élevage de bovins et de chevaux. La forêt occupe le tiers de la superficie régionale, mais n'a qu'un faible rôle de production : forêt méditerranéenne, de plus en plus menacée par les incendies, et forêt alpine, patiemment reconstituée et développée depuis le début du xxe s. La Région fournit la quasi-totalité du sel marin produit en France à partir des marais salants.

L'industrie

Pauvre en matières premières (quelques gisements de bauxite et de lignite), la région n'a guère bénéficié de la révolution industrielle, et longtemps l'activité portuaire a induit les principales industries (arsenal de Toulon, constructions navales, industries alimentaires et savonneries de Marseille) ; l'industrie chimique s'est implantée dans la vallée du Rhône (Avignon, Tarascon) et dans celle de la Durance (Saint-Auban). L'essor industriel s'est produit depuis 1945 au débouché de l'axe rhodanien : extension du port de Marseille vers l'étang de Berre et le golfe de Fos (raffineries de pétrole, important complexe industriel). La recherche nucléaire est présente à Cadarache, des industries de pointe non polluantes se sont installées à Sophia-Antipolis, près d'Antibes. L'équipement du Rhône et de la Durance en centrales est terminé. L'aluminium, à Gardanne, est né du voisinage du bassin houiller et du gisement de bauxite du Var. La Région connaît un grand développement des industries et des activités liées aux télécommunications, lié à une forte consommation générée par un tissu économique favorable (micro-électronique, multimédia, informatique, télecommunication,etc) et à une activité du tourisme favorable aux télécommunications.

La Région est bien placée pour la production de biens intermédiaires, notamment dans le secteur de la pétrochimie: butadiène (50 % de la production française), chlore gazeux (44 %), propylène et éthylène (38 %), caoutchouc synthétique (21 %). Les industries de Grasse livrent les aromatiques et les huiles essentielles pour la fabrication de parfums à Paris ou à l'étranger. Ce type de filières incomplètes, faiblesse de l'industrie régionale, se retrouve dans la métallurgie et l'électronique. Les industries situées en aval, sources de la plus grande valeur ajoutée, sont en effet absentes, hormis pour l'agroalimentaire, qui fournit 90 % des fruits confits, 83 % des lentilles en conserve, 66 % des concentrés de tomates et des conserves de truffes, 52 % de la semoule, 45 % des pâtes alimentaires, 24 % de la confiserie et 21 % des plats cuisinés produits en France. L'agroalimentaire reste d'ailleurs un secteur en développement. D'une façon générale, le contrôle des groupes internationaux se remarque sur les plus grandes entreprises régionales. Les industries d'armement sont bien implantées : à Istres, construction d'armes navales à Toulon, à Saint-Tropez et à Cannes (engins et lanceurs spatiaux), poudrerie à Sorgues.

Des industries liées à la mer se sont développées. La Comex, spécialiste de l'ingénierie sous-marine, propose une large gamme de produits et de services : réalisation et maintenance des quais portuaires, exploitation pétrolière au moyen de sous-marins d'assistance et d'engins téléguidés (robots de soudure). Nombre de PMI livrent du matériel de plongée et des articles de confection subaquatique. L'industrie du bâtiment et du génie civil connaît des phases plus ou moins favorables en fonction de la politique du logement, de la demande en résidences secondaires et de l'importance des réalisations d'équipements collectifs. La cimenterie de La Malle voit son marché renforcé par les exportations. L'espace disponible et un siècle de réserves de calcaires marneux lui ouvrent des perspectives de développement.

Les transports

L'amélioration et la construction d'infrastructures de transport, surtout à partir de 1960, ont permis à la Région d'améliorer ses liaisons avec l'Europe industrielle.

Le rail

La traction électrique a été progressivement appliquée aux relations de Paris à Tarascon (1960) et à Menton (1968), puis entre Marseille et les villes de Bayonne, de Bordeaux et de Perpignan. La saturation de la ligne Paris-Marseille a conduit à utiliser des itinéraires électrifiés voisins, mais la construction du TGV Méditerranée en 2001 a permis d'ajouter 250 km de lignes nouvelles entre Valence et Marseille, plaçant cette dernière à trois heures de Paris. Le réseau régional conserve les rares dessertes montagneuses : l'axe durantien a été rénové de Marseille à Briançon ; la voie étroite joignant Nice à Digne survit malgré sa remise en question ; celle allant de Nice à Tende et à Coni a été rétablie après trente-quatre ans d'interruption due aux destructions de la guerre.

La route

Le désenclavement doit beaucoup à l'intensité d'une circulation automobile renforcée par les flux touristiques. Les équipements ont été améliorés: rocades et déviations autour des villes et des villages, élargissement des chaussées, construction de voies rapides et d'autoroutes (moins de 100 km en 1960 pour ces dernières, plus de 600 km en 1990). Entre 1969 et 1975, la voirie a gagné 11 000 ha supplémentaires. La Région est reliée par autoroute à l'ensemble du réseau national et à ceux des pays limitrophes. Alors que le doublement de l'autoroute entre Cannes et Menton est programmé, se pose le problème de trouver les moyens de faire face au flux touristique estival sans défigurer encore davantage les paysages du littoral.

Les transports aériens

Nice est le premier aéroport de province et Marseille est le troisième après Lyon. Celui de Nice jouit de bonnes relations européennes, tandis que celui de Marseille, Marignane, relié à 25 aéroports africains, n'entretient que 6 liaisons directes avec l'Europe du Nord-Ouest. La concurrence des aéroports voisins (Toulon, Avignon) facilite il est vrai la recherche de correspondances à Paris, compromettant la rentabilité des lignes internationales. Toujours pour Marseille, la ligne de Paris absorbe plus de 45 % du trafic, contre 20 % à la province (13 % pour la Corse).

Le trafic portuaire

Marseille est le premier port méditerranéen. Le volume de son trafic est deux fois supérieur à celui de Barcelone et à celui de Gênes. Le port phocéen arrive en sixième position au niveau européen derrière Rotterdam, Anvers, Hambourg, Newcastle et Amsterdam. La réduction des échanges d'hydrocarbures a entraîné une baisse du trafic. Parallèlement, la structure du trafic s'est équilibrée : la part des produits pétroliers a diminué, celle des vracs solides et celle des marchandises diverses, grâce au développement des conteneurs, a augmentée. Les bassins proches de la ville (300 ha) ne suffisant plus, les installations ont progressé vers le Rhône : étang de Berre (1919), Lavéra (1948), Fos-sur-Mer (1970). Dès 1966, le port de Marseille assurait une unité de gestion sur 70 km de côtes, du Vieux-Port à Port-Saint-Louis-du-Rhône. À Fos-sur-Mer, où la superficie des bassins dépasse 800 ha, un terre-plein de 42 ha est réservé au trafic des conteneurs.

Le tourisme

Mais la Région est la deuxième pour le tourisme, après l'Île-de-France, en raison de son climat, de la variété de ses sites naturels ou historiques, de l'attrait de la Côte d'Azur. Au tourisme d'hiver, né sur la Riviera au xixe s. pour une riche clientèle étrangère, s'est substitué depuis les années 1950 un tourisme d'été populaire qui a peu à peu gagné tout le littoral. Les dernières décennies ont vu la multiplication des résidences secondaires aussi bien dans l'arrière-pays que sur la côte. Les campagnes de la Provence intérieure et les basses montagnes sont envahies de Parisiens, de Suisses et de Néerlandais qui transforment en résidences secondaires mas, bastides abandonnées et maisons serrées dans les villages perchés. D'autres préfèrent construire des villas agrémentées de piscines et de courts de tennis. Les sports d'hiver ont suscité l'installation de stations dans les Alpes du Sud, souvent à l'origine du maintien de la population locale. Une vingtaine de stations reçoivent une clientèle venue de toute la France, mais peu de l'étranger, hormis l'Italie. Au cours de l'été, les citadins du littoral viennent de longue date chercher la fraîcheur en altitude ; les lacs de retenue créés par EDF (Serre-Ponçon) permettent l'exercice des sports nautiques. Tandis que la clientèle est assez diversifiée à Nice, le tourisme de luxe est plus apparent à Beaulieu-sur-Mer. Monaco, place toujours très courue, a construit son second casino. Cannes voit toute l'année se succéder de grandes manifestations internationales (Midem, Festival de cinéma, etc.).

La Région est aussi devenue la terre d'élection des festivals culturels d'été, souvent dans de prestigieux cadres historiques (Avignon, Aix-en-Provence et Orange, notamment). Le développement du tourisme et des loisirs a conduit à la protection de certains espaces : parcs nationaux de Port-Cros et du Mercantour, parcs naturels régionaux du Luberon, des Alpilles, du Verdon, de Camargue et des Préalpes d'Azur.