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Aix-en-Provence

Aix-en-Provence
Aix-en-Provence

Chef-lieu d'arrondissement des Bouches-du-Rhône, au N. de la chaîne de l'Étoile, dans le bassin d'Aix, sur la rive droite de l'Arc.

  • Population : 144 884 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Aixois

GÉOGRAPHIE

Aix-en-Provence doit moins son développement urbain et démographique à sa fonction industrielle, qui est réduite (machines agricoles, électronique, confiserie [spécialité de calissons]), qu'à sa position, qui en fait un centre tertiaire (université, cour d'appel, archevêché, commerce) et une ville résidentielle par rapport à la métropole marseillaise, aux industries de l'étang de Berre et au centre atomique de Cadarache. La fréquentation touristique y est importante. Au S.-O. de la ville, l'Europôle de l'Arbois est un technopôle spécialisé dans l'environnement.

Station thermale pour les affections veineuses (phlébologie) et gynécologiques. Les eaux bicarbonatées calciques et magnésiennes, oligométalliques et radioactives, avec de la silice colloïdale sont connues depuis les Romains (thermes de Sextius). On les emploie en bains, douches, massages sous l'eau, à leur température d'émergence (33 °C) ou réchauffées.

L'HISTOIRE D'AIX-EN-PROVENCE

La ville d'Aix fut fondée en tant que poste romain, en 123 avant J.-C., par le consul Sextius Calvinus, à peu de distance de l'ancien oppidum d'Entremont, capitale de la peuplade des Salyens (ou Salluvii), qu'il venait de vaincre et qui avaient été les maîtres de la plaine entre Rhône et Durance. C'était le premier établissement romain en Gaule, d'ailleurs un simple lieu de garnison. À son rôle de point stratégique et de nœud routier, s'ajoutait l'intérêt de sources thermales encore exploitées, qui lui valurent son nom : Aquae Sextiae, les eaux de Sextius.

En 102 avant J.-C., à la bataille d'Aix, qui se déroula en réalité à Pourrières, à 30 kilomètres, dans la vallée de l'Arc, Marius décima une impressionnante horde de Teutons : la population garda durant des siècles le souvenir de ce carnage.

Devenue colonie sous César et Auguste, Aix s'enrichit des édifices de la grandeur romaine : aqueducs (vestiges près de Meyrargues et à Saint-Antonin-sur-Bayon), amphithéâtre, thermes, temple d'Auguste, remparts. Le culte de Priape avait la faveur de la ville, que Sidoine Apollinaire comparait à Baïes pour son charme. La période antique s'acheva par le passage des Wisigoths (477), suivis d'autres barbares, et par les dévastations des Arabes (731). C'est en 796 seulement que l'on entreprit de réparer les remparts et les principaux monuments. La ville avait alors acquis une indépendance de fait.

Au ixe s., Aix devint la capitale du comté de Provence et, au xiiie s., un foyer littéraire : les comtes de Provence s'y entouraient de troubadours et y tenaient des « cours d'amour ». À la même époque (1206-1290), Aix obtint des privilèges municipaux. On distinguait alors la ville comtale, qui entourait le palais (quartier actuel des Bagniers), et la ville des tours, ou cité archiépiscopale, qui devait tirer son nom de ses fortifications médiévales : cette dernière partie d'Aix n'a pas survécu à la peste noire de 1348 et aux ravages d'Arnaud de Cervole. De 1471 à 1480 s'installa à Aix le plus célèbre des comtes de Provence, le roi René d'Anjou : il attira à sa cour les peintres italiens et flamands, instaura les jeux de la Fête-Dieu, mascarade originale avec chevaux de carton qui fut de tradition jusqu'à la Révolution.

Après la mort du roi René, Aix fut, avec le comté de Provence, rattachée au domaine royal (1487). Une fois passés les fléaux du xvie s. – prise de la ville par les Impériaux en 1524, conflits religieux et massacres de Réformés de 1540 à 1580 –, la ville fut transformée par la création dans ses murs du parlement de Provence (1501) et par l'installation de riches parlementaires imbus de leur dignité, bâtisseurs de somptueux hôtels alliant la noblesse classique à une certaine emphase provinciale, défenseurs ardents des privilèges et du particularisme local (la ville ne s'était pas résignée à ne plus être une capitale).

Une tentative de Richelieu pour transférer à Marseille la chambre des comptes déclencha la révolte populaire des Cascaveous (1630) ; les troubles se poursuivirent sous la Fronde. Au xviiie s., toute l'histoire de la ville tient dans les querelles de son parlement. La Révolution entraîna, avec sa disparition, celle de l'aristocratie qui détenait la richesse. Au xixe s., la prospérité de Marseille contrasta avec le déclin d'Aix, dont l'activité commerciale se limita à la vente des produits régionaux (huiles, fruits secs, vins).

AIX, VILLE D'ART

Proche d'Aix-en-Provence, l'oppidum celto-ligure d'Entremont (iiie s. avant J.-C.) est d'un intérêt majeur pour la connaissance de l'art gaulois, malgré sa destruction en 123 avant J.-C. De la ville romaine, les invasions barbares ne laissèrent debout que des vestiges insignifiants.

Au Moyen Âge, le palais-forteresse des comtes de Provence, édifié sur les ruines mêmes du prétoire romain, fut le centre d'une cour raffinée et puissante. Face à la ville comtale, l'archevêché regroupait la ville archiépiscopale, c'est-à-dire le Bourg-Saint-Sauveur. La première cathédrale romane, élevée vers 1080 à la place du temple d'Apollon – et près d'un baptistère chrétien du vie s. encore conservé –, est remplacée au xiie s. par la nef du Corpus Domini, voûtée en berceau, s'ouvrant sur un charmant cloître aux arcades en plein cintre et à chapiteaux sculptés. La cathédrale Saint-Sauveur s'agrandit en 1285 d'une haute nef gothique accolée au vaisseau roman. Le xve s. lui apportera le fameux triptyque dit du Buisson ardent, peint par Nicolas Froment en 1476 pour le roi René et sa seconde femme, Jeanne de Laval, qui sont représentés en donateurs. Non moins célèbre, le tableau de l'Annonciation, dû à un maître resté anonyme (vers 1443), est conservé à l'église de la Madeleine. Du début du xvie s. datent les vantaux sculptés du portail de la cathédrale et la suite de tapisseries figurantHistoire de la Vierge et l'Histoire de la Passion, chef-d'œuvre des lissiers flamands exécuté à l'origine pour la cathédrale de Canterbury et acheté par un chanoine du chapitre d'Aix au xviie s.

Cité comtale et cité épiscopale forment la ville médiévale, aux ruelles désordonnées, enchevêtrées, toutes deux enfermées et réunies dans l'enceinte des remparts. Hors des murs, les hospitaliers de Saint-Jean de Malte ont bâti leur église, couronnée en 1376 d'une élégante flèche octogonale qui domine la campagne. C'est de ce côté que se développera Aix, devenue ville parlementaire.

Le rattachement à la France fut ratifié par les états de Provence « non comme un accessoire à un principal, affirment-ils avec fierté, mais comme un principal à un autre principal ». L'aristocratie de robe était soucieuse de se créer un cadre de vie à la mesure de sa richesse et de son désir de paraître. À l'époque de Louis XIII, certaines familles firent d'abord construire leurs hôtels dans les vieux quartiers de la cité comtale et du Bourg-Saint-Sauveur, malheureusement étranglés par le corset de l'enceinte médiévale. D'autres rêvaient de perspectives plus aérées. C'est Michel Mazarin, archevêque d'Aix et frère du grand cardinal, qui eut l'idée d'un plan d'urbanisme grandiose destiné à redessiner la ville dans l'esprit « Louis Quatorze ». Les remparts n'ont plus de raison d'être… on les abat. À leur place et sur les lices, une vaste avenue est tracée, large de 40 m, longue de 400 : le cours Mirabeau (1651). Il va devenir l'artère délicieusement ombragée qui sépare la cité ancienne, inorganisée, de celle qui va naître, toute classique et dessinée sur un plan quadrillé. « Ce cours est le plus bel endroit de la ville, écrivait déjà le président de Brosses, et l'un des plus agréables peut-être qui soient en France. Les maisons qui le bordent en sont hautes, belles et à l'italienne. Quatre rangs d'arbres forment deux contre-allées et une large allée au milieu, ornée de quatre grandes fontaines […] promenade charmante à toute heure du jour et de la nuit… ». Cela est toujours vrai, et Giraudoux, dans Pour Lucrèce, en célébrera l'harmonie.

Les terrains de la commanderie de Malte sont lotis, rachetés à prix d'or par les parlementaires. Ils donnent naissance au quartier Saint-Jean, « la noblesse de Provence étant, sans contredit, celle qui dépense le plus volontiers en bâtiments… », explique un voyageur du temps. Le prieuré lui-même sera rebâti vers 1671 : il abrite aujourd'hui le riche musée des Beaux-Arts, ou musée Granet.

Louis XIV est reçu en 1660, et son passage donne un nouvel élan à la fièvre d'embellissements : façades à pilastres monumentaux, balcons à caryatides à la manière du sculpteur Puget (hôtel d'Espagnet, pavillon Vendôme), portails à carrosses, cages d'escaliers d'une ampleur seigneuriale (bibliothèque Méjanes), décors peints en trompe l'œil (à l'hôtel de Châteaurenard, par Jean Daret [1613-1668]), plafonds mythologiques à la mode de Charles Le Brun et de Pierre Mignard ; partout se révèle une recherche du théâtral et du somptueux, que le xviiie s. et ses fantaisies de gypseries rocaille atténueront à peine (hôtels de Panisse-Passis, d'Ansouis, d'Albertas, de Maynier d'Oppède).

Fin de l'Ancien Régime : un enfant terrible enlève à la hussarde la plus riche héritière de la ville, Mlle de Marignane, et, orateur-né, se fait élire par le tiers état. C'est Mirabeau ; premier des grands révolutionnaires, il a sonné le glas d'un monde condamné. Ce monde de distinction et de raffinement, le palais de l'archevêché – musée des tapisseries – l'enclôt dans le chatoiement de ses tentures de Beauvais dues à Jean Berain, Charles Natoire (Histoire de Don Quichotte), Jean-Baptiste Leprince (Jeux russiens). Chaque été, sa cour intérieure sert de théâtre au festival de musique.

La campagne aixoise, avec ses pins parasols, la route du Tholonet, la montagne Sainte-Victoire à l'horizon, magnifiés avec une ténacité exemplaire par le plus grand peintre aixois et combien français, Paul Cézanne, a été souvent mal défendue contre la prolifération incohérente des constructions nouvelles.

LES MUSÉES D'AIX

Le musée des Beaux-Arts, dit musée Granet, du nom de son principal donateur, fut fondé en 1771 et installé dans l'ancien prieuré de Malte (1671). Outre d'importantes collections archéologiques, il conserve des sculptures de Puget, Houdon, David d'Angers, des peintures du Maître de Flémalle, de Rigaud, Largillière et Ingres, des œuvres de peintres provençaux. Longtemps ignoré par ses compatriotes aixois, Cézanne n'était quasiment pas représenté dans sa ville natale. Ce n'est qu'en 1984 que huit toiles provenant de la dation Pellerin entrèrent enfin au musée.

Le Musée des tapisseries, dans l'ancien archevêché, conserve une importante collection de tapisseries de Beauvais (tenture de l'Histoire de Don Quichotte d'après Natoire).

Il faut citer également les musées Paul-Arbaud (archives, dessins anciens, objets d'art), du Vieil-Aix (histoire locale), Dobler, installé dans le pavillon de Vendôme (décoration intérieure), de l'Atelier Paul Cézanne, la Fondation Vasarely, le Muséum d'histoire naturelle.

La bibliothèque Méjanes, dans une aile de l'hôtel de ville, possède un riche fonds ancien.

LA MUSIQUE À AIX

Centre musical actif dès le xie s., mais surtout à partir du xiiie s. quand les comtes de Provence y tinrent leur cour, Aix a connu, sous le gouvernement de René d'Anjou et pendant tout le xviie s., une légitime renommée grâce à la maîtrise de sa cathédrale et à l'enseignement qu'on y dispensait. Après A. Gantez, c'est G. Poitevin qui en fut le plus illustre précepteur, de 1667 à sa mort. Il forma notamment A. Campra, J. Gilles (qui devait temporairement prendre sa succession), J.-F. Salomon, G. Cabassol et E. Blanchard. Plus tard, E. J. Floquet et F. David furent également élèves de la maîtrise. La cathédrale d'Aix posséda, dès le xviie s., des orgues de valeur dues à P. Marchand et sur lesquelles Luis de Aranda, le « rossignol charmant », vint souvent se faire entendre. Au siècle suivant, les frères Isnard les ont modifiées et agrandies. Depuis 1948, Aix organise, chaque été, un festival de musique axé sur les grandes productions lyriques (Mozart en particulier) et les créations contemporaines.