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Wolfgang Amadeus Mozart

Wolfgang Amadeus Mozart
Wolfgang Amadeus Mozart

Compositeur allemand (Salzbourg 1756-Vienne 1791), fils de Leopold Mozart.

Génie précoce, dont la destinée fut aussi brève que prodigieuse, Wolfgang Amadeus Mozart composa une œuvre qui est unique en son genre par sa profusion – on a calculé qu'il avait dû consacrer près de la moitié du temps de sa vie au travail matériel consistant à écrire ses partitions. Par son universalité, elle demeure l'une des plus jouées dans le monde. Hôte des cours d'Europe, Mozart fut aussi l'un des premiers musiciens à revendiquer son indépendance. Malgré sa mort prématurée, il a créé en une trentaine d'années une des sommes les plus importantes de la musique, comportant des chefs-d'œuvre « classiques » dans pratiquement tous les domaines : musique lyrique, religieuse, symphonique, concertante, de chambre, de divertissement...

Mozart père et fils

Né le 26 janvier 1756, Mozart est allemand d'origine car, alors, Salzbourg (aujourd'hui en Autriche) est une principauté du Saint Empire romain germanique. Ses parents, Léopold Mozart (1719-1787) et Anna Maria Pertl (1720-1778), ont eu sept enfants. Deux ont survécu : Maria Anna (1751-1829), dite « Nannerl », et leur dernier-né, Johannes Chrysostomus Wolfgang Theophilus – Amadeus se substituant plus tard à ce dernier prénom.

Léopold, violoniste auprès du prince-archevêque de Salzbourg, est aussi l'auteur de l'un des trois grands traités musicaux du xviiie siècle et d'une célèbre méthode de violon. Il apprend à ses enfants à jouer du clavecin. Dès les premières années, Wolfgang manifeste des dons exceptionnels. À 6 ans, il compose son premier menuet, en cherchant, déjà, « les notes qui s'aiment » ; en cette même année 1762, il se produit à Munich, puis à Vienne, devant l'impératrice Marie-Thérèse.

Soucieux de donner une formation solide à son fils, dont le talent attire déjà tant l'attention, et convaincu que les concerts du frère et de la sœur financeront le voyage, Léopold décide d'emmener sa famille à Londres et à Paris en faisant étape dans toutes les capitales musicales qui se trouvent sur la route. Ainsi, pendant plus de trois ans, de juin 1763 à novembre 1766, les Mozart prennent part à une grande tournée européenne, au cours de laquelle ils sont reçus en France par Louis XV et en Grande-Bretagne par George III. Le jeune virtuose écrit alors ses premières symphonies.

Lors d'un deuxième séjour à Vienne, en 1768, il compose ses premiers ouvrages lyriques, La Finta Semplice et Bastien et Bastienne.

Une vie itinérante, un apprentissage « européen »

Entre 1769 et 1773, Léopold fait avec son fils trois voyages en Italie, dans le but de parfaire son éducation musicale et avec l'espoir de lui trouver un mécène. À Milan sont créés les opéras Mitridate, re di Ponto (1770) et Lucio Silla (1772).

1772 est l'année où Mozart – il a 16 ans – entre, comme premier violon, au service du nouveau prince-archevêque de Salzbourg, le comte Hieronymus Colloredo (1732-1812). Mozart doit écrire sur commande des œuvres au goût du jour et se produire comme interprète. Très vite, il étouffe dans ce cadre trop limité.

En 1773, pendant un congé, il tente à nouveau de trouver un poste à Vienne et écrit ses six quatuors à cordes dits Quatuors viennois, influencés par le compositeur autrichien Joseph Haydn.

C'est à Salzbourg, en revanche, que sont conçus quatre importantes symphonies (1773-1774) et quatre concertos pour piano (1776-1777) – ce dernier genre étant celui dans lequel Mozart se montre le plus novateur.

L'aspiration à la liberté

En 1775 a eu lieu, à Munich, la première de l'opéra La Finta Giardiniera. Mozart y retourne en 1777, en compagnie de sa mère, après avoir démissionné de sa position à la cour de Collorado, laissant à Salzbourg son père qui préfère conserver son poste de maître de chapelle.

Mozart séjourne ensuite à Mannheim, alors ville musicale florissante, où il fait la connaissance d'Aloysia Weber, dont il s'éprend, et de sa sœur Constance, qu'il épousera en 1791.

En 1778, il est à Paris, où, entre autres œuvres, il compose la pathétique Sonate pour piano en la majeur.

Après la mort de sa mère, Mozart rentre à Salzbourg, où il devient l'organiste attitré de la cathédrale (1779). Et c'est de nouveau le fardeau des pièces de commande, telle la Messe du couronnement.

Grâce à ses voyages, il possède un style « international », mûri au contact de l'art lyrique italien et de la tradition orchestrale allemande. Bientôt, il va rompre avec Salzbourg, où il se sent sous tutelle.

L'épanouissement du génie

Après avoir créé, à Munich, l'opéra Idoménée (1781), Mozart se fixe définitivement à Vienne – « la vraie patrie du piano » –, afin d'y mener la carrière d'un musicien indépendant.

Il joue pour la cour, donne des leçons de musique et des concerts de piano, tout en occupant les fonctions de maître de chapelle en second à la cathédrale. Mais, avoue-t-il, il ne saurait « enterrer ainsi le talent de compositeur que Dieu [lui] a donné ».

De ce talent témoignent alors son opéra allemand l'Enlèvement au sérail (1782), commandé par l'empereur Joseph II, et une série de concertos pour piano (1784-1786).

Entre-temps, Mozart est allé pour la dernière fois à Salzbourg (1783), où l'on a interprété sa Messe en ut mineur (inachevée), qu'il s'était promis de composer quand sa future épouse était tombée malade – lorsque la Messe est donnée, c'est d'ailleurs Constance qui tient la partie de soprano écrite pour elle.

Avec Haydn, auquel il dédie six somptueux quatuors (1785), Mozart mène le « style classique viennois » à son apogée.

Successivement sont créés, à Vienne, les Noces de Figaro (1786), le premier de ses trois grands opéras italiens sur des livrets de Lorenzo Da Ponte, et, à Prague, Don Giovanni (1787), que l'on peut considérer comme l'opéra des opéras.

De 1787 datent aussi deux grands quintettes à cordes et la célèbre Petite Musique de nuit.

Le désamour viennois

Mais Don Giovanni, acclamé à Prague, fait un échec à Vienne ; l'empereur reconnaît la valeur de l'œuvre tout en admettant qu'elle n'est pas à la portée du public viennois. Affecté par la mort de son père, en mai 1787, Mozart voit se détériorer la santé de son épouse et les difficultés financières du ménage s'accumuler. À Vienne, Mozart va vivre ses dernières années dans une grande misère . « Je m'étonne, écrit Haydn indigné, que cet être unique ne soit pas encore appointé par une cour royale ou impériale. » C'est un des épisodes les plus affligeants de l'histoire de la musique que l'indifférence de la société viennoise au sort de Mozart.

Au cours de l'été 1788, Mozart écrit ses trois dernières symphonies (il termine la 39e quelques jours avant la mort de sa fille) en vue d'un concert qui pourrait le rapprocher de ce public frivole ; mais faute de souscripteur, l'entreprise échoue.

En 1789, il entreprend un ultime voyage, qui le mène à Prague, Dresde, Leipzig et Potsdam. À l'intention du roi de Prusse Frédéric-Guillaume II, il compose trois quatuors à cordes (1789-1790). En février 1790, la mort de Joseph II prive Mozart de son protecteur.

Une fin misérable

Malgré son épuisement, Mozart trouve encore la force de donner trois opéras : Così fan tutte (Vienne, 26 janvier 1790), la Clémence de Titus (Prague, 6 septembre 1791) et la Flûte enchantée (Vienne, 30 septembre 1791), œuvre testamentaire où il transpose l'idéal de la franc-maçonnerie.

Deux concertos (l'un pour piano, l'autre pour clarinette), un quintette à cordes et le Requiem (terminé par son élève Franz Xaver Süssmayr [1766-1803]) achèvent le parcours exceptionnel d'un homme sur la voie de la beauté et de la vérité.

Mozart meurt dans la nuit du 5 au 6 décembre 1791, alors qu'il n'a pas 35 ans. Il est inhumé dans une fosse commune – autant en raison de mesures sanitaires que du fait du dénuement dans lequel se trouvait sa famille.

Quatre de ses six enfants étant morts en bas âge, sa femme Constance reste seule avec deux fils, Karl Thomas, âgé de 7 ans, et Franz Xaver, qui est encore nourrisson.

L'« affaire » Salieri

Le compositeur italien Antonio Salieri jouit d'un poste officiel à la cour lorsque Mozart vient s'établir à Vienne. Admirateur de la première heure du génie d'un homme dont il va écouter les œuvres en cachette, il comprend que sa position risque d'en être ébranlée. Dès lors, il fomente des cabales contre un musicien qui le surclasse.

Dès la mort de Mozart, Salieri est accusé de l'avoir empoisonné. Il semblerait que, dans un moment de délire, il a été lui-même à l'origine de cette rumeur. La vérité est que Salieri est une des rares personnes qui assistèrent à l'enterrement de Mozart et que Constance eut recours à ses talents de pédagogue pour parfaire l'éducation musicale de ses fils.

Le répertoire mozartien

En musicologie, les œuvres de Mozart – plus de 600 recensées –, que lui-même n'avait pas datées, sont affectées d'un numéro d'ordre commençant par la lettre K : celle-ci est l'initiale de Ludwig von Köchel (1800-1877), qui en a établi, en 1862, le catalogue (remanié en 1945 par Alfred Einstein [1880-1952]).

Outre les opéras, le répertoire mozartien comprend :
– une cinquantaine de symphonies, dont les no 35 Haffner (1782), no 36 Linz (1783), no 38 Prague (1786), no 39, no 40 et no 41 Jupiter (1788) ;
– des cassations, sérénades, danses et marches, ainsi que des divertissements, dont la Petite Musique de nuit (1787) ;
– 23 quatuors à cordes (1770-1790), 6 quintettes à cordes (1773-1791), 1 trio à cordes (1788), 1 quintette pour clarinette et cordes (1789) ;
– 23 concertos pour piano entièrement originaux (1773-1791), 5 pour violon (1773-1775), 1 pour basson (1774), 2 pour flûte (1778), 1 pour flûte et harpe (1778), 4 pour cor (1783-1791), 1 pour clarinette (1791) ;
– 19 sonates pour piano (1775-1789), de la musique de chambre (sonates, 2 quatuors, 1 quintette, des trios) avec piano ;
– des messes, dont la Messe du couronnement (1779), et d'autres pièces de musique sacrée, dont l'Ave verum (1791) ;
– des airs de concert, des lieder et des canons.

Citations

« Amour ! Amour ! Amour ! Voilà l'âme du génie. »

Wolfgang Amadeus Mozart.

« M. Haydn m'a dit : […] votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne ou de nom. Il a du goût et, en outre, la plus grande science de la composition. »

Lettre de Léopold Mozart à sa fille (14 février 1785).

« Jouez-moi de la vraie musique. Jouez-moi du Mozart. »

Frédéric Chopin.