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Don Giovanni

Joseph Quaglio, esquisse de décor pour Don Giovanni
Joseph Quaglio, esquisse de décor pour Don Giovanni

« dramma giocoso » (drame burlesque) en deux actes (KV 527) de Wolfgang  Amadeus Mozart, sur un livret de Lorenzo Da Ponte (Prague, 1787).

Personnages

Don Giovanni, gentilhomme (basse)
Leporello, son valet (basse)
Le Commandeur (basse)
Donna Anna, sa fille, et fiancée à Don Ottavio (soprano)
Don Ottavio, fiancé de Donna Anna (ténor)
Donna Elvira, jeune femme délaissée par Don Giovanni (soprano)
Zerlina, jeune paysanne (soprano)
Masetto, paysan, fiancé de Zerlina (basse)
Paysans, paysannes, serviteurs, démons (chœur)

Argument

L'opéra reprend le personnage du théâtre et de la littérature, devenu le type du séducteur libertin. Don Giovanni, aidé par son valet Leporello, séduit, conquiert puis abandonne de jeunes femmes. Alors qu'il tente de forcer Donna Anna, le père de celle-ci, le Commandeur, s'interpose ; Don Giovanni le tue en duel. Il n'en continue pas moins ses tentatives de conquêtes, notamment avec Zerlina, une jeune paysanne, le jour de ses noces avec Masetto. Don Giovanni est également poursuivi par Donna Elvira, qu'il a délaissée et qui éprouve toujours des sentiments à son égard. Pour tenter d'échapper à la colère de ses victimes, il impose à Leporello de se livrer à divers jeux de travestissements au cours desquels ils échangent leurs identités.

À l'acte II, dans un cimetière, la nuit, une voix provenant d'une statue demande à Don Giovanni de laisser les morts en paix. Celui-ci force alors son valet à inviter la statue à dîner. La statue, qui n'est autre que le Commandeur, se présente chez Don Giovanni alors qu'il s'apprête à passer à table. Saisissant la main de Don Giovanni, la statue lui demande de se repentir, mais ce dernier refuse. Il est englouti par les flammes de l'enfer.

Analyse

Après le triomphe des Noces de Figaro à Prague (1786), le théâtre national tchèque commande à Mozart une nouvelle partition lyrique qu’il n’intitulera plus « opera buffa », mais « dramma giocoso », drame burlesque. L’action s’y noue avec une rapidité foudroyante : la tentative de viol, le duel, le meurtre, la fuite vers de nouvelles aventures, jusqu'à la chute.

On peut considérer que c’est le Commandeur mort qui est le personnage principal, personnage invisible évoqué dès les premières notes de l’ouverture et qui apparaît dans le final pour donner – une fois encore – la dimension métaphysique. Cela n’empêche pas Mozart de conserver à ses acteurs vivants une suprême vérité et une densité humaines, depuis la poltronnerie apitoyée de Leporello jusqu’à la naïve rouerie de Zerlina, en passant par la noblesse d’âme un peu agaçante de Donna Elvira, la vaillance plus sociale que réelle de Don Ottavio, la sympathique rondeur et l’enthousiasme rustique de Masetto et, surtout, le tempérament de feu qu’est Donna Anna.

Seul Don Giovanni n’est pas vraiment humain ; c’est peut-être le seul personnage du théâtre lyrique mozartien à incarner un principe, une idée, la destruction de tout ordre, le « mystère d’iniquité ». La grande scène finale entre le Commandeur et Don Giovanni est un des sommets de la musique. La partition de plus en plus dramatique et torturée de Mozart finit par flamber littéralement – à moins qu’elle ne donne froid dans le dos.

Don Giovanni est la plus puissante interprétation musicale du mythe de Don Juan, devenu le héros romantique en quête d'absolu et revendiquant son droit jusque devant la mort, en une œuvre où sont intimement mêlés le comique, le tragique et le surnaturel.

L'opéra de Mozart a fait l'objet d'un film remarqué (→ Don Giovanni), réalisé par Joseph Losey (1980), qui a certainement contribué à populariser cette figure légendaire, en l'incarnant de façon magistrale.