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symphonie

(latin symphonia, du grec sumphônia, accord de sons)

Sonate pour orchestre caractérisée par la multiplicité des exécutants pour chaque partie instrumentale et par la diversité des timbres.

MUSIQUE

La structure formelle

Dans son sens principal, la symphonie désigne le plus important genre orchestral, avec le concerto, de la musique occidentale à partir du xviiie s. Elle se caractérise par :
– l'emploi de l'orchestre comme ensemble-masse, sans qu'il y ait opposition permanente d'un soliste à cette masse – les solos étant en principe des parties isolées, au nom et au bénéfice de l'ensemble dont ils se détachent ;
– un plan en quatre mouvements, disposés selon le moule de la sonate classique : allégro de forme sonate, précédé ou non d'une courte introduction lente ; mouvement lent, adagio ou andante ; menuet ou scherzo dansant à trois temps ; finale rapide de forme sonate, ou rondo-sonate ;
– des proportions qui, après Haydn, « fondateur » de la symphonie au sens moderne, et à partir de Beethoven, tendent (à de notables exceptions près) à être de plus en plus importantes (une heure et demie chez Mahler, voire deux heures chez Messiaen).

La naissance de la symphonie classique

Le xviiie s. fut l'époque où les formes instrumentales s'émancipèrent du cadre religieux ou dramatique, c'est-à-dire de la voix, du texte et du rite. Parallèlement à la symphonie, et en rapport étroit avec elle, naquit et se développa la salle de concerts ; à cet égard, on connaît l'importance qu'eut en France et en Europe la fondation d'une institution comme le Concert spirituel.

Les origines de la symphonie de concert se trouvent aussi en Italie, où les sinfonie abandonnèrent leur fonction de préludes d'opéras, de même qu'à Vienne, avec les prédécesseurs ou contemporains de Haydn, et surtout à Mannheim, dont l'école permit à la symphonie de trouver un certain équilibre formel et orchestral.

Haydn et Mozart

Auteur de 106 symphonies, entre 1757 environ et 1795, Haydn est le premier qui ait eu la faculté de fusionner divers éléments en un tout organique, de maintenir le sens du mouvement et d'exercer sur lui un contrôle continu, de maintenir la musique active ou du moins en activité latente, à tous les niveaux, de suggérer un sens de l'espace tendant vers l'infini et à dimension épique (tout cela par le biais de la forme sonate et d'une conception neuve de la tonalité).

Les symphonies de Mozart (environ 50), écrites de 1764 à 1788, contiennent de très grandes pages (surtout les trois dernières), mais n'ont pas influencé l'évolution du genre de manière aussi décisive – à l'inverse de ce qui s'est produit dans le cas du concerto pour piano.

Beethoven et la grande tradition germanique

Pour leur part, les neuf symphonies de Beethoven, créées de 1800 à 1824, ont si fortement marqué le genre qu'il n'a plus été possible de faire une symphonie sans en tenir compte dans un sens ou dans l'autre. C'est leur variété qui fascine, à l'intérieur du modèle haydnien ; on peut y trouver en germe toutes les directions prises ultérieurement par la symphonie, par exemple chez Berlioz (5e et 6e), chez Tchaïkovski et Dvořák (3e), chez Mahler (9e), chez Prokofiev (8e).

Schubert, Mendelssohn, Schumann, Brahms, regroupés sous l'étiquette de « romantiques », ont composé des symphonies dans la lignée directe de leur grand prédécesseur, et chacun a résolu à sa manière le problème de cette paternité.

Bruckner et Mahler ont donné au genre une dimension plus large, qui a fait parler d'« ultrasymphonie ». Schönberg et, surtout, Webern ont fait porter sur la symphonie leur effort de concentration. Henze et Hindemith ont poursuivi dans la même voie, qui consistait à faire de la symphonie un genre objectif construit sur une forme, non sur des idées.

La symphonie française

On aurait pu penser que les Français auraient revendiqué l'exemple de liberté donné par Berlioz. Ce fut au contraire Liszt qui reprit à ce dernier la forme symphonique dite « à programme ». Plusieurs compositeurs sont, en revanche, les auteurs de symphonies écrites dans les règles et les proportions classiques : Lalo, Chausson, A. Magnard, Saint-Saëns, V. d'Indy, P. Dukas… C'est néanmoins la Symphonie en « ré » mineur de C. Franck (1886-1888) qui reste la plus jouée. Les quatre symphonies de A. Roussel, relevant d'une inspiration néoclassique, sont peut-être parmi les plus spécifiquement françaises du répertoire.

Ni Debussy, ni Ravel, ni Fauré n'ont laissé de symphonies. Mais le genre fut repris notamment par des compositeurs du groupe des Six (D. Milhaud, A. Honegger), par O. Messiaen, A. Jolivet, M. Landowski et H. Dutilleux. Travaillant en France, Stravinsky a opté pour des œuvres ostensiblement néoclassiques.

La symphonie dans d'autres pays

La symphonie nationale est un genre à la fois très codifié et, puisant aux sources des cultures nationales, très populaire. Il fut illustré, en Russie, par Glinka, Borodine, Tchaïkovski, Rimski-Korsakov, Balakirev, puis par Glazounov, Rachmaninov, Prokofiev et Chostakovitch. Il le fut aussi par les Tchèques Smetana et Dvořák, par le Finlandais Sibelius.

La Grande-Bretagne fut, au xxe s., un des pays qui ont le plus cultivé la symphonie, notamment avec des compositeurs comme Elgar et Tippett. Les Américains C. Ives et A. Copland, de même que le Brésilien H. Villa-Lobos comptent parmi les nombreux auteurs contemporains de musique symphonique.