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piano

(abréviation de pianoforte)

Piano à queue
Piano à queue

Instrument de musique à cordes frappées muni d'un clavier.

Le principe de fabrication

Les cordes du piano, en acier, en laiton ou en acier filé de cuivre, résonnent parallèlement à une table d'harmonie contenue dans une caisse. Elles sont tendues entre deux points fixes : elles tiennent, d'une part, grâce à des pointes plantées à l'extrémité de la caisse dans la partie du cadre métallique qui couvre le sommier, et, d'autre part, grâce aux chevilles enfoncées dans le sommier. Ces cordes vibrent entre le sillet qui les soulève, les répartit et crée un plan, et le chevalet, dont la courbe détermine la longueur vibrante de chacune d'entre elles.

Le chevalet est collé sur la table d'harmonie, renforcée par un barrage en bois, à laquelle il transmet les vibrations qu'elle amplifie. Les touches du clavier (de 85 à 88 notes) commandent la mécanique lançant les marteaux couverts de feutre et éloignant les étouffoirs des cordes. Le piano possède aussi deux pédales (douce et forte) permettant de faire des nuances. Une troisième pédale, dite « pédale tonale », a été ajoutée au piano à queue.

Très simple au départ, cette mécanique n'a pas cessé de se perfectionner. Les pièces intermédiaires permettant de gagner en force, en rapidité, mais aussi en souplesse et en solidité, se sont multipliées.

Le devenir du piano

Le piano fut inventé à Florence, par B. Cristofori, à la fin du xviie s., sous le nom de pianoforte. Il concurrença d'abord le clavecin, puis suivit sa propre évolution en se répandant en Europe, entre 1750 et 1850. En France, où il apparut en 1768, Sébastien Érard fut à l'origine de son succès. Créé en 1795, le Conservatoire l'adopta sans tarder.

Avec l'apparition de grandes firmes, telles que Steinway (1853), aux États-Unis, et Yamaha (1887), au Japon, commença la fabrication industrielle des pianos. En s'intensifiant au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, celle-ci créa de graves difficultés aux anciennes maisons : ainsi, en France, Érard et Gaveau, qui s'étaient associés, absorbèrent Pleyel en 1961 et furent eux-mêmes rachetés par Schimmel en 1971. Actuellement, la production de l'Europe occidentale, plutôt de type artisanal, affronte toujours la concurrence des produits asiatiques (japonais et coréens).

Les grands représentants

Avec Beethoven, c'est toute la génération des musiciens romantiques qui imposa le piano. Puis s'ouvrit l'ère du compositeur-virtuose, que dominèrent Chopin (Nocturnes, Valses) et Liszt (Rhapsodies, Sonate), mais qu'illustrèrent aussi Weber, Mendelssohn, Schumann et Brahms.

L'école française de la fin du xixe s. et du début du xxe s. compta notamment C. Franck, E. Chabrier, Debussy, Saint-Saëns, Fauré, Satie et Ravel. À la même époque, les Espagnols I. Albéniz, E. Granados et M. de Falla, le Hongrois B. Bartók, l'Italien F. Busoni, le Norvégien E. Grieg, l'Américain G. Gershwin furent aussi de grands pianistes. L'école russe fut surtout représentée par Rachmaninov, Scriabine, Prokofiev, Chostakovitch. Les œuvres plus récentes de H. Dutilleux, P. Boulez ou J. Cage font plus rarement partie des récitals que celles de leurs aînés.

Parmi les concertistes virtuoses, on peut citer A. Rubinstein, G. Cziffra, S. François, W. Gieseking, G. Gould, V. Horowitz, M. Long, Y. Nat, V. Perlemuter, S. Richter, A. Schnabel.

Également inhérent à l'expression du jazz, le piano a été un instrument de prédilection pour Count Basie, Duke Ellington, Erroll Garner, Keith Jarrett, Thelonious Monk, Bud Powell, Art Tatum, Fats Waller.