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Pleyel

Manufacture française de pianos et de harpes, fondée en 1807 par I. Pleyel.

La Manufacture française de pianos Pleyel est la plus ancienne manufacture de pianos encore en activité dans le monde et la seule encore existante en France. Elle est créée en 1807 par le pianiste et compositeur Ignaz Joseph Pleyel (1757-1831), également fondateur d’une maison d’édition qui publie ses œuvres et celles de ses confrères (Haydn, Beethoven, Hummel…) et auteur avec Jan Ladislav Dussek d’une Méthode pour le pianoforte. En 1808 sortent les premiers pianos carrés (ressemblant à des épinettes placées sur quatre pieds) sous la marque Pleyel.

En 1824 il confie l’entreprise à son fils Camille (1788-1855) qui s’attache à perfectionner les instruments en essayant de répondre aux exigences des compositeurs qui souhaitent des sonorités puissantes et riches : c’est la naissance du « son Pleyel » offrant rondeur, puissance des basses et finesse des aigus. Les grands compositeurs du xixe siècle élisent les pianos Pleyel : Frédéric Chopin, Camille Saint-Saëns, Claude Debussy, Manuel de Falla entre autres. La manufacture prend alors une dimension internationale. En 1830, Camille inaugure ses fameux « salons » de la rue Cadet, hauts lieux de la vie musicale parisienne de cette époque, où de nombreux virtuoses et compositeurs de renom se font entendre pour la première fois.

Auguste Wolff (1821-1887) lui succède en 1855 et multiplie les innovations pour améliorer la fiabilité et la solidité de ses pianos à queue et développe la production du piano droit. En 1865, l’entreprise se développe et se modernise avec la création de la manufacture de Saint-Denis déployée sur plus de 55 000 m2 et qui va produire jusqu’à 3 600 instruments par an.

La salle Pleyel

Gustave Lyon (1857-1936), musicien passionné, éminent ingénieur et pionnier de l’acoustique architecturale, continue à développer les activités de la Maison Pleyel à partir de 1887. En 1927, il crée, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, la salle Pleyel, première salle de concert parisienne dédiée à la musique symphonique, qui reste un modèle de conception acoustique jusque dans les années 1980. Véritable cité de la musique avec ses trois salles de concerts (dont la grande salle Pleyel proprement dite, avec ses 2 600 places pour les grands concerts symphoniques, la salle Chopin [500 places pour la musique de chambre], la salle Debussy [150 places pour les petits récitals ou les auditions]), ses 58 studios de musique, les loges, les foyers, son hall d’accueil, une galerie d’exposition des pianos, la salle Pleyel offre à cette époque les meilleures conditions de travail et d’interprétation. Le concert d’ouverture a lieu le 18 octobre 1827 en présence d’Igor Stravinsky et, dirigeant leurs propres œuvres, Maurice Ravel et Paul Dukas.

Après un incendie en 1928 et la crise financière de 1929, la salle Pleyel devient la propriété de ses créanciers (le Crédit Lyonnais) alors que les pianos continuent d’être produits au sein de l’usine de Saint-Denis jusqu’en 1961. À cette date, la production est déplacée en Allemagne pendant vingt-cinq ans avant d’être installée à nouveau en France, à Alès (Gard), en 1996.

En mai 1998, un investisseur privé, Hubert Martigny, rachète la salle Pleyel au Crédit Lyonnais avec le projet de lui redonner son lustre et une direction artistique à la hauteur de son mythe. Fermée en octobre 2002, les travaux commencent en 2005 et la salle rouvre ses portes en septembre 2006, après une profonde rénovation pour un coût de 27 millions d’euros, avec une capacité d’accueil de 1 917 places ; elle est donnée à bail à l’État pour une période de 50 ans et sa programmation est assurée par la Cité de la Musique sous la direction de Laurent Bayle. En 2056, la salle Pleyel deviendra propriété de la Cité de la Musique pour un euro symbolique.

Un haut lieu de la musique

L’histoire de la salle Pleyel se confond avec celle des grands orchestres français (les orchestres Pasdeloup, Lamoureux et Colonne, l’Orchestre de Paris, l’Orchestre philharmonique de Radio France, l’Orchestre national de France, l’Ensemble orchestral de Paris s’y sont produits régulièrement). Elle a aussi accueilli des artistes venus du monde entier : compositeurs, orchestres et chefs prestigieux, solistes, chanteurs… qui en ont accru la renommée. Toutes les formes musicales : musique symphonique, musique de chambre, opéras en version de concert, jazz, variété, ont participé à sa légende. Vingt-cinq millions de spectateurs en soixante-quinze ans sont venus assister aux vingt mille concerts qui ont eu lieu.

Avec le Théâtre des Champs-Élysées, la salle Gaveau (elle-même rénovée en 2001), le grand auditorium. de Radio France, sans compter le Théâtre du Châtelet et l'Opéra de Paris, et avec l’ouverture, en 2012, de la Philharmonie de Paris (le grand auditorium de 2 400 places, construit par Jean Nouvel, au sein de la Cité de la musique dans le parc de La Villette), la salle Pleyel contribue et contribuera à donner à la musique la place qu’elle doit avoir au sein de la capitale.

Retour vers des pianos d’exception

Parallèlement, en janvier 2000, Hubert Martigny a donné un nouvel élan à la dernière manufacture de pianos en France, en rachetant les marques françaises Pleyel, Gaveau, Erard et Rameau. Il mène depuis une stratégie de très haut de gamme sur les pianos Pleyel : pianos de concert, pianos à queue et, en collaborant avec des artistes (Marco del Re, Aki Kuroda, Jean Cortot), des designers (Thibault Desombre, Andrée Putman), des pianos satisfaisant à des commandes spéciales.

À l’occasion de leur bicentenaire, les pianos Pleyel réinstallent leur manufacture à Saint-Denis (93) et, après 70 ans de séparation, ils sont à nouveau réunis à la salle Pleyel : les pianos sont vendus dans un show-room créé par le décorateur Jacques Garcia.

Il y a eu, depuis 1807, 250 000 pianos Pleyel fabriqués.