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Bourgogne

Bourgogne, le parc du Morvan
Bourgogne, le parc du Morvan

Région administrative de France, regroupant les départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre, de Saône-et-Loire et de l'Yonne.

  • Superficie : 31 582 km2
  • Population : 1 642 115 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Bourguignons
  • Chef-lieu : Dijon

GÉOGRAPHIE

L'entité régionale

De la Loire jusqu'au-delà de la Saône, la Bourgogne ne présente guère d'unité physique ou humaine. Vaste territoire de transit marqué par la ruralité, la Région trouve difficilement son dynamisme propre entre les influences de l'Île de France et celles de Rhône-Alpes.

Le relief

Au N., la basse Bourgogne s'étend sur les moyennes vallées de l'Yonne et de l'Armançon en amont d'Auxerre et de Tonnerre ; entre ces vallées, occupées par les prairies et les cultures maraîchères, de bas plateaux calcaires portent des céréales.

Dans sa partie centrale, la Bourgogne comprend le massif boisé du Morvan et les plaines argileuses qui lui font une ceinture et qui sont des régions d'élevage : la Terre-Plaine au N., l'Auxois à l'E., et, à l'O., le Bazois qui se raccorde au Nivernais et à la vallée de la Loire pour former sa bordure occidentale.

Vers l'est, la haute Bourgogne, entre la région des sources de la Seine et le plateau de Langres, est formée de hauts plateaux calcaires boisés, au climat rude, la « montagne », qui s'abaisse par paliers au-dessus des plaines de la Saône. Le dernier escarpement de la montagne, au tracé rectiligne, correspond à une grande faille ; c'est la Côte d'Or, qui porte l'un des plus célèbres vignobles du monde. L'abri formé par la Côte contre les vents pluvieux et les sols de débris calcaires qui s'échauffent bien ont constitué les conditions naturelles favorables à la vigne, qui a fait l'objet de travaux séculaires. À proximité, la capitale régionale, Dijon, la plus grande et la plus prestigieuse agglomération, est excentrée et ne rayonne pas sur l'ensemble de la Bourgogne. Plus à l'est, les plaines alluviales qui entourent la Saône constituent le « Pays bas », où s'étendent de vastes forêts où des cultures sont médiocres, sauf dans le Val de Saône (cultures maraîchères).

Au S.-E., une partie de la Bourgogne historique appartient à la Bresse et regarde vers Lyon ; au S., la région s'étend sur la bordure orientale du Massif central. Elle comprend le massif de l'Autunois (au S. d'Autun) et la dépression de Montceau-les-Mines et du Creusot, industrielle, le Charolais, région d'élevage, le Mâconnais, pays de polyculture et d'élevage, lui-même bordé par la Côte mâconnaise.

La population

La Région regroupe, sur 5,8 % du territoire national, 2,8 % de la population française. La densité moyenne dépasse à peine 50 habitants au km2, approchant seulement la moitié de la moyenne nationale, avec des valeurs plus basses encore, de l'ordre de 20 hab /km2, sur plus de la moitié de son territoire, du Châtillonnais à la Puisaye et au Morvan.

La stabilité de la population masque des mouvements significatifs. Le solde migratoire est négatif pour les jeunes (20-29 ans) qui partent vers Paris ou Lyon pour faire des études ou trouver du travail, mais positif pour les classes d'âge élevé, essentiellement des retraités qui s'installent surtout dans l'Yonne et la Nièvre. Si bien qu'un bourguignon sur cinq a plus de 65 ans. Cependant l'accroissement naturel, peu élevé, est suffisant.

La Bourgogne a un maillage urbain relativement dense mais les villes, dans leur grande majorité, restent de petite taille. Neuf agglomérations seulement dépassent 35 000 habitants. La deuxième aire urbaine, Chalon-sur-Saône, ne compte que 134 000 habitants et les suivantes sont en dessous de 100 000 habitants : Nevers, Mâcon, Auxerre, Sens, voire en dessous de 40 000 pour Montceau-les-Mines et Le Creusot, touchées par la désindustrialisation.

Dijon la métropole régionale regroupe 355 000 habitants. Elle jouit d'une bonne image, dispose d'un bon potentiel industriel et culturel (enseignement supérieur, patrimoine historique), mais sa position excentrée limite ses capacités face à l'influence que Paris exerce sur l'Yonne et Lyon sur la Saône-et-Loire.

la vie économique

Par son PIB, la Bourgogne vient au 16ème rang des régions françaises et contribue pour un peu plus de 2 % à son total. Le recul de l'emploi tant agricole qu'industriel marque une certaine stagnation que pourrait enrayer la valorisation des axes de transport, notamment dans le cadre transeuropéen.

L'agriculture

La Bourgogne est une région agricole et forestière. Les prairies occupent 20 % de son territoire et les forêts 31 %. Le secteur concerne 6 % de la population active et fournit 5 % de la valeur ajoutée. L'élevage est l'activité dominante, élevage des bovins pour la viande surtout, notamment dans le Charolais, l'Auxois et le Nivernais. L'Yonne et la Côte d'Or sont essentiellement producteurs de céréales et d'oléagineux.

La viticulture compte grandement dans la renommée de la région. Elle est présente dans quatre zones AOC ; les coteaux de la Loire, la Basse Bourgogne (Chablis, Tonnerrois et Chatillonnais), la Saône-et-Loire (Mâconnais, Côte chalonnaise) et surtout la Côte-d'Or, avec les célèbres Côtes de Beaune et Côtes de Nuits.

L'industrie

L'industrie s'est installée en Bourgogne dès le xviiie s. Elle représente actuellement 24 % du PIB régional et 21 % de l'emploi, en recul depuis une trentaine d'années. Elle est caractérisée par l'importance des implantations ponctuelles très sectorisées, métallurgie au Creusot, automobile et caoutchouc à Decize, tubes sans soudure pour le nucléaire à Montbard, textile à Autun. À ces branches il faut ajouter le secteur des équipements électriques et électroniques ainsi que l'agroalimentaire. La Région compte également deux pôles de compétitivité, le Pôle nucléaire Bourgogne et Vitagora, pôle goût santé nutrition.

L'agglomération de Dijon est le premier centre industriel régional, la Côte-d'Or et surtout la Saône-et-Loire, les départements les plus industrialisés.L'axe Chalon-Mâcon, grâce à la bonne qualité des voies de communication, représente un axe d'avenir, avec la chimie et les matières plastiques. S'y ajoutent les vallées de la Dheune et de la Bourbince (industrie lourde au Creusot et dans l'agglomération de Montceau-les-Mines). Enfin la vallée de la vallée de la Loire, de Digoin à Cosne-sur-Loire, où les constructions mécaniques et électriques sont largement prédominantes.

Les services

Le secteur tertiaire représente 70 % du PIB régional et pratiquement le même pourcentage des emplois de la Bourgogne, le secteur public y étant largement majoritaire. Le tourisme est actif dans tout la région ; il associe les ressources d'un riche patrimoine architectural, notamment religieux (abbayes), à celles des loisirs de nature (parc naturel régional, voies d'eau et lacs) et des terroirs viticoles. Zone de passage, la région est traversée par des voies autoroutières et ferroviaires majeures, N.-S. entre la Belgique et la Méditerranée, N.-O.-S.-E. entre Paris et Lyon au regard desquelles les transversales restent très modestes.

HISTOIRE

1. Des origines au iiie siècle

1.1. Celtes, Gaulois

Le sol de l'actuelle Bourgogne a livré les témoignages d'importantes civilisations de la préhistoire (→ Solutré, Chassey).

Les Celtes s'y installent au ve siècle avant J.-C. et les Gaulois y forment de puissantes confédérations : Sénons (ou Sénones), Lingons au nord, Éduens au sud, Séquanes à l'est.

1.2. L'époque gallo-romaine

Après la victoire de César à Alésia (52 avant J.-C.), la région est divisée par Rome en plusieurs provinces : Belgique et Celtique, puis Germanie supérieure et Lyonnaise, enfin Lyonnaise Ire et IVe et Grande Séquanaise. Fortement romanisée, elle connaît une belle prospérité. Le christianisme y est attesté vers 200.

2. Les royaumes de Bourgogne

2.1. Le royaume des Burgondes

Très tôt menacée par les invasions barbares, elle voit s'installer les Alamans (276) puis les Burgondes (après 454) qui lui donnent son nom et fondent un vaste royaume qui s'étend de l'Auxerrois à la Suisse et de la Champagne à la Provence. Leur roi Gondebaud (vers 480-516) fait rédiger deux lois, l'une pour ses sujets burgondes (loi Gombette), l'autre pour les Gallo-Romains.

2.2. Le royaume mérovingien

Conquise par les Francs (534), la Bourgogne constitue avec la Neustrie et l'Austrasie un des trois royaumes que se disputent les Mérovingiens et que réunissent les premiers Carolingiens. Démembrée par le traité de Verdun (843), réunifiée par Charles le Chauve (875), elle tente de retrouver son autonomie sous Boson qui s'en proclame roi en 879, mais se divise à nouveau en 887.

2.3. Le royaume de Bourgogne-Provence

À l'est de la Saône et du Rhône s'érige un royaume de Bourgogne-Provence (ou royaume d'Arles) [934-935] qui se réunit à l'Empire en 1032.

3. Le duché de Bourgogne

À l'ouest de la Saône, la Bourgogne franque, devant la menace des Normands, se donne pour chef Richard le Justicier (?-921) : c'est l'origine d'un duché qui seul conservera le nom de Bourgogne. En 1002, le roi Robert II le Pieux s'empare de ce duché qui est donné en 1032 à son fils cadet Robert Ier le Vieux. Ce dernier est la souche d'une maison capétienne de Bourgogne qui installe sa capitale à Dijon, se signale par sa bienveillance envers le mouvement bourguignon (→ Cluny, Cîteaux), affermit l'autorité ducale, et accroît ses territoires en restant, cependant, sous la suzeraineté royale.

À la mort sans postérité du duc Philippe de Rouvres (1361), avec lequel s'éteint la maison capétienne, la Bourgogne est annexée à la couronne par Jean II le Bon puis donnée en apanage à son fils Philippe II le Hardi (1363 ou 1364-1404), premier des quatre ducs de la maison de Valois. Cette dynastie va fonder un puissant État, rival de l'Empire, de la France et de l'Angleterre.

3.1. Les États bourguignons des xive-xve siècles

Philippe le Hardi, qui recueille en 1384 l'immense héritage de sa femme Marguerite de Flandre (notamment les comtés de Flandre, d'Artois, de Bourgogne, de Nevers, de Rethel, et les villes de Salins, Malines et Anvers), reste fidèle au roi.

Mais son fils Jean sans Peur (1404-1419) prend la tête du parti bourguignon, favorable aux Anglais (→ faction des Bourguignons). Il fait tuer son rival, Louis, duc d'Orléans (1407), organise un gouvernement excluant le dauphin Charles, soutenu par le parti armagnac qui le fait assassiner en 1419.

Philippe le Bon (1419-1467) accroît ses États des comtés de Namur, de Hainaut, de Hollande, de Frise et de Zélande, et des duchés de Brabant, de Limbourg et de Luxembourg. Après avoir soutenu les Anglais, il finit par reconnaître Louis XI. À cette époque, la puissance des ducs se fonde davantage sur le dynamisme des villes marchandes du Nord que sur le duché de Bourgogne, mais la dynastie conserve pour Dijon un attachement réel et y attire de nombreux artistes flamands.

La faiblesse des États bourguignons tient à leur disparité géographique et juridique. Charles le Téméraire (1467-1477), dernier duc de Bourgogne, cherche à établir une centralisation et à unir, grâce à la Lorraine, les deux pôles qu'il gouverne. Louis XI réussit à l'en empêcher et le duc meurt sur le champ de bataille de Nancy (1477).

Les États bourguignons sont alors disloqués : le duché de Bourgogne ainsi que l'Artois sont incorporés, malgré des résistances, au royaume par Louis XI, tandis que le comté de Bourgogne et la plupart des pays du Nord entrent, par le traité d'Arras (1482), dans le patrimoine de Maximilien Ier, marié (1477) à la fille unique du Téméraire, Marie de Bourgogne.

4. La province française de Bourgogne

Devenue province française, la Bourgogne est, lors des guerres de Religion, un important bastion de la Ligue qu'Henri IV doit soumettre (1595). La conservation des institutions traditionnelles (parlement, chambre des comptes, États provinciaux, bailliages) ne fait pas obstacle à la création en 1542 d'une généralité administrée par un intendant établi à Dijon où une bourgeoisie aisée s'anoblit par les offices et développe une remarquable activité intellectuelle et artistique.

Lors de la Révolution, préparée par l'opposition parlementaire, la province de Bourgogne forme les départements de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire, de l'Ain, et une partie de l'Yonne.

Au xixe siècle, dans un climat politique calme, l'expansion de la sidérurgie (surtout en Saône-et-Loire) et des grands axes de transport concurrence la vocation agricole et viticole de la région, touchée par l'exode rural et par la crise du phylloxéra (à partir de 1875).