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Louis XI

Louis XI
Louis XI

(Bourges 1423-Plessis-lez-Tours 1483), roi de France (1461-1483).

En vingt-deux années de règne, Louis XI, surnommé « l'universelle araigne », a accompli une œuvre fondamentale en accroissant les territoires de la couronne et en donnant à l'État royal les bases administratives que ses successeurs ont développées.

1. Un dauphin rebelle (1423-1461)

1.1. Le fils du « roi de Bourges »

Fils de Charles VII et de Marie d'Anjou, le futur Louis XI naît le 3 juillet 1423, dans le palais épiscopal de Bourges. Trois ans avant sa naissance, en signant le traité de Troyes, son grand-père Charles VI, frappé par la démence, avait déshérité son propre fils (Charles VII), au profit du roi d'Angleterre (→ Henri V). Au moment où Louis voit le jour, son père Charles est donc en pleine lutte pour reconquérir son royaume, et la naissance d'un héritier du trône de France représente un atout important pour celui que l’on appelle encore le « roi de Bourges  ».

La situation militaire étant très instable, il est décidé vers 1426 d'éloigner de Bourges l'héritier du trône afin de veiller à sa protection. Louis passe ainsi son enfance au château de Loches, où il est confié aux soins de sa marraine, Catherine de L'Isle Bouchard. À partir de 1429, Louis est placé sous la conduite d'un précepteur gallican, Jean Majoris ; outre le latin, il apprend l'art d'écrire, dans lequel il va bientôt s'illustrer. Il reçoit son éducation militaire de Guillaume d'Avaugour, qui en fait un cavalier chevronné – Louis XI est l'un des rois qui a le plus sillonné son royaume à cheval.

1.2. La participation à la reconquête du royaume

En juillet 1429, Charles VII est sacré à Reims grâce à l'intervention de Jeanne d'Arc, et la situation des Valois s'améliore. Le prince Louis quitte Loches, en 1433, pour Amboise où il retrouve sa mère. En 1435, l'évacuation de Paris par les Anglais et la paix d'Arras entre Charles VII et le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, permet de desserrer l'étau ennemi ; la guerre de Cent Ans entre la France et l’Angleterre n'est cependant pas terminée, et le règne de Charles VII reste marqué par l'indécision du souverain, les disputes de ses favoris, et l'emprise grandissante que ses maîtresses exercent sur lui (notamment la favorite Agnès Sorel).

Le 25 juin 1436, à Tours, Louis épouse Marguerite d'Écosse (fille du roi Jacques Ier), alors âgée de onze ans ; cette union vise à rapprocher la France de l'Écosse, son alliée traditionnelle contre l'Angleterre. En 1436-1437, Louis accompagne son père en Dauphiné, en Auvergne, ainsi qu'en Languedoc, que Charles VII veut pacifier et ramener à l'obéissance. En juillet 1437, Louis se distingue en prenant Château-Landon, tenu par une garnison anglaise, ainsi que Montereau.

Afin de parachever la pacification du sud du royaume, Charles VII nomme son jeune fils gouverneur général du Languedoc en mai 1439. Après avoir choisi ses propres conseillers, Louis restaure les finances royales dans la province et négocie, grâce aux subsides obtenus, le départ des écorcheurs (gens de guerre licenciés qui pillent la région). Une fois le Languedoc pacifié, le roi lui retire sa charge pour lui confier la lieutenance générale du Poitou, Aunis et Saintonge, sous la tutelle des conseillers royaux.

1.3. L’engagement frondeur dans la Praguerie

Revenu à la cour en 1440, Louis (âgé de dix-sept ans) prend part à la Praguerie, une révolte des seigneurs féodaux qui critiquent les conseillers royaux et la passivité du roi. Les ligueurs prévoient de s'emparer de Charles VII, mais ils sont rapidement défaits par les troupes royales. Le 15 juillet 1440, Louis doit faire sa soumission et obtient le gouvernement du Dauphiné ; en revanche, Charles VII refuse d’accorder son pardon aux seigneurs rebelles.

Investi par le roi de nouvelles missions de confiance en 1441 (reprise de Creil et de Pontoise aux Anglais), en 1443 (répression de la rébellion du comte d'Armagnac) et en 1444 (expédition en Suisse), le dauphin Louis reste cependant hostile à son père, et plus encore à ceux qui influencent le souverain, les chefs du parti angevin : René d'Anjou, Jean de Calabre et Charles du Maine jusqu'en 1444, Agnès Sorel, la favorite royale, puis Pierre de Brézé. En 1446, Louis tente en vain de soulever l'Agenais et de contraindre le roi à lui abandonner le gouvernement du royaume (complot de Razilly).

1.4. L'exil : du Dauphiné à la cour du duc de Bourgogne

Le prince Louis est banni du royaume pour quatre mois, et autorisé à se rendre en Dauphiné – territoire non rattaché au royaume de France tout en étant dévolu à l'héritier de la Couronne (lequel est pour cette raison appelé « dauphin de Viennois »). Louis quitte la cour de Charles VII au début de l'année 1447.

Relégué en Dauphiné, le jeune prince fait preuve de ses grandes capacités d'homme d'État ; il transforme cette principauté en un véritable État indépendant, tout en réglant à son avantage les litiges territoriaux l'opposant à la papauté (à propos de la moitié de la ville de Montélimar) et au duc Louis de Savoie (à propos des comtés du Diois et du Valentinois).

Secrètement allié depuis 1446 au duc de Savoie, Louis, qui est veuf depuis 1445, épouse la fille de ce dernier, Charlotte de Savoie – richement dotée de 200 000 écus –, le 9 mars 1451, malgré l'opposition de son royal père.

Également allié à l'usurpateur du duché de Milan, Francesco Sforza, achetant Monaco aux Grimaldi, entretenant contre Charles VII des relations diplomatiques étroites avec les ducs de Bourgogne et d'Alençon et avec le comte d'Armagnac, Louis est privé alors de sa pension royale (tandis que le duc de Savoie est contraint à la soumission en octobre 1452).

Redoutant une intervention en armes des troupes de Charles VII, il quitte secrètement le Dauphiné le 30 août 1456 et se réfugie à Genappe (en Brabant) auprès du duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui lui accorde une pension annuelle de 36 000 livres. Il intrigue contre Charles VII, qui meurt le 22 juillet 1461, convaincu d'avoir été empoisonné sur l'ordre de son fils. Louis a alors trente-huit ans.

2. Le roi cauteleux (1461-1483)

Dès la mort de Charles VII, Louis rentre en France et est sacré à Reims, le 15 août 1461. Le 31 août, il fait son entrée solennelle dans Paris. Il repart bientôt pour la Loire et établit son gouvernement à Tours, où il arrive le 9 octobre. Dès le début de son règne, l’ancien dauphin rebelle mène une politique hardie mais qui reste cependant empreinte de prudence, préférant toujours la diplomatie à la guerre. Il s'assure bientôt la réputation d'être un roi particulièrement rusé, cauteleux.

2.1. La montée des mécontentements

Louis XI s’entoure de conseillers de valeur, tels les Italiens Louis de Valpregue et Boffile le Juge. Il débauche les meilleurs serviteurs de ses grands vassaux, tel Philippe de Commynes (transfuge de la cour de Bourgogne en 1472), et ne tient aucun compte de l'humilité, de l'origine ou des tares qui marquent le bailli Jean de Doyat ou le barbier Olivier le Daim. En fait, seuls importent la compétence et le dévouement, bien rétribués, de ceux qui vont permettre à l'« universelle araigne » de tisser sa toile.

Mais, en attendant qu'ils soient en place, le nouveau roi coalise contre sa personne les intérêts de ceux qu'il lèse : conseillers de Charles VII, qu'il destitue en masse (quitte à leur restituer dans un bref délai leurs fonctions) ; membres de la Cour des aides, qu'il supprime de 1462 à 1464 ; clergé, qu'il contraint en 1463 à déclarer tous ses biens sous peine de confiscation ; universitaires parisiens, dont il réduit l'audience par la création de l'université de Bourges ; maisons d'Anjou et d'Orléans, auxquelles nuisent ses alliances italiennes (notamment celle qui l'unit aux Sforza de Milan) ; maison de Bretagne, dont les officiers royaux tentent de réduire l'indépendance, notamment en matière de régale, dont le roi s'attribue la levée le 15 octobre 1464 ; maison de Bourgogne enfin, qu'il mécontente par l'appui qu'il promet aux Liégeois dès 1461 contre leur prince-évêque, Louis de Bourbon (neveu de Philippe le Bon), et plus encore par l'obligation dans laquelle il met le duc Philippe le Bon de lui restituer à l’automne 1463 les villes de la Somme (contre le versement des 400 000 écus d'or prévu par le traité d'Arras de 1435).

2.2. La ligue du Bien public (1465)

Furieux de cette dernière concession de Philippe le Bon, l’héritier du duché de Bourgogne, Charles (bientôt appelé Charles le Téméraire), coalise alors facilement les princes mécontents. La direction nominale de cette ligue dite « du Bien public » est confiée à l'héritier présomptif du trône, Charles de France, duc de Berry, le frère cadet de Louis XI.

Débutant le 4 mars 1465, marquée par l’indécise bataille de Montlhéry (16 juillet), la guerre civile se termine par les traités de Conflans et de Saint-Maur des 5 et 29 octobre. Louis XI accepte apparemment toutes les conditions : restitution sans indemnité à Charles le Téméraire de la Picardie et des villes de la Somme ; cession de la Normandie à son frère Charles de France, en échange du Berry ; octroi de divers avantages aux autres princes de la ligue.

Cependant, prétextant de l'inaliénabilité de la Normandie, Louis XI reconquiert celle-ci en décembre 1465 et en janvier 1466, ce qui incite Charles le Téméraire à reconstituer la ligue du Bien public au lendemain de la mort de son père Philippe le Bon (15 juin 1467). S'alliant alors au Danemark, à la Savoie et en 1468 à l'Angleterre des York, le nouveau duc de Bourgogne menace l'indépendance même du royaume de France. En avril 1468, Louis XI réunit les états généraux à Tours – leur seule réunion de tout son règne – dans le but d'obtenir l'appui du royaume contre les princes rebelles. Le 10 septembre 1468, il peut ainsi signer le traité d'Ancenis avec son frère Charles de France et le duc François II de Bretagne, par lequel ces deux vassaux promettent de ne plus s'associer au Téméraire.

2.3. La lutte contre la Bourgogne de Charles le Téméraire

Louis XI entend négocier directement avec Charles le Téméraire. Muni d'un sauf-conduit, il se rend à Péronne le 9 octobre 1468. Mais, lorsque le duc de Bourgogne apprend, deux jours plus tard, que les Liégeois se sont révoltés au nom du roi de France, il oblige ce dernier à signer le traité de Péronne du 14 octobre. Le souverain français est contraint d'inféoder la Champagne à son frère, Charles de France, et est obligé de participer en personne à la répression de la révolte liégeoise (30 octobre) ; humilié, il ne recouvre sa liberté que le 2 novembre.

Afin d'éviter d’avoir à se défaire de la Champagne, Louis XI offre à son frère Charles la Guyenne le 29 avril 1469. De fait, Louis XI est décidé à ne pas laisser impuni l'affront de Péronne. Mais, pour vaincre la maison de Bourgogne, il doit compter avec la situation en Angleterre. Charles le Téméraire a en effet pour allié Édouard IV d'York, dont il a épousé la sœur en 1468. Malgré ses transactions diplomatiques permettant l’éphémère restauration d’Henri VI de Lancastre (1470-1471), Louis XI – dont l’héritier, prénommé Charles, naît en juin 1470 – ne parvient à défaire la solide alliance entre le Bourguignon et l’Anglais.

Charles le Téméraire, assuré de ne pas être pris à revers par les Anglais, lance son offensive contre le nord du royaume durant l'été 1472. Louis XI ne peut empêcher le sac de Nesle le 10 juin, mais il conserve Beauvais, héroïquement défendu du 27 juin au 22 juillet par ses habitants, parmi lesquels s'illustre la légendaire Jeanne Hachette. Il élimine alors les derniers alliés français du Bourguignon, tels le duc Jean d'Alençon (qui retourne en prison) et le comte Jean V d'Armagnac (qui périt en mars 1473 lors du sac de Lectoure par l'armée royale). Ensuite, Louis XI doit faire face aux forces d'Édouard IV débarquées à Calais le 4 juillet 1475. Le souverain anglais ne pouvant compter sur le soutien armé du Téméraire, dont les troupes sont immobilisées devant Neuss, il se voit contraint par le roi de France de signer à Picquigny, le 29 août 1475, un traité dont les termes mettent officiellement fin à la guerre de Cent Ans (→ traité de Picquigny). Louis XI laisse alors le soin d'abattre le duc de Bourgogne à ses principaux adversaires : l'empereur Frédéric III, le duc Sigismond d'Autriche, les villes d'Alsace et surtout les Suisses et le duc René de Lorraine.

Le roi de France exploite aussitôt la mort du Téméraire, le 5 janvier 1477, devant Nancy. Il occupe le duché et le comté de Bourgogne (→ Franche-Comté), puis la Picardie, le Boulonnais et l'Artois. Sur son ordre, les fortifications d'Arras sont rasées, et les habitants de la ville, (rebaptisée Franchise), sont expulsés pour crime de résistance, le 2 juin 1479 ; ceux d'Avesnes, préalablement incendiée, sont massacrés dans le vain but d'obtenir la soumission du Hainaut et de la Flandre. Ne pouvant ni obliger Marie de Bourgogne, fille unique du Téméraire, à épouser le jeune dauphin Charles, ni l'empêcher de s'unir, le 19 août 1477, à un Habsbourg, Maximilien d'Autriche, Louis XI tente sans succès de vaincre ce dernier à Guinegatte le 7 août 1479. Aussi, après la mort de la duchesse bourguignonne, le roi de France est-il contraint par Maximilien à signer le traité d'Arras (23 décembre 1482) ; renonçant au reste de l'héritage bourguignon, le souverain doit en outre consentir au mariage du dauphin Charles avec la princesse autrichienne, Marguerite, laquelle reçoit en dot l'Artois et le comté de Bourgogne.

2.4. L'élimination des autres puissances féodales

Avec une égale obstination, Louis XI s'approprie définitivement en 1475 la Cerdagne et le Roussillon, reçus en gage de l'Aragon le 9 mai 1462 pour prix de son intervention militaire contre les Catalans révoltés.

De plus, sa sœur Madeleine de France, veuve en 1472 du comte Gaston IV de Foix, devient régente de Navarre en 1479, tandis que la fille du roi (Anne) et son époux (Pierre de Beaujeu) sont investis de la majeure partie des terres des Armagnacs.

Enfin, en contraignant le roi René (sans héritier) à lui céder l'Anjou à sa mort (1480), puis Charles du Maine à lui léguer le Maine et la Provence (1481), Louis XI renforce sa mainmise sur les pays entre Rhône et Alpes. Compte tenu du fait que les héritiers des deux apanages de Bourbon et d'Orléans, Pierre de Beaujeu et Louis d'Orléans, sont devenus ses gendres, Louis XI a réussi en fait à étendre son autorité à l'ensemble du royaume, à l'exception de la Bretagne.

2.5. Une politique économique audacieuse

Le règne de Louis XI coïncide avec un contexte économique favorable dont le roi entend bien profiter. Il met sur pied une audacieuse politique de développement, déjà éprouvée en Dauphiné. Homme éclairé, il est l'un des premiers monarques à considérer que la prospérité des affaires relève de l'État, et qu'il faut encourager toute initiative dans ce domaine. À ce titre, il se montre soucieux de favoriser le développement des provinces.

Persuadé que le commerce est essentiel au royaume par la richesse qu'il lui apporte, Louis XI essaie de convaincre les nobles, les ecclésiastiques et les officiers que l'on peut commercer sans déroger (déchoir de son statut de noble). Il fait frapper une pièce d'or (l'écu au soleil), en 1475, et suscite la création de foires (Lyon, Caen, Rouen), ce qui relance l'activité commerciale, longtemps mis en veille par les guerres. Le roi accueille des artisans, des ouvriers spécialisés de l’étranger. Il développe le commerce de draps et de vins de Bordeaux avec l'Angleterre (en 1469, une ordonnance royale réglemente l'industrie de la draperie), installe à Lyon et à Tours une industrie de la soie, protège l'imprimerie, stimule les activités industrielles, créant, par exemple, la charge de maître général des mines (1471).

L’action de Louis XI en matière fiscale est également brillante : le revenu des impôts double entre 1443 et 1483, certes en raison d'une richesse accrue, mais aussi grâce aux efforts intenses d'une administration plus efficace. Par ailleurs, Louis XI décide de faire rédiger les coutumes afin de les uniformiser dans l'ensemble du royaume (ordonnance de Montils-lès-Tours, 1454) ; cette dernière entreprise est néanmoins restée en suspens, et l'essentiel de la rédaction n’ayant été achevé que dans les années 1505-1510.

Consultée soit au sein de petites commissions d'experts, soit au sein des assemblées d'État ou de notables réunies en 1468 et en 1470, la bourgeoisie soutient financièrement le souverain à des fins militaires : augmentation des effectifs des compagnies d'ordonnance, formées uniquement de cavaliers ; recrutement en cas de besoin de fantassins suisses ; renforcement de l'artillerie. Ainsi, la « politique économique » de Louis XI apparaît comme l'instrument fondamental de sa politique territoriale.

2.6. Les dernières années de règne

Surmené par le travail et la bonne chère, victime sans doute d'hypertension et d'artériosclérose cérébrale depuis 1467, Louis XI se retire définitivement, en 1481, à Plessis-lez-Tours. Vivant désormais dans la hantise du poison et la crainte de la mort, il mobilise à son service les médecins et les saints, auprès desquels il espère vainement trouver un efficace intercesseur en la personne d'un pieux ermite de Calabre : François de Paule. Finalement victime d'une ultime congestion cérébrale le 25 août 1483, il meurt le 30 août, précédant de peu dans la tombe la reine Charlotte, qui décède le 1er décembre et est enterrée auprès de lui à Notre-Dame de Cléry, près d'Orléans.

Ainsi qu'il l'a souhaité, c’est sa fille aînée, Anne de Beaujeu, « seule femme de tête de tout le royaume » selon lui, qui assume avec son époux la régence pour le jeune héritier de la couronne : Charles VIII.

3. L'image de Louis XI dans l'historiographie

Les goûts de Louis XI ont été critiqués par nombre d'historiens ; il avait la passion des animaux – notamment des lévriers – et de la chasse à courre, mais on a sans doute exagéré son dédain pour le luxe, même s'il est certain qu'il n'avait pas le train de vie que ses sujets attendaient de leur roi. Quant à son image de souverain inquiétant, elle provient pour l'essentiel d'une interprétation de sa politique qui veut faire du roi un précurseur du cynisme théorisé par Machiavel.

De ces vingt ans de règne pourtant réparateur, l'histoire retient des jugements contrastés. Le chroniqueur Thomas Basin a vu en Louis XI un roi fourbe, ami des gens de peu, tel Olivier Le Daim, son barbier. Les sentences sévères qu'il a prononcées à l'encontre des opposants (arrestation du cardinal Balue en 1469 ; exécutions du connétable de Saint-Pol en 1475 et du duc de Nemours en 1477) ont alimenté la légende d'un roi cruel, que Voltaire, Denis Diderot ou Victor Hugo ont entretenue en dépeignant un souverain diabolique, qui enferme ses ennemis dans des cages de fer, les fameuses « fillettes ». Le témoignage de Philippe de Commynes (1447-1511), conseiller du roi, est plus favorable ; il ne cache pas pour autant les défauts du roi, sa méfiance excessive et ses colères violentes.

C'est l’historien Jules Michelet qui, le premier, a souligné la modernité du roi, son sens du développement de l'État et son souci d'encourager cette classe dynamique qu'était la bourgeoisie. À sa suite, les historiens ont insisté sur l'affirmation autoritaire de la monarchie contre les états généraux et sur le contexte économique favorable dont a profité le règne.

Pour en savoir plus, voir l'article Valois.