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En France, ensemble des terres et des droits appartenant au roi en tant que seigneur et souverain

Le domaine royal comprenait à l'avènement d'Hugues Capet (987) Paris, l'Orléanais, les pays d'Étampes, d'Arpajon, de Poissy, de Senlis et Montreuil-sur-Mer ; il fut progressivement dilaté par les Capétiens, les Valois et les Bourbons aux dimensions du royaume de France, avec lequel il se confondit sous l'Ancien Régime. Selon les juristes anciens, il était « la dot que la royauté apportait au roi » (J. Hennequin). Cependant le roi n'en était pas le propriétaire, mais seulement l'administrateur et l'usufruitier et ne pouvait en aliéner aucune partie. Loi fondamentale du royaume, l'inaliénabilité du domaine fut codifiée par les ordonnances de Moulins (1566) et de Blois (1579), selon lesquelles le domaine casuel (biens acquis par le roi) pouvait être aliéné par le souverain pendant dix ans ; mais, au terme de ce délai, il était joint au domaine fixe, inaliénable. Toutefois, des aliénations pouvaient être consenties soit pour constituer des apanages, soit pour subvenir, en cas de guerre, à des nécessités financières impérieuses. Dans ce cas, un créancier (l'engagiste) recevait provisoirement une partie du domaine que le roi pouvait toujours racheter. De nombreuses parties du domaine royal furent ainsi aliénées par la royauté pendant les guerres de Religion. Le rachat du domaine engagé fut l'œuvre de Sully. Aux XVIIe et XVIIIe s., malgré les mesures législatives prises pour les révoquer, des aliénations furent consenties, tantôt par faveur tantôt pour des raisons financières, au profit d'églises, de communautés religieuses, de seigneurs de la cour, d'hommes d'affaires ou de spéculateurs. Aussi, à la fin de l'Ancien Régime, les cinq sixièmes du royaume formaient-ils des domaines distincts de celui de la Couronne, sur lesquels le roi n'avait pas de seigneurie et n'exerçait que le droit de souveraineté.
Source principale des revenus de la royauté au Moyen Âge, le domaine, dont les recettes constituaient l'ordinaire, ne représentait, à la fin du XVe s., que le cinquième des ressources budgétaires de la monarchie dont l'essentiel des revenus était fourni, sous l'Ancien Régime, par les impôts (l'extraordinaire). Provenant des droits féodaux et des droits régaliens du roi, les revenus domaniaux se composaient des cens et rentes foncières pesant sur les tenures (domaine immuable), et des redevances dont le produit variait d'une année à l'autre (domaine muable) et que le roi percevait en tant que seigneur (champart, péages, lods et ventes, etc.) et souverain (droit d'aubaine, régale, amendes, confiscations, lettres de noblesse, de légitimation, ventes d'offices et de maîtrises, etc.).
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