Région de l'ouest de la France, formée des départements du Finistère, des Côtes-d'Armor, du Morbihan, d'Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique.
Appelée Armorique jusqu'au VIe s. après J.-C., la Bretagne est peuplée dès le paléolithique et devient, au néolithique, un des principaux centres de la civilisation mégalithique. Les Celtes arrivent sur son territoire vers 500 avant J.-C. Conquise par Crassus et Brutus (57-56 avant J.-C.), elle est incorporée à la Gaule Celtique (27 avant J.-C.) puis à la IIIe Lyonnaise (285 après J.-C.), mais peu romanisée. Les cinq peuples qui l'occupent (Vénètes, Redons, Namnètes, Coriosolites, Osismiens [ou Osismes]) sont christianisés à partir du milieu du IIIe s. De 450 à la fin du VIe s., elle connaît des arrivées successives et massives de Bretons de l'île de Bretagne qui lui donnent son nom (Britannia), sa langue et une nouvelle organisation politique et ecclésiastique. Intégrée au royaume franc, elle devient en 753 une marche, organisée par Pépin le Bref. Mais la domination carolingienne se heurte à des révoltes périodiques. Les Bretons, sous la conduite de Nominoë, défont (845) à Ballon (près de Redon) les troupes de Charles II le Chauve qui doit reconnaître l'indépendance de la Bretagne (846) puis conférer le titre de roi à Erispoë (851-857) et Salomon (857-874). Envahie (919) et dévastée par les Normands, la Bretagne est restaurée par Alain II Barbe-Torte (vers 939-952) qui est élu « duc des Bretons » après avoir refoulé les envahisseurs (victoire de Trans [aujourd'hui Ille-et-Vilaine], 939). Le duché de Bretagne, qualifié de comté par la chancellerie du royaume de France dont il fait partie, est gouverné par les comtes de Rennes (990-1066) puis de Cornouaille (1066-1148). En 1166, il tombe au pouvoir de Henri II Plantagenêt qui en exerce la garde au nom de son fils Geoffroi II (1181-1186) fiancé à l'héritière du duc Conan IV. Englobée dès lors dans l'Empire anglo-angevin, la Bretagne est gouvernée jusqu'en 1203 par les Plantagenêts. Elle redevient un fief du royaume de France en 1213 quand son héritière Alix, sous la pression de Philippe II Auguste, épouse le prince capétien Pierre de Dreux (Pierre Ier Mauclerc, 1213-1237). Après ce dernier, quatre ducs capétiens régneront sur la Bretagne (érigée en duché-pairie en 1297) pendant plus d'un siècle (1237-1341), période marquée par le progrès de l'influence monarchique française. Mais la souveraineté du roi de France est contestée lors de la guerre de la Succession de Bretagne (1341-1365). La Bretagne reste dans la mouvance française, mais Charles V doit reconnaître comme duc Jean IV (V) de Montfort, allié des Anglais (traité de Guérande, 1365). Sous la dynastie des Montfort (1365-1491), le duché de Bretagne (dont la capitale est Nantes) parvient à un haut degré de puissance et jouit d'une réelle indépendance. Son duc possède un ensemble d'institutions (conseil, états, parlement, etc.) qui exclut en fait l'intervention du roi, son suzerain. Mais, doté d'une faible armée, le duché est envahi et occupé par les troupes royales (1489-1491) et rattaché à la France par un lien personnel à la suite des mariages de la duchesse Anne avec Charles VIII (1491) puis Louis XII (1499). En 1515, la Bretagne est donnée par Claude (fille d'Anne et de Louis XII) à son époux François Ier. Par l'édit d'Union du 13 août 1532, ce dernier réunit indissolublement la Bretagne à la France, mais garantit ses privilèges. Pourvue des institutions royales (gouverneur [1491], parlement [1554], intendant [1689]) établies à Rennes, qui devient sa capitale administrative, la Bretagne, désormais province française, garde ses états qui sauvegarderont ses privilèges et une part d'autonomie jusqu'à la Révolution. Sa prospérité, apparue à l'aube du XIVe s. et liée à l'essor de l'industrie textile (toiles, draps), de la pêche et du commerce maritime (sel, vin), est compromise par les guerres de Religion. La misère atteint ses campagnes au XVIIe s., suscitant des jacqueries (révolte du papier timbré, 1675).
Le XVIIIe s. est marqué par l'essor du grand commerce international (Nantes, premier port négrier de France) et est jalonné de conflits qui opposent les états et le parlement contre les représentants du roi dans la province (lutte de La Chalotais contre le duc d'Aiguillon, 1753-1768). Lors de la Révolution, la Bretagne est divisée en cinq départements (Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan, Loire-Inférieure) où se développe la chouannerie (1793-1800). La Seconde Guerre mondiale détruit ses grands ports (Brest, Lorient, Nantes, Saint-Nazaire, Saint-Malo). La reconstruction puis de profondes mutations économiques engendrent une véritable métamorphose de la Bretagne (vers 1960). Les problèmes socio-économiques (émigration, sous-emploi, etc.), qui demeurent considérables, provoquent la formation de mouvements régionalistes. En 1957, la Loire-Inférieure prend le nom de Loire-Atlantique et, en 1990, les Côtes-du-Nord deviennent Côtes-d'Armor.