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histoire des communes

La commune était une association de bourgeois d'une même localité qui jouissait de privilèges conférant une certaine autonomie.

1. Au Moyen Âge

Au Moyen Âge, le terme de commune s'applique à des villes ou à des bourgs qui ont reçu des autorités dont ils dépendent un privilège de commune, écrit ou non ; ce privilège est avant tout la reconnaissance du droit de s'associer et de se grouper.

1.1. L'essor des villes

Le développement économique et démographique

Dès le xe siècle en Italie, au xie siècle ailleurs en Europe, les villes connaissent un essor parallèle au développement commercial de l'Occident. Cet essor se traduit par un accroissement de la fonction économique de la ville, accompagné d'une diversification des activités : artisanat et commerce débordent la fonction religieuse des cités épiscopales d'Italie ou du Midi français, comme la fonction agricole de bien des villes moyennes ou petites de la France et du Saint Empire. À ce premier trait s'en ajoute un second : l'augmentation de la population par immigration et le brassage de ces populations d'origines diverses.

Le manque administratif

Dans un monde largement rural, où les activités et la vie des habitants sont homogènes, la ville offre à l'opposé la diversité et l'intensité de ses activités. Mais la ville ne trouve pas sa place dans l'organisation administrative et judiciaire des campagnes ; le cadre seigneurial s'accommode mal de la poussée urbaine. Aussi la ville des xie et xiie siècles se caractérise-t-elle souvent par le vide politique et administratif, par l'absence de toute organisation municipale. En conséquence, face aux tenants traditionnels de l'autorité (évêque ou seigneur), la ville est en position fragile.

1.2. Le mouvement communal

Les libertés et droits particuliers

Ce que l'on appelle le mouvement communal doit donc d'abord se comprendre, dans un sens large, comme un mouvement de défense des habitants des villes, un moyen de lutter contre l'isolement dans un monde tout entier organisé en fonction des campagnes.

Contre ou à côté des pouvoirs traditionnels, la ville a affirmé son originalité, de diverses manières. Ses habitants se sont donné un statut : ils doivent être libres et remplir certaines conditions de résidence pour devenir citoyen ou bourgeois de leur ville. Un droit urbain spécifique est né, qui garantit l'exercice des activités commerciales ou artisanales dans l'enceinte de la ville. Les citadins ont obtenu des privilèges et des franchises qui autorisent le plus souvent la création d'une juridiction propre à la ville, avec des magistrats choisis par les habitants : échevins et maires dans les villes du Nord, consuls en zone méditerranéenne. Enfin certaines villes, en Italie, en France, en pays d'Empire germanique, ont obtenu une commune.

Les communes et franchises

Il y a commune lorsque est reconnue une association qui regroupe tout ou partie des habitants, ceux-ci ayant juré de s'aider mutuellement : association et serment font la commune, et les textes médiévaux ont utilisé le terme de conjuration au même titre que celui de commune. Par là, la cohésion des habitants est renforcée.

Dans certains cas, les citadins ont formé une commune pour obtenir du seigneur des franchises d'ordre municipal qu'ils ne possédaient pas encore : ainsi à Cambrai où l'évêque est chassé de la ville par les communiers en 1077, à Laon où l'évêque est assassiné en 1113, à Florence où la noblesse rurale et la bourgeoisie des métiers s'associent par serment, en 1138, et dépouillent l'évêque de ses pouvoirs. Dans d'autres cas, la ville possédait déjà ces franchises lorsqu'elle s'est constituée en commune. Parfois, et c'est le cas pour Saint-Quentin, la formation de la commune, témoignage de la vitalité de la ville, permet à ses habitants d'accroître leurs franchises.

Le soutien des autorités

La conjuration communale n'a pas toujours été accompagnée de violences. Si l'on note une résistance de certains seigneurs ecclésiastiques, ce n'est pas le cas le plus général : souvent les clercs ont accepté la commune car ils y ont vu une institution de paix, un moyen de faire cesser les troubles, et donc de favoriser l'activité économique de leur ville. Quant aux pouvoirs laïques, ils ont en général été favorables au mouvement communal : en France, dans la seconde moitié du xiie s., Louis VII et Philippe Auguste ont concédé de nombreuses chartes de commune dans un souci de défense ; non parce qu'ils entendaient lutter contre la féodalité, mais parce qu'ils rendaient la ville responsable financièrement de la mise en état de ses murailles.

1.3. L'évolution de la commune

Il ne s'agit pas pour autant de nier le caractère antiféodal – on préférerait dire aféodal – de l'émancipation urbaine en général, des communes en particulier ; par les franchises, l'autonomie, la ville sort du cadre seigneurial.

En Italie et dans le Midi de la France, les communes, en élargissant leurs droits sur les campagnes, s'organisent en véritables cités-États souveraines, indépendantes des pouvoirs supérieurs du pape et de l'empereur. En Flandre, en Allemagne, des ligues urbaines se forment pour mieux protéger les libertés urbaines. En France, en Angleterre, le renforcement du pouvoir monarchique, à partir du xiiie s., limite l'autonomie urbaine. Le poids financier de la défense communale est si lourd que certaines villes, écrasées de dettes, renoncent spontanément à leur commune et acceptent la tutelle des officiers du roi.

Les communes ne disparaissent pas toutes aux xive et xve siècles ; certaines même se créent. Mais leur situation se dégrade ; le roi ne s'adresse plus alors à ses communes, mais à ses « bonnes villes », plus nombreuses, plus soumises.

2. Les communes révolutionnaires

Apparues spontanément après la prise de la Bastille, les communes révolutionnaires de France sont organisées le 14 décembre 1789 par l'Assemblée nationale constituante. Leur administration est confiée à un Conseil général composé d'officiers municipaux et de notables, élus par les citoyens actifs pour deux ans, parmi lesquels sont choisis le maire, le procureur-syndic et le substitut. Dans ce cadre, la Commune de Paris jouit d'un régime spécial (→ Commune de Paris).

Le nom de commune a également été donné au gouvernement révolutionnaire français formé après l'insurrection parisienne du 18 mars 1871 (→ la Commune).