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cordillère des Andes

Nevado de Illimani
Nevado de Illimani

Grande chaîne de montagnes, dominant la côte occidentale de l'Amérique du Sud ; 6 959 m à l'Aconcagua.

GÉOGRAPHIE

1. La géologie et la géomorphologie

Du Venezuela à la Terre de Feu, les Andes s'allongent sur près de 8 000 km en bordure du Pacifique, constituant le plus grand relief du monde entre des sommets à près de 7 000 m et des fosses océaniques d'une profondeur comparable. Du point de vue géologique, il y a lieu de distinguer les Andes méridionales (majeure partie du Chili et nord de l'Argentine) et centrales (Pérou, Bolivie) des Andes australes (dites « patagoniennes ») et des Andes septentrionales (Colombie, Équateur), qui font la transition avec les Cordillères de Magellan au S., caraïbes au N. Seules les premières, liées à la subduction pacifique sous le continent sud-américain sont de type andin, les autres passant au (ou étant de) type alpin. Les Andes proprement dites constituent une chaîne péricontinentale (position liminaire) dont les caractères sont : absence de formations de nature océanique ; modestie des structures tangentielles, dont le déversement s'effectue vers le continent sud-américain ; importance d'un volcanisme andésitique et d'un plutonisme granodioritique en relation avec la persistance de la subduction pacifique du trias à l'actuel, laquelle est soulignée par une néotectonique active avec développement d'un puissant réseau de failles.

Partout, la profondeur de l'incision des vallées, la dissection des versants contrastent avec les hauts plateaux ondulés témoins de surfaces d'aplanissement tertiaires. Au quaternaire, plusieurs glaciations ont laissé d'importantes formes d'accumulation : moraines d'altitude ou du sud chilien, nappes de galets, coulées boueuses, terrasses, épandages semi-désertiques sur la côte. L'érosion est toujours très active dans les Andes sèches (coulées boueuses, laves torrentielles) et froides.

2. Le relief

En Colombie et au Venezuela, les Andes déploient en éventail, à partir du nœud de Pasto, des chaînes de hauteur et de volume différents, séparées par de profonds fossés et dépressions subsidentes. On distingue de l'O. à l'E. : la sierra côtière du Baudó (1 810 m), le synclinal de l'Atrato, la Cordillère occidentale (3 900 m), proche structuralement des Cordillères caraïbes, le fossé du Cauca, la Cordillère centrale (volcans Huila et Tolima), la vallée du Magdalena, la Cordillère orientale (5 500 m) avec des bassins tertiaires d'altitude (savane de Bogotá). La Cordillère orientale se prolonge au Venezuela avec deux branches enserrant le fossé du Maracaibo : cordillères de Perijá et de Mérida avec des fossés longitudinaux et des mouvements quaternaires. En Équateur, deux cordillères, dites Occidentale et Orientale, portant de grands volcans plio-quaternaires (Chimborazo, Cotopaxi), encadrent une dépression médiane morcelée en plusieurs hauts bassins (3 000 m) partiellement comblés de dépôts volcaniques.

Au Pérou et en Bolivie, la chaîne s'élargit (500 km en Bolivie). Le versant pacifique est plus court que l'amazonien et il existe toujours deux cordillères ; l'Occidentale porte au S. des volcans, à plus de 6 000 m (Coropuna au Pérou, Sajama en Bolivie) ; l'Orientale est une haute barrière glacée, culminant à plus de 6 500 m : Cordillère blanche (Huascarán), cordillère de Vilcabamba et, en Bolivie, Cordillère royale (Cordillera Real) [Illampu], Ancohuma. La flexure orientale est flanquée de chaînons étroits parallèles à la chaîne.

Les plateaux centraux péruviens correspondent à la surface tertiaire de la puna et sont aérés par des bassins d'effondrement et par les vallées du versant amazonien (Marañon, Huallaga, Mantaro, Urubamba). Ils portent une haute et vaste plaine de remblaiement lacustre et fluviatile du quaternaire, l'Altiplano, autour des lacs Titicaca (à 3 800 m) et Poopó et du Salar d'Uyuni. Cette plaine se prolonge dans la puna d'Atacama, se fragmentant en dépressions salées (bolsónes). Dans le Nord-Ouest argentin, les sierras pampéennes prolongent la Cordillère orientale, élevées au-dessus de la dépression du Salta (6 000 m), plus basses à l'E.

Plus au S., la cordillère devient plus étroite, mais reste très élevée avec l'Aconcagua (6 959 m), point culminant de l'Amérique, l'Ancohuma, l'Ojos del Salado, le Llullaillaco. Elle prolonge la Cordillère occidentale péruvienne et est nettement dissymétrique. Le versant Pacifique, abrupt, est séparé d'une basse cordillère côtière par la dépression de la Vallée centrale du Chili. Sur le versant argentin plus long, les bassins de piémont alternent avec des chaînons disposés en échelons. Au S., la mer a ennoyé une morphologie de surcreusement glaciaire multipliant les fjords et les chenaux et isolant l'île de Chiloé. De grands volcans dominent des lacs (Osorno, Villarica). Dans la Cordillère australe pointent encore de hauts sommets (Cerro San Valentín à plus de 4 000 m, Fitz Roy) dominant de vastes calottes glaciaires. Enfin, la cordillère de Magellan prend, dans la Terre de Feu, la direction ouest-est des Antilles australes.

3. Le climat et la végétation

L'étirement en latitude de la chaîne sur 66° (de 10° de latitude N. à 56° de latitude S.), l'altitude, l'exposition, le rôle du courant froid de Humboldt sur la côte du Pérou et du Nord chilien expliquent la variété des climats et des formations végétales

Le Nord appartient au domaine tropical humide et équatorial avec de fortes précipitations (6 m dans le Baudó colombien). La forêt sempervirente monte jusqu'à 2 500 et même 3 900 m en se dégradant avec des fougères arborescentes, des bambous et des épiphytes. L'étagement des paysages végétaux et des cultures est le suivant : jusqu'à 900 m, tierras calientes (terres chaudes), avec le cacaoyer, la canne à sucre ; jusqu'à 2 000 m, tierras templadas (terres tempérées), avec la canne à sucre, le maïs, les caféiers ; jusqu'à 3 000 m, tierras frías (terres froides), avec les céréales européennes (blé, orge) et la pomme de terre ; au-dessus de 3 000 m, c'est le páramo, prairie humide avec des tourbières. Le gel y est fréquent, et la limite inférieure des glaces est à 4 600-4 800 m. Des bassins intramontagnards abrités peuvent avoir un climat plus sec (Mérida, Tunja).

Les Andes centrales sont plus sèches, parfois arides. Le piémont côtier a le climat désertique caractéristique des façades occidentales (25 mm de pluies en moyenne annuelle dans le désert d'Atacama, un des plus arides). Des crachins (garúa) donnent naissance à des pâturages temporaires (les lomas). Au Pérou, de 600 à 2 500 m, viennent l'étage Yunga subdésertique (cactées, agaves, acacias), puis l'étage Quechua tempéré (moyenne annuelle 12 °C, 700 mm de précipitations, gel nocturne fréquent), où on a substitué à la végétation arbustive primitive des plantations d'eucalyptus et où croissent les céréales (maïs souvent irrigué, blé, orge), les légumineuses (fèves) et, au-dessus de 3 500 m, les tubercules et la quinoa. Au-dessus de 3 900 m, c'est la puna (moyenne annuelle inférieure à 6 °C), avec la steppe, dépourvue d'arbres, domaine d'élevage (lamas, alpagas, moutons, bovins). Au-dessus de 4 500 m, les punas du Sud ont des steppes, des buissons résineux. La limite inférieure des glaciers est entre 4 800 et 6 000 m. Sur le versant amazonien humide, se développe la ceja de montaña : alta au-dessus de 2 500 m, avec une forêt tropicale dégradée par les brouillards permanents et les pluies ; baja au-dessous (appelée yunga en Bolivie), avec des plantations de coca, canne à sucre, café et thé. Au-dessous de 600 m, on entre dans la selva, la forêt amazonienne.

Dans les Andes méridionales à la latitude de Santiago et de Mendoza, le climat méditerranéen (blé, vigne, arboriculture irriguée) succède au désert (350 mm de précipitations à Santiago). Il devient océanique au S., puis froid, avec de très fortes pluies (plus de 2 m d'eau), du vent, une forêt dense de hêtres, de lauriers, de conifères relictes. L'opposition entre les deux versants s'est inversée : c'est le versant argentin qui est le plus sec, voire aride en Patagonie. Dans l'extrême Sud chilien, les glaciers descendent jusqu'à la mer.

4. L'occupation humaine

Les Andes étaient à l'époque précolombienne la partie la plus peuplée du sous-continent, les côtes apparaissant souvent inhospitalières, et des structures étatiques, comme celles des Incas, s'y constituèrent. La population était adaptée à l'altitude (modifications des systèmes respiratoire et circulatoire) et le stock de plantes alimentaires, varié (maïs, pommes de terre, quinoa). L'étagement des milieux naturels offrait des possibilités d'associations de terroirs et d'échanges qui subsistent encore souvent. La conquête espagnole a établi la prépondérance et la domination des ports et villes côtières, et les Andes sont actuellement en situation marginale dans tous les pays, subissant un fort exode rural vers la côte et plus faiblement vers l'Amazonie. Elles restent importantes pour les mines (argent, étain, fer et surtout cuivre), le pétrole, extraits du sous-sol de la montagne ou de l'avant-pays, l'hydroélectricité, l'élevage et l'agriculture (parfois commerciale [café]), mais d'accès difficile (cols élevés, pistes souvent interrompues, chemins de fer rares).

ALPINISME

En raison de leur allongement en latitude, les Andes constituent la chaîne de montagnes la plus variée du monde. Dès 1735, les botanistes français La Condamine et Bouguer, accompagnés des Espagnols Ulloa et J. Jorge, explorent les montagnes de l'Équateur. En 1802, l'Allemand A. von Humboldt monte à 5 880 m sur les flancs du Chimborazo. Il faut attendre 1872 pour l'ascension du Cotopaxi par W. Reiss et A. M. Escobar. En 1880, E. Whymper, J. A. et L. Carrel gravissent le Chimborazo, longtemps considéré comme le plus haut sommet du globe. Dès lors, comme dans les Alpes, tous les sommets sont systématiquement atteints : l'Aconcagua, point culminant du continent américain, par M. Zurbriggen (1897) ; en Bolivie, l'Illimani, par W. M. Conway (1898), le Coropuna par Bingham (1911) ; au Pérou, le Huascarán par miss A. S. Peck (1908).

À partir de 1950, les Andes sont le théâtre de véritables exploits : l'ascension de la face sud de l'Aconcagua (1954), les succès des expéditions dirigées par L. Terray (Fitz Roy 1952, Chacraraju 1956), la conquête du Salcantay (1952) font date dans l'histoire de l'alpinisme. En 1977 et 1978, N. Jaeger a fait dans les Andes du Pérou une belle moisson de « premières » en solitaire.