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pharaon

(latin ecclésiastique Pharaon, du grec Pharaô)

Akhenaton
Akhenaton

À partir de la fin de la XVIIIe dynastie, nom donné au roi d'Égypte.

Le pharaon et son appellation

Le mot « pharaon », de l’égyptien per-aâ, c’est-à-dire la « grande maison », désigna le roi, pour la première fois, dans une lettre adressée à Aménophis IV. Mais le nom n'a jamais, en aucune période, servi de titre officiel en Égypte, il s’appliquait essentiellement au palais royal, et à tous ceux qui y habitaient. Les Hébreux furent les premiers à employer couramment ce mot.

On donnait au souverain cinq noms différents : le nom d'Horus (qui plaçait la royauté sous le patronage du dieu de la ville de Hiéraconpolis, d'où était originaire le premier souverain de l'Égypte, Narmer) ; le nom des Deux Maîtresses (c'est-à-dire les deux antiques divinités tutélaires de la Haute- et de la Basse-Égypte, Nekhbet et Ouadjet, déesses protectrices du royaume unifié) ; le nom d'Horus d'or, qui, à partir du roi Kheops, évoqua la suprématie solaire ; le nom de roi de Haute- et Basse-Égypte (littéralement « Celui qui appartient au jonc et à l'abeille » – titre qui liait le monarque à la flore et à la faune symboliques de chacune des deux parties du royaume, ou « prénom » du souverain) ; le nom de fils de Rê, à savoir son « nom » dynastique (Amenemhat, Thoutmosis, Ramsès, etc.). Ces deux derniers noms étaient entourés d'un cartouche, symbole du cycle solaire autour de l'univers.

Le pharaon, fils de Rê

Dans l'Égypte antique, le pharaon était le souverain, le maître absolu du pays, considéré comme le fils de , le Soleil, premier dieu du panthéon égyptien.

Dès l'Ancien Empire (v. 2778-v. 2420 avant J.-C.), le titre officiel du roi, son « protocole », se compose de cinq noms distincts. Les deux derniers sont inscrits à l'intérieur d'un cartouche, boucle de corde allongée et nouée sur un côté. Ce cartouche symbolise « ce que le soleil encercle », c'est-à-dire l'Univers. Et, pour les Égyptiens, l'Univers est la possession du pharaon.

De tout temps, le pharaon a été représenté à l'image des dieux. Comme eux, il porte une couronne, une barbe postiche et un sceptre. Les cérémonies de naissance et de couronnement soulignent son origine divine. Les textes le proclament « fils de Rê » et héritier de la fonction du dieu Horus, premier souverain d'Égypte selon la légende. À partir de la XVIIIe dynastie (1580-1314), les pharaons se proclament descendants directs d'Amon-Rê, roi des dieux. Pour légitimer son accession au trône, la reine Hatshepsout (1520-1484 avant J.-C.) n'hésite pas à faire figurer sur une paroi de son temple, à Deir el-Bahari, une scène montrant le dieu Amon-Rê et sa mère s'unissant charnellement et engendrant ainsi la future reine.

Le garant de l'harmonie universelle

Enfant des dieux, dieu lui-même, le pharaon a pour fonction de maintenir l'harmonie universelle telle que la symbolise Maât, déesse de la Vérité, de la Justice et de l'Accord parfait des forces du monde. Lorsqu'un pharaon meurt, Maât est menacée, le chaos risque de s'installer. Seul l'avènement d'un nouveau pharaon permet au monde de retrouver le rythme reçu du démiurge lors de sa création, et rétablit l'équilibre cosmique. Le pharaon est le garant du lever du soleil et de la régularité des crues du Nil. Seul représentant des hommes auprès des dieux, c'est toujours lui que l'on voit sur les reliefs des temples en train d'accomplir les rituels divins, le clergé n'étant que son délégué dans chaque sanctuaire.

Un dieu vivant ou un chef d'État ?

Si l'on s'en tient aux rituels, aux statues colossales et aux textes composés pour la propagande du roi, on est tenté de croire que le peuple égyptien prenait effectivement son pharaon pour un dieu vivant sur terre. Or, les contes et les annales historiques démentent cette conception : aux yeux de ses sujets, le roi est un homme que l'on juge aux actes. Il n'est pas infaillible et, s'il a la faveur des dieux, il n'en est pas toujours entendu. Dans son gouvernement, il confie au tjaty (vizir) une partie de ses charges, mais il garde la priorité des décisions dans tous les domaines : justice, police, armée, politique intérieure et extérieure. Et, à l'occasion, le peuple égyptien critique les erreurs commises par le roi.