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tombe

(bas latin tumba, du grec tumbos)

Louqsor, peinture de la tombe de Senedjem
Louqsor, peinture de la tombe de Senedjem

Fosse où on enterre un mort ; monument funéraire qui recouvre la fosse.

ARCHÉOLOGIE ET BEAUX-ARTS

Les modes de sépulture sont un fidèle reflet de la société qui les emploie, et, à ce titre, un informateur de premier plan sur les sociétés anciennes.

Proche-Orient

Les premiers cimetières apparaissent en Mésopotamie à la fin de l'époque chalcolithique (cimetière d'Eridou, époque d'El-Obeid, fin du Ve millénaire). À partir du début du IIIe millénaire, la société mésopotamienne se hiérarchise et les différences sociales transparaissent avec la diversité et l'abondance d'offrandes plus ou moins riches (Our, milieu du IIIe millénaire). À la fin du IIIe millénaire, les rois d'Our se font enterrer dans des hypogées recouverts d'un mausolée.

Aux époques plus récentes, de telles dépenses funéraires ne sont pas l'apanage des rois : Ougarit (xive-xiiie s. avant J.-C.) avec ses beaux caveaux maçonnés à voûte en encorbellement, accessibles par un couloir à escalier, ou dromos, d'inspiration mycénienne. Les rois achéménides utilisent des chambres funéraires rupestres ornées d'une façade sculptée de reliefs à la gloire du défunt.

Égypte

La tombe est une composante essentielle de l'architecture égyptienne. Ce n'est pas un lieu de mort, mais la demeure d'éternité de la momie, comportant une partie ouverte aux vivants et où sont célébrés les rites, et une partie secrète séjour du défunt. De la pyramide, tombe des pharaons de l'Ancien Empire, aux profonds hypogées de la Vallée des Rois, contenant les dépouilles des pharaons du Nouvel Empire, la tombe égyptienne change de forme, mais non de sens ni de fonction. Aux pyramides, abritant le caveau, étaient associés des temples funéraires correspondant aux chapelles. Aux tombes fermées de la Vallée des Rois étaient adjoints des temples, comme Médinet Habou ou Deir el-Bahari. Les tombes dites privées sont très nombreuses : mastabas à Gizeh, à Saqqarah, hypogées à Beni-Hassan et à Thèbes. Par leurs peintures murales d'une exceptionnelle richesse, c'est toute la civilisation égyptienne qui nous reste perceptible.

Grèce

C'est à partir de l'âge du bronze que les rites funéraires sont à peu près bien connus. La cité minoenne juxtapose les charniers populaires (Malia) aux grandes tombes princières (sépultures de Khrysólakkos à Malia, de Cnossos, tombes à tholos de la vallée de la Messará). Mycènes est célèbre pour ses deux cercles de tombes et ses tholoi dites « d'Atrée » et « d'Agamemnon ». La révolution qui met fin au monde mycénien voit le développement de la crémation, qui ne supplante jamais complètement l'inhumation. Aux premiers siècles de l'époque archaïque, les tombes sont mêlées aux habitations : ultérieurement, à partir du viie s. avant J.-C., on a tendance à séparer la cité des vivants de celle des morts : Céramique à Athènes, où les tombes sont marquées d'une stèle.

En Macédoine, la société aristocratique se construit, à partir du ive s. avant J.-C., de grandes tombes où la chambre funéraire est précédée d'une façade élevée comme celle d'un temple : tombe de Philippe II, découverte à Aigai. En Asie Mineure, les princes hellénisés, vassaux des rois achéménides, commandent à des artistes grecs des monuments funéraires : sarcophages (dit « d'Alexandre » provenant de Sidon, au musée d'Istanbul) ou mausolées (Halicarnasse).

Civilisation villanovienne

Elle connaît d'abord l'incinération (ixe-viiie s. avant J.-C.) : urne cinéraire biconique ou en forme de cabane, placée dans un puits. Aux environs de 750 avant J.-C. apparaît l'inhumation en fosse.

Civilisation étrusque

Elle voit triompher le type caractéristique de la tombe à chambre, souvent recouverte d'un tumulus qui comprend un couloir d'accès, ou dromos, menant à une ou à plusieurs chambres ornées de sculptures ou de peintures murales. Les nécropoles sont souvent organisées comme de véritables villes (Cerveteri, Tarquinia, Veies, Vulci).

Rome

Du ixe au vie s. avant J.-C., les tombes du Palatin et du Forum, à incinération, contiennent des urnes en forme de cabanes et du matériel varié. Pendant la République, les grandes familles déposent leurs morts dans des hypogées monumentaux, incinérés ou exceptionnellement inhumés en sarcophage ; la majorité des citoyens se contentent de sépultures à incinération très modestes (columbarium). À la fin de la République, les grands personnages se font construire des mausolées monumentaux (Auguste, Cecilia Metella) avec des urnes richement ornées qui contiennent les cendres. Les notables municipaux les imitent (mausolée des Julii, à Saint-Rémy-de-Provence, vers 30 avant J.-C.). Au début du iie s. après J.-C., sous l'influence des religions de salut, l'incinération recule de plus en plus devant l'inhumation en sarcophages, qui sont décorés de guirlandes, de thèmes mythologiques.

Europe médiévale et moderne

Certains des divers types de sépulture en usage dans l'Antiquité subsistent en Occident jusqu'au début du Moyen Âge (sarcophages mérovingiens ; mausolées romans, détruits pour la plupart). Apparaissent successivement aux époques romane et gothique la plaque tombale (ou plate-tombe) et le gisant (nécropoles de Saint-Denis et de Westminster, etc.). Vers la fin du xiiie s., alors que s'édifient de grands mausolées pariétaux (tombeau de Dagobert à Saint-Denis, en enfeu), commence à se répandre le type du priant (qui triomphera en France dans la seconde moitié du xvie s.), puis, dans les années 1390, celui du cadavre sculpté (transi). L'idée vint à la Renaissance de réunir les images du gisant et du priant, auxquelles on ajouta des statues de vertus, ainsi aux monuments de Louis XII, de François Ieret d'Henri II (Saint-Denis), conçus à l'italienne comme de riches édicules autonomes. Simplicité et réalisme définissent la sculpture funéraire de la première moitié du xviie s. en France. Mais, déjà, le tombeau tend à s'animer, revêt bientôt un caractère scénique. Dès 1650, de grandes compositions monumentales s'érigent à la gloire du défunt, celui-ci représenté assis, priant ou couché, assisté de figures allégoriques, selon une formule en faveur dans l'Italie baroque (Bernin). Le goût du tragique s'exacerbe au xviiie s., donnant naissance aux œuvres mouvementées de M. A. Slodtz, Pigalle, Roubiliac, jusqu'à ce que le retour à l'antique conduise à plus de sobriété (Houdon).