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temple

(latin templum)

Palmyre
Palmyre

Édifice élevé en l'honneur d'une divinité ; lieu où l'on s'assemble pour l'exercice d'un culte.

Proche-Orient

Le temple oriental n'est pas le lieu de réunion des fidèles, mais la demeure divine, qui parfois dans les hautes époques (VIe-IVe millénaire) se différencie mal de la résidence d'apparat (succession de « temples » à Eridou). En revanche, dès la première moitié du IIIe millénaire, la Mésopotamie connaît des édifices religieux destinés au culte. Les temples de type sumérien, à cella barlongue, possèdent un accès sur le côté, ceux de type babylonien une entrée axiale (temple du dieu-soleil à Larsa).

Les architectes mésopotamiens construisent, à partir de l'extrême fin du IIIe millénaire, un type de bâtiment particulier, la ziggourat, ou tour à étages, dont les exemples les plus connus se dressent encore à Our, Ourouk, Nippour ou Tchoga Zanbil, en Susiane.

Le temple hittite était construit au milieu d'une grande cour entourée de magasins ; la cella s'ouvrait par un portique à piliers sur la cour intérieure du temple lui-même, et prenait jour sur l'extérieur par quatre fenêtres (Bogazköy).

Dans le domaine syrien, des temples aux salles de plan allongé à accès axial, de la première moitié du IIIe millénaire, se retrouvent durant le IIe millénaire (Ebla, Emar). C'est sans doute cette formule de la Syrie intérieure qui est à l'origine du plan du Temple de Jérusalem construit au Ier millénaire par des artisans phéniciens pour le roi Salomon.

Égypte

Le temple égyptien abrite le principe divin, l'énergie créatrice. Interdit au profane, l'espace sacré est protégé par une enceinte. À toute époque, la structure du temple est un axe qui part de l'extérieur pour aboutir au cœur du sanctuaire, siège de la présence divine. Montée progressive du sol et abaissement du plafond symbolisent l'élévation de la terre vers le divin. Le plan type du temple divin comprend : une façade (un pylône au Nouvel Empire), une cour à ciel ouvert, une ou plusieurs salles hypostyles, un pronaos, un naos entouré de chapelles. Autour du bâtiment principal, on trouve d'autres éléments, tels le lac sacré, le mammisi, des ateliers, des entrepôts, des logements pour les prêtres, etc.

Parmi les principaux temples divins, citons l'ensemble de Karnak, Louqsor, Abydos, Abou-Simbel, les grands édifices ptolémaïques comme Dendérah ou Edfou.

Destiné à commémorer le règne d'un roi, le temple funéraire, où éternellement vit l'âme du pharaon, s'identifie au temple divin par l'association du culte du pharaon-individu à celui des dieux et à celui du pharaon divinisé (Deir el-Bahari pour la reine Hatshepsout, Ramesseum pour Ramsès II, Médinet Habou pour Ramsès III).

Grèce

Le temple succède aux chapelles palatiales des princes crétois et achéens ; c'est le lieu de culte des nouvelles cellules de la société grecque archaïque (familles, fratries, cités, koinè, etc.).

Sanctuaire d'acropole (Athènes) ou édifice plus proche de la cité (Héphaistéion d'Athènes) ou encore temple à l'écart des grands centres tels les temples d'Égine, de Bassæ, du Sounion, l'Héraïon d'Argos, ceux de Samos, Didymes, Dodone, ou sanctuaire panhellénique (Olympie, Épidaure, Delphes), tous comportent une enceinte sacrée (temenos) où se dresse un autel, en plein air, de constitution très variée : simple motte de gazon ou construction monumentale (grand autel de Pergame). C'est sur l'autel que sont offerts au dieu des sacrifices divers. Face à l'autel, les grands sanctuaires abritent l'image du dieu dans un bâtiment spécial de plan oblong, couvert du toit à double pente, et qui abrite l'image divine. Il s'ouvre à l'E. par une porte sur un vestibule, ou pronaos ; ce vestibule tend à se répéter, pour la symétrie, à l'arrière du naos, avec laquelle il ne communique pas : c'est l'opisthodome. Ce rectangle intérieur est d'abord précédé d'une colonnade, dont les six colonnes soutiennent un entablement et un fronton où s'introduit la décoration sculptée ; bientôt la colonnade entourera le naos sur les quatre côtés ; une colonnade intérieure, sur deux ou trois côtés, peut agrandir la cella. Sur une fondation massive terminée par une assise de réglage s'élève une krêpis de trois marches dans l'ordre dorique, plus haute dans les grands temples ioniques. Outre la modénature muette (chapiteaux, assises moulurées), on voit fleurir à l'entablement une décoration sculptée (frise) qui s'épanouit dans les frontons ornés de statues polychromes (Olympie, Égine, Parthénon d'Athènes, etc.).

Rome

Dès l'époque républicaine, l'architecture sacrée romaine, tout en subissant les influences étrusque, puis très vite grecque, se caractérise par un certain nombre d'originalités ; ainsi, dans les temples pseudopériptères, les colonnes de la cella sont englobées dans le mur de celle-ci, de même dans les temples à plan barlong (temples de la Concorde au Forum et de Véiovis sur le Capitole) et dans les temples ronds.

Le règne d'Auguste est marqué par les nombreuses reconstructions de temples anciens, et par la naissance de l'ordre corinthien romain dont la Maison carrée de Nîmes est un bel exemple. Lorsque Hadrien reconstruit le Panthéon (bâti par Agrippa sur plan barlong), il lui donne une cella ronde couverte d'une ample coupole. Le Panthéon est l'ancêtre de tous les édifices à coupoles et à dôme.

Inde et contrées indianisées

Aux alentours de l'ère chrétienne, l'essor du culte des idoles amène la construction de sanctuaires, demeures des dieux auxquels ils sont identifiés. Après une cella modeste, l'édifice est de plus en plus évocateur du mont Meru, l'axe du monde et le séjour des divinités brahmaniques. Les plus anciens sanctuaires jaïna sont rupestres et imitent des constructions en matériaux périssables : cela demeure la règle pour les temples rupestres du iie s. avant J.-C. au viiie s. apr. Le jaïnisme et surtout le bouddhisme développeront résidence des religieux (vihara, réunion de cellules autour d'un espace libre) et lieu de culte (caityagriha de plan absidal, voûté en berceau), ainsi à Bhaya, Karli, Ajanta, etc. Les deux religions, et un peu plus tard le brahmanisme, réaliseront ainsi des temples de plus en plus complexes, associant édifices excavés et monolithes (Kailasa d'Ellora), vers le moment où la construction en matériaux durables s'impose définitivement. Au cours de la période médiévale, alors que décline le bouddhisme, deux conceptions de l'architecture du temple brahmanique s'affrontent : sanctuaire imposé à tous les regards dont la similitude avec la montagne demeure du dieu est accusée (types curvilignes, dits shikhara : Bhubaneswar ; types pyramidaux, dits vimana : Thanjavur). L'autre, attestée surtout dans le Sud, le soustrait à la vue en lui donnant une taille réduite et en l'enfermant à l'intérieur d'enceintes avec gopura dont les dimensions croissent vers la périphérie (Shrirangam).

Hors de l'Inde règne la diversité locale surtout dans les contrées où le bouddhisme conservait la primauté (Sri Lanka, Birmanie, Thaïlande). Élévation d'étages autour d'un noyau central en Birmanie (Pagan, xie s. et suivants) ; mandala architectural en Indonésie (Barabudur) ; pyramides à gradins dites temple-montagne au Cambodge (Bakong, Angkor Vat), formule qui se retrouve de façon plus modeste au Népal (Bhadgaun).

Chine

Édifiés dans les plus beaux sites, les temples comprennent plusieurs bâtiments disposés selon un axe à l'intérieur d'une enceinte. Surtout construits en bois, ils sont couverts d'une toiture débordante à pente incurvée reposant sur des colonnes et recouverte de tuiles vernissées dont la couleur s'harmonise avec le rouge vif des colonnes. Ces temples sont souvent précédés de portiques en pierre ou en bois. Ce type s'est transmis au Viêt Nam et au Japon.