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bâtiment

(de bâtir)

Maison individuelle
Maison individuelle

Toute construction destinée à servir d'abri et à isoler.

Un bâtiment est un édifice destiné à isoler et à protéger un espace afin de créer, à l'intérieur de celui-ci, des conditions propices à une activité déterminée, différentes de celles qui prévalent à l'extérieur. Pour remplir les multiples fonctions de l’édifice celle-ci, un ensemble de solutions techniques doit être mis en œuvre.

L'usage, au-delà du besoin initial, précise les fonctions utilitaires et sociales du bâtiment. La conception – qui relève de l'architecture –, les techniques de construction et les matériaux mis en œuvre génèrent la forme du bâtiment. Issu de pratiques ancestrales, le bâtiment, comme activité, a évolué vers l'artisanat spécialisé avant de se constituer en secteur industriel à part entière.

La fonction d’un bâtiment

La construction d'un bâtiment n'est pas un but en soi, mais est liée à l'activité particulière dont il sera le lieu, ce qui pose la question de sa forme. Celle-ci sera déterminée par l'interaction entre deux séries de dispositions : d'une part, celles qui sont impliquées par les impératifs fonctionnels de l'usage auquel le bâtiment est destiné (théorie architecturale du fonctionnalisme) et, d'autre part, celles qui assurent sa propre existence, autrement dit les formes issues des dispositions techniques de sa réalisation. Le bâtiment doit donc être capable de porter son enveloppe (jouant le même rôle que la peau pour un être vivant), et d'assurer sa protection et sa pérennité.

Bien qu'aucun bâtiment ne soit éternel, l'acte de bâtir est lié aux formes de civilisation issues de la sédentarisation. Dès l'Antiquité, on édifie des bâtiments dont la fonction sera autant d'abriter les rouages de cette organisation sociale que d'en représenter la puissance (telles les grandes ziggourats de Mésopotamie) ou la pérennité (comme les pyramides d'Égypte) : lieux de culte, lieux de pouvoir, lieux de puissance militaire. Cependant, un bâtiment n'a jamais de fonction univoque : la simple grange, en abritant la récolte, signifie aussi la richesse du lieu. C'est dire que les bâtiments expriment la complexité croissante des sociétés, tant sur les plans fonctionnel et symbolique que sur le plan technique.

De surcroît, il serait faux de considérer séparément activités techniques et organisation sociale ; ce sont les deux pôles d'une même dynamique : celle du développement des sociétés humaines, que le bâtiment exprime dans la maîtrise de la nature par l'homme. Tout bâtiment est en relation avec son environnement, immédiat et lointain, relation lisible de plusieurs façons :
– par rapport au climat ; on retrouve la notion de « peau ». Pour une même fonction, les formes d'un bâtiment vont varier selon les lieux : besoin d’isolation contre le froid, la chaleur, la pluie, le vent, etc. ;
– par rapport au milieu physique ; besoin de s'adapter à la forêt, au marécage, au sable, au fleuve, puis, de plus en plus, aux transports, à la ville, etc. ;
– par rapport aux ressources ; matériaux avec lesquels les bâtisseurs vont élaborer des techniques de construction (ici le bois, là l'argile ou le calcaire, le granite, etc.), ou énergie pour l'édification puis le fonctionnement du bâtiment (bois, tourbe, eau, vent, etc.).

La forme d’un bâtiment

La réalité technique d'un bâtiment est au croisement de trois notions capitales : fonctions (les usages), matériaux (les ressources) et techniques (les savoir-faire).

Expression d'une culture, les formes d'un bâtiment relèvent d'un savoir-faire : maîtrise des données architecturales, connaissance des matériaux, de leurs techniques d'exploitation et de préparation, de leur mise en œuvre enfin. Au-delà de la forme globale du bâtiment, impliquée par sa fonction générique, ces techniques et ces pratiques vont aussi générer un ensemble de formes et de dispositions et contribuer à le pérenniser face à l'usage, aux intempéries, au vivant (végétation, champignons, parasites, etc.), à l'homme (conflits, vandalisme, pollution, etc.). Il serait vain de vouloir les dissocier ou de chercher à les hiérarchiser.

Les réponses techniques aux fonctions essentielles propres à n'importe quel type de bâtiment impliquent des formes spécifiques. Elles sont de cinq ordres :
– poser, fonction à laquelle répond l'ensemble des ouvrages enterrés qui lient le bâtiment au sol (les fondations horizontales) ;
– porter, fonction assurée par les éléments verticaux de la construction qui transmettent au sol les différentes charges (les fondations verticales) ;
– franchir, fonction assurée par les éléments horizontaux qui ménagent les surfaces d'activité (les murs, les parois et les ouvertures) ;
– isoler, fonction qui délimite et protège le bâtiment (le toit, le sol et les murs) ;
– assurer le confort, fonction qui regroupe les dispositifs techniques visant à créer, à l'intérieur du bâtiment, les conditions les plus favorables à l'activité dont il est l'enveloppe.

Les éléments techniques

Les fondations

Pour rester stable, un bâtiment doit avoir des fondations solides et étanches, complétées au besoin par le drainage et la stabilisation du sol environnant. De longue date, il a été fait appel, surtout pour les ponts, à des pieux ; les édifices voûtés étaient établis sur des murs-poids à empattements (thermes romains). Depuis le xixe s., l'étude des liants hydrauliques et celle du sous-sol ont permis des solutions nouvelles, améliorées par la possibilité d'armer le béton et par les matériels mécaniques de forage et de chantier.

La hauteur de l'infrastructure fait distinguer les fondations dites superficielles (où la transmission des pressions est directe) de celles dites profondes, spéciales au moins par l'ampleur des moyens employés, et qui font appel aux techniques de pieux.

Les murs et le toit

L'empilage sommaire de la terre, de la pierre ou du bois a fourni des solutions précoces, encore aujourd'hui largement en usage, quoique complétées très tôt par l'appareillage d'éléments standardisés, briques ou pierres de taille. L'assemblage en un bâti indéformable de matières ligneuses (bambou, bois, etc.) a été plus tardif et localisé, car il exige des techniques mises au point à d'autres fins, ainsi qu'un matériau adéquat.

Aussi est-ce seulement au xixe s., grâce à l'emploi du fer, que la charpente va trouver son plein essor. Mais ce sont les possibilités offertes par le moulage qui semblent s'avérer finalement les plus riches, cela grâce aux liants industriels (plâtre, chaux, etc.).

Les techniciens du xixe s., influencés à la fois par le béton et la charpente, ont trouvé la solution mixte du béton armé, source d'une mutation sans précédent. Les potentialités du béton ont été ensuite encore mieux exploitées avec la technique de la précontrainte, véritable révolution pour la construction et l'architecture. → béton

L'isolation et le confort

L'isolation a pour objet de réguler les échanges avec l'extérieur. Comme la peau pour un être vivant, l'enveloppe du bâtiment doit isoler de l'eau (ou, à défaut, la canaliser pour ce qui est de la condensation intérieure), protéger du froid ou de la chaleur et aussi du bruit, sans pour autant faire du bâtiment une enceinte imperméable : quelles que soient les solutions adoptées, il faut toujours que l'air puisse circuler.

Pour rendre le bâtiment confortable, il faut contrôler différents flux, généralement en interaction les uns avec les autres : air (grâce aux systèmes de chauffage, de climatisation, etc.) ; énergie (indispensable au chauffage, à l'éclairage, etc.) ; eau (différents circuits, en liaison avec l'extérieur) ; enfin, lumière (naturelle ou artificielle). La circulation d'air et les flux énergétiques sont liés, parfois de façon contradictoire : la première, indispensable à la régulation de l'humidité intérieure, est forcément consommatrice d'énergie.

L'industrialisation du bâtiment

Les premiers essais d'industrialisation du bâtiment remontent au xixe s. Ils ont d'abord été limités au second œuvre, grâce aux possibilités offertes par le travail mécanisé du bois et du fer, par le moulage ou le filage des métaux, de la céramique, du verre, etc., en attendant l'usinage des matières plastiques. Cela a permis des progrès considérables en divers domaines : éclairage, chauffage, sanitaire, etc.

Puis, vers le milieu du xxe s., du fait des reconstructions et restructurations urbaines, le gros œuvre, à son tour, a pu faire l'objet d'un traitement industriel, rendu possible par l'emploi de puissants moyens de transport et de levage. Mise au point en vue de résoudre une conjoncture sans précédent, cette industrialisation sommaire, basée sur le moulage du béton, a été une simple transposition des procédés traditionnels, sans reconsidérer la relation gros œuvre/équipement. Or le bâtiment, pour être véritablement industrialisé, doit intégrer l'ensemble de ses fonctions, devenir un appareil sensible aux échanges thermiques, visuels, sonores ou autres ; comme tel, il demande une régénération périodique et doit offrir une économie de fonctionnement contrôlable.

Trois entités professionnelles et juridiques interviennent aujourd’hui lors de la réalisation d'un bâtiment : le maître d'ouvrage (particulier, société, collectivité, État), qui est à l'origine du projet ; le maître d'œuvre (architecte, ingénieur, bureau d'études), qui formalise le projet ; le(s) entrepreneur(s), chargé(s) de la réalisation.