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budget

(anglais budget, de l'ancien français bougette, petite bourse)

Premier outil de gestion, la pratique budgétaire est aussi bien le fait de la ménagère que celui de l'État. Pour partir en vacances, chaque famille dispose d'un budget ; pour conduire la France, l'État dispose d'un budget. Les sommes sont bien sûr incomparables, mais la logique reste la même : ajuster les dépenses aux ressources. Si l'analyse du budget familial est assez simple (il n'existe pas une grande variété de ressources ni de dépenses), le budget d'une entreprise ou de la nation soulève quelques difficultés.

Le budget familial

C'est le budget du ménage. Les ressources d’un ménage peuvent être multiples : revenus du travail (salaires notamment), rentes (provenant par exemple de la location d’un bien immobilier), dividendes (perçus sur des actions par exemple), allocations familiales ou indemnités de chômage, etc. Ces ressources dépendent directement de l'activité économique de l'agent et supposent des choix préalables (location d'une autre maison inhabitée, heures supplémentaires…). Elles intègrent également des revenus hypothétiques comme l'emprunt ou l'héritage.

De leur côté, les dépenses relèvent pour l'essentiel de choix sur différents types de consommation (location ou achat d'un logement, préférence accordée aux loisirs ou à l'investissement, choix de la qualité des produits, etc.). Ainsi, l'analyse du budget familial est riche d'enseignements sur les comportements des agents économiques comme consommateurs et épargnants.

Le budget de l'entreprise

La logique reste la même : opposer les dépenses aux ressources pour exprimer la contrainte budgétaire. À la différence de la famille, l'entreprise peut agir plus facilement sur ses rentrées et ses sorties. Bien qu'elle soit contrainte par le marché, le simple fait qu'elle détermine le prix de vente de sa production lui permet d'agir substantiellement sur ses rentrées. Pour l'entreprise, le budget est nécessaire afin de définir des plans de production réalistes. C'est pourquoi ses gestionnaires établissent des budgets prévisionnels. Ces budgets entrent dans la comptabilité analytique de l'entreprise, qui décompose coût et financement pour chacun des produits vendus. Les écarts entre le budget prévisionnel et le budget réel permettent de définir des responsabilités et de réajuster les plans de production.

Le budget de l'État

Fonctions du budget de l’État

C'est de loin le plus complexe des budgets. D'abord parce qu'il rassemble une quantité impressionnante de rentrées et de sorties et ensuite parce qu'il remplit plusieurs fonctions. Sa structure est définie par une succession de lignes. Chacune rend compte soit d'une dépense, soit d'une recette de la somme traitée et du type de l'opération.

Par ailleurs, le budget est l'acte qui légalise l'action de l'État, puisqu'il prévoit et autorise dans un cadre légal – la loi de finances – les recettes et les dépenses de l'État.

Le budget est aussi la concrétisation de la politique gouvernementale. La formation du budget de l'État procède d'une succession de questions (combien prélever ? à qui ? pour intervenir où et comment ?, etc.). Les réponses à l'ensemble de ces questions révèlent les choix politiques et économiques des gouvernements. Le budget de l'État va ainsi recouvrir différentes fonctions : économique, productive (l'État produit et vend des services), sociale (à travers la politique de redistribution des revenus par le système d'allocations sociales) et non marchande (justice, police, armée, culture, etc.).

Procédure d’adoption du budget de l’État

Si le vote du budget est une prérogative du Parlement, la préparation du projet de budget est du ressort exclusif du gouvernement. Au mois de février précédant l'exercice budgétaire examiné, le Conseil des ministres fixe un « budget de reconduction » qui comporte pour chaque ministère les dépenses de caractère inéluctable (« services votés » par exemple) et des normes d'évolution de chaque type de dépenses. Chaque ministre établit alors son propre budget en fonction de ces données. L'ensemble des budgets ainsi préparés est ensuite examiné au sein des traditionnelles conférences budgétaires. Au mois de mai, le Conseil des ministres, après examen du budget minimal et des données de la conjoncture prévisible, fixe une nouvelle enveloppe pour des « actions prioritaires », qui sont réparties par ministère. Les dépenses ainsi arrêtées, les recettes destinées à les couvrir sont fixées vers la fin du mois d'août en fonction des prévisions formulées par la Direction de la prévision.

Le Conseil des ministres arrête, vers le début de septembre, le projet de budget. Celui-ci est alors transmis au Parlement dans le cadre de la loi de finances.

L'exécution du budget est soumise à des contrôles administratifs (contrôleurs financiers, comptables, inspecteurs des finances) ainsi qu'au contrôle juridictionnel (Cour des comptes) et au contrôle parlementaire.