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New Deal

Franklin Delano Roosevelt
Franklin Delano Roosevelt

Nom donné au mouvement de réformes économiques et sociales préconisées par F. D. Roosevelt aux États-Unis, à partir de 1933, dans le but de résoudre la crise économique qui sévissait depuis 1929 dans le pays.

1. Le slogan électoral du candidat démocrate F. D. Roosevelt

L'expression « New Deal » (« Nouvelle Donne »), apparaît pour la première fois dans le discours de Franklin Delano Roosevelt devant la convention démocrate de Chicago qui vient de le désigner comme son candidat à l'élection présidentielle de 1932. Le pays affrontait alors la crise économique la plus grave et la plus longue de son histoire ; il comptait 13 millions de chômeurs, des milliers de faillites, et doutait de son avenir.

Roosevelt ne dispose en fait d'aucun programme cohérent à présenter, mais il perçoit que la crise est autant psychologique qu'économique. Son empathie, son dynamisme et son charisme feront le reste : plébiscité dans 42 États sur 48, c'est un véritable raz-de-marée qui l'installe au pouvoir pour sortir les États-Unis de la crise.

Pour en savoir plus, voir l'article crise de 1929.

2. Les transformations de la société américaine

2.1. La présidence, centre névralgique des décisions

Le New Deal entraîne de profondes transformations au sein de la société américaine. La première d'entre elles concerne la présidence, qui devient le centre moteur des changements.

Roosevelt fait appel à une brillante cohorte d'universitaires et d'intellectuels qui suggèrent des idées, écrivent les discours, travaillent avec énergie dans l'Administration fédérale et contribuent à donner au gouvernement fédéral des compétences et des prérogatives nouvelles. Dès lors, les États cèdent le pas devant l'Union. C'est à Washington que tout se fait ou presque. C'est à la Maison-Blanche que se préparent les mesures d'urgence que le Congrès adopte. Et, bien entendu, c'est le parti démocrate – regroupant tous les partisans des réformes (ouvriers, intellectuels, États du Sud, Juifs, Noirs) – qui en tire les principaux bénéfices.

F. D. Roosevelt, par son tempérament communicatif et son dynamisme, sait entretenir des rapports extraordinairement confiants avec l'opinion publique. Il l'informe par ses causeries au coin du feu (Fireside Chats), la conduit sans jamais perdre de vue qu'il ne faut pas la précéder exagérément, la manipule quelquefois par l'intermédiaire des journalistes.

2.2. Les Cent jours : l'intervention sans précédent de l'État dans l'économie

La vie économique se transforme elle aussi. Les États-Unis ne croient plus dans le seul capitalisme libéral. Ils estiment que le gouvernement doit jouer un rôle primordial dans l'évolution des modes de production, des échanges, des rapports industriels. De là, de nombreuses lois, dont beaucoup sont votées pendant les cent premiers jours de la présidence (mars-juin 1933). Cette législation s'inspire avant tout de l'expérience américaine de l'économie de guerre et de la philosophie progressiste, apparue au début du xxe siècle.

La toute première mesure vise à restaurer la confiance et donc à assainir les structures financières de la nation. Dès le 6 mars, le président ordonne la fermeture de toutes les banques (United States Banks holiday) jusqu'à la ratification d'une première loi visant à éliminer les établissements les plus fragiles et à renforcer les plus sains (Emergency Banking Act, 9 mars). D'autres mesures suivent : le dollar est dévalué de 40 %, l'étalon-or abandonné et la possession de ce métal par des citoyens américains est désormais interdite.

Il s'agit à la fois ou successivement de donner à l'Administration fédérale :
– un rôle de planificateur, comme dans la mise en valeur de la Tennessee (Tennessee Valley Authority), dont les barrages doivent attirer les industries dans le Sud particulièrement touché par la crise ;
– la mission d'équilibrer le budget, puis de procéder à des dépenses qui stimuleront la consommation (aide aux chômeurs, notamment) ;
– une fonction régulatrice pour éviter la surproduction : en vertu de l'Agricultural Adjustment Act (AAA) voté le 12 mai, les fermiers sont invités à réduire les surfaces cultivées (réduction obligatoire pour le coton) et sont assurés, en contrepartie, d'un prix minimum pour leurs productions. Dans le même esprit, la loi du 16 juin sur le National Industrial Recovery Act (NIRA), oblige les industriels à fixer des prix minima et à se répartir des quotas de production en respectant des « codes de concurrence loyale » ; en contrepartie, ils doivent promouvoir une politique d'augmentation des salaires destinée à accroître le pouvoir d'achat.

Afin de remettre les Américains au travail, l'État crée une large gamme d'agences gouvernementales (telles la National Youth Administration), avec pour mission de protéger et d'aider divers groupes d'individus touchés par la crise.

En 1935 toutefois, faute d'une augmentation suffisante du pouvoir d'achat, l'œuvre des Cents jours reste limitée, la crise ne peut se résorber. Contesté de toutes parts, tant par les milieux d'affaires que par les milieux défavorisés, y compris au sein de son propre camp, Roosevelt juge alors nécessaire d'infléchir sa politique et d'en accentuer l'aspect social.

2.3. Vers un société plus égalitariste

Au cours de l'année 1935, plusieurs lois sont proposées au Congrès, dont les plus importantes concernent le monde syndical et la sécurité sociale.

Votée en juillet, la loi Wagner confirme la représentativité des syndicats dans les négociations pour les conventions collectives et crée un Bureau national des relations du travail pour se prononcer, sans appel, sur la validité de ces conventions. Cette loi constitue un progrès remarquable pour les syndicats qui bénéficient d'un essor spectaculaire et ne limitent plus leur recrutement aux ouvriers qualifiés. Limité à 3 millions d'adhérents en 1933, le syndicalisme américain en compte 7,2 millions à la fin 1937.

L'adoption, le 14 août, d'une loi garantissant une assurance contre le chômage et une pension de retraite pour les personnes de plus de 65 ans (toutes deux financées par des prélèvements) marque l'émergence du Welfare State, l'État providence. L'assurance maladie, toutefois, est refusée par le puissant lobby des médecins, l'American Medical Association.

Les Noirs, victimes de la ségrégation dans le Sud et de la discrimination dans le reste du pays et qui, plus que tous les autres, ont été durement touchés, demeurent néanmoins en marge du nouvel équilibre qui s'instaure dans la société.

2.4. L'économie américaine sauvée par la guerre

La Cour suprême, bastion le plus tenace du conservatisme, a essayé de limiter les effets du New Deal, en déclarant inconstitutionnelles l'AAA et le NIRA. En 1937, la loi Wagner et la loi sur la sécurité sociale semblent elles aussi condamnées à connaître le même sort. Cependant, le président Roosevelt, fort de sa triomphale réélection en novembre 1936 à l'issue de laquelle il est plébiscité par 28 millions de voix, prend les devants et parvient, d'extrême justesse, à soumettre la Cour suprême.

En août-septembre 1937, une violente récession s'abat sur le pays. L'activité législative reprend : les fermiers obtiennent avec une nouvelle AAA (1938) un renforcement de la responsabilité du gouvernement à l'égard de leur prospérité. Dans les premiers mois de 1939, les États-Unis comptent 10 millions de chômeurs et l'administration paraît impuissante à extirper les racines de la crise.

Pourtant à l'automne 1937, devant la montée des périls extérieurs – les annexions de l'Allemagne en Europe centrale et l'intensification de l'agression japonaise en Chine – F. D. Roosevelt infléchit une nouvelle fois progressivement sa conception des priorités. Renonçant à la neutralité et à l'isolement dans lesquels il s'est évertué à maintenir le pays, il le prépare à la guerre et demande au Congrès d'importants crédits militaires : le réarmement arrive au secours de l'économie américaine.

Pour en savoir plus, voir l'article Histoire des États-Unis.